
Pendant des années les cours d’éducation physique furent pour moi un pur cauchemar .
Je n’étais pas souple, je détestais l’effort physique, les ballons me faisaient peur, je les voyais arriver vers moi comme des bombes .
L’odeur de poussière, de tapis, de caoutchouc qu’il y avait dans les salles, les vestiaires me donnaient la nausée.
Au lycée, ce fut un peu différent, un peu moins de pression, d’humiliations, mais il fallait tout de même faire de la figuration, je me glissais dans les coins au cas où la prof pouvait m’oublier .
J’étais toujours choisie la dernière pour les sports co, le volley, le basket, de grandes ados me gueulaient dessus, j’avais une peur bleue des ballons, je n’y pouvais rien et bien sur, je ne comprenais rien aux règles .
Jusqu’au jour ou une élève de ma classe, blonde, rigolotte, pas bien grande, me repéra.
Jusqu’au jour ou par miracle, je me rendis compte qu’elle était aussi gauche et maladroite que pour moi pour faire une roulade, elle souffrait des mêmes déficiences motrices.
De ce jour, tout changea, nous abordions les cours de sport avec la plus grande désinvolture, riant de tout, redoutables ricaneuses, avec la ferme décision que nous ferions pas le moindre effort
Madame Guillerette était désesperée de voir deux greluches si peu motivées
Elle était adorable, elle essayait de nous encourager, et comme nous étions sympathiques et polies, elle capitula .
Le lundi matin, elle nous demandait :
« Bon Jeanne et Chloé « qu’est ce que vous voulez faire ?
et nous en cœur , « du ping pong ! «
« Encore, ah y’a de l’abus.. «
La salle de ping pong était au sous-sol, nous descendions toutes les deux, et après trois échanges de balles ratées, nous posions nos raquettes dans un coin, et nos fesses sur le banc, pour nous livrer à une séance de potins
La prof revenait une heure plus tard, nous chercher, avant la sonnerie..
Tiens au fait Jeanne, ta gym quotidienne, ça donne quoi ?
Ah mais je m’y tiens, et les résultats sont là, je perds mon pantalon, rassurez vous j’ai une ceinture …
Tout va bien, je m’épate
Sauf que Paul m’a apporté un pot de rillettes d’oies de la mort.
Affreux, on s’est empiffrés, juste avant de manger la galette des rois
Pauvre madame Guillerette, elle aura essayé..