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  • "on est comme ça dans le Sud "

    Depuis une dizaine d’années, à chaque vacances de printemps, nous descendons dans le sud

    La Grèce, l’Italie, le Portugal, L’Espagne, la Corse, et la Provence …la Camargue,

    Plein de belles villes parcourues,  Lisbonne, Paros, Tolède (une rose à sa guitare..) Perpignan, Barcelone, Calvi, Sienne..

     

    Je sais que je ne pourrais pas y vivre, trop chaud, trop loin

    A chaque retour  je garde des belles images, et je tente des plantations

    Dans le sud, il y  a des bougainvilliers, cette fleur si délicate, si raffinée

    Et puis des cactés, chez moi, ils ont du mal à résister au gelées et des lauriers roses, bien timides par ici aussi .

    lauriers.JPG

    DSCN1833.JPG 

    aloès.JPGEt puis dans le sud, il y a des gens, des gens qui nous parlent de leur sud

    Par ce billet, je pense à eux, mes amis du sud

    Antiblues , Fay , Cigale, Elisabeth, Ksénia, Marc, Elle, Victoria ….

     

    Ils sont fiers de leur sud , de la Méditerranée

    De mon jardin, je vous offre mes timides plantations, dont je suis fière, des petits bouts de vous, perlés de pluie

     

    Dans mon jardin, il y des hortensias, plante normande et bretonne

    Et tout ça cohabite, au pays de la douceur …

     

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  • Conversation improvisée

    cave.jpg

    Assise à une table ronde pour quelques heures lors d’une soirée anniversaire, je me rends compte que mon voisin de droite n’est pas bien bavard

    Celui de gauche, c’est mon mari, je le connais

    Alors, comment engager la conversion ?

    « vous êtes assis à côté de Jeanne, c’est un honneur, je suis une grande pédagogue, menant une carrière de chanteuse, créatrice de bijoux, et blogueuse influente … « 

    Non, pas possible d’engager la conversation de la sorte, c’est trop égocentrique

     

    Alors, je sors mon trousseau de clés

    Les enfants

    Les animaux

    Ça marche à tous les coups, le boulot parfois

    Mon voisin de table, me dit qu’il n’a pas de bêtes, il n’aime pas, pas de chien, pas de chat, (bon mince.. ) mais que son fils a dit à sa maîtresse que son papa  avait des poissons qu’il allait promener à la rivière

    « Ah, vous péchez ? « 

    « Oui ,un peu «  (il est modeste )

    Et moi, Jeanne qui a un avis sur tout, ou plutôt apte à adapter mes conversations en toute circonstance, je le branche sur les silures

    Et là miracle, je ne l’arrête plus !

    Le voisin de table me raconte ses aventures, tout le plaisir qu’il a à pêcher très tôt le matin, les tailles et poids de son butin, les meilleures recoins, les techniques, barque, dimension etc. …

    Je n’ai pas tout retenu

    Il est heureux, il parle, fait des gestes, mime avec les mains, la taille des poissons...

    J’écoute, je rebondis..

     

    Ah, il en faut peu pour faire parler les gens, parfois plus pour les arrêter

    Pas grave

    A aucun moment l’homme n’a posé de questions, je me demande parfois si je n’impressionne pas

     

    Avec un autre couple le même soir, j’ai cherché un sujet de conversation, ils étaient originaires d’Auvergne

    Et l’Auvergne, ça me connaît, justement, le trou paumé où j’avais séjourné en 1986, c’était leur village …

     

     

    J’ai oublié de leur demander  s’il y avait des silures en Auvergne ?

  • "Méningite "

    Lorsque je l’ai vue pour la première fois, elle avait ..deux heures

    C’est peu, un bébé, bien frais, une jolie petite  fille

    Je l’ai gardée, câlinée, normal c’est ma filleule, quelle fierté

    Et puis j’ai quitté la petite ville normande, et elle est partie aux pays des jeux

    Je la voyais par petit peu, pas assez, elle est devenue ma nièce, et je suis devenue mère

     

    Un soir d’été, elle fut déposée comme un paquet, par un père peu scrupuleux, fiévreuse, malade

    Diagnostic terrifiant, une méningite ( virale fort heureusement )

    Je voulais aller de suite la voir à l’hôpital, la réconforter, lui assurer toute ma présence

    Je voulais lui offrir un copain, un compagnon

    J’avais acheté trois zazous, une girafe, un hippopotame et un singe

    Je voulais les offrir à mes trois enfants, ne pas les séparer

    Mais mon cadeau n’était pas encore annoncé, peut être jamais …

    Alors j’ai emballé le singe et  lui apporté

     

    Elle l’a serré contre elle, gardé au chaud, et l’a baptisé « méningite «  du haut de ses neufs ans, elle fut persuadée qu’il fut son sauveur

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    Elle a presque vingt ans, soudain me reparle de Méningite

    « tu sais, je l’emmène partout, partout il me suit encore « 

    je suis touchée, j’accorde beaucoup d’importance à ses compagnons câlins

    On parle, et brutalement tout ressort, drame, questions, larmes, doutes

    Je tente de dire, raconter, cette histoire là, je ne peux pour autant aller au-delà des vérités, celles qui la font tant souffrir

     

    Je voudrais tant qu’elle puise encore toute la force qu’il lui faudra pour avancer

    20 ans, une jolie femme, gaie, volontaire, amoureuse, fragile …

     

    Va en avant, fonce, entoure toi de ceux qui t’aiment, tant pis pour ceux qui passeront à coté de ton amour, un jour, il sera trop tard..

    Aimes, fais …ce que tu aimes faire

     

    Je ne passe pas assez de temps avec toi, tu gardes tout ce que je t’ai offert, ta chambre me le rappelle quand je vais dans tes montagnes

     

    Et moi vraiment, je peux te le dire, je t’aime comme ma fille …

  • Les deux blaireaux

    Sur l’étagère de la salle de bain, à côté du poudrier vintage, trônent deux blaireaux

    Oh! pas deux mustélidés noctambules et omnivores au pelage rayé blanc et noir, j’ai assez de monde dans ma ménagerie, non, il s’agit de blaireaux de rasage, petites brosses utilisées par les hommes pour étaler le savon de rasage, fabriquées justement avec des poils de blaireau, et même de sanglier dans certains cas

    Rassurez vous je ne possède pas de sangliers non plus

     

    Vous êtes tous en train de vous demander « mais pourquoi Jeanne, as tu dans ta salle de bain deux blaireaux ? «  Et vous avez bien raison de me poser la question, puisque je ne suis pas une femme à barbe, je suis peut être barbante certains jours néanmoins..

     

    L’un des deux me fut donné par la mère de Jérôme, il appartenait à son grand-père et comme elle connaît mon attirance pour les objets qui servent à rien, elle me le confia

    L’autre, je l’ai trouvé dans une brocante, il est en laiton et j’aime les objets ne laiton

    blaireau.JPG

     

    « C’est tout ? « 

     

    En fait, je trouve cet objet curieux, parce que je n’ai jamais vu d’homme utiliser de blaireau, parce que les poils soyeux me rappellent la petite brosse douce que la coiffeuse passe dans la nuque à la fin de la coupe, geste final, accomplissement total

     

    Et je suis sûre que certains d’entre vous auront une explication peut être freudienne au fait que j’ai conservé ces deux blaireaux, la forme, la texture, pensez donc, il va de même pour les micros, glaces, et autres. Oh Jeanne, tu te laisses aller, attention aux pervers. !

     

    J’aime tout bêtement ces trucs désuets, symboles de virilité, parce que j’en ai déjà parlé :

    J’aime les hommes 

    A condition qu’ils ne  soient  pas de vrais blaireaux !

     

     

  • Les reproches

    poing.jpg

    Une femme  fixe mes boucles d‘oreilles bleues

    Elle n’est visiblement pas très satisfaite, elle me reproche de les porter, elle possède  les mêmes, pas ce jour là pourtant

    Elle me fait une remarque désagréable

     

    C’est tout de même incroyable de me reprocher de porter mes propres créations, j’ai inventé, agencé, je mets ce que je veux quand je veux.

     

    « Jeanne, dis donc tu ne m’as pas envoyé de mail pour la Bonne Année « 

     

    C’est un reproche, j’aurais du, c’était une obligation, pourquoi moi, pas elle ?

     

    On me reproche des choses, ça m’exaspère, c’est injustifié, je n’ai  le monopole de rien, si ce n’est celui de mes choix, tant que cela n’empiète pas sur la liberté de l’autre, dois je le matin m’habiller en fonction de mes envies, ou en fonction des réactions que cela pourrai provoquer ?

     

    Je déteste les reproches, j’accepte mes erreurs, les critiques, parfois je m’excuse, je reviens sur mes jugements, mais je suis totalement incapable de rentrer en conflit pour des broutilles, des choses auxquelles j’accorde peu importance

     

    Pourtant ça m’énerve, et je rumine, de quel droit peut on me faire de tels reproches ?

    Je me sens humiliée, rabaissée

    Je déteste ressentir ça, alors j’inverse vite les rôles

    Je suis distante, je n’accorde plus de complaisance, presque plus de sympathie, juste de la politesse

    Je me sens mieux, sereine, à ma place, ni en haut, ni en bas

     

    On me reproche ce blog, virtuel, pas dans la vraie vie

    Dois justifier d’une chose que je n’impose à personne, libre à chacun de venir et de partir.je ne cherche pas à convaincre, mais qu’on me foute la paix avec ça

     

    J’ai donné, accepté, résignée, j’ai remplacé, bouché les trous, les bouts de tables…les places où personne ne veut aller

    Qui va gérer ma vie à présent, moi seule, fière, haute

    Une vie je le crois plutôt tournée vers les autres, les petits liens d’hommes et de femmes …liens de vie

     

    Qu’on ne me reproche rien, je n’ai pas de leçons à recevoir …

    J’ai donné …

    Je donne encore, autrement..

  • L'épicier

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    L’épicier venait en camionnette tous les jeudi .

    Il se garait dans la cour, prenait son déjeuner tout seul dans la cuisine , au bout de la table

    Il travaillait chez mon oncle commerçant .

    Quand il avait bu son café, il remontait dans son camion et livrait les commissions  .

    Ma mère ne faisait pas de liste

    Elle achetait en premier du sucre, du café, de la farine, de l’huile

    Puis il pesait quelques fruits qu’il déposait dans un sac en kraft, il roulait les coins pour le refermer

    Les bananes dépassaient souvent du sac

    Puis ma mère prenait du Benco, quelques yaourts et desserts, des fruits au sirop, du thon, des sardines, du pâté, quelques conserves, du chocolat

     

    Elle n’achetait pas de lait car nous avions des vaches, ni œufs, on avait des poules, ni crème, on allait la chercher chez Louisette , la voisine d’en bas au vernis à ongle craquelé .

     

    Elle n’achetait aucun légumes, tout venait du jardin, le soir nous mangions de la soupe .

    La viande, le porc, le mouton, le lapin et le poulet venait de notre production

     

    Quand le petit comptoir en bois était recouvert, elle finissait par le superflu, pour nous elle achetait des barres chocolatées .

    Louis prenait un Bounty, Flo des Treets et moi un Raider ;

    Nous avions droit aussi à un paquet de chemin gum en tablettes à la chlorophylle

     

    Pour se désaltérer l’été, elle achetait du Citror, c’était un sirop acide au goût de médicament, c’était pas bon, on avait jamais de limonade ni de vrai jus de fruits

     

    Puis on déchargeait les commissions, on les rangeait et la camionnette de l’épicier repartait finir sa tournée

     

    Quand je vois la taille de denrées dans mon caddie, je me dis que les temps on bien changé, il y avait moins de besoins alimentaires,

     

    Mes parents cultivaient et mangeaient bio, on avait toujours de délicieuses viandes au goût parfumé accompagné de légumes

     

    Mes enfants se régalent toujours autant chez mes parents, quand ils nous accueillent, ils remplissent leur caddie au supermarché

     

    A la place du Citror, ils ont du  jus d’orange .