
« Maman, tu viens jouer à la WII ? »
Hein ??? euh non, je ne sais pas
Mark insiste, sourire aux lèvres
Allez maman, je vais te montrer, on va faire Mario Kart
Comme je suis une grande pédagogue, et que je dis qu’il faut s’intéresser aux jeux de nos enfants, je finis par accepter
Rose est toute contente
Mark me donne le volant, et m’explique les rudiments des boutons
Je choisis un personnage et un véhicule
Et c’est parti !! Qu’est ce ça m’énerve !!
ça fonce, c’est pénible, ça va trop vite, ça m’intéresse pas
Je veux encore bien que ça détende les autres mais pas moi,
Au bout de cinq minutes, j’arrête, c’est bon, j’ai testé, j’ai fait, avec mes deux cocos, pff, déjà qu’au volant de ma propre voiture je ne maîtrise rien, c’est pas pour aller me vautrer sur les pistes de Mario
Nan, wiiez sans moi !
Eté 1987, je rentrais donc en train de Nice , avec un groupe d’enfants
Arnold me demanda en arrivant gare de Caen, d’aller chercher sa voiture à la permanence de l’association, et de retrouver le groupe à l’arrivée du car, à l’autre bout de la ville
Je suis plutôt réticente, je n’aime pas conduire, encore moins les véhicules des autres, et je connais cette ville, à pied, en bus , mais je ne suis pas ure de bien m’orienter .
Faut il rajouter qu’il s’agit d’une vieille 4l, vitesse au volant, une antiquité
Il insiste, et voilà, que j’accepte
J’en suis malade
Dois préciser que dans mon entourage, personne ne m’avait auparavant passé le volant ?
Au petit matin, sous le poids de la fatigue, après avoir passé une nuit en couchette avec des cas sociaux, je me risquais à démarrer la voiture d’Arnold
Je m’en voulais d’avoir dit oui, j’étais complètement affolée de devoir me déplacer avec un tel engin
Dans la ville j’avançais comme un escargot, un vrai cauchemar, j’avais chaud …
Une fois arrivée au bon endroit, soulagée, je fis une dernière manœuvre et. ..au lieu de passer la marche arrière, j’accélérais et bing, j’enboutissais l’arrière de la 4L !
Fort heureusement, l’autre voiture n’avait rien, c’était déjà ça
J’en menais pas large, il y avait quelques dégâts
A l’arrivée du car, j’annonçais la couleur avec prudence
« tu sais, oui, ça va, mais … j’ai une très mauvaise nouvelle «
Son visage se ferma,
pas pour longtemps
Au moment où je lui disais que j’avais embouti l’arrière de sa voiture, il éclata de rire, comme un fou, heureux comme un roi
« C’est tout !!!!!!!!!! »
Il était tout simplement heureux d’avoir retrouvé sa Francesca …