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  • Enfant spectateur , pleurnicheuse

     

     

    Mes parents ne nous emmenaient jamais voir de spectacles, même pas au cirque, une seule fois au cinéma voir les fous du stade avec les Charlots

    Ma mère aimer regarder « au théâtre ce soir «  à la télévision

    Elle aimait les vaudeville, les portes qui claquent, les quiproquos, les amants dans le placard, les faux fous rires

    Elle se régalait, il m’arrivait de regarder avec elle, mais je n’étais pas emballée

     

    A la télévision j’aimais les feuilletons tristes, les séries dont les héros étaient de pauvres orphelins

    Plus c’était larmoyant, plus j’en redemandais, cela apaisait mes réelles angoisses d’abandon

     

    Dans mes plus lointains souvenirs il y eu forcement Belle et Sébastien, pauvre garçon, si petit, dans la montagne …

     

     

    Et puis « graine d’ortie «  d’Yves Allégret, cette série diffusée ne 1973, crée par le grand-père de Benjamin Castaldi, qui officie le soir avec sa ferme des célébrités moins que moi

     

    Un autre feuilleton tragique, «  la porteuse de pain « avec Martine Sarcey

     c’était à déprimer tant c’était triste

     

    Je raffolais des feuilletons tirés des œuvres de Jules Verne, »deux ans de vacances « , Michel Strogoff , rien que le générique et je frémissais, ou l'île mystérieuse , comble de l’angoisse pour Louis

     

    Il y avait bien sur les tragiques aventures de Pinocchio de Comencini, le summum du néant, de l’errance, ou se mêlaient morale et absence totale de tendresse

    Le générique me mettait des larmes pleines les yeux, encore aujourd ‘hui, je suis envahie par un sentiment d’abandon ultime

    Trop sensible la Jeanne …

    Pour le redonner un peu de sourire, je regardais l'autobus à l'impériale mais ce n’était guère rassurant, ou ils sont leurs parents ???

    Un peu de gaieté décalée avec arpents verts qui me ramenait à ma triste vie de fille à la campagne, avec Louis on explosait de rire, du Benny Hill avant l’heure !

     

    Dans les années 80, alors que ma mère  regardait "le riche et le pauvre «  pamphlet contre l’opulence et la réussite sociale, je me gavais des histoires de Joëlle Mazard et sa Pause café et comme vous je voulais être assistante sociale

    J’en raffolais de ces histoires de pauvres ados à la déroute, encore des histoires de gosses sans parents …

    Grâce à Virginie, m’est revenu en mémoire cette série fabuleuse des années 80,les  400 coups de Virginie , une femme un peu écervelée, mais tellement moderne et émancipée

    Comme elle je voulais une vie exaltante, un rien loufoque, pas forcement cadré

     

    J’ai déserté le petit écran et les séries cultes pensant que les sit coms étaient bien loin de mes préoccupations, jamais vu Hélène et les garçons

     

    Je me croyais bien à l’abri de ces histoires tragiques où mes larmes sortaient de mes tripes

    Je le croyais … sauf qu’il y eu

    ça …..