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  • Maîtres , chefs et patrons

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    Durant des années, j’ai vécu dans la crainte  de l’autorité .

    A commencer par la maîtresse d’école, qui souriait une à deux fois dans l’année, le reste du temps, madame pète sec enseignait la lecture et le calcul avec passion, mais elle détestait les enfants, alors j’en avais peur .

    Son mari pris le relais, l’instituteur plutôt moderne pour l’époque, un peu moqueur, mais qui enseignait avec diversité et rigueur .

    Cependant  je craignais les punitions , d’arriver en retard, de transgresser les règles .

    Au collège, ce fut l’enfer ;

    Les profs nous tétanisaient, les pions nous humiliaient,  je vivais dans la terreur, craignant un principal très violent, un chauffeur de car fou furieux.

    L’autorité était omniprésente, je vivais dans la soumission totale, la peur, le stress .

    Au lycée, ce fut un changement radical, des relations cordiales avec les corps enseignant, et inexistantes avec le proviseur, je me demande même s’il y en avait un .

    Etudiante, mes formateurs totalement respectueux de leurs étudiants, savaient se faire respecter et transmettre leur passion .

     

    Puis l’arrivée dans le monde du travail, ce fut le choc, un vrai retour en arrière

    Je fus victime durant 4 années d’un conseiller pédagogique qui me harcelait moralement, j’étais à nouveau brisée, vulnérable, rabaissée par une odieuse directrice d’école en mal de maternité .

    Je retournais sur le chemin de l’école, enseignante, la peur au ventre

    Je décidais alors de tourner le dos à cette institution, et je décrochais un travail dans une crèche parentale, où j’étais un peu, mon propre chef, par la force des choses

    Les années passèrent,  d’autres recrutements, d’autres boulots et des rapports ambigus avec une directrice, qui était sans doute fascinée par mon personnage .

    La peur du chef, de l’autorité s’estompa, et fini par disparaître totalement .

    Je n’ai plus peur, jamais, de rien, de personne, jamais impressionnée la Jeanne, je peux passer près d’un barrage de police, je m’en fous, si y’a un problème, je vais m’en expliquer .

    Toutefois, j’admets la chance inouïe que j’ai ,de n’avoir aucune pression hiérarchique, pas de compte à rendre, pas de délais, pas de concurrence .

    Je suis jugée par mon public, par bilan individuel, et comme mon baratin les captive, les retours sont positifs .

     

    Mark est sensible à l’autorité, il a vite la peur au ventre, j’aimerais que comme moi, il trouve ses propres armes, sa capacité surtout à entrer en relation, sainement, capter le regard, sourire, être indulgent.

     

    Il m’aura fallu tant d’années, par quel miracle j'ai pu  relever la tête, peut être parce que l’un de ces chefs est tombé dingue de moi, peut être, par l’amour..

    J'ai tout de même épousé un chef .