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Sur le bord du mur de la fenêtre, il y avait un almanach
Chaque jour une feuille était ôtée, un jour de plus, ou de moins …
Non loin de là, l’almanach Vermot, je ne pense pas que mes grands parents le lisaient, mais il avait trouvésa place dans la maison de Bricqueboscq
La Presse de la Manche était déposée tous les jours par le facteur
Mon grand père ouvrait son journal en grand sur la toile cirée de la grande table
« Qui c’est qu’est mort ? »
Il parcourait en premier la rubrique nécrologie
Chaque jour, ils avaient leur rituel, leur lecture quotidienne
Vous êtes en train de lire le 1000 billet de Jeanne
Pourquoi publier à cette fréquence ?
On pourrait me le reprocher, » Jeanne, tu publies trop, quand on s’absente, y’a beaucoup à rattraper ! «
Pas besoin de rattrapage, les anecdotes de Jeanne, ce n’est pas Plus belle la vie ou desperate Housewife
On peut zapper des billets, relire les archives(à ce sujet, plus de 4000 pages lues mardi, ça m’intrigue …) passer son chemin, laisser tomber le lien, le reprendre un jour, plus tard, ou jamais
Je n’ai jamais perdu le fil conducteur de ce blog : livrer, à qui le veut, des petites histoires de vie, des impressions, partager des découvertes
Sans vos réactions appelées « commentaires », je n’aurais jamais eu l’envie de poursuivre, j’ai besoin aussi de ça, c’est mon carburant, merci à tous ceux qui déposent des mots ici
Je sais que quelques proches me lisent chaque jour, c’est notre lien, j’y retrouve des clins d’oeils dans nos conversations, c’est touchant
Evidemment, j’ai des moments de doutes, réalisant que je suis lue de partout dans le monde, ça m’étourdis
Mais, j’ai choisi, j’assume amplement cette aventure
J’ai dans mes tiroirs encore beaucoup de billets déjà rédigés, d’autres que je ne publierai jamais
Oui, j’aime écrire, j’adore ça, c’est une passion, écrire pour être lue, écrire pour booster ceux qui sont dans la peine
Une feuille par jour, un almanach, notre quotidien …
Et bien, je sais ce que c’est un TE DEUM, c’est une louange, une prièremise en musique par les grand plus grands compositeurs
Je sais ce que c’est qu’un Sanctus, un Dies irae, un Pater, Un Salve Regina etsubitement me rend compte que c’est un peu complexe à expliquer, elle n’a pas de notion de latin, aucune culture religieuse et peu de références en musique classique
Elle ne voit pas
« Le Te Deum de Charpentier, tu connais ?
Elle ouvre des yeux béats, « ben non ! »
C’est drôle ça, y’a des choses que l’on connait, qui sont complètement étrangers à d’autres, et vice versa
Pour l’un c’est une évidence, pour l’autre, un grand mystère
Une stagiaire :
« -Jeanne, vous ne connaissez pas René la Taupe ? »
Euh, non, c’est quoi ça ?
« -Mais si, allez, je vais vous la faire, c’est rigolo ! »
Elle se met debout et chante en frétillant du popotin, je ne comprends rien,
Tout ça m’échappe
Je vais me renseigner
Comment suis je passée à côté de ce truc qui fait un buzz pour les sonneries de portables, je n’en sais rien ?
Je n’ai pas trop de jugement à apporter la dessus, des niaiseries musicales, y’en a eu, y’en aura d’autres, ça ne me dérange pas
Passer du Te deum à René la taupe, c’est osé
Soyons réalistes , y’a des choses que l’on connait , sans avoir à chercher à le faire , et d’autres qui nous échappent , par le plus grand des hasards , par des circonstances , des chemins pris , ou détournés , une certaine curiosité aussi …
Je laisserai René la Taupe à ses occupations et vous conseille tout de même d’écouter le prélude du TeDeum de Charpentier en entier, parce que les premières notes, tant et tant entendues pour l’Eurovision valent bien la peine d’être un peu poussées, j’aime surtout la suite
Le Te Deum de Berlioz est d’une force incroyable, tragique.
Dans nos ignorances, le pire est de s’entendre dire
« Quoi, tu n’as jamais vu ça, et ben faut sortir
Et encore, comment est ce possible que tu n’aies jamais entendu ce chef d’œuvre ? »
Nos oreilles, nos yeux se baladent, butinent, assimilent, passent, reviennent, survolent comme des abeilles au dessus des massifs
Nos sens gardent ou rejettent, stockent dans la mémoire, c’est ainsi,
Se souvenir de ce que l’on aime, ce qui nous touche, des images, des musiques, des odeurs, et occulter le matraquage visuel et auditif dont nous sommes victimes
Le Te Deum de Charpentier, et la taupe ont ça en commun, tous deux passent en boucle sur l’écran
Je ne parle pas de Mike Brant, Mike Tyson, Mike Oldfieldmais de notre Mike
C’est un homme, jeune, talentueux, d’une gentillesse rare
C’est un peu le Willy Wonka de la Mayenne, il fabrique du chocolat
Parfois il apporte des ratés, des succulents feuilletés, carats, qui ne se sont pas ratés pour nos papilles gustatives, juste ratés pour la vente, c’est bon ces ratages là
Mike aime revêtir son costume de magicien, il fait apparaitre une jolie fille, la cache derrière un rideau rouge , après avoir lié ses poings d’une cordelette, et hop, d’un coup de baguette magique, elle ressort libre comme l’air
Sacré Mike ! Coquin avec ça !
Mike aime aussi bidouiller en informatique, il fait des montages, des affiches, des mises en page, il cherche, modifie, transforme
Mike est un créateur
Y’a bien des créateurs qui ont font des tonnes, toujours avides de grande reconnaissance, et bien Mike fait toujours ça avec humilité, simplicité, souriant, disponible
C’est une perle ce Mike
Et voilà qu’il vient de quitter sa chocolaterie pour apprendre à ceux qui le veulent à faire les bons chocolats
On aura plus ses ratés, mince pour nos estomacs goulus
Au départ , ils font plutôt profil bas , sourient , font des courbettes , faussement à l’aise dans le groupe , des mimiques avec les cheveux , les mains ,remuent les fesses , gestes qui trahissent une certaine gène ou bien , un parfait contrôle de soi
Petit à petit, ils se posent, se sentent bien à leur place, et ne tardent pas à se constituer une garde rapprochée, ça peut aider en cas de coup dur
Et doucement ils passent à l’offensive
Objectif : moi , je, ego,
Ils se postent en première ligne, poussez vous les autres, ils n’hésitent pas faire des réflexions, des remarques désobligeantes, quelques humiliations tiens.
Et assez vite, ils agacent, énervent, mais restent bien à leur poste, fiers, hautains, méprisants
On les évite, on se protège, on rase les murs sur leur passage, ils nous toisent, sourient, refont des courbettes, trouvent des excuses bidon si par hasard on leur fait une remarque, renvoie la balle, comble de la mauvaise foi
Et quand par mégarde ils se prennent un coup, ils attaquent autrement
Ils se victimisent, pleurnichent, tapent du pied, culpabilisent leurs chefs, jouent de leur charme, caressent, déstabilisent les soldats, qui doivent intégrer un camp, fuyards mais peureux
Et ils ont souvent gain de cause, et oui, ils parviennent à leur fin, manipulateurs, pollueurs, vermines, insectes piquants
« Puisque que c’est comme ça, je vais partir «
Mais partez, barrez vous, on ne vous retient surtout pas !
Mais ils s’accrochent, pire que des poux, ils ont besoin de ça pour survivre, leur nourriture, c’est les autres, besoin de miroirs pour se regarder le nombril
On les trouve partout, au travail, dans les groupes de loisirs, dans les médias, dans les blogs aussi ( jamais chez Jeanne !)
Il n’existe pas d’insecticide assez fort pour s’en débarrasser, et si par chance, l’un d’eux parvient quand même à passer la porte de sortir, il s’empresse d’en ouvrir une autre rapidement, prêt à recommencer son stratagème, pire que le mérule
En aout, lors de notre semaine bretonne, impossible de ne pas faire une halte devant les alignements de Carnac
J’en avais entendu parler, mais je n’avais jamais vu les grosses pierres en live
Je pensais arriver devant des grands menhirs , comme dans Astérix , ou comme dans la saga de l’été Dolmen , mais , non , je me suis retrouvée devant des champs à perte de vue n avec des pierres enfoncées dans le sol , plus ou moins alignées
Honte à moi, je n’ai pas envie d’en savoir plus !
Qui a fait ça, pourquoi, quand ?
Ça ne m’intéresse pas
Oh Jeanne, inculte !
Oui, je rappelle ma note de bac en histoire géo : 1/20
J’ai longtemps culpabilisé de cette ignorance, et de ce désintérêt de l’histoire, surtout quand je me prenais des coups au trivial poursuit
Et un jour, j’ai décidé que je l’assumerais complètement
Je n’aime pas l’histoire, je n’aime pas visiter des châteaux médiévaux, des sites, des musées, je ne lis pas les indications, je suis un peu perdue dans la chronologie
J’ai cherché un peu à en connaitre la cause
Peut être que je n’ai jamais eu de bons profs d’histoire, mais loin de moins l’idée de faire porter la faute à quiconque
Ça ne m’attire pas..
Suis-je écerveléeet ignorante pour autant ?
Je ne pense pas
J’aime l’histoire de l’art, connait les principaux courantsen peinture, j’ai un bonne mémoire cinématographique des œuvres de 1970 à nos jours, je connais pas mal de courants musicaux, allant du baroque, pop rock, ou variété francophone
J’aime connaitre l’histoire par des récits anecdotiques
C’est pour cette raison que les lettres que Simone de Beauvoir écrivit à son Nelson Algren me passionnent autant
Elle décrit son quotidien de l’après guerre au début des années 60
Sa narration est brute, bien écrite et ancrée dans l’instant
J’aime connaitre les histoires , reliée à la grande histoire , écouter mon père parler de l’Algérie , ma mère raconter ses souvenirs de la Libération , de la débâcle , j’aime lire les récits sur le blogs , petits bouts d’histoire , j’aime écouter Dana me parler du communisme , j’aime les billets des voyageurs , j’aime les narrations vivantes