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  • Le Noël des cheminots

    Organisé par  La  Dame Des Crys  , le calendrier de l’avent virtuel nous emmène chaque jour découvrir un nouveau blog

    Aujourd’hui, c’est à mon tour de partager sur le thème de Noël

    Je vous raconte une anecdote d’enfance, telle qu’elle se passait à cette époque des seventies

     

     

    C’était un rituel incontournable, un événement annuel que nous  attendions avec impatience

    Chaque année, un samedi après midi, quelques jours avant Noël, nous montions, tous les cinq dans l’ami 8 bleue en direction de la grande ville, assister au Noël des cheminots

    Ça nous changeait des foires aux bestiaux, courses cyclistes, fêtes foraines et visites chez des gens qu’on ne connaissait pas …tristes à mourir..théatre.jpg

     

    Dans ce superbe théâtre baroque à l’Italienne de Cherbourg, un spectacle était donné pour les enfants des agents des Chemins de Fer

    Le hall d’entrée était splendide, l’escalier majestueux, des statues, des bustes attiraient mon regard apeuré, le gigantesque sapin décoré de boules et de guirlandeslustre théatre.jpg trônait devant nous

    Stressés à l’idée d’être en retard, nous prenions place sur les  vieux fauteuils de velours rouge

    Je levais les yeux en haut, regardant avec émerveillement le lustre étincellant, les balcons mystérieux, les petites niches dans lesquelles se cachait peut être le fantôme de l’opérathéatre balcon.jpg

     

    Sur la scène, j’étais en extase face aux projecteurs de couleur, au plancher de bois ciré, au grand rideau rouge

    Le spectacle commençait, des clowns, des numéros de cirque, de la magie, des danseuses, ou la projection d’un film

     

    Brusquement, avant la fin, mon père se levait de son siège, il fallait partir, ce n’était pourtant pas fini

    Avec lui nous  déscendions le grand escalier, et dans le hall nous retrouvions face à la grande table sur laquelle étaient posés de centaines de jouets

    Il fallait faire vite, en quelques minutes c’était la folie, la bousculade, les enfants se jetaient vers les  pacotilles, j’avais peur, peur de rien avoir, pas de bon de réservation, ni ticket, c’était la foire d’empoigne, les premiers servis étaient comblés, mais il n’y en avait pas pour tout le monde

    Je ne voyais rien, je détestaient ça, j’avais peur de me retrouver avec un hélicoptère en plastique kaki, un ballon de foot, des soldats..

    Nous avions des jouets bas de gamme, ils étaient si peu résistants que je n’ai aucun souvenir de les avoir conservés, j’ai juste le souvenir d’avoir reçu une boite de perle, le plastique sentait si fort que j’en avais la nausée

     

    Cette journée tant attendue était le cocktail de toutes les frustrations

    Aller voir les illuminations de la ville n’était pas négociable, on avait raté le final du spectacle, et le jouet reçu n’avait pas grand intérêt

     

    Chaque année j’attendais ce moment avec impatience, l’espoir d’un mieux.

     

    Il m’en fallu du temps, de la patience pour savoir qu’un jour, les théâtres deviendraient familiers pour moi, que je serai derrière ce gros rideau rouge, les pieds claquant  sur les parquets cirés.