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  • Je suis une miraculée

    971881544.jpg Vous êtes nombreux à me demander des nouvelles de mes allergies aux bouleaux  et je vous en remercie..

    Alors depuis le 9 mars que c’est t’il passé ?

    Je pensais demander à notre nouveau maire d’abattre les arbres responsables de tant de maux mais quand j’ai vu son emploi du temps, occupant le terrain, devant prendre possession  dans son nouveau bureau, la presse écrite et télévisée à ses trousses, je me suis dit «  sois raisonnable, souffre en silence, ne profite pas de tes relations «  Et depuis, un miracle, un vrai miracle :

    Mars, avril, plus rien, plus de yeux larmoyants, pas de quinte de toux, pas nez qui coule, de gorge asséchée, rien, ou presque, deux à quatre éternuements par jour, c’est tout !!

    C’est peut être le traitement à base d’aloès Vera qui fait de l’effet, de toute façon, ça fait pas de mal, ou bien la déssensibilation, mais bref, peu importe, en cette belle saison du printemps, depuis 10 ans enfin, je respire, je dors allongée ( oui je devais parfois m’asseoir après avoir pris soin de ventiler mes bronches.)

    C’est inouï, inespéré, je jardine, je butine, tout va bien !

    Alors je me pose la vraie question, j’étais peut être tout simplement allergique à l’ancienne municipalité …

  • Changement de décor

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    A chaque changement de saison, j’ai besoin de changer le décor du salon.

    Ne vous affolez pas, je ne cours pas chez IKEA, la Roche Bobois ou le pays ou la vie est moins chère pour racheter des meubles et jeter les autres.

    Je pourrais faire venir M6 et l’émission Déco mais non, je me débrouille toute seule, à moindre frais.

    D’abord les meubles dans cette pièce, y’en a pas, enfin presque

    Un vieux canapé, une table de salon, une meuble TV et une énorme cheminée ( y’a quelqu’un qui la veut ?) Et un meuble pour ranger la vaisselle, fixé  au mur.

    Je commence par nettoyer la terrasse qui se trouve du côté de l’entrée.

    Quand elle est  moins sale  propre, je mets mes hibiscus dehors. ils sont tout l’hiver devant la porte fenêtre du salon

    Il faut être sûre que les dernières gelées soient passées

    Puis j’enlève toute la déco du salon, les petits lapins de Pâques ( oui je fais encore pour Rose, elle adore ) les cadres, les vases, les lampes …

    L’hiver j’adopte un style plutôt nature, marron et ivoire, branches mortes, coton, bois flottés.

    Et hop, une fois que tout est propre, je met un nouveau plaid sur le canapé ( rose et beige ) des coussins assortis, un rideau à la porte fenêtre et je rapporte les lampes, mobiles et vases que j’ai réalisé moi-même à base de récup , il me manque que les pivoines roses qui ne sont pas encore en fleurs .

    C’est un petit changement qui prend que quelques heures, il me procure la sensation d’être prête pour entrer dans l’été.

      Je suis raisonnable, je pourrais répandre du sable partout dans la pièce, planter un cocotier, accrocher des chapeaux de paille sur les murs , des chaises longues en teck ,une moustiquaire , quoi d’autre ?

  • Léo

    Recroquevillé dans le fond d’un car, un homme d’une vingtaine d’années ne dit pas un mot.

    Je pars faire une colo à Sallanches en Haute Savoie, pour trois semaines .Je connais à peine les animateurs, juste le temps d’une WE.

    Le directeur est un inconditionnel de jeux de rôles, donjons et dragons, il vit dans ses délires, je fais abstraction.

    Le visage de l’homme est familier, je pense l’avoir déjà vu, j’ignore  dans quelles circonstances. A l’arrivée, nous échangeons des banalités, il est plutôt distant, n’a pas envie de lier.

    Les animateurs sont tous en couples au bout de 4 jours, génial ….

    Après le cinquième repas, je me retrouve seule avec Léo, nous faisons connaissance un peu plus, il a fait une colo avec mon frère, j’ai fait un centré aéré avec un de ces frères.

    Nous étions dans le même collège, au même lycée, sans se connaître.

    Au bout de quelques jours, nous devenons complices, nous avons un humour très proche, corrosif, une vision commune d’animer le centre, une pédagogie bien ficelée.

    Nous devenons inséparables, nous partons trois jours camper dans un petit village, resserrons encore plus nos liens .Au bout de 10 jours l’équipe d’animation perd le rythme, nous portons le groupe, enfants et animateurs.Nous adorions chanter ,ce que nous faisions sans réserve ,en group et en duo .

    Fin juillet, nous nous quittons comme deux vieux amis, sans adresse, sans regrets.

    Je recroise Léo un jour dans un train, il est avec Julia son amie, nous décidons de repartir en centre de vacances, l’été suivant.

    J’étais étudiante à cette époque, je terminais en juin, j’enchaînais avec deux colos avant de reprendre en Septembre.Nous nous sommes retrouvés un deuxième été, à nouveau inséparables, d’une grande complicité, une amitié unique, on parlait seuls tous les soirs, deux heures au moins, il me racontait toute sa vie, je lui partageais la mienne. Je n’avais jamais connu une telle relation, lui était très amoureux de Julia, il galérait un peu, buvait beaucoup.

    Je me suis installée dans mon premier appartement et aux vacances scolaires, j’allais voir Léo.Nous passions deux jours, tous les deux, souvent Julia avec qui il vivait été partie ou travaillait.

    Ils se sont mariés, ils ont eu deux enfants, des jumeaux.nous étions toujours très proches, je les intégrais à mes nouveaux amis, nous étions  toujours complices, Léo fut témoin à notre mariage.

    Julia le quitta quelques années plus tard, ce fut pour lui le plus grand drame, il ne parvint pas à supporter cet échec, il resta à Rennes.

    Nous avons accueilli Léo jour et nuit, craignant le pire pour lui, médicaments, alcool, hospitalisations .Nous avons prêté une voiture, il eu un accident sans gravité.

    Les choses avaient changé, j’étais sa bouée, son canot de sauvetage, il s’accrochait moi comme à un roc, je ne savais plus trouver ma place, il devenait exclusif, exigeant une amitié qui n’étais plus la même.

    Un soir, chez lui, sous l’effet de l’alcool, il eu une réaction excessive, j’étais déboussolée, j’ai du faire un choix, douloureux, je devais couper tout lien avec mon ami, préserver, protéger …

    Je n’ai plus de nouvelles de Léo depuis 9 ans, il ignore l’existence de Rose, je ne sais pas où il en est. Je pourrais peut être lui envoyer une lettre,, pourquoi, dans quel but ?

    Nous ne retrouverons jamais notre histoire, j’en garde de bons souvenirs, mais je ressens toujours une énorme ammertume de l’avoir quitté dans de telles circonstances.

    Chacun ses parcours, je n’aime pas les ruptures, pas celles là, il n’a pas non plus cherché à me retrouver, c’est peut être mieux comme ça.                                                                                                                                                                                                      
  • J'aurais pu m'appeller Madame Clooney

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    Je n‘aurais pas pu épouser un homme méticuleux et maniaque, à cheval sur le rangement, genre ceux qui finissent de tondre leur pelouse avec un ciseau.

    Avec Jérôme c’est plutôt parfait, quoique.

    Avec le recul, je me rends compte que j’aurais pu épouser George Clooney

    Eh oui, ne soyez pas surpris, ne vous dites pas « mais elle délire la Jeanne ;; 

    Non, George, le beau George, toujours célibataire, avait  comme compagnon un petit cochon vietnamien. Donc il aime les bêtes, moi aussi ça tombe bien, moi c’est un cochon d’inde. Et puis il ne faut pas être trop maniaque pour vivre avec un cochonnet.

    Ce qui m’étonne c’est que le cochon a du grossir, et devenir …un gros porc, forcement et j’adore le rôti de porc.

    De toute façon, il est mort son porcinet.

    Si j’avais épousé Georges Clooney, je n’aurais pas eu besoin de médecin pour les enfants, ben non il est pédiatre Doug Ross..

    Je me demande si j’ai pu l’accompagner au Darfour, parce que je ne supporte pas la chaleur. …Par contre j’aurais pu m’occuper des petits noirs, c’est mon métier.

    Si j’avais épousé George, il m’aurait fait du bon café, de Nespresso, il adore ça,

      Bon , What Else ?

    Il est engagé politiquement, moi aussi

    Oui vraiment on avait tout pour construire un amour parfait.

    Et bien peut être que j’aurais été la femme la plus heureuse de la planète, mais aussi celle qui aurait eu le plus de rivales.

    Chaque copine me rendant visite, je me dirais, c’est pour moi, ou pour mon beau George ? .

    Enfin, j’ai du faire un choix, un jour, renoncer au rêve, aux palaces, aux plateaux de cinéma, Cannes, les oscars, les paillettes, la célébrité, Hollywood..

    Tant pis pour lui …

    Tiens c’est la St Georges aujourd’hui.

  • Le Larousse tout en couleur

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    Ma grand-mère maternelle était curieuse, elle aimait se cultiver,  et avait une peur inouïe  de la maladie .Je crois qu’elle ne pouvait pas se résoudre à devoir un jour être dépendante, ne plus bouger .Elle bénéficiait d’un voyage gratuit en train par an, grâce à mon père salarié à la SNCF, elle emmenait mon grand père sur tous les lieux de pèlerinages possible (Lourdes, la Salette, Rome …)

    Nous allions chez mes grands parents très souvent.

    Un jour alors qu’elle venait d’acheter un Larousse en couleur, mon frère lui dit « oh il beau ton dictionnaire ! »

    Elle lui répondit « il te plait et bien vas t’en avec ! « 

    Mon frère rapporta le dictionnaire à la maison, elle en acheta un autre la semaine suivante à Cherbourg.

    Pour calmer sa peur de la maladie, elle avait acheté un dictionnaire médical.

    Il m’arrivait de le feuilleter , il y avait des planches avec des photos représentant en détails les maladies de peau , la gale ,les érythèmes,les infections en tout genre.C’était l’horreur ,des croûtes ,des escars sanguinolents et putrifiés .

    Je refermais l’encyclopédie avec effroi, terrifiée d’attraper ce genre de pathologie.

    Je pense que l’on peut trouver ce genre de chose sur Internet, ce n’est pas forcement la base idéale pour consulter en cas de doute.

    Ma grand-mère un jour a fait un malaise, elle refusait le médecin, les médicaments.

    Elle fut hospitalisée 5 jours et mourut brutalement d’une embolie cérébrale.

    J’avais douze ans, j’avais fait ma communion en juin, elle est partie en Octobre.

    Je ne sais pas comment elle aurait vieilli ,aurait elle supporté de nous voir grandir, je pense que nous aurions gardé avec elle ce lien unique , cette fascination mutuelle , cette attirance profonde ,elle serait devenue un peu aigrie sûrement ,elle perdait la mémoire , elle aurait souffert de perdre sa tête …

    Nous avons gardé d’elle que le meilleur, je n’ai pas pu accepté ce départ prématuré, les années qui suivirent furent douloureuses, mon grand père inconsolable survécu 5 ans sans elle.

    Quand j’ai visité le musée Dali à Figuéras, j’ai vu les "montres molles "et "la girafe en feu".

    C’était familier pour moi, je les vus ces tableaux reproduis des tas de fois dans le fameux Larousse en couleur ,j’y voyais les nymphéas de Monet, mon œil hypnotisé par l’art avait enregistré les œuvres .Plus tard, je découvrais Bonnard, Berthe Morisot, Mary Cassatt, les Delaunay, Kandinsky, Calder …

    Je tiens cela d’elle, de cette grand-mère qui m’a  transmis sa curiosité, sa soif de connaître, son désir de découvrir … et sa grande générosité .