Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Jeanne et la télévision

     

     

     

    tcortf2.jpgEn 1968 mon père a acheté un énorme téléviseur

    La dépense était  démesurée pour l’époque, presqu’un an de salaire

    La télé  était allumée tous les soirs, même lorsque  nous jouions au cartes

    Nous avions droit de la regarder le samedi soir, les mercredi après midi

    J’aimais bien les programmes pour enfants, les dessins animés, les  variétés et les films avec Louis de Funès ou Bourvil parce que c’était rigolo

    Mon père  était  tyrannique  avec sa télé, mordu de sport, il n’était pas rare de le voir arriver  en fin d’après midi et changer de chaine  sans  dire un mot

    On n’avait plus qu’à aller voir  ailleurs  même si l’épisode n’était pas fini

    Nous n’avions  pas le droit de regarder les jeux de 20 heures, mon père regardait les informations, c’était sans appel, comme le cinéma !capello-jeux-de-vingt-heures-taille-changee_articlephoto.jpg

    Dans les années  80, on a eu la couleur, et il n’était pas rare que je reste à veiller seule devant l’écran très tard le samedi soir, «  les enfants du rock « ou Pollack

    J’aimais   la télé des noctambules, les débats, l’impertinence, le » n’importe quoi « 

    Je n’accrochais pas aux soap et sit com  de l’époque , je préférais  les  séries , quelques feuilletons ,  les films  avec Romy , Girardot ou Noiret

    La plupart des émissions étaient en direct, provocantes,  entre show et   débats de société    , les témoins  étaient les héros

    Etudiante,  j’ai par la force des choses  délaissé le petit écran, j’aurais bien aimé avec une télé dans ma chambre de cité U, absolument inenvisageable

    Une fois installée  et salariée, j’achetais un petit poste couleur,  et là, enfin, je décidais des programmes, 

    J’étais libre devant ma télé

    Le magnétoscope fut acheté dans la foulée, j’avais peu de  cassettes VHS, j’effaçais  tout au fur et à mesure pour économiser les bandes

    Une fois installée avec Jérôme,  j’ai beaucoup regardé la télévision, peu de choses à faire  durant la période de chômage de la première année, pas de jardin, pas d’amis, pas de bricolage ou très peu

    Je regardais des clips, des émissions  débats,  des reportages,  et bien sur l’incomparable Nulle part ailleurs de  Canal +Logo_Nulle_Part_Ailleurs.jpg

    Une fois arrivée en Mayenne,  je n’allumais plus dans la journée,  la radio m’accompagnait du matin au soir, je m’éloignais petit à petit de cet écran là

    Mes meilleurs souvenirs cathodiques restent tout de même ceux du Cook county, ou en l’espace de quelques années, j’ai sans doute regardé plus de 600 épisodes d’Urgences

    Depuis  un an , je ne regarde quasiment plus la télé , non pas par mode , mais parce que les programmes sont ennuyeux , faits de compétition , d’étalages  de vie de gens  obèses , difformes  ou jaloux ,  de faits divers , de rediffusions ,  paradoxalement , il y a plus de chaines mais je n’y trouve pas  le plaisir des années 90

    Je regarde un film de temps à autre que je sélectionne  en début de semaine 

    Le pire c’est que je supporte difficilement la télé allumée dans la journée, ça me crispe,  ça m’énerve

    L’arrivée d’internet à changer mon  comportement face au petit écran

    Sur le net, je me sens active,  j’arrête quand je veux, je reprends à ma guise, un peu accroc  à la blogo, je l’admets

    De l’énorme télévision des seventies, je suis passée à l’écran plat  «  au mur «  comme on disait autrefois 

    Quoique l’on dise,  la télévision aura  changé le quotidien, mélange de culture et de divertissement, accessible à tous

    Je l’ai aimée  avant, aujourd’hui,  je vis presque sans elle