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  • Hasard

    Après avoir quitté l’école ou j’enseignais, j’avais roulé une heure pour assister à cette réunion qui ne m’enchantait guère, la fin de m’année approche, je vis de gros changements.

    Cette réunion se passe dans un collège, une petite salle des profs que nous avons squattée pour deux heures, je m’ennuie, je pense à autre chose.

    Le hasard fait que Arnold occupe mes pensées, je suis dans la ville ou il vit, je suis dans l’établissement scolaire ou il travaille.

    Personne ne le connaît, il est présent dans ma vie de célibataire depuis trois ans, présent dans ma tête, étrangement là …

    La porte s’ouvre brusquement, apparaît dans la salle un homme visiblement surpris de voir la salle occupée, nos regards se croisent, grand sourire, je me lève d’un bond et quitte la pièce sans dire un mot.

    Nous sortons, rions, »qu’est ce que tu fais là ? » , il rit encore heureux, heureux de revoir Jeanne, il m’appelle par le surnom qu’il m’a donné, le même que l’héroïne de « la route de Madison « 

    Nous parlons, il me dit qu’il a trouvé un emploi au Casino de Deauville, je lui dis que je vais partir, mais il le sait déjà, nous nous quittons, désolés, je retourne à ma réunion.

    J’ai totalement décroché, sur le chemin du retour, je n’ai pas dit un mot, je me suis contentée de hocher la tête, de répondre par oui ou par non ;

    Je l’imaginais en croupier, élégant, chic, gracieux.

    Si j’avais eu un portable, je lui aurais envoyé 50 SMS, rien à ce moment pour le rappeler.

    Depuis ce soir là, je n’ai jamais revu Arnold, il ne m’a jamais  rappelée, j’ai commencé une nouvelle vie, ailleurs

    Je n’ai plus rien, plus d’adresse, aucun lien, j’ai un jour jeté une bouteille à la mer, comme vous peut être en m’inscrivant sur ces sites de copains d’école..

    Qui sait un jour, peut être un message arrivera dans ma boite à lettre ?

     

     

  • Le radio crochet

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    A chaque kermesse de fin d’année à l’école de ma commune rurale était organisé un radio crochet.

    Une installation sommaire, on ne peut plus typique, la scène était une remorque de tracteur, prêtée gracieusement par un agriculteur, dont les roues étaient recouvertes par des branchages, et en guise d’éclairage, une guirlande d’ampoules de couleurs, ce que l’on trouve dans les arbres de Noël  dans les campagnes ( on est un peu loin de Baltard )

    L’animateur était notre maître d’école, le seul à pouvoir tenir un micro, jusqu’à l’arrivée de Jean Michel, parent d’élève et ami, gendarme qui un jour saisit l’objet  pour animer toutes les fêtes du bled et le garda d’ailleurs..

    C’était un concours de chant, il fallait s’inscrire dans l’après midi au milieu du chamboule tout et de la buvette et bien sur de la poupée à la robe scintillante que l’on pouvait gagner si on trouvait son prénom. ( ma sœur, en a gagné une un jour, on a cru au miracle, mais bon il a fallu ensuite l’asseoir sur les lit durant 10 ans, et comme nous partagions le même lit, … ouh un peu défraîchie la Juliette, c’était son prénom hein Flo ?)

    Je l’ai fait une fois, ce fameux radio crochet, avant que je ne découvre que j’étais vouée à une carrière de choriste et non de soliste, j’ai chanté « l’oiseau et l’enfant « de Marie Myriam, je me souviens encore des paroles.

    Mais c’était cruel ce jeu, il y avait une partie réservée aux enfants et bien sur une jeune chanteuse qui faisait tous les radio crochets des alentours, une future Céline Dion qui chantait « Mille Colombes » de Mireille Mathieu ( je vous rappelle qu’elle le chante encore les soirs de victoire auprès de notre Président )

    La starlette, qui se l’a  pétait, gagnait tout le temps, ça énervait tout le monde mais bon, il y avait un jury qui votait avec des ardoises d’école bien sur !

    Puis venait la seconde partie réservée aux adultes, on avait forcement droit, au fan de Johnny qui vociférait » Gabrielle » dans une micro, le jeune un peu éméché qui montait sur scène pour faire rire la galerie, la cinqua fan de Georgette Plana ou Michele Torr, qui d’une voix chevrotante poussait la chansonnette et enfin  bien sûre la chanson militante du fan de Sardou, genre «  Ne m’appelais plus jamais France «  Celui là était redoutable, car il chantait très faux mais se prenait au sérieux et il arrivait que deux ou trois ampoules explosent au son de sa voix.

    Il n’y avait aucun fan de Brel, d’Aznavour de Leforestier ou de Barbara, allez savoir pourquoi ?

    Depuis ce temps, l’eau a coulé, je n’ai pas eu de carrière de soliste, mais je suis choriste et ça fait tout mon bonheur et devinez ce que je fais chaque mercredi soir de mars en juin, et bien comme des milliers de français, je me poste devant le petit écran pour la télé crochet de M6 et j’adore ça !

    Oui, j’adore regarder la Nouvelle Star, j’adore me retrouver public de chanteurs qui vocifèrent, braillent, pleurent et me font frissonner. Bien sur je ne suis pas fan du jury et je ne comprends pas toujours pourquoi je n’ai pas été sollicitée pour remplacer Marianne James,

    C’est sûrement mon côté ado qui reprend le dessus, j’assume, je suis fan absolue de cette émission, comme quoi les choses ont à peine changé.

    Si la scène de Baltard, un peu plus grande qu’une remorque de tracteur …

     
  • Le trivial poursuit

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    Pendant mes années au collège et au lycée, j’ai totalement ignoré et rejeté les matières générales enseignées .Essentiellement les maths (j’ai un niveau CM1 j’arrive tout juste à additionner deux chiffres pour laisser un commentaire sur le blog de Jean Pierre ) et aussi l’histoire géo et bien sur les sciences et la physique .Rien n’avait d’intérêt pour moi, chaque recherche ou exposé représentait un véritable calvaire, je n’avais accès à rien, aucune bibliothèque le week end ou aux vacances.

    Nous ne partions jamais en vacances, nous n’avons jamais voyagé en famille, hormis des échappées parisiennes.

    Mon père avait réussi à nous persuader que les gens partaient en vacances « pour faire bien «  , pour raconter leurs exploits à leurs collègues, en gros pour fanfaronner à leur retour .C’était une vision des choses qui lui été propre , alors que nous avions un accès gratuit au réseau ferroviaire , certainement à des avantages par les CE , rien n’y faisait , on passait notre été dans notre maison ,mon père prenait quelques jours de congés répartis dans l’année pour faire son foin, ses betteraves ,et tous les travaux de bidouillage de la maison .

    Avec le recul, je me suis rendue compte que j’avais devenue totalement légèrement inculte, nulle en histoire, en géo …j’ai un peu complexé jusqu’au jour où j’ai assumé ce handicap.

    D’abord parce que j’aurais pu me documenter toute seule, me cultiver et rattraper ce retard.

    J’ai préféré découvrir d’autres domaines, l’art, la musique, le cinéma.

    Je peux vous parler de Charlotte Periand, de Gaudi, d’Oscar Niemeyer (normal j’ai vécu au Havre) de Calder, de David Lynch, de Kiesloski, de Lully, de Monteverdi, de Juan Gris, de Malevitch …

    J’ai acheté des tas d’ouvrages, des magazines d’art, j’ai arpenté des musées d’art moderne .ouvert mes yeux, vibré par les couleurs, les traces, les traits, le volume, les sons, les voix. Je n’ai aucun regret sur ce passé, c’était comme ça, peu d’amertume, pas de rancune.

    La seule chose que me reste difficile c’est l’aide aux devoirs pour mes enfants, je ne suis pas patiente, ni intéressée par les programmes ;

    Je peux les aider en arts plastiques, surtout Mark qui manque un peu d’ambition et de confiance, Ellen est très douée dans ce domaine.

    Je mets de l’énergie à motiver mon fils au piano, ouvrir les yeux de Rose, lui donner plein de vocabulaire par les albums.

    Ils feront leur propre parcours, je ne les traîne pas dans les musées, j’essaye juste de les ouvrir au monde,

    Une seule chose, ne me demandez pas de jouer au Trivial Poursuit !

  • Le moine errant

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    Il déambule sur le boulevard ou dans le centre ville.

    Il porte une bure écru un peu vétuste, un gros chapelet noué à la taille.

    Sa tête sans cheveux laisse deviner son âge, ses pieds portent de grosses chaussures orthopédiques noires.

    Il traîne des sacs plastiques, fouille les lieux , téléphone dans une cabine ,peut être y glisse t’il des francs ?

    Quelqu’un m’a dit qu’il n’était pas religieux, peut être l’avait il été autrefois ou

     aurait voulu le devenir.

    C’est un marginal connu dans la ville, il est toujours seul.

    En le voyant je me suis dit « l’habit ne fait pas le moine «  

  • Familiarités déplacées

    La soirée bat son plein, après le gâteau d’anniversaire, les chansons, les quelques pas de danse, chacun boit un coup, papote avec son voisin, certains changent de place, les uns quittent la salle, d’autres commencent à virevolter.

    Céline qui était en face de moi à table est partie, un homme s’installe commence à parler avec nous.

    Un autre arrive,un homme d’un âge avancé ,c’est pas Brat Pitt , se poste derrière Lily et commence à lui masser les épaules, elle ne le connaît pas, elle affiche un regard atterré, n’ose pas réagir, Charlotte pouffe discrètement, on se regarde, nos pensées se croisent «  mais qu’est ce qui fait lui ? « 

    Il sort quelques paroles, Lily ne dit rien, sourit par pure politesse, il s’en va.

    «  Non mais c’est pas possible «   «  ah mais je supporte pas ça !« 

    Lily n’est pas une fille  spécialement coincée, mais pourquoi tant de familiarités ?

    J’essaye de trouver une explication. Lily c’est la copine sympa que tout le monde voudrait avoir, et puis elle chante plus que bien, alors tout ça regroupé, au bout de trois minutes, elle devient la copine de 20 ans aux yeux de ceux qui la croisent.

    J’argumente en disant que si une femme venait subitement se poster de cette façon auprès d’un homme, elle serait aussi perçue comme une allumeuse, une madame sans gène, un pot de colle et j’en passe..

    Je ne suis pas une militante féministe, Charlotte est d’accord,mais c’est quoi ce délire ?

    L’homme resté auprès de Lily tente de nous convaincre :

    «  mais qu’est ce que vous imaginez ,il n’y a pas d’arrière pensée « 

    Pensez ce que vous voulez , on est pas des poupées ,des mascottes à tripoter , des toutous en quête de caresses « 

    Ça suffit ,on a de la tendresse pour ceux qu’on aime ,on donne ,on  reçoit des gestes familiers de nos proches ,c’est tout …

     

     

    Je termine l’épisode en disant à Charlotte que ça fera une note future pour mon blog , je bois un peu de Vouvray , et repars aussitôt dans une autre conversation..

  • Un toit pour les vacances

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    Les premières fois ou je suis partie en vacances, ce fut en camping.

    Comme beaucoup de gens peu fortunés ou aventuriers, routards et baroudeurs.

    L’avantage de ce type de logis, c’est outre le prix, l’impression de proximité à la nature, la liberté de s’arrêter ou bon nous semble.

    Très vite, je me suis rendue compte que je détestais ça, certainement parce que les principales haltes se faisaient en Ecosse, en Irlande, en Scandinavie ou fraîcheur et humidité étaient souvent au rendez vous.

    Je n’aime pas dormir enfermée dans une toile de tente qu’il aura fallu au préalable monter,dormir sur un sol dur avec un matelas de fortune ,être réveillée en pleine nuit par des campeurs bruyants , le froid ou l’humidité , les sangliers , les chouettes .

    Je déteste me lever, et marcher dans l’herbe mouillée( mes chaussures trempées où l’herbe colle , je devrai aller ensuite aller chercher quelque chose dans ma tente ,beuh !!) , chauffer un café sur un réchaud de fortune avec comme voisins les clients de Décathlon ,et surtout devoir attendre aux sanitaires, trouver les douches souillées  de cheveux, de mousse …et j’en passe !

    Faire la vaisselle dans des blocs cuisine à courant d’air, devant commencer par ôter les détritus du fond de l’évier..

    J’aime mon confort en vacances, je préfère partir moins longtemps mais me reposer, ne pas devoir subir le collectif.

    Notre premier voyage confortable fut le Québec.

    Avion, voiture de location et hôtel, sans enfants  cette époque, un vrai bonheur.

    Puis le séjour en Californie ou nous avions réservé un appartement pour une semaine avec Peter et Maggie ….excellent confort !

    Ensuite  nous avons testé les pensions chez l’habitant, en Grèce et en Espagne.

    Depuis que nous partons avec les enfants, nous avons adopté une autre formule, le mobile home.

    Nous partons au vacances de printemps ,sans réserver , vers le sud , l’Italie , la Corse ou l’Espagne , nous nous arrêtons dans de campings bien équipés ,et louons pour une nuit ou deux ,un  bungalows .Les enfants adorent ça , ils ont l’impression de vivre dans une toute petite maison , tout est petit ,souvent très propre et bien conçu .

    Nous préparons nos repas dans les kitchinettes bien équipées et profitons souvent de la mer à proximité.

    Les tarifs doublent en pleine saison, alors je préfère rester chez moi l’été, bouger en Bretagne ou en Normandie, profiter surtout des amis que nous ne voyons que sur cette période .De toute façon j’aurais du mal à laisser mes animaux durant deux ou trois semaines, mes plantes souffrir de la chaleur et j’aime aussi profiter de notre jardin sous le soleil, inviter famille et amis pour des soirées en terrasse, casser le rythme autrement.

    Et pour finir je vais vous faire une confidence, je déteste le mois d’Août …