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  • La liste

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    La liste :

     

    -Ranger et trier mon placard de vêtements

    -Faire des confitures de prunes

    -Mettre à jour mon blog de bijoux

    -Retravailler mes cours pour septembre

    -Apprendre trois chansons dont une en anglais et une autre en espagnol pour le mariage de Serena

    -Ranger la cave 1

    -Faire mon testament

    -Acheter et monter une armoire pour Rose

    -Peindre le salon et poser des jolis rideaux

    -Aller à Londres voir les Mis avec Vonric

    -Faire les bijoux pour Ama

    -Trier mes photos et faire des tirages papier  et les mettre dans des albums

    -Regarder la dernière et ultime Saison d’urgences le dimanche soir

    -Garder ma liberté de penser

    -éliminer le liseron qui a envahi les framboisiers

    -viser la lune, ça me fait pas peur….

     

     

    Avec tout ce programme, je me demande si je vais partir trois jours ?

     

  • Destination ailleurs

    L’été, les vacances, il faut.. partir

    Mais où ?

    A toi de décider Jeanne..

     

    Partir dans le grand Nord, la Scandinavie, l’Ecosse, déjà fait, il faut au moins deux semaines pour en profiter

     

    Partir dans le grand sud, la Grèce, l’Italie, L’Espagne, le Portugal, déjà fait, il fait trop chaud je ne peux pas

     

    Réserver, j’en suis incapable, j’aime bien garder une certaine disponibilité à l’imprévu

     

    En vacances, j’aime visiter les grandes villes, regarder les gens, manger dehors, déambuler sans but précis, j’aime que ça grouille

     

    Je n’aime pas les coins paumés, les bois, la montagne, la verdure, ça m’ennuie..

     

    J’aime bien la mer, à condition qu’il ne fasse pas trop froid, mais l’où la mer est chaude, il y a trop de touristes

     

    T’es jamais contente, t’aime rien ?

    Je n’aime pas partir plus de 6 nuits, c’est vrai

    J’ai besoin d’adapter mes vacances aux enfants, qu’ils y trouvent du plaisir

     

    Je ne vois pas quelle destination choisir

     

    J’aimerais en fait qu’on choisisse pour moi, qu’on prévoie pour moi, j’en ai marre de penser, marre de prospecter, marre de préparer les bagages

     

    J’aimerais qu’une voiture se gare dans le jardin, qu’un chauffeur m’ouvre la porte et me dise : Jeanne, vos bagages sont chargés, vous n’avez plus qu’à monter

     

    Destination ailleurs, comme dirait Yannick Noah …


  • Vu et entendu en ville

    Dans une boutique de vêtements, je flaire les dernières démarques

    J’opte pour un collier soldé, afin de récupérer les perles

     

    La vendeuse en caisse :

     » il y a une chaîne pour ajuster le collier « 

    J’ai bien vu, j’ai légèrement le sentiment d’être un peu prise pour une imbécile, je ne vais pas pour autant lui signaler

    « Attendez, je vais vous faire montrer « 

     

    Vous faire montrer, aïe, vous montrer, ou vous faire voir, mais vous faire montrer, c’est pas vraiment correct.

     

    En linguistique, je ne suis pas puriste, mais je me dis qu’il y a des limites tout de même à ne pas franchir, même mes enfants n’ont jamais utilisé pareille expression

     

    Je la laisse faire, plongée déjà dans mon savoureux projet de création

     

    Un peu plus loin, je fouine dans la boutique « c’est pareil on a le même «  et là, je trouve, un jeans (5 euros ) un bermuda (2 euros ) et un sweat pour 10 euros en 14 ans pour mon boy

    Si c’est pas une affaire ça !!!

    Mark porte tout ce que je lui achète, il n’est pas exigeant pour un sou

     

    Je suis ravie, j’adore les dernières démarques

     

    En rentrant, il pleut à verse

    Je m’installe dans ma véranda, Rose joue à la marchande de bijoux et en deux heures, j’ai réalisé ces deux parures, violet, argent et gris

     

    Je ne résiste pas à vous les faire montrer

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  • Le poudrier

    Dans son sac à main, ma mère avait peu de choses

    Un porte-monnaie, un porte-carte avec sa carte SNCF et des photos de ses enfants, des rinces doigts qu’elle prenait sur les tables des mariages, un échantillon de parfum imprégné jauni par le temps qui ne sentait plus bon, des menus de communion, des programmes de messe, des images pieuses, un mouchoir.

    Et milieu de tout cela, un poudrier

    Un poudrier sans poudre, elle ne se maquillait jamais, à part un rouge à lèvres posé rapidement avant la sortie du dimanche

    Ce poudrier lui avait été offert par ses patrons quand elle était jeune

    C’était un cadeau, elle recevait si peu de cadeaux

     

    Un jour, elle a donné son poudrier à Ellen, pour qu’elle joue avec .

    Un poudrier en cuir des années 50, ce n’est pas un jouet

    C’est un bel objet

    Je l’ai mis de côté et déposé depuis sur une étagère dans ma salle de bain

     

    Sans poudre, je n’aime pas la poudre …

     

    Je ne sais pas pourquoi ma mère l’a retiré un jour de son sac à main .

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  • Séparations et retrouvailles

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    C'est ce qu'il y a de plus supportable dans les séparations, c’est l'espoir des retrouvailles

     

    Cette citation est de Jeanne, écrite il y a quelques jours dans le feuilleton de l’été par Antiblues

     

    Cet été 1986, j’avais vécu un mois imprévisible, une rencontre insolite, mêlée de complicité , avec encore en tête les « Démons de minuit «  qui tournaient en boucle et en « rouge et noir «  de Jeanne Mas, une grande évasion, une énorme parenthèse

    Je travaillais en août, dans une autre colo dans le Calvados

    J’étais impatiente de retourner avec Pierre Yves, que je connaissais bien, et surtout mon ami Léo

     

    Pourtant les premiers jours étaient moroses, je n’arrivais pas me remettre dans le bain, le ciel était gris, très gris, les enfants incroyablement violents, totalement irrespectueux du cadre

     

    Je vivais sans l’énergie qui m’animait d’habitude, j’avais envie de partir quelques jours ne camping avec Léo, c’était difficilement négociable

    J’avais le cœur lourd, je n’expliquais pas ma mélancolie.

     

    J’avais quitté Arnold et il me manquait, sans que je j’ose me l’avouer

    Il m’avait fait la promesse de me prendre comme adjointe l’été suivant, je me méfie des promesses …

     

    Je n’expliquais pas toujours pas ce qui me liait à lui, il me semblait tellement au-dessus, un trop bel homme, trop, bien trop bien  pour le pauvre Jeanne

     

    Un après midi, pendant le goûter, Pierre Yves braille dans le réfectoire

    « Jeaaaaaaaaaaane ! , téléphone, c’est Arnold, je viens de causer avec lui « 

     

    j’étais pétrifiée, je n’osais pas saisir l’appareil, je m’attendais à des reproches, une faute, laquelle, mon cœur s’emballait

     

    Je perdais confiance en moi, moi la Jeanne plutôt grande gueule, je redevais la Jeanne de mon enfance, soumise et vulnérable face à l’autorité

     

    Je balbutiais

     

    Arnold me demandait si j’allais bien, je lui dis que pas trop, c’était dur

    Il me confia que sa colo était d’un ennui mortel, parce que je n’étais plus là, parce qu’il aurait donné n’importe quoi pour que je soies à ses côtés

     

    Je sentais mon cœur battre, je ne savais pas quoi lui dire …j’étais comme …

     

    Il me demandait d’aller le rejoindre dès que j’aurais fini, auprès de Bréhal, une visite, pas plus

     

    C’est ce que je fis dès que je fus libérée , je me souviens d’avoir garé ma voiture dans le sable …en fin d’après midi .

     

     

     

  • La visite

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    Quand quelqu’un venait nous rendre visite, Tarzan aboyait, c’était notre sonnette, notre carillon, ma mère s’avançait vers la barrière

    Notre chien n’était pas féroce, mais par précaution, il était attaché quand il y avait des enfants

     

    Les voisins ou famille venaient sans prévenir, nous n’avions pas le téléphone, c’était ainsi, si la porte était fermée, c’était remis à plus tard

     

    On ne s’annonçait pas, on ne prenait pas la peine de prévenir, il y a avait toujours de la réserve pour manger ensemble, un morceau de lard fumé et des œufs pour une omelette

    J’aimais bien les visites, pas toutes mais en général, c’était vivant

    Mes parents étaient accueillants, disponibles, rieurs .

     

    Aujourd’hui, les moyens de prévenir sont vastes

    On ne parcourt pas de kilomètres pour trouver la maison close, on a peur de déranger, alors on téléphone, on envoie un texto, un mail

    Parfois les gens ne répondent pas aux mails, ne rappellent pas après les messages laissés, alors on attend, on doute, on n’ose pas relancer, on se rate

    C’est le paradoxe, tant de moyens de communiquer, et tant de codes à intégrer, avec untel, c’est le mail, avec un autre le téléphone..

     

    Je m’interroge sur tous ces codes, couper son portable, ne jamais consulter sa boite mail ??

     

    Et tous ces codes d’accès, ces portails, sonnettes, barrières …assurant la sécurité

     

    Chez nous, le portail est grand ouvert toute la journée, pas de sonnette, ceux qui nous connaissent passent, reviennent, restent

     

    C’est facile 

    » entrez « 

      un peu comme à la campagne, sans chien jappant,  seuls des chats errants, déambulant, apaisants ..