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  • Soirée comique

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    Si vous n’avez pas lu le billet précédent, faites le avant de lire celui là.

     

     

    Juliette est arrivée vers 20h 15

    En voiture, nous sommes parties au nord de notre ville, nous sommes passées devant le cabinet du Docteur H, et nous sommes garées sur le parking d’une salle de spectacle. La dernière fois que j’y étais allée, c’était pour un apéro rencontre avec une dame qui voulait devenir Présidente de la république .

    Dans cette salle nous avons retrouvé par hasard un couple de copains, Colin et Tessa, elle éduc, lui agriculteur bio, ils vivent près d’Andouillé (ça c’est pour Risette )

    La soirée était placée sous le signe de l’humour, au programme c’était ça

     

    Donc le premier comique :

    Habillé en pécheur breton, Ronan Tablantec, nous emmenons dans un délire, ses expériences en Bretagne, avec pour fil conducteur des tas de paperasses, et des objets insolites sortis d’une valise

    Il avait un débit incroyable, très doué pour l’improvisation,

    Il nous a parlé de Brest, j’ai eu une pensée pour ma fée clochette, et puis d’un village très connu du Finistère, Audierne, pensée pour Louise forcement.

    C’était pas sympa, très bien joué, mais je n’ai pas ri au larme, je suis très mauvais public

    A la pause, Juliette est allée bavarder avec l’oncle du showman, un curé,  il résidait ici, Juliette connaît beaucoup de monde..

     

    Le deuxième, Philippe Chasseloup

    Comique, chanteur, avec guitare sèche

    Il ponctue ses chansons, réalistes, ça vraiment je n’aime pas du tout, de parlottes, use d’une pédale pour enregistrer des sons, c’était franchement drôle parfois, épingle le monde paysan, les comédies musicales, les automobilistes

    J’avoue que cette facilité à ironiser sur ses thèmes, ne me plonge pas dans une hilarité mordante, je trouve ça facile et douteux ( je n’aime pas qu’on attaque les masses populaires dans le spectacle dit comique )

     

    Mais dernière nous , il y avait un spectateur qui a passé une bonne soirée

    Il éclatait de rire comme une dinde, fort, tout le temps .

    C’était insupportable, à un moment donné j’ai failli me retourner et lui dire « vous êtes cinglé ? »

    Bref une soirée sympathique, des artistes de rue, en salle, un seul bémol, vers 23 h, j’ai réussi à m’endormir, discrètement, c’est comme ça, si je ne m’active pas, c’est impossible de lutter .

     

    A la fin du spectacle, Juliette est allée bavarder avec le comique N°2, c’était un ancien copain de collège, près de St Nazaire, quand je vous dis qu’elle connaît tout le monde ..

    Nous sommes rentrés vers minuit, puis tisane à la maison avec mon amie

     

    Juliette est adorable, particulièrement attentive, solidaire et optimiste

    Si un jour vous la croisez, sur que vous l’aimerez, alors j’ai de la chance  de l’avoir pour amie …

  • Surprise

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    « Tu es libre le vendredi 21 novembre ? » m’avait demandé Juliette.

    Oui, le soir..

    Elle m’invite ma copine, elle me sort, je ne sais pas où , c’est une surprise .

     

    Génial

     

    C’est la première fois que ça m’arrive une invitation surprise

     

    Ce sera :

    -théâtre

    -concert de jazz (heu.. ;pas fan )

    -Restaurant

    -soirée cabaret

    -boite branchée avec gogodancers streapteasers (non, on a pas ça en Mayenne )

    -un film art et essai sous titré en serbo croate que déjà je vais rien comprendre au titre

    -une réunion Tupperware ou autre vente à domicile ( non elle me connaît )

    Je cherche, je cherche.. vous avez une idée ?

     

    Le 21novembre, mais c’est ce soir !!!

  • Le parc (2)

     

    Quelques mois plus tard, nous nous retrouvons dans ce même parc, le soleil tente vainement de nous réchauffer .

    Je suis transie, meurtrie, mes yeux se brouillent, les larmes n’ont cesser de couler durant le trajet, je n’arrivais même pas à parler, dire quoi que ce soit

    Le père de Anne me tend les mains, il me dit des choses réconfortantes, il essaye de trouver aussi le peu de mots pour gommer sa peine, impossible, juste se sentir les uns les autres, se donner des gestes d’amour, trouver auprès d’elle la force..

    Je m’avance entourée de ceux qui l’aiment

    Je m’approche auprès de mon amie, la sœur de Jérôme me tient la main

    Anne  est belle, son visage n’est pas marqué par la souffrance, elle repose dans ce lieu, sereine et enfin soulagée.

    Ses cheveux commençaient à repousser, je me remémore nos plaisanteries à ce sujet, je lui avais conseillé de les laisser très longs et de se teindre en blonde

    J’effleure son foulard, je le saisis, je n’arrive pas à prier, je la regarde, je suis là, auprès d’elle.

    J’aurais besoin d’être isolée, une musique douce berce ma douleur .

    Elle aimait chanter, je chanterai pour elle, encore et encore ..

    Je réalise que ce sera notre dernier rendez-vous, je ne veux pas penser aux funérailles, j’irai mais ce qui compte encore c’est de la voir, de me tenir à ses côtés

    Jérôme ne peut pas rester, il n’accepte pas, il ne peut  pas

    Je l’accompagne, je lui dis au revoir …à mon amie

     

    Nous avons tellement reparlé de ce moment, essayant de savoir si elle avait parlé de sa mort

    Elle en avait parlé dans ce parc, c’était là qu’elle allait se ressourcer entre les traitements, c’est certainement là qu’elle avait pu en parler

    La tendre complicité, les rires, tout ce qui m’a unit à elle, m’ont aussi scellée à ses proches

    J’aime Lorenzo comme un frère, j’aime Nath comme une sœur .

    Nous sommes liés tous, fortement liés par une femme, une mère qui a semé dans cette vie, la sienne, une avalanche d’amour et de tendresse.

     

    Il n’est pas un jour ou je ne pense pas à elle ,depuis déjà bientôt trois ans ..

  • Le parc (1)

    chemin.jpgElle remonte sans cesse son bandana, serre son col, refait les mêmes gestes répétitifs .

    Nous marchons dans le parc, Lorenzo parle avec Jérôme, les garçons font du vélo .

    Anne aime bien se balader dans ce parc appartenant aux  Frères situé tout près de sa maison .

    Elle a peur de prendre froid, pourtant nous sommes en mai, un rayon de soleil nous réchauffe, un peu d’air tout de même

    Une banale infection repoussera la date de la greffe, Anne n’a plus le choix, elle doit affronter ces soins intensifs, longs et pénibles, la chimio qui fait vomir, qui l’assomme, l’isolement, les angoisses..

    Nous parlons de choses et d’autres, mais à tout moment tout nous ramène à la maladie, l’avenir, les enfants

    Le vent souffle sur nos têtes, elle a peur d’attraper froid..

    En parlant des enfants, de Lorenzo, elle me dit, « tu comprends, je ne peux pas les laisser « 

    Les laisser, dans sa tête ce n’est pas pour quelques jours, c’est de son départ qu’elle parle, partir, les laisser ses amours comme elle les appelle..

    Je suis démunie, je ne peux pas lui dire, « non,Anne, tu vas vaincre cette merde de leucémie « 

    Je ne peux pas lui dire « …peut être que tu vas partir « 

    Cette idée, cette mort est tout  simplement irréelle, impensable et pourtant probable.

    Elle me renvoie à la mienne, mes enfants sans leur mère, pas possible, impossible, on ne peut pas partir, les laisser .

    Nous continuons, je marche auprès d’elle, je ne la quitte pas …

    Rose fait une colère, je laisse son père s’en occuper

     

    Au retour, nous nous quittons souriants, je l’embrasse mon amie, je lui dis encore et encore qu’elle doit s’accrocher, elle le sait..

    , je lui  promets d’aller la voir après la greffe en  chambre stérile en juillet .

     

  • Ocatarinelabella tchi tchi .

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    La maison est grande, même si c’est loin d’être un palace, il faut entretenir les cinq chambres, deux salles de bains, escaliers et pièces communes .

    N’étant pas de nature une fée du logis, j’use de stratégie pour combattre la poussière, les bactéries, araignées et tartre.

    Je m’équipe de produits divers ayant tout un point commun : ils crachent .

    J’adore pulvériser pour nettoyer .

    La baignoire : un pscchiit, repos, rinçage et c’est brillant

    L’escalier, les tablettes en bois : pscchiit, un coup de chiffon et ça brille

    Lavabos, sanitaires : même régime, je pulvérise, je frotte et c’est propre .

    Je ne sais pas pourquoi, mais j’adore pulvériser, jamais de lingettes, mauvais pour la planète, Jeanne au ménage, elle pchiiit .

     

    Mais le meilleur dans cet art, c’est mon vaporéto

    Un vrai dragon, je le branche, je l’abreuve et pchoooooooooout tout étincelle des sols au plafond ; les vitres pareilles, un coup de pchitttttt de temps en temps, bling !!

    Etant ma propre thérapeute, je me suis demandé d’où me venait cet attrait pour les vaporisateurs, et les petites particules quasi invisibles qui en sortent (j’adore les parfums aussi )

    Au bout de quelques séances, j’ai trouvé le coupable

    C’est lui , oui ce bel homme souriant et convaincant, tchi, tchi..

    Il a bercé mon enfance avec son produit miracle, avec lui la fraîcheur est là, mais aussi grâce à elle , le summum du kitsch et du luxe.sans retombées..

    Ah je ne m’en lasse pas, et c’est tant mieux car je  ne ferais pas ça tous les jours

     

     

     

  • Je suis rurbaine

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    Quand je ne savais pas quoi faire, je regardais ma mère travailler

    Elle avait toujours des tas de taches à accomplir, nourrir les bêtes, vider les clapiers, faire la soupe, le ménage, laver un peu au lavoir, repasser, tuer un poulet, le vider.

    J’apprenais à travailler

    La campagne est pleine de contraintes, les animaux prennent du temps, il faut s’en occuper.

    Je trouvais ça pénible, elle ne se plaignait pas

    Quand je suis partie au collège, j’ai découvert la ZUP, les feux, les voitures, je crois que je n’aurais pas aimé y vivre, que mes parents n’auraient pas aimé que j’y traîne mes pieds

    Au collège, on nous appelait les ruraux, belle étiquette ;

    J’ai usé mes chaussures des heures en ville, au lycée, je devais attendre le car pour rentrer, j’aimais bien la ville

    J’aimais bien et en même temps je trouvais la campagne bien reposante, je n’avais idée si je souhaitais y vivre définitivement

    .

    J’ai pris mon premier  appartement à 20 ans

    Dans une petite ville, tranquille, mais j’ai vite réalisé que j’étouffais en appartement, j’avais besoin d’air, de manger dehors, de planter .

    A Belfort, avec Jérôme, j’étais au bord de l’asphyxie, nous cherchions une maison, c’était impossible .

    Alors nous avons décidé, réellement décidé de nous installer dans une ville de l’Ouest, de petite taille et de trouver une maison .

    Nous avons acheté cette maison en 1997, plein de travaux à faire, des heures de travail, mais un grand  jardin, plein de coins, un bassin, des arbres, des lapins..

    Alors à mon tour, j’accomplis des taches parfois contraignantes, je prends ma brouette, je vide mes clapiers, je nourris ma ménagerie, je plante, je gratte, j’arrache et j’aime ça .

    Et puis un peu plus tard, je vais déambuler dans les rues de la ville, je peux y aller à pied .

    Le collège des enfants est au bout de la rue, ils n’ont pas de transports scolaires , nous vivons à la ville comme à la campagne

    Aucun vis à vis, des voisins tout prêt mais séparés par de hauts murs de pierre, j’ai choisi cette vie, je l’aime, pour rien au monde je ne retournerais habiter à la campagne.

    Ma mère avait beaucoup de courage, par la force des choses, je devais avoir beaucoup de courage …

     Je déteste les films "calendrier de la Poste " qui idéalisent la vie à la campagne , le terroir ..