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  • Rituels de départ

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    C’est toujours le même rituel les départs en voyage.

    Partir deux mois ou cinq jours, cela demande autant d’énergie.

    Penser, faire les sacs, les lessives (pas question de retrouver du linge sale au retour, y’en aura assez comme ça ) préparer les caisses, un peu de nourriture, le pique nique pour le trajet, les livres, cartes routières, jeux, musique, petit nécessaire à pharmacie …

    Nettoyer la maison, ne pas revenir dans un foutoir investi pas les fourmis.

    Arroser les plantes, donner à manger aux animaux, éteindre les appareils électriques,l’ordinateur.

    Je n’aime pas préparer, j’ai peur d’oublier, je prend trop.

    Au retour, j’aime voir les changements dans le jardin, lire mes mails, les commentaires de mon bloc, les nouvelles notes de mes plogués favoris, le courrier postal n’est que factures, retrouver mes chats ,mes bêtes .

    Au retour nous irons dîner chez Basile et Coralie

    Jeanne, penses au soleil, au bien être que procure ces petits voyages printaniers, aux couleurs, aux odeurs du sud, aux richesses architecturales, aux merveilles de la mer …

    Je reviens bientôt, vous pouvez lire les archives, ou revenir papoter entre vous, à très vite !

  • Rauville La Bigot

    Notre pays est peuplé de petits villages et communes rurales avec des noms plus insolites les uns que les autres .

    Connaissez vous Rauville la Bigot , peut être pas , un petit bourg traversé par une nationale reliant Cherbourg à Briquebec ?

    J’ai traversé ce bourg des centaines de fois , en voiture ,ma mère y est allée à l’école ,mon beau frère y a vécu et c’est là que je passais mes vacances avec mon amie Chloé .

      En 1975 , le curé de la paroisse , réputé pour son dynamisme et sa modernité , eu l’idée de donner un coup de pouce à un groupe de débutants .C’était un groupe de musiciens rock , pas connus ,un homme au chant et à la guitare, un autre à la guitare, le troisième  à la batterie et une jeune femme  à la basse.

    Un chapiteau de fortune est installé sur un parking .

    J’entend parlé de ce groupe ,en pleine années disco ,c’est un peu la révolution au village , les vieux sont méfiants , les jeunes curieux , les femmes perplexes ..

    Tout se passe bien ,et le curé est heureux d’avoir permis cette animation musicale , pas de casse, pas de bagarre c’est l’essentiel.

    Le groupe en question a fait son chemin ,donne l’année d’après son premier concert à Paris et fut connu partout en France très vite , le groupe de rock qui aura marqué son époque d’une empreinte indélébile.

    En 1986 le groupe met fin à sa carrière ,le chanteur  Jean-Louis  mène une brillante carrière (toujours accompagné de Richard à la batterie). Louis continue son petit bonhomme de chemin en solitaire pavé d’albums plus ou moins confidentiels compose pour une chanteuse top modèle avec qui il aura une liaison . Quant à Corinne, elle restera discrète jusqu’en 2002.

    Et voilà comment Téléphone a fait une de ces premiers pas sous un chapiteau à Rauville la Bigot .

    Depuis ce temps ,le brave curé est mort …on ne plus esperer que le groupe se recompose même l’instant d’une soirée ,et bien tant mieux pour ceux qui ce soir là avaient fait le déplacement …

     
  • Les nouveaux héros

    En descendant en ville, nous passons devant l’impasse des Martyrs .

    Ellen me dit qu’elle n’aime pas ce mot là, le mot martyr, que cela évoque chez elle de la souffrance.

    J’étais comme elle, je me souviens de certains mots que je ne supportais pas de voir transcris sur un livre, un document : Holocauste, martyre, torture, esclave…

    Il me semble que pourtant l’actualité fait de ces nouveaux martyres ou bourreaux, des héros trop vite oubliés. Les médias s’engouffrent dans le, cas par cas, le symbole, le héros, fusse t’il basé sur la compassion, le rejet, l’acharnement, le lynchage..

    Il y a quelques semaines, toute la France était émue devant le destin d’une femme défigurée, résolue à choisir de mourir, on pensa alors que cette histoire aller changer les lois, les rendre soudainement fluides et sans questionnement.

    Quelques mois auparavant, on criait au scandale face au trafic d’enfants de l’Arche des Zozos, les voilà emprisonnés en France, on oublie vite ( tout comme on a vite oublié l’affaire des infirmières bulgares )

    Je passe sur la Miss France qui pose à poil dans un magazine, elle risque sa couronne, mon Dieu, je n’y crois pas..

    Entre temps la belle Carla se fait oublier depuis qu’elle a copié son modèle Jackie Kennedy chez les British, c’est la nouvelle Diana.

      On oublie la pauvre Chantal, et voilà que ressortent les humanitaires trafiquants d’enfants au Tchad.

    Et sur tous les plateaux, le voilà invité en héros, à témoigner, le responsable des Zozos, avec toute la mauvaise fois qui l’habite Il va bientôt tourner un film, un roman, tout est bon à prendre pour rembourser la dette.

    Et le procès d’un tortionnaire mué prend le dessus.

    N’oubliez pas la pauvre Ingrid, dont on est parfois une ou deux semaines sans évoquer même son nom.

    Serais ce les nouveaux saints, les nouveaux héros, je ne sais pas, des hommes et des femmes qui ponctuellement font les unes des journaux, retombent bien vite dans une minuscule coin de notre cerveau.

    Il est nécessaire d’informer, mais je crois que l’actualité veut de plus en plus le scoop, la révélation et on devient complice et voyeur parfois du sordide, du fait divers.

     

      Mes héros sont John Carter quand il va au Darfour retrouver son ami Luka

    Mes héros sont les chanteurs de télé crochet qui essayent de devenir une nouvelle Star.

    Mes héros sont là où on ne les attend pas, la ou les caméras sont éteintes,

    Je m’informe mais comme tous j’aime rêver autrement que par cette actualité qui manipule, on ne peut pas changer grand chose à ça, si ce n’est  de déserter de plus en plus le petit écran et s’informer en choisissant les articles, dans la mesure de notre lucidité, sans trop se laisser manipuler.

    Dans ma tête depuis longtemps sont inscrits des noms qui ne s’effacent pas, Jean Paul Kaufman, le baron Empain, Christine Villemin, Florence Aubenas, Marie Humbert..gravés eux aussi dans la mémoire collective …

  • Enquête sur le halage

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    Par un beau samedi matin ensoleillé, deux policiers en uniformes sonnent au portail.

    -« Madame T n’ayez crainte, Police nationale  pour une simple enquête ;

    -« Bonjour messieurs, c’est à quel sujet ? (je ne tremble même pas, je n’ai rien à me reprocher )

    -         « Vous faites des travaux ? » questionne l’un des deux brigadiers armés jusqu’au dents l’œil rivé sur un tas de graviers ( c’était à l’époque de la fosse ) 

    -         « Oui, mon mari « 

    -         « Est-ce que vous avez une brouette ? »

    -         « euh oui … »

    -         « Vous l’avez encore, vous pouvez vérifier ? »

      Je descends sagement au fond du jardin a proximité du clapier à lapins, ouf la brouette est à sa place.

    Je remonte au portail retrouver les deux shérifs.

    -« nous avons trouvé une brouette sur le halage contenant de la gaine électrique, nous faisons une enquête pour voir si elle appartient à un habitant du quartier, vous comprenez, c ‘est dur pour nous, personne n’a porté plainte. »

    Porter plainte pour vol de brouette, au commissariat, je n’y aurais pas pensé.

    Je me dis alors que c’est grotesque, pense soudain à une caméra cachée, c’est peut être Jacques Legras qui est déguisé, en même temps, je ne vois pas de caméras …

     

    -« Bon, excusez pour le dérangement madame, on va poursuivre notre enquête « 

    -«  je vous en prie, au revoir messieurs. »

     

      Notre ville est plutôt tranquille, réputée pour son nombre très limité en affaires de délinquance et autres délits.

    Chers lecteurs, si vous avez dans votre entourage des gardiens de la Paix, las et épuisés de leur travail, conseillez-leur de demander une mutation, chez nous, ils seront en quelque sorte en pré retraite …