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  • Porte ouverte et coeur fermé

    Ce jour là, de retour  du marché, en passant dans une rue piétonnière, je passe devant une maison  dont la porte est grande ouverte, une femme est assise dans le séjour, m’interpelle «  bonjour Jeanne ! « 

    Je reconnais Adélaïde, elle travaille à la ville, dans les structures d’accueil petite enfance, je la voyais souvent quand Rose était petite, elle m’avait invitée chez elle avant son divorce, je savais qu’elle habitait dans cette rue là

    Elle reste assise, tout en papotant avec son amie, je ne cherche pas à engager la conversation, c’est peut être un tord mais c’est comme ça, je reste polie, et c’est tout

    Sur le chemin du retour, je me questionne sur le gestuel, l’ouverture que nous faisons à l’autre

    Cette scène est paradoxale, cette femme laisse sa porte grande ouverte sur une rue de passage, mais n’a pas manifesté de réel  geste ouvert, se lever, s’approcher.

    L’autre soir, lorsque nous avons fait une réunion à la maison, j’ai veillé à accueillir chacun, mettre les gens à l’aise, certains n’étaient jamais venus chez nous, à me déplacer pour les retardataires, leur indiquer une place adaptée

    Je n’opte pas pour le même gestuel pour chacune de mes connaissances

    Les plus proches, je  leur fais une bise ou deux, ou trois, en portant une main sur l’épaule, parfois les deux mains même

    Ces gestes chaleureux et spontanés sont souvent redonnés, tout dépend du moment vécu ;

    les plus tactiles ont besoin d’être rassurés parfois , n’hésitant pas à câliner , embrasser même les plus farouches , les plus réservés , d’autres sont dans un exubérance qui parfois me rend mal à l’aise , surtout quand je les rencontre pour la première fois , je tiens mes distances ..

    Ces codes de communication gestuels sont toujours un peu complexes, avant d’offrir, il faut observer, respecter l’approche de chacun, parfois elle est longue, s’apprivoiser peu à peu, tant par les mots que par les gestes

    La plupart du temps, J’ai besoin d’une relation « équilibrée «   , ne pas sentir une trop grande différence, n’appréciant pas particulièrement les gestes démonstratifs quand le lien n’est pas fort

    L’accueil et la disponibilité passe beaucoup par le regard, et le sourire, c’est  là que  je devine la pensée, la connivence, l’attachement

    Lorsque je donne mes cours, j’alterne entre la position assise et debout, debout pour animer mes mots et rompre la monotonie visuelle, assise, pour rester à égalité avec mes stagiaires

    On a beaucoup écrit autour de ces codes de communication, pas besoin d’avoir un petit lexique dans la main, se mettre à la place de l’autre souvent suffit, ne pas forcer le lien élastique si facile à rompre parfois au risque de se le prendre en pleine face, ça fait mal …