Le bidon de lait à la poignée de bois était recyclé pour aller chercher les mûres l’été le long de la ligne de chemin de fer, on guettait les vipères et le moment où ce bidon était remplis pour les déverser dans le seau déjà sanguinolent
Avec nos bidons en fer blanc
On descendait chercher le lait
A la ferme au soleil couchant
Dans l’odeur des soirs de juillet
On avait l’âge des confitures
Des billes et des îles au trésor
Et l’on allait cueillir les mûres
En bas dans la ruelle des morts
Les copains les plus riches fumaient des rothmans bleues, les plus fauchés des bastos, et la brave Maryline, toujours dépressive, songeant à son Didier qu’elle épouserait le bac en poche, pleurnichait dans la fumée de ses Royal Menthol
Toutes les filles s’appelaient Françoise, Catherine, Nathalie , Isabelle , ou Valérie ..
Que ne demeurent les printemps
A l’heure des sorties de l’école
Quand les filles nous jouent leurs 16 ans
Pour une bouiffe de Royale Menthol
Je n’sais plus si c’était Françoise
Martine, Claudine ou Marie-Laure
Qui nous f’saient goûter leurs framboises
En bas dans la ruelle des morts
Au milieu de ses œillets d’inde dans un massif près du pétrin, ma grand-mère faisait pousser des immortelles, la tante Louise à côté cultivait sans répit ses chrysanthèmes qu’elle offrirait aux gamins de l’école pour la cérémonie du 11 novembre
Chaque matin, sans le savoir, je passais moi aussi dans la ruelle des morts
Que ne demeurent les automnes
Quand sonne l’heure de nos folies
J’ai comme un bourdon qui résonne
Au clocher de ma nostalgie
Les enfants cueillent des immortelles
Des chrysanthèmes, des boutons d’or
Les deuils se ramassent à la pelle
En bas dans la ruelle des morts
Normande pas francomtoise, un peu plus jeune que lui, les souvenirs ne me filent pas le bourdon, mais me….e, j’aurais aimé pouvoir écrire ça …..
En attendant, ça tourne en boucle, et oui, je l’aime « sa ruelle des morts «
Un rendez vous fixé , 13 mars , 16 h , heure française , la ruelle des morts est aussi




