Au hasard d’une légère promenade cathodique, je m’arrête sur un film, pas très récent, je vous l’accorde, images un peu décolorées, acteurs plutôt ringards : »Le grand bazar « de Claude Zidi, avec les Charlots
Je ne peux pas vous raconter l’histoire, il s’agit de quatre garçons, ouvriers en chaîne qui sont licenciés et font des petits boulots
On est loin du cinéma d’auteurs dénonçant les problèmes d’identité des jeunes de banlieue, ce film est un gag à lui tout seul
Ça n’arrête pas, des farces, des gaffes, des gags lourdingues, grotesques, improbables, c’est entre le dessin animé, la BD et la comédie
Et à cela s’ajoute les clichés de la secrétaire en jupe courte et bottes seventies à qui ont met la main aux fesses, les policiers en uniformes et képi, la lutte des classes, le patron qui picole …
Avec en prime des seconds rôles inconnus à l’époque : Coluche, Dominique Lavanant …
C’est politiquement incorrect, les Charlots passent leur temps au troquet à s’enfiler des pastis ( Michel Galabru est le patron du bar )
C’était les années Giscard, l’époque des DS, 404 et des Renault 16, le contraste d’un gouvernement et d’une politique austère et rigide et l’insouciance des seventies
Et voilà qu’en quelques minutes je me replonge dans des souvenirs d’enfance, nos vacances en banlieue , les HLM flambants neuf, les vide ordure, le chauffage au sol qui donnait des chevilles d’éléphant à ma mère, les grandes surfaces, Monoprix, les tourniquets et les toboggans déjà rouillés sur les parkings …
J’aime ce voyage, les années 70, la révolution de la ménagère, les shows télévisés à paillettes
Je ne suis pas nostalgique, je ne voudrais surtout pas revenir en arrière, mais je garde de cette époque mon côté futile, léger, burlesque, populaire et joyeux
On osait des comédies décalées, on osait un cinéma franchouillard, pas toujours finaud, mais on osait …
Je me demande si on ose encore aujourd’hui ?