Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Victoire

    Nous étions appelles pour la quatrième fois aux urnes.

    J’adore les périodes électorales, les réunions publiques et surtout le nombre incessant de débats et de conversations que cela suscite.

    Pourtant ce soir là, j’étais épuisée et peu confiante, désabusée en quelque sorte par cette vague annoncée. Le vendredi soir, j’étais allée voir le gala de danse d’Helen, et le lendemain, un spectacle était donné dans la même salle  et nous avions veillé très  tard avec des amis.

    Le député sortant et son adversaire étaient présents aux deux soirées, campagne oblige …

    Vers 19heures, je me promettais de me coucher tôt, après les résultats.

    Je m’installe à 20 heures devant mon PC, essayant d’établir une connection avec la presse locale. Le réseau est saturé, je peste !! Je tente alors la radio locale qui annonce la victoire du député sortant, dans l’attente des résultats de notre ville. Déçue et encore déconfite, je crie l’annonce depuis l’étage …la journaliste reprend la parole pour dire que les derniers résultats sont arrivés. Hésitante, elle est informée qu’un écart énorme est donné et elle refait des comptes, puis annonce que les résultats ont fait basculer le scrutin et donneraient victoire à notre candidat. Au même moment, les enfants voient à l’écran de la télévision les chiffres officiels et me crient la victoire !!!

    Je ne réalise pas vraiment, j’exulte de bonheur et décide aussitôt de rejoindre les sympathisants réunis dans une salle extérieure. Le soleil réchauffe l’atmosphère, je roule, je suis heureuse !!!

    En arrivant au lieu de rassemblement, j’aperçois deux amies, Juliette et Maria, nous nous embrassons, commentaires obligés, grande joie !!

    Le candidat est auprès de nous tous , heureux et rieur, ses parents émus saluent les sympathisants. Je passe du temps à papoter, saluer des amis, des gens que je connais peu, tous les regard sont  détendus. Un parent d’élève de nationalité allemande m’embrasse chaleuresement,un écran diffuse en les programmes d’information de la télévision , personne n’écoute , quelques huées quand certains visages apparaissent .. c’est vraiment un temps de partage et d’espoir qui nous envahi tous …

    Nous grignotons des tartines, un verre de rosé à la main, pas de champagne prévu. Tant pis. Il faut l’avouer cette victoire créa l’étonnement de tous..

    Vers 21h30, je décide de rentrer, pendant mon absence le téléphone n’a pas arrêté de sonner. Parents et amis ayant appris la nouvelle et connaissant mon engagement ont manifesté une pensée.

    Je vais prendre  mes mails, en envoye quelques-uns uns. A 22 h dernier coup de fil de ma belle sœur éloignée qui elle aussi exprime sa joie pour nous..

    J’ai passé encore du temps à lire les résultats et commentaires de presse. Je me suis endormie plus tard que prévu.

    Le lendemain, un sentiment de légèreté m’envahissait, chaque personne croisée me rappelait la bonne nouvelle.Je n’avais jamais vécu une telle Victoire !!!

  • Commissariat

    Somnolant dans le compartiment, je suis brusquement réveillée par le contrôleur qui me demande les billets. Un animateur et moi-même sommes sur le chemin du retour, au centre de la France, veillant sur une douzaine d’enfants de retour d’un centre de vacances ; Epuisée, je me dirige à côté prendre mon sac à main dans lequel j’avais déposé les billets. Introuvable ! Je cherche en vain dans le casier du haut, rien …je me rends vite compte qu’un voyageur picpocket s’est emparé de mes papiers, ma carte bancaire et tout le reste.

    Le contrôleur compatit, ne pose pas d’amende et grâce à l’argent que possède Renaud ,nous traversons Paris avec le groupe de gamins sans trop de frayeur .

    Au petit matin, harassée, j’abandonne le groupe, les parents retrouvent leurs enfants après un séjour de trois semaines ;

    Pour la première fois de ma vie, je pousse la porte d’un commissariat  en vue déposer une  plainte. Après un long moment d’attente un shérif tout en jeans vêtu, santiags aux pieds m’accueille dans son saloon ;

    Après quelques questions sommaires, il m’assure de ne pouvoir m’aider dans ma requête ayant pas de livret de Famille sur moi ; Au  bord des larmes, je résiste au cow boy qui a l’idée judicieuse d’appeler au domicile de mes parents ; Ne les ayant pas encore prévenus, j’appréhende leur réaction de me savoir sans papiers, sans argent ;

    Après avoir enfin obtenu une plainte, je sors et erre en ville quelques heures ; La responsable de l’organisme dont je dépend me verse une partie de mon salaire en espèce et me finance un billet de retour en train.

    Je décide alors de rester sur place et d’attendre l’arrivée du reste du groupe avec qui je devais passer la soirée …

    Quel soulagement de retrouver ceux avec qui j’ai vécu ces trois semaines .

    Un centre de vacances, c’est un peu comme le «  loft «  , on s’aime, on partage beaucoup, on déteste, on vit en vase clos …

    J’ai marché avec les autres dans une rue, un chaton recueilli durant le séjour nous a suivi, abandonné, j’ai alors décidé de le prendre et de le ramener.

    Je ne me souviens plus ou j’ai dormi, dans l’appartement d’un animateur sans doute, entassés comme des sardines, le chat est resté.

    Je l’ai déposé dans un petit sac de voyage, j’ai refermé la fermeture, je suis montée dans le train …A mon retour, j’ai retrouvé mes parents, je leur ai avoué très vite que je n’avais pas pu laisser le chaton, ils l’ont aussitôt adopté, il a vécu longtemps avec eux.

    Il y a plus de 22 ans que cette histoire est arrivée, fin juillet, je m’en rappelle encore, depuis je pars souvent sans mes papiers, et ma maison est envahie de chats officiels et vagabonds …