
Nous ne partions jamais en vacances, à part quelques jours en famille en banlieue, mon père prenait ses jours de congés pour faire des travaux de jardin, les foins, les corvées
Mes grands-parents maternels venaient nous chercher en 2 CV, nous allions Louis et moi passer trois jours chez eux
C’était en 1973, 1975, a peu près, les loisirs n’étaient absolument pas organisés
En arrivant à Bricqueboscq, nous avions nos habitudes, nos jeux, nos rituels
Il y avait un sifflet blanc et rouge, avec une ficelle, que l’on faisait tourner, une bouteille avec un couple de danseurs qui valsaient au son de la boite à musique mécanique
Nous passions du temps aussi a tourner l’essoreuse à salade
Ma grand-mère nous laisser faire ce qu’on voulait, on vadrouillait aux alentours pour promener Miquette son loulou blanc
On avait appris à ce toutou à faire des grimaces
Nous montions au grenier, il y avait un casque de guerre qui me faisait peu, des tas de magazines « Notre temps « empilés
Ma grand-mère cousait des vêtements pour ma poupée, elle adorait ça, ils étaient très bien ajustés, solides
En fin d’après midi, nous sortions le tourne disque
Il était très moderne, on pouvait empiler des 45 tours qui descendaient
Ma grand-mère rapportait des disques de ces pèlerinages, des histoires de saints, elle avait aussi un disque de Fernandel que nous connaissions par cœur
Elle était d’une disponibilité incroyable, elle adorait notre présence, mon grand-père était très facile, jamais de réprimandes, rien, aucune autorité
Nous étions très dociles, jamais d’idées farfelues
Dans les chambres, il y a avait des tas de trucs vieillots, de la dentelle, des tas de tissus, une poupée habillée en noire que je n’avais pas le droit de toucher, je pouvais juste la regarder de loin, enfermée dans une armoire, des cahiers de mon oncle militaires
J’aimais l’odeur de cette maison, tout ce qui s’y passait, chaque vacances étaient une fête, elles ne duraient que trois jours et deux nuits