
Vers l’âge de cinq ma grand-mère maternelle m’avait offert une poupée et une poussette
Une jolie poupée aux cheveux blonds et plantés, un très joli sourire
Je l’adorais.
La poussette fut vite hors service mais la poupée me suivi partout, enfin dans ma maison, sa seule sortie officielle fut la clinique quand on m’ôta les amygdales.
Il était hors de question qu’elle ne dorme pas de ma chambre, il m’arrivait de me relever tard si jamais elle était restée dans une étable
Je l’avais appelée Claire
Un peu plus tard, je l’avais rebaptisée Stéphanie, mais j’avais regretté, un prénom choisi, c’est pour la vie.
Chaque année, ma mère lui faisait une toilette
Elle commençait par la laver sous la douche, puis elle la séchait, et pour boucler ses cheveux, elle prenait ses plus petits bigoudis et enroulait les boucles sur les petits rouleaux
Elle l’a mettait à sécher au soleil, pendant ce temps lavait ses vêtements, qu’elle suspendait ensuite sur un fil
Je la suivais, la regardait faire, elle avait des gestes surs, doux
Quand la poupée était sèche, elle ôtait les bigoudis, et donnait un léger coup de brosse, ma poupée était magnifique
Avec son vernis à ongles rouge vif, celui qu’elle mettait à ses orteils l’été pour aller à la plage, elle posait du léger coup de pinceau sur chaque ongle de la main de ma poupée
Elle repassait sa robe, je remettais les chaussures, et ma poupée était comme neuve, magnifique
J’avais énormément de chance que ma mère prenne ce temps là,pour ça , pour moi , elle m’a toujours donné le goût de respecter les choses, de les faire tenir , de les préserver .
J’ai conservé cette poupée dans ma chambre d’enfant, elle trône auprès de l’autre poupée à la berceuse de Brahms
Elles cohabitent avec un baigneur, pas trop beau, et avec Barbie et Ken
Ce sont les seuls jouets qui me restent.