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  • Le didgeridoo

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    Après avoir trié, vidé, jeté, gardé, je me décide à faire un vide grenier, essayer de vendre quelques bibelots, jouets et autres accessoires .

    Je m’installe de bonne heure et j’attends, j’observe, je regarde défiler devant moi des gens bancales, de travers, voûtés, déglingués, vieillis, difformes, estropiés, chemise ouverte, gitane aux lèvres, boiteux, estropiés, amputés

    Des hommes en jogging et mocassins, des femmes aux Tees shirt moulants, aux formes, aux rondeurs généreuses, décolorées, cheveux effilochés, teints en blond pour des fillettes, des grands-mères aux cheveux jaunes, des hommes sans dents..

    Je vois, revois passer un couple, la cinquantaine, elle, pas d’âge, trente cinq, sûrement plus, impossible de savoir, pousse sa fille de deux ans, elle dort, elle n’a pas de chaussures, elle ne marche pas.

    Devant moi, défile la pauvreté de nos campagnes, la misère de nos quartiers populaires, je ne vois qu’eux, cela me renvoie plein de choses, leur regard saisissant.

    Je croise plein de visages connus, des collègues, des stagiaires, des parents d’élèves, je salue, je parle un peu.

    Les gens n’achètent pas, ils ne vendent pas non plus, ils déambulent, portable à la main

    Le temps passe vite, je ne me lasse pas de regarder les gens, je ne vends presque rien,

    Je croise le regard de Pamela, j’en parlerai plus tard .

    Mon voisin est un artiste, il vend des toiles, signés David et des masques sanguinolents, Billy s’est joins à lui pour vendre ses tableaux,

    Sa femme vend des produits Avon, pas cher, des vêtements de bébé et des montres neuves sûrement volées

    Ils vendent un didgeridoo. Je le trouve très beau, je le troque en fin de journée avec la femme, elle a quatre enfants, l’aînée à 4 ans, elle est très sympathique, très souriante, je lui offre des jouets pour ses filles avant de partir .

     

     

    Je repars avec mon didgeridoo. Je pense à Sarah , elle sera de retour dans deux mois, je dois m’entraîner à souffler dans l’instrument, pour endormir ou chasser les mauvais esprits..
  • Mes enfants sont des stars

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    Mes enfants sont des stars, oui des stars du show biz car tout au long de l’année ils font de la scène .

    Attention, pas n’importe quoi, ils ne se produisent pas n’importe où, ils font les grandes salles, les lieux branchés du tout Laval .

    Je regrette déjà de ne pas avoir fait de presse book, oui ça peut servir, pour eux, pour leur carrière.

    Ellen a commencé très jeune, dès la maternelle, lors de la kermesse de fin d’année, elle brillait, on ne voyait qu’elle, son costume de papillon lui allait comme un gant .

    Elle a continué, elle s’est produite dans des églises, des salles à l’époque  où elle faisait partie d’un chœur d’enfants, elle a même chanté avec Yves Duteil (ouh ça vous en bouche un coin ! )

    Puis elle a décroché un rôle dans une reprise des « Misérables «  ses premiers pas dans la Comédie musicale

    Ensuite, elle a essayé la danse, elle explosait sur scène, une étoile filante, on ne voyait qu’elle !

    Elle a continué le chant, toujours au premier rang, à cause de sa voix et son phrasé, nettement au-dessus des autres choristes.Par humilité elle ne fait jamais de solos, mais elle en est capable

    Elle fait du théâtre, oui dans une troupe, plus tard elle sera comédienne, c’est sûr, elle est faite pour ça, pour la dramaturgie. quelle fougue, quelle talent !

    Elle apprend les rôles des autres par cœur, au cas ou un absent le jour de la représentation, elle pourrait reprendre n’importe quel rôle .

     

     

    Mark fait du piano, c’est un virtuose, je l’ai vu tout de suite,

    Je voulais l’inscrire à 18 mois à l’école de Musique, ils n’ont pas voulu, peut être parce qu’il ne marchait pas encore .

    Quand Mark se met devant le clavier, silence absolu, dans la salle du Vieux Château, on n’entend que lui, chaque note est un pur bonheur, il manie les gammes avec talent, passion,

    Je pense qu’il sera pianiste, ou chef de chœur .

    Mark fait de la chorale aussi, il brille, toujours au premier rang, parce qu’il est beau, parfois j’en suis mal à l’aise..

    Rose ne va pas tarder à faire de la scène, elle est précoce aussi mais j’attends un peu, elle sera trop vite sollicitée pour les castings, je prefere qu’elle prenne son temps

     

     

    Eh oui chers lecteurs, nous sommes en juin et je galope aux répétitions, aux kermesses, galas de danses, auditions, représentations diverses. !

    Arêtes Jeanne, arrêtes de pester contre les parents, qui caméscopes et appareil photos à la main en oublient de regarder, encourager leurs progénitures .

    Mes enfants aiment, profitent de leurs loisirs, comme les vôtres et je suis là, comme tous les parents, à les applaudir le Jour J.

     

     

    Ma fille aînée sera comédienne

    Mon fils sera pianiste

    Ma fille cadette sera la Nouvelle Star , si , elle chante déjà « Papillon de lumière «  et elle  a même traduit le texte «  buterfly of the light «  ..elle est précoce ,déjà bilingue , je sais , je dois m’y préparer .Demain pour elle , ce sera Londres , Broadway ..

  • La petite soeur

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    Quand j’ai annoncé aux enfants que la famille allait s’agrandir, ils étaient ravis, surtout Rose qui a déclaré  » ce sera la mienne ».

    Oui une petite sœur, quel évènement !

    Le tout c’était d’aller la chercher .

    Nous sommes partis un dimanche matin, vers 10h, en direction de la Touraine,

    Nous en avons profité pour faire une pause déjeuner chez Lorenzo, revoir les enfants, papoter deux heures sous le soleil .

    Puis , un peu de voiture le long de la Loire, direction Amboise, Blois, et nous avons trouvé parmi les vignobles, la maison, celle qui abrite les parents

    Rose était impatiente de voir la petite sœur .

    Elle était confortablement blottie contre son père, sa mère n’était pas très en forme .

    Elle est de couleur noire, c’est rare, on resserve plutôt cette couleur pour la confection de manteaux, elle a de grandes oreilles, un peu comme le Prince Charles .

    Elle est entrée dans son nouveau logis  sans stress, nous avons parlé un peu de son histoire, puis elle est partie avec nous en voiture, retour vers la Mayenne .

    Elle a fait connaissance avec sa grande sœur, elle déjà bien habituée à nous, elles sont blotties toutes les deux, la petite sœur a essayé son nouveau toboggan, j’envisage une extension, car je me dis que deux chinchillas dans la même cage, c’est un peu juste.DSCN0163.JPG

    Voilà une photo de nos deux chinchillas

    L'une d'elle s'appelle Churchill , l'autre Mikeline

     

  • La St sylvestre en mars

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    Ce soir là nous avions opté pour une raclette. Rien de plus ordinaire me diriez vous, une méga raclette avec 20 copains, installés dans un gîte, énervés, ravis de cette petite escapade aux abords du Mont st Michel.

    Vers minuit, après le dessert, Pierre Alain nous dynamisa pour les danses folk, il nous avait  donné quelques rudiments en fin d’après midi juste après une balade à St Jean le Thomas, et avec un peu de musique, nous voila partis pour des pas bien rythmés.

    Chacun s’efforce de respecter les consignes, nous dansons par deux, sur une musique de Gwendal, j’adore..

    Les pas sont calés, certains sont plutôt réglo, d’autres confus, ça tourne, ça rigole, autant d’hommes que de femmes, ce qui est plutôt est rare.

    Puis notre ami propose  une compil disco et voilà les  copains partis pour des danses délirantes, sans retenue, sans complexe.

    Des mouvements anarchiques, avec Paul, Jeremy, Carla et son ami, Clotilde, Christophe, Léandre et Agathe, nous nous laissons aller…

    Me reviens alors brusquement à la mémoire ces images que je décrivais dans le billet précédent, les ambiances que je détestais, mon corps qui n’était pas apte à de telles libertés.

    Je repense à la danse du balai, et  juste à ce moment précis, Thierry trouve un tapis, invite les filles à la danse, on rit, on laisse exploser notre bonheur  d’être là, déterminés à profiter de ce temps de fête.

    Nos liens sont forts, la musique, la chanson nous réunit depuis 4 ans déjà, avec notre histoire, notre complicité.

    Vers 1 h du matin, l’un de nous crie « bonne année ! »

    Nous nous embrassons, bises, bisous, big bisous, le délire continue, c’est notre réveillon, nous fêtons simplement nous-mêmes, explosons notre joie, celle de ce temps à nous, à nous seuls.

      Nous dansons encore et encore, épuisés  vers 3 h, nous nous  séparons pour quelques heures, avant de nous retrouver pour le petit déjeuner …

    Nous sommes en mars, un réveillon un peu décalé, décalage horaire en plus.

    Nous approchons tous de la quarantaine, nous vivons ce temps tels des copains de lycée, qui peut dire que l’arrivée des enfants, d’être en couple est un frein à la fête, bien au contraire..

     

    « Merci Jeanne pour l’organisation, on recommence l’an prochain « 

    « y’a qu’a demander, je suis partante, avec vous tous , un réveillon au printemps « 

      Je savais que ce temps viendrait, qu’il me fallait être patiente, que les choses changeraient un jour..
  • La danse du tapis

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    J’avais beaucoup de cousins et de cousines .

    Le mythe de la bonne entente des familles nombreuses, ce n’était pas pour moi

    Tous les ans, nous étions invités aux communions, puis aux mariages.

    Des années de corvées, il fallait offrir un cadeau, trouver de nouvelles tenues, et le pire, assister à la fête.

    Mes parents n’aimaient pas trop ça, cela coûtait cher, mon père jouait la carte de la convivialité, l’oncle sympathique que tout le monde aime, ma mère souriante, faisait bonne figure.

    Après la messe, nous faisions une petite promenade, mais comme il pleuvait parfois, il était prévu de se retrancher pour danser dans une discothèque en pleine après midi.

    C’était lourd, parce que l’ambiance, dancing, thé dansant n’était pas toujours au rendez-vous :

    les tantes s’essayaient au paso-doble, un désastre, d’autres au tango, encore pire

    Puis nous avions droit à tous ces tubes des années 70, la danse des canards, Big Bisou, la chenille …et j’en passe..

    Je détestais ça, je ne trouvais aucun plaisir à ces ambiances artificielles, je n’attendais qu’une chose, grandir, vieillir, avec cette certitude que les choses changeraient un jour, j’avais raison.

    Le moment le plus redoutable c’était la danse du tapis, des oncles le visage ruisselant, venaient s’agenouillait devant une dame et tous deux se mettaient au milieu pour quatre bises

    Je me mettais dans les coins, sur des banquettes en velours , au milieu des verres et des cendriers débordants ,certains avaient du mal à se relever..

    Plus tard, mes cousins, déjà adultes, chemise pelle à tarte, décolleté à la Ringo, s’éclataient sur du disco. je vous laisse imaginer l’ambiance

    Malgré cela, c’était extrêmement drôle, parce qu’on savait ce qui allait se passer, on devinait tout, un de mes oncles avait toujours le même costume trois pièces, il chantait toujours la même chanson

    Le soir, nous nous retrouvions vers 21 dans une salle aménagée .

    Des dames en chemisier et jupe noire nous servaient, la coquille macédoine mayonnaise, le gigot, la pièce montée ..elles devaient sourire par politesse à toutes les blagues idiotes que les invités , la cravate déglinguée et le chemise ouverte , faisaient à leur passage .Je n’aurais jamais pu .

    Les jeunes fumaient leur première cigarette, s’enchaînaient alors des jeux très, très vulgaires, des chansons paillardes et d’épuisement nous nous endormions dans l’AMI 8 sur le chemin de retour.

      Vers l’age de 14 ans, nous partions faire des promenades à la plage avec mon frère et une cousine, et à 17 ans j’ai totalement capitulé en affirmant, c’est fini, ne m’invitez plus, je vis ma vie, je vole, je ne viendrai plus.

    La dernière corvée fut le mariage de ma sœur, en 1984, l’année de mon Bac, mais c’était bien, ils étaient tout simplement heureux.