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  • L'ongle de Jeanne

    Parce qu’en 24h,nous avons perdu 12° , que faire d’autre qu’un peu de shopping sous la pluie et les bourrasques de vent

    Avec Louis et Ellen, nous avons eu le courage d’affronter le pire, un temps de novembre, en ce jour de juillet, 12 ° à Cherbourg

     

    Je rentre dans une parfumerie pour faire du stock de dose d’essais pour combattre mes rides

    Avec légèreté, je saisis un flacon de vernis ongle Yves St Gorent, violet, pailleté, et je l’étale sur mon pouce

    C’est lumineux, peu discret, j’aime bien la couleur

     

    Un peu plus loin, je retente avec un autre, plus foncé, un Cranel

    C’est voluptueux, chic, uniforme

    J’ai aimé la glissade du pinceau sur mon ongle

     

    Ma mère posait du vernis rouge sur les  ongles de ses orteils  l’été, je le regardais faire

    J’avais le droit à un peu de vernis, très occasionnel

    Louisette, la voisine du bas avait toujours du vernis écaillé aux doigts

    Ma mère disait que ça faisait négliger, que ça ne se faisait pas

    Je n’ai jamais réussi à poser un vernis correctement, ça coule, ça bave, ça s’écaille..

     

    Mes ongles poussent très vite, comme mes cheveux, j’ai un doigt fin, je pourrais mettre du vernis

    Je n’ose pas, sur les autres, je trouve ça beau, élégant, sur mes mains je trouve ça vulgaire

     

    J’ai eu envie de m’acheter le beau vernis, je n’ai pas osé, j’en avais pas besoin

    Je le ferai peuvent être, j’aime bien la couleur, les palettes, la lumière

     

    Au fond de moi, je ne suis pas convaincue de mériter du vernis, pourtant j’ai l’âge révolu

    On se libère difficilement de ses préjugés, ceux que l’on perçoit, des étiquettes, l’idée même de poser un vernis sur mes ongles et je me sens vulgaire, provocante, pas à la hauteur de …

     

    J’ai quitté la parfumerie avec mes doses d’essai pour l’été, et deux ongles recouverts de violet, et Louis a eu envie de faire une photo

     

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  • Le dirigeable

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    Dans le fond du jardin, j’ai entendu un bruit sourd, léger

    J’ai levé la tête au ciel, et j’ai apperçu un dirigeable

    Un ballon, comme disait ma mère

    J’ai eu peur, très peur, j’étais terrifiée, pourquoi avoir peur d’un dirigeable

    Ce n’est pas dangereux

    Je crois que j’avais l’impression qu’il allait tomber, tout près de moi, s’enflammer

     

    Je n’ai dit à personne que j’avais eu aussi peur

    J’ai osé le regarder s’éloigner dans les arbres, j’ai attendu la fin du sifflement

     

    Les enfants ont des peurs inexpliquées, peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de ce qui paraît impalpable

    Ils ont peur des clowns, des citrouilles, des momies, des masques …

     

    Pendant longtemps j’ai eu peur des ballons

    Je ne sais pas s’il faut forcer les enfants à vaincre leurs peurs

    Il faut juste les rassurer, leur dire qu’ils ont le droit d’avoir peur, les protéger des dangers

    J’avais honte d’avoir peur, c’est ça le pire, c’est ça qui multiplie la peur

     

    Nous ne voyons plus de dirigeables, je crois que j’ai cru ce jour là, un court instant, être entrée dans un roman de Jules Verne , j’avais 7 ans , à peine plus

  • Belle journée annoncée

    Un an déjà, ce jour de juillet Albert Monument

    Une jolie rencontre, que nous avions racontée chacune à notre façon

     

    Elle avait rajouté dans son billet que ça lui avait donné envie de voir ma maison

    Alors, chose promise, nous avions plus qu’envie de nous revoir

    Et j’ai mis mes derniers lys dans un vase, pour embaumer la maison

    ,déroulé le tapis rouge, mijoté un plat …

     

    Parce que c’est dans  quelques heures, qu’elle arrive mon amie de blog !

     

     

    (la suite, dans la soirée …)

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    Elle est arrivée avec un mini rosier jaune à la main

    J’adore les roses jaunes, il va falloir que j’en prenne soin

    Nous avons fait le tour du jardin, puis visité la maison

    Elle m’a fait des compliments sur mes pastels, cela me touche beaucoup .

    L’Homme était là, on ne se connaissait pas, il est calme, serein, très gentil

    Risette est souriante, toujours, c’est ce que j’aime chez elle

    Le cadet avait la bougeotte, la fille a parlé avec Ellen

    Nous avons bu de Layon, déjeuné sur la terrasse, pris le temps, Ellen avait fait des verrines en dessert

    Elle disait qu’elle aimerait un jardin pour le plaisir d’y voir un chat sautiller.

    C’est apaisant de regarder un chat

     

    Nous nous sommes dit que les rencontres de blogueurs pouvaient être une appréhension, mais pas pour nous, on ne ment pas sur nos vies, dans le long terme, nous connaissons de cette manière là, c’est certes insolite, mais sincère, on a rien à se prouver, rien à se cacher

     

    Après le repas, nous sommes partis visiter ma petite ville si tranquille

    Un petit périple depuis la place de Hercé, puis le jet d’eau, la halte fluviale, avant de rejoindre le beau théâtre par la rue de La Paix, là où les milliardaires saoudiens font leurs achats

     

    Je l’avais prévenue, c’est le quartier chic

     

    Puis retour par la vieille ville, l’Homme compara notre ville à Inverness, en Ecosse

     

    Place de Hercé, j’ai rencontré Sofia, et c’est là que nous nous sommes quittés, ils allaient retrouver un ami un peu plus loin

     

    J’irai visiter Lille, avec eux, avec elle, c’est certain, rendez vous est pris

     

    Je vous assure, ça n’a rien de terrifiant, ce sont des rencontres humaines, simples et sincères, c’est ce que j’aime le plus, l’été, ça, ces moments là ..

     

    Et il y en aura plein d’autres …à venir , peut être avec l’un de vous .

    Il y aura des verrines ..

     

     

     

  • Prendre sur soi

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    Parce que Jeremy et Sofia nous avaient proposé de partir deux jours avec eux, j’ai accepté de refaire du camping .

    Je l’avais déjà évoqué, je n’aime pas camper, le collectif, l’humidité, les sanitaires, bref tant de raisons qui me repoussent à planter la tente .

    En même temps, je culpabilise, je me dis que les enfants aiment bien partir comme ça, que c’est facile..

     

    Facile, pas tant que ça, il faut voir le matériel à rassembler même pour une nuit !

    Nous sommes équipés, mais il faut avouer que le chargement pour cinq est conséquent

    Et je n’aime pas dormir raz le sol, camper oui, mais dormir aussi .

     

    Alors nous avons pris la route, direction Lamballe, puis Pléneuf, val André

    J’aime la côte d’Emeraude, plus que tout, elle est magnifique .

     

    Trouvé un camping tout simple, un peu bruyant, mais proche de cette belle plage, le Val André, la ballade, les superbes villas bretonnes

    Et dès que je suis à cet endroit , j’en oublie les désagréments du camping , quand nous sommes entre copains, c’est bon de flâner le soir, dehors, sans regarder l’heure, le pur plaisir d’être ensemble

     

    Le lendemain, nous avons déambulé, arpenté les plages douces d’Erquy et des Sables d’or

    La proximité de la mer, le sel, le vent, est ma principale ressource

    J’aime, j’adore la mer, la Manche en particulier, jusqu’à 25 ans, j’ai toujours vécu à proximité .

    Et j’ai alors réalisé que ça fait trois dimanche de suite que je vais à la mer, et que nous y retournerons à la fin de la semaine

     

    Alors, c’est rien de supporter un tant soit peu un collectif, quitter son confort, parce que je suis rentrée pleine de couleurs, iodée, fraîche,

    C’est court mais c’est long, une échappée belle, juste ce qu’il faut

     

    Je me dis  qu’il faut de temps en temps, prendre sur soi.

  • La génuflexion

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    Rien de plus ennuyeux que de pousser un caddie pour alimenter une famille de cinq personnes 

    J’opte pour les moyennes surfaces, vite fait, bien fait, je connais mes produits

    Ce jour là, je regarde les graines et bulbes de jardin

    Je me baisse, un genou posé à terre

    Un homme s’approche, et me dit

    « Alors, vous n’avez pas fait votre prière ce matin ? « 

    je sors mon sourire commercial, pas envie de l’envoyer paître pour si peu

     

    Les gens ont toujours besoin de causer, certains pensent tout haut

    Celui là, un comique à deux euros, y va de son commentaire ;

     je passe mon chemin

     

    Un peu plus loin, j’aperçois, un curé, en soutane .

    Véridique !

    C’est plutôt rare, la soutane et le col romain, je me demandais même s’il n’y avait pas de tournage d’un film

     

    L'homme de foi  se dirige vers le rayon boulangerie, et s’agenouille pour choisir sereinement le bon pain .

     

    Je pense alors que le comique s’est trompé de personne, il aurait pu lui faire la réflexion de la génuflexion

     

    Etranges associations …

     

    Je me dis que pour combattre l’ennui du remplissage de caddie, des personnages vagabondent dans les rayons, rien que pour vaincre la monotonie, il suffit de les voir, rien que ça, ça me fait sourire..