
C'est ce qu'il y a de plus supportable dans les séparations, c’est l'espoir des retrouvailles
Cette citation est de Jeanne, écrite il y a quelques jours dans le feuilleton de l’été par Antiblues
Cet été 1986, j’avais vécu un mois imprévisible, une rencontre insolite, mêlée de complicité , avec encore en tête les « Démons de minuit « qui tournaient en boucle et en « rouge et noir « de Jeanne Mas, une grande évasion, une énorme parenthèse
Je travaillais en août, dans une autre colo dans le Calvados
J’étais impatiente de retourner avec Pierre Yves, que je connaissais bien, et surtout mon ami Léo
Pourtant les premiers jours étaient moroses, je n’arrivais pas me remettre dans le bain, le ciel était gris, très gris, les enfants incroyablement violents, totalement irrespectueux du cadre
Je vivais sans l’énergie qui m’animait d’habitude, j’avais envie de partir quelques jours ne camping avec Léo, c’était difficilement négociable
J’avais le cœur lourd, je n’expliquais pas ma mélancolie.
J’avais quitté Arnold et il me manquait, sans que je j’ose me l’avouer
Il m’avait fait la promesse de me prendre comme adjointe l’été suivant, je me méfie des promesses …
Je n’expliquais pas toujours pas ce qui me liait à lui, il me semblait tellement au-dessus, un trop bel homme, trop, bien trop bien pour le pauvre Jeanne
Un après midi, pendant le goûter, Pierre Yves braille dans le réfectoire
« Jeaaaaaaaaaaane ! , téléphone, c’est Arnold, je viens de causer avec lui «
j’étais pétrifiée, je n’osais pas saisir l’appareil, je m’attendais à des reproches, une faute, laquelle, mon cœur s’emballait
Je perdais confiance en moi, moi la Jeanne plutôt grande gueule, je redevais la Jeanne de mon enfance, soumise et vulnérable face à l’autorité
Je balbutiais
Arnold me demandait si j’allais bien, je lui dis que pas trop, c’était dur
Il me confia que sa colo était d’un ennui mortel, parce que je n’étais plus là, parce qu’il aurait donné n’importe quoi pour que je soies à ses côtés
Je sentais mon cœur battre, je ne savais pas quoi lui dire …j’étais comme …
Il me demandait d’aller le rejoindre dès que j’aurais fini, auprès de Bréhal, une visite, pas plus
C’est ce que je fis dès que je fus libérée , je me souviens d’avoir garé ma voiture dans le sable …en fin d’après midi .