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  • La clinique

    Polyclinique-du-Maine-vue-1.jpgL’autre jour, je suis allée à la clinique rendre une courte visite à Clotilde

    Dans les centres hospitaliers, je suis complètement paumée

    Y’a trop de tout,  des  pancartes, des bruits, de gens, des brancards …

    C’est normal, ça s’active dans ces maisons là

    J’ai toujours peur de faire une bêtise , de me retrouver dans une chambre , un endroit interdit au public , un bloc opératoire , un vestiaire ..

    Oui, je sais,  c’est franchement ridicule

    Je me perds dans les couloirs, (pas que dans les hôpitaux, convenons en) dans les ascenseurs, une vraie calamité

    Je rends visite très rarement aux gens hospitalisés ,cela me semble tellement  intime  ,  peut être dérangeant même de recevoir des visites imprévues , et les gens qui se croisent dans la même chambre , obligés de faire la conversation commune ,  pire encore , supporter les visites du voisin de chambrée ,

     Je me souviens de l’hospitalisation de ma mère , les souvenirs remontent, sa voisine de chambre que je n’aimais pas, un jour, toutes les deux, elles avaient fait un festin de homard !

    Clotilde avait demandé   une chambre individuelle, je suis arrivée avec le thermos de café, restriction budgétaire, plus de gouter l’après midi

    On était bien toutes les deux

    Les fleurs sont interdites, pas assez de vases, peur des microbes peut être, rien de fleuri, c’est la consigne

    Les chocolats, Clotilde a de quoi tenir pendant six mois

    Alors, je lui ai offert, un rouge à lèvre

    Un addict , un truc de filles

    Une petite trace à poser le matin, pour les sorties

    Les seules fois où j’ai été hospitalisée, c’était  pour la naissance de enfants, je ne souhaitais pas tellement de visites, quelques amies proches, c’est tout, Jérôme, les enfants …

    Ma famille trop loin ne venait pas et c’était très bien comme ça

    Dans d’autres circonstances, ce serait certainement différent

    Clotilde est rentrée, son toutou faisait des bons de trois mètres le jour des retrouvailles, ne la lâchant plus d’une semelle

    Chacun a un vécu face à l’aide médicale, je me souviens que ma grand-mère paternelle adorait être hospitalisée, c’était un temps pour elle, elle était écoutée, chouchoutée, elle s’y sent étrangement bien

    J’ai eu la chance de faire un stage en néonatologie durant mes études, de rentrer quelque semaines dans le monde soignant, d’y percevoir la hiérarchie, le rythme de travail, les rapports avec les patients

    J’ai franchi une barrière gigantesque, ayant comme beaucoup une peur du corps mutilé, il faut parfois oser affronter ce qui nous parait quasi insurmontable, j’ai pris dans mes bras des nouveaux né branchés, sondés, et j’ai tellement appris sur eux, sur moi

    La visite à l’hôpital , reste et restera pour moi un moment de grande complicité  , où s’y mêlent les rires , la tendresse et faut pas se voiler la face , un face à face direct avec celle qui nous nargue ,  celle qui rôde sournoisement dans les couloirs des hôpitaux , spectre furtif , chassé par l’artillerie lourde  , ombre mielleuse , elle ne se prive pas de visiter les résidents la nuit , quand les visiteurs sont loin , seuls avec leurs sombres pensées , avec pour seule lumière la lueur de la sortie de secours …