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  • Logis et gamelle vide

     

    Il est revenu par ce bel après midi printanier

    Il a flairé les assiettes des chats, et a englouti tout ce qui trainait, sauf les chats

    Contente de le revoir, j’ai essayé une légère approche

    Cette fois il portait un collier, était toujours aussi timoré mais moins farouche

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    Je lui ai donné à manger, pour combler cet appétit

    Et j’ai décidé de le suivre

     

    Il s’est dirigé vers la porte du terrain d’â côté et dans une petite maison, il a essayé de rentrer

    Il n’y avait personne, j’ai vite compris que cette maison était la sienne

    J’ai sonné, frappé, personne …

    Alors je suis rentrée et j’ai laissé monsieur Le lévrier

     

    Un peu plus tard, j’y suis retournée, il était encore là, dans cette grande cour commune aux logements voisins, et quand il m’a vue, il a couru vers moi, à sauté sur mes genoux et j’ai lui ai donné tout plein de caresses

    Il était content, lui et moi, on est copains

    Lorsque  je suis partie, il m’a suivie, et revenu vite fait dans le jardin, pour le plaisir de courir

    Un peu plus tard, les voisins étaient rentrés, avaient ramassé leur chien

     

    Je ne me suis pas manifestée

    Il a un logis, mais une gamelle peu remplie.

  • Jonquilles , narcisses et lierre

     

    Il nous a pas trahi, il est arrivé dimanche, pour le plaisir de  tous, et a bien fait de rester toute la semaine

     

    L’odeur qui embaume le massif est unique à cette saison

    Les jacinthes bleues et roses, batifolent avec les jonquilles, entre les rosiers qui bourgeonnent

    Les premières tulipes ouvrent comme des parapluies  et les araignées rouges s’en donne à cœur joie dans les lys tout frais sortis de terre

    Un enchantement …

     

    Je ne parviens pas à faire la différence entre la jonquille et le narcisse

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    Cette fleur simple, symbole du printemps, sauvage, vivace

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    J’en ai de plusieurs variétés, bicolores, doubles, orchidées

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    Mes préférées sont les petites, écru, très odorantes

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    Les coquines se sont presque fondues dans ce décor, mais je le sais, ce sont des tulipes

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    Pour finir avec ce tour de jardin, je traboule avec Pastelle qui nous a fait un très joli billet photo sur les murs lierres

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  • Ces changements là ...

     

    Il convient d’admettre que dans le quotidien, il y a des choses qui changent

     

    Ellen cuisine de plus en plus, elle prend en charge le repas du lundi midi, finissant ses cours à  10 heures, elle a le souci d’apprendre, d’aider, et ça c’est plus que bien

    Mark a fait sa chambre à fond durant les vacances

    Il sait faire ranger, trier, nettoyer, agencer

    Il se sent bien dans un espace propre, il a   besoin de ça

    Ça me réconforte de voir qu’il sait travailler, faire l’effort de, et m’étonne quand je le vois aussi charrier des dalles de la terrasse avec son papa

    Il a envie de participer, s’intéresse de plus en plus aux choses, politiques, sociales, c’est bon de le voir s’ouvrir

    J’ai apprécié qu’il vienne marcher avec nous à la plage avec Pierrot, et lui, il a aimé ça aussi

    Et Rose, elle se socialise de plus en plus, elle est toujours très mal organisée, elle vit dans sa bulle, mais à l’école, elle a de très bons résultats, ce qui veut dire qu’elle écoute en classe

    Ils grandissent,  bien, pas mal en somme, pas pire que d’autres

    Mark et Ellen ne se chamaillent plus, ils discutent de plus en plus ensemble à table, avec nous.

    On a tant dit sur l’adolescence, l’âge bête, les conflits, les malaises

    Je suis persuadée que certes, il y a des moments pénibles, mais que ce n’est pas une période si complexe que ça, qu’il faut souvent se faire aider, maintenir les limites et garder le lien

    Voir , pointer du doigt ce qui va bien , dire merci , je suis vraiment contente , ça me soulage , je vous adore , vous voulez bien m’aider , j’ai envie de vous faire plaisir , je suis fière de ce que vous devenez , j’aime vivre avec vous ,je vous fait confiance , j’ai peur quand je ne sais pas où vous êtes , faites des efforts , acceptez les contraintes , respectez ce que vous avez ….

    Respectez-vous

    Respectez nous

    Et quand ça marche bien, je vous assure, c’est ça aussi le bonheur de vieillir ensemble

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  • Le gars du Sud

    Ce soir là, je papote avec le gars du Sud

    Il me dit à chaque fois que mon sourire le rend heureux, et il me renvoie le sien

    C’est un homme grand, élancé, avec un accent chantant, sensible, sincère

    Il me raconte ses bouts de voyage, ses projets, et parle de ses enfants, de ses petits enfants

    Il souhaite passer du temps avec eux, faire de ce temps qui lui est alloué, un temps de grand père, pour lui, pour eux, parce que le temps passe vite

    J’aime échanger avec ceux qu’on appelle les séniors, ou les inactifs qui s’agitent, plutôt dynamiques, très disponibles, ayant un regard sain et positif sur l’autres, le plus jeune, le cadet, l’adolescent, nous, les gamines !

    Je saisis la chance d’avoir auprès de moi , des sexagénaires heureux , tolérants , lorsqu’il échangent des souvenirs communs , je ne me sens pas exclue , je ne rêve pas de leur jeunesse , je l’imagine , avec leurs mots , leurs blessures , leur regrets

    Il est grand temps de se dire que c’est ce qui forge la richesse de notre vie, de partager davantage avec nos ainés, ceux qui ne sont ni nos parents ni nos aïeux, ceux qui ont l’écoute, la distance, eux qui aussi ont cette capacité parfois de remettre en cause leur préjugés

    Je me projette avec eux, devant leurs vies bien remplies

    Et ceux qui aigris et blasés, me renvoient leur amertume, je me promets de ne pas devenir comme eux

    A quoi bon rivaliser, à quoi bon donner des leçons ?

    , vivre les uns avec les autres, oser franchir les barrières de l’âge, se raconter, simplement …

    Ce qui me fait peur, c’est que lorsque je serai sexagénaire, eux seront ….âgés et qu’ils partiront peut être avant moi, ils me manqueront ….vraiment

    Et les septua ?

    Je leur adresse toute ma reconnaissance, et tout spécialement, à l’un de nous, rempli de d’humour et de vitalité à qui je dis :

    « Accroche-toi Jean Michel ! »

     

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    Mary Cassatt : “Reading Le Figaro”.

  • Le chic

    portes metro.jpgLouis a décidé d’aller lire son journal à la plage mais il trouve que ce n’est pas pratique, parce qu’il y a trop de vent

    Je l’imagine, avec ses grands bras, en train de battre avec Eole, qu’il ne parvient pas à dompter pour lire son canard, la page du milieu qui tombe, il n’arrive pas à la replier, pour finir, il fait une grosse boule de papier et  la jette dans sa voiture furieux «  c’est impossible ! « 

    Vous avez déjà vu dans les transports en commun, y’en a qui ont le chic pour lire leur journal

    «  Hop », un petit geste et la page se tourne toute seule, plié en quatre, ça m’épate

    Idem pour les passages dans les portes battantes

    Vonric a le chic , il sort à peine son  Oyster card , et hop , comme si les portes s’étaient données le mot , »le voilà «  il regarde devant lui , droit comme un I , cheveux aux vent …

    Moi, c’est tout le contraire, ça passe pas, la carte ou les tickets  sont mal positionnées, les portes se referment sur moi, y’a un truc qui reste coincé, par manque d’habitude vous me direz, même pas !

    Rien que pour ouvrir la porte d’entrée, certains ont la classe, la bonne clé, hop, un tour et c’est fait

    Moi, c’est beaucoup plus long, et parfois faut que je m’y reprenne en trois fois

    Arnold avait le chic pour allumer une cigarette, j’étais ébahie, un  coup de briquet et c’était bon

    D’autres là encore vont s’y reprendre en cinq fois pour avoir une flamme, en sortant la cigarette du paquet, en font tomber trois, et parviennent même à en casser une en refermant le paquet, iront même jusqu’à mettre leur cigarette à l’envers  et allumer le filtre !

    Et les SMS, idem, Ellen dégaine en 10 secondes un message, moi, ce sera beaucoup plus long.

    La grâce, l’élégance pour eux … 

    La maladresse et la  gaucherie  pour moi ….

    Alors, je me console, j’ai quand même le chic pour rire aussi de ça

  • La journée de la culpabilité

    On pourrait instituer la journée de la culpabilité, après tout, y’a des journées pour tout, journée des gentils, journée de la planète, journée de la jupe …du sommeil, du macaron…

    Quel jour ?

    Pour moi, ce serait le 15 novembre sans aucun doute

     «  Jeanne, tu veux quoi pour ton anniversaire ? »

    «  Ben, une surprise, j’adore ça, un cadeau quoi, je ne suis pas difficile « 

    Je ne réclame plus les candélabres de Giacometti, ni un statimobile de Calder, ni un chat noir, je ne réclame rien, on m’a dit que c’était malpoli, je ne demande pas, si j’ai besoin j’achète

    Jérôme est un éternel indécis, avouons le, toujours peur de se tromper dans ces achats, peur de se faire arnaquer par les commerçants, peur de ne pas trouver la bonne idée

    Alors, il occulte  ce fameux cadeau, et se réveille le matin même (pourtant la date ne change pas), avec ce poids, rien à offrir

    A un moment donné, j’ai pensé rayer cette date de mon calendrier, ça arrangerait tout le monde, mais ce n’est pas facile et puis il y a Louis, qui se tracasse aussi pour trouver le fameux cadeau

    Pour déculpabiliser mon DH (dear Husband) et les enfants, je lance la phrase fatale

    «  C’est bon, je veux rien « 

    Et là, retour de bâton,

    «  Mais, si t’aime bien recevoir quelque chose, je sais « 

    Evidemment, je me démène, avec plaisir pour leur offrir des tas de petites choses, et ils le savent que  recevoir un cadeau, ça fait toujours chaud au cœur

    Et voilà c’est à mon tour de culpabiliser, on ne doit pas réclamer, ni dire qu’on ne veut rien

    Donc, je ne vois qu’une seule solution, rayer la date ou culpabiliser tous ensemble, en famille, tiens, c’est vraiment une distraction

    Bah, je me console en me disant que ça n’arrive pas qu’à moi, que la névrose du cadeau hante encore beaucoup d’esprits, quand  Noel arrive, même scénario, en pire

    Chez Popotine, j’ai repéré de magnifiques amphores, et j’ai dit à Jérôme

    « On reviendra cet été hein ? »

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  • De peur de lasser et de froisser

    Au début, lors de la création d’un blog, on a le souci de l’alimenter,  trouver un fil conducteur, des idées de billets, une certaine cohérence qui va se mettre en place au fil du temps

    Les idées  surgissent sans prévenir

    Tout est bon à raconter, petites anecdotes d’hier, tranches de vie, tracas du quotidien, passions chantantes, traboules en tout genres

    Evidement il est bon d’y mettre un peu de sel, de poivre, les épices nécessaires pour que la narration ne soie pas du seul racontage de vie, faire en quelque sorte sa propre recette, conscients que nous sommes aussi influencés par nos lectures, éviter le style parlé  qui peut nuire à l’écriture

    Raconter, inviter le lecteur à rebondir, à parler de lui, trouver une chute

    Les convives  viennent se rassasier, quasi inconnus au départ, arrivant  par hasard

    On apprend à se connaitre, on se lit ailleurs, on se lie au gré de nos envies

    Et il y a des sujets « vendeurs », faciles, futiles, C’est ainsi, un petit jeu dangereux dans lequel on peut s’engouffrer, sans même sans rendre compte

     

    Et d’autres plus personnels, plus fragiles

    Il m’arrive parfois de penser à la réaction de mes lecteurs, j’ai peur de blesser, de faire surgir des souffrances, de les exposer à cela

    Comme si on poussait de force un diabétique dans une pâtisserie

    J’hésite à publier, de peur de froisser, puis j’assume, parce que c’est aussi mon espace, je censure rarement

    Maintenir le cap, ne pas chercher la popularité, accepter les silences, s’excuser de ces défaillances

    Et les fameux « j’aime, j’aime pas « 

    Oser dire qu’on n’est pas emballé, sans pour autant attaquer gratuitement pour blesser

    Je n’aime pas la bière, mais il ne me viendra pas à l’idée de bannir les fabriquant, et ceux qui se régalent avec cette boisson mousseuse

     

    Ici, comme dans la vie, j’appréhende la routine, peur que mes billets lassent, de radoter déjà

    Publier quotidiemment, pourquoi ?

    Parce que j’aime ça , l’écriture , les réactions , cela m’aide à mieux vivre les moments plus ternes , les mails professionnels qui me gavent , les taches quotidiennes  , repas , lessives , rangement ..

    C’est aussi un exercice qui me mènera un jour je l’espère sous une autre forme d’écriture

    Quand je suis ailleurs, je ne pense pas à ce blog, ou très peu, il ne manque pas, vous par contre, me manquez un peu

    Un blog, c’est une autre maison, il faut souvent l’aérer, refaire de temps à autre la déco, et surtout étonner, surprendre, sans choquer

    Au fil des ans , la maison devient plus solide , je ne me pose pas la question de déménager , ni même du jour où je fermerai les volets , j’ai juste peur que ça sente le renfermé , que la poussière du temps s’y installe , et que les visiteurs se détournent pour pousser d’autres portes , sans avoir pris le temps de dire «  au revoir « 

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     Pierre Bonnard "La femme au chat"