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  • petites dégustations

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    J’ai un sérieux problème que je n’arriverai jamais à résoudre : dès qu’arrive 11h le matin, j’ai faim, même si j’ai mangé à 9h c’est terrible !

    Mon père est pareil, mon frère aussi, mon grand-père souffrait de la même pathologie(quand nous allions manger chez mes grands-parents, une corvée, je raconterais un jour, si nous arrivions à 12h10 il avait déjà commencé à manger …)

    Mark est pareil depuis qu’il est tout petit, il souffre au collège quand il termine à 12h30 et qu’il doit faire la queue au self.

    Bref aujourd’hui je devais faire quelques achats dans une grande surface en préparation d’une soirée chez une belle sœur qui pend sa crémaillère.

    Je n’avais pas beaucoup de choses à prendre quand vers 11h ces terribles signent de faim firent leur apparition. Par chance, nous sommes vendredi et le vendredi, parce qu’il y a beaucoup de monde au supermarché ( à cause des RTT !) et bien il y a des charmantes hôtesses qui nous offrent des petits toasts au saumon, des carrés de fromage de tout sorte. Quel bonheur, j’ai fait des aller retour au rayon traiteur, étant en hypoglycémie c’est une question de survie.

    Et je me suis souvenue de ce jour en Californie ( oui ça fait bien) près de Sacramento, nous étions allées avec Maggie faire des courses. A chaque rayon, une dégustation, un vrai cocktail sucré salé. Nous sommes allés rechercher Peter et Jérôme qui étayent restés à l’extérieur et nous avons fait notre repas. Honte les Français mais oui. En fin de parcours une vieille dame est venue nous raconter qu’un jour quelqu’un en goûtant de toasts dans un supermarché avait  avalé une aiguille (a neadle !!)

    Elle conclut en demandant «  vous ne vous souvenez pas de cette histoire ?? » Ce qui nous a plus malgré tout ce qu’est la vieille dame nous ait prises pour des…. Américaines ! Est ce un compliment, en tout cas nous avons souvent raconté l’anecdote.

    Alors si vous avez faim, allez donc faire vos courses le vendredi …

     

     

  • Magasins Réunis

     

    cf22fca10f23d2910d6bae4629d5cce3.jpgNous allions très rarement en ville, ma mère ne conduisait pas. Il arrivait quand même que nous nous rendions à Cherbourg en train ou  autocar. Ma mère allait toujours à la banque faire des opérations, c’était un peu long, j’attendais sagement au guichet en regardant les écureuils(nous avions des tirelires d’écureuil en plastique dans nos chambres)

    Puis nous allions dans le centre ville aux Magasins Réunis.

    C’était un magasin de type Haussmann, deux étages, des escalators, des balustrades. Ma mère prenait toujours le temps d’aller voir une vendeuse qu’elle connaissait, son mari était cheminot il travaillait avec mon père. Elle portait une blouse bleue, elle était toujours bien coiffée. J’admirais les crayons posés à ma hauteur, dans des bacs transparents.

    Le rayon des jouets était incontournable, plein de poupées, des barbies et des trains miniatures, c’était splendide.

    Plus tard, c’est dans ce magasin que j’ai acheté l’album de Starmania qui à l’époque m’avait coûté une vraie fortune. Je l’écoutais en boucle sur un vieil électrophone dans ma chambre, je chantais toute seule « le monde est stone »à tue tête ou la « Chanson de Ziggy »

    Mon grand regret sera toujours de ne jamais avoir vu la version originale en spectacle.

    C’est ainsi, 25 ans j’aurai le plaisir d’interpréter des extraits cette année avec mes fous chantants.

    Je retourne de temps en temps à Cherbourg, j’aime beaucoup cette ville, son centre piétonnier, le magasin est toujours là, une enseigne de vêtements et accessoires s’y est installée. Je passe devant la boutique qui vend le « Véritable parapluie de Cherbourg »et fait du hasard, nous chanterons aussi un extrait de la comédie musicale de Jacques Demy

     
  • Chrysanthèmes

      10b42270b0af749f8c2512adcb3c9830.jpgA l’occasion des cérémonies du 11 novembre, les enfants de l’école primaire avaient pour mission de chanter la Marseillaise un bouquet de chrysanthèmes à la main après la messe.

    Nos instituteurs, un couple, n’allaient pas à la messe, nous imaginons des tas de choses à leur sujet, qu’ils étaient protestants ou… Bref l’idée même qu’ils soient tout simplement athées ne nous venait pas à l’esprit.

    Les vacances de la Toussaint étaient placées sous le signe de la détente et de la bonne humeur. Nous passions deux ou trois après midi à ramasser des pommes chez nous et chez mes grands-parents. J’aime, j’adore le cidre, j’en boirais bien à tous les repas mais le cliché bucolique de la cueillette des pommes en Normandie, je vous le laisse, merci ! Les mains rouges, transis par le froid et l’humidité (tiens on aurait pu prendre des gants ?) le nez qui coule, les genoux pleins de terre, les bestioles qui se collent sur les pommes et le tas énorme qui se forme et surtout la taille du verger avec les taches rouges et jaunes jonchées au sol, ça me semblait interminable.

    Je n’avais qu’une idée en tête, jouer aux lego avec mon frère en racontant n’importe quoi.

    Pour revenir aux commémorations, il nous fallait aller chercher des chrysanthèmes chez une grand-tante spécialiste de la fleur des cimetières.

    Alors là, cette grand-tante en question était à elle seule un monument historique.

    Elle vivait seule dans un deux pièces, une petite maison mitoyenne à celle de mes grands-parents. Tout le monde disait qu’elle était bête, évidemment elle était « vieille fille », ma grand-mère ( sa sœur ) la méprisait, mon grand-père la supportait. Je ne sais pas ce qui c’était passé, sans doute de vieilles histoires de familles, des » non dit », mais ce n’était pas la grande entente.

    Son jardin touchait celui de mes grands-parents. Avec mon frère nous allions flâner dans ce terrain et dès qu’elle entendait du bruit, elle arrivait. La pauvre, elle n’avait pas beaucoup de distractions, pas de télévision, sa maison était très sombre, elle utilisait très peu l’électricité, elle tricotait des bas noirs. Elle portait des couches successives de vêtements : chemises, jupes, bas plus chaussettes, sabots, blouse, et tablier …Elle avait un look très particulier, aujourd’hui on pourrait dire qu’elle était dans les tendances avec toutes ses superpositions. Mais comme elle était déjà bien ronde avec toutes ses couches de vêtements elle ressemblait à un oignon, un toute  petite tête et le reste très très large. En marchant, elle se déhanchait, elle était vraiment drôle car elle riait tout le temps, dès qu’elle nous voyait. Je crois qu’on était mon frère et moi, son petit réconfort. Bien sur elle était très curieuse, nous posait des questions, essayant de soutirer quelques infos familiales. Nous l’aimions beaucoup, elle nous faisait rire. Nous allions chez elle de temps en temps, son intérieur était sinistre, elle avait réputation de laisser des heures son café chauffer sur la cuisinière ( dès fois que quelqu’un viendrait..)Et surtout elle possédait une liqueur incontournable ! Son secret de fabrication était peu banal, sa recette fut divulguée un jour, elle rassemblait les fonds de bouteille et les mélangeait dans une  autre, terrible !

    La tante L cultivait des chrysanthèmes, pour qui, pourquoi, c’était son truc et aux vacances de la Toussaint on avait usage d’aller chercher chez elle des fleurs pour embellir les cimetières.

    Je ne garde pas de bons souvenirs de cette période d’Automne.

    Depuis que j’ai un jardin je me suis mise à récolter citrouilles et coloquintes . Le jour venu, Halloween pas la Toussaint nous creusons la citrouille, Ellen ou Rose s’habillent en sorcière, on allume des bougies autour de la cheminée. Ellen est heureuse, elle attend son anniversaire.je mets derrière moi ces tristes vacances de la Toussaint de mon enfance, placées sous le signe des pommes et des chrysanthèmes avec l’immense chagrin de cet octobre 77 où ma grand-mère nous quitta brusquement. Ce fut ce jour là la fin de tant de moments heureux. L’enfance qui fugua-t-elle aussi. laissant l’adolescence pointer le nez avec ses fardeaux