Lorsque je l’ai vue pour la première fois, elle avait ..deux heures
C’est peu, un bébé, bien frais, une jolie petite fille
Je l’ai gardée, câlinée, normal c’est ma filleule, quelle fierté
Et puis j’ai quitté la petite ville normande, et elle est partie aux pays des jeux
Je la voyais par petit peu, pas assez, elle est devenue ma nièce, et je suis devenue mère
Un soir d’été, elle fut déposée comme un paquet, par un père peu scrupuleux, fiévreuse, malade
Diagnostic terrifiant, une méningite ( virale fort heureusement )
Je voulais aller de suite la voir à l’hôpital, la réconforter, lui assurer toute ma présence
Je voulais lui offrir un copain, un compagnon
J’avais acheté trois zazous, une girafe, un hippopotame et un singe
Je voulais les offrir à mes trois enfants, ne pas les séparer
Mais mon cadeau n’était pas encore annoncé, peut être jamais …
Alors j’ai emballé le singe et lui apporté
Elle l’a serré contre elle, gardé au chaud, et l’a baptisé « méningite « du haut de ses neufs ans, elle fut persuadée qu’il fut son sauveur

Elle a presque vingt ans, soudain me reparle de Méningite
« tu sais, je l’emmène partout, partout il me suit encore «
je suis touchée, j’accorde beaucoup d’importance à ses compagnons câlins
On parle, et brutalement tout ressort, drame, questions, larmes, doutes
Je tente de dire, raconter, cette histoire là, je ne peux pour autant aller au-delà des vérités, celles qui la font tant souffrir
Je voudrais tant qu’elle puise encore toute la force qu’il lui faudra pour avancer
20 ans, une jolie femme, gaie, volontaire, amoureuse, fragile …
Va en avant, fonce, entoure toi de ceux qui t’aiment, tant pis pour ceux qui passeront à coté de ton amour, un jour, il sera trop tard..
Aimes, fais …ce que tu aimes faire
Je ne passe pas assez de temps avec toi, tu gardes tout ce que je t’ai offert, ta chambre me le rappelle quand je vais dans tes montagnes
Et moi vraiment, je peux te le dire, je t’aime comme ma fille …