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  • The boxer

    lycee_exterieur_arbres.jpgChloé m’avait invitée à dormir chez elle pour ce grand évènement

    Elle avait toujours cette chaleur là, sa chambre et sa salle de bain située tout en haut de la maison nous donnait une impression de grande liberté .

    Alors on c’était préparées, elle avait passé des heures à refaire son maquillage, moi pas trop, passé 5 jeans avant de trouver le bon, moi, j’avais peu de choix.

     

    Les sorties étaient très rares, 16 ans pourtant, l’éloignement, les kilomètres qui séparaient la toute petite maison de Cherbourg, je n’avais même pas besoin de demander à mon père de venir me chercher, il avait décrété que ce serait « non, «  par principe , ferme et définitif .

     

    Nous étions énervées à l’idée d’aller à cette  boom du lycée, on espérait de nouvelles rencontres, des beaux gosses, des baisers..

    Chloé m’avait emmenée à l’arrière de sa 50 .

    Le foyer était exigu

    Il était quasi impossible de se frayer un chemin, on se poussait pour avancer, la fumée de cigarette rendait l’air irrespirable, on avait l’habitude.

    Les choix de musique étaient les nôtres , celles que l’on écoutait en boucle , Mike Oldfield , Barclay James Harvest , Lynyrd Skynyrd, Crosby Still et Nash …

     

    C’était un lycée de baba cool, de penseurs que la vie valait le coup d’être bien vécue, j’adorais ces gens, jamais de violence, jamais de coups, rien que de la glandouille, de la musique..

     

    Nous dansions serrés les uns contre les autres, impossible de bouger, nos corps oscillaient au rythme de la musique, il faisait si chaud qu’il fallait s’aérer souvent, dans la cour.

    Deux voix, deux voix soudain ont envahi ma tête, comment peut on chanter comme ça ?

    Trop vite fini, il me fallait réécouter ça, très vite, c’est qui ? C’est quoi, je voulais vite m’isoler dans un coin, seule, ou avec d’autres et recommencer, écouter cette chanson.

     Il ne se passa rien, rien d’exaltant durant cette boom, juste une vague confirmation qu’enfin, les pires années étaient derrières, qu’un léger vent de liberté commençait à souffler

    Qu’il me fallait du temps pour dompter ce vilain corps qui me retenait bien enfermée .

    C’était juste un début, un bon début..