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  • J'me soigne

     

    Jeanne par ci, Jeanne par là, elle fait quoi la Jeanne, elle dit quoi la Jeanne ?

    « Arrêtez de parler d’elle, elle va encore se prendre le melon « 

    Oui, j’ai entamé une cure pour soigner ma mégalomanie

    Ça ne marchait pas trop mal, un groupe de paroles avec d’autres atteints de cette terrible maladie

     

    J’étais plutôt fière, je redevenais une blogueuse de l’ombre, à peine visible dans la blogo, un spectre …

    Et paf !

    C’est la rechute

    Parce que dans ma boite mail, je trouve cette photo


    Une installation quasi artistique, je me demande s’il ne reste pas un peu de place au MOMA de San Francisco pour la mettre à demeure

    (Dommage pour le beurre, au fil des ans, ça risque d’incommoder le visiteur)

    Jeanne, tu abuses !

    Devinez quand même qui en est l’instigateur, mégalo lui aussi !

    Ah j’ai bien ri et j’espère que les membres du G + ont passé un bon moment devant cet autel particulier

    Merci les amis !

    Je retourne dans mon antre ….

     

     

    cette note s'autodétruira dans les prochains jours ...

  • Douze doigts d'argent

     

    Trois têtes et six petites mains s’associent ce week end  pour présenter leurs créations

    Marie Camille, Véro et Jeanne

    expo 5.JPGLa salle à manger  s’est métamorphosée en boutique : bijoux, cartes, sacs, cadres et bourses en soie

    expo 1.JPGPauvre Jérôme qui va voir défiler  plein de monde, après avoir à peine vu sa chère épouse le Week end dernier expo 2.JPG

    Un avant gout des fêtes à l’heure où les marchés de Noel s’animent et que les lumières éblouissent Lyon

    De grosses bises aux participants du G ++

    Mille pensées pour vous, profitez à fond de ces moments festifs expo 3.JPG

     

     

     

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    expo 6.JPG

  • Le pantalon IMC

    « Dis donc Jeanne, t’as maigri toi ? »

    me dit Pierrot Bâton dans la loge des starlettes

    C’est possible, j’ai un peu l’impression, y’a aussi l’effet de l’aloès Vera

    En fait je ne pèse jamais, au mieux 4 fois par an, histoire de….

    La balance, elle m’énerve, elle se détraque, elle n’est pas fiable, tout comme les thermomètres, je n’en sers pas

    N’allez pas croire pour autant que je fais partie de ces privilégiés qui se goinfrent de gras et sucré et qui ne prennent pas un gramme, je n’ai pas cette chance là

    En réalité, je pense que je suis incapable de faire un régime, et suis plutôt admirative pour ceux qui se lancent et heureuse pour eux quand le résultat est là

    J’ai la même taille de pantalon depuis au moins 20 ans, ça ne bouge pas, et comme indicateur, j’ai mon pantalon IMC

    Il indique ma masse corporelle, il est serviable et gentilpantalon 1.JPG

    Je l’ai acheté après la naissance de Mark, un pantalon vert kaki avec des poches latérales qui me donnent un air faussement baroudeur, limite aventurière quand j’enfile  mes Converses grisespantalon pieds.JPG

    A partir du moment où ce pantalon me boudine, je rectifie mes rondeurs en supprimant les graisses et le sucre

    Depuis quelques mois , je bannis les desserts , pas besoin , je remplace par un peu d’ananas ou une clémentine ou mieux un bon café avec du chocolat noir , plus de fromage non plus !

    Evidemment, je ne boude aucun repas de famille ou entre amis et quand c’est moi qui invite je fais attention à ne pas déséquilibrer les choses

    J’ai même réussi à supprimer la mayonnaise avec les crevettes, je prends du beurre à la place

    Je ne bois plus d’apéro hormis le vin, sauf l’été, ou j’ai épaté mes convives avec la fameuse Caïpirinha 

    Je ne fais aucun sport mais je m’active dans la maison, ailleurs et au jardin quand c’est possible

    Et surtout j’ai la chance de n’avoir aucun problème de dos, musculaires, rhumatismes et entre bobos qui pourraient me contraindre à rester clouée

    Bref, ça va !

    J’aime mon pantalon kaki, c’est mon copain

    Il parait qu’on arrive à la cinquantaine, on prend un kilo par mois …

    Faudrait que j’en perde dix, ça me donnerai de la marge.

  • ça marche le commerce ?

     

     

    barbapapa.jpgDans le magasin des déco vieilles avec du neuf et ambiance du monde, je passe en caisse

    La demoiselle  prend mon panier où j’ai déposé quelques boules et décorations de noël

    Je lève la tête …rha !!!!!!!!!!!

    Ses cheveux, colorés, méchés, frisotés, sont remontés sur son crane, on dirait de la Barbapapa !

    Des boucles d’oreilles que je ne mettrais même pas dans le sapin et pour achever le tout, une  épaisse couche de fond de teint alors que je devine qu’elle a peine vingt ans

    Quel look !

    « Votre code s’il vous plait, »

    Je m’exécute tout en la regardant déposer ma marchandise dans un sac plastique

    Euh, pardon, vous n’avez pas de papier de soie pour envelopper les déco ?

    Ah ????Elle me regarde l’air surpris

    Un expert arrive, il tourne du popotin, et d’une voix efféminée, lui dit

    « Mais si, faut emballer tout ça « 

    Et il me regarde

    « Excusez la, elle est en formation « 

    Y’a-t-il besoin de faire une formation pour savoir qu’il est inconscient de confier à la Jeanne des trucs aussi fragiles sans les avoir au préalables protégés

    Damned !!

     

    2011 sera l’année de la Véranda chez Jeanne et Jérôme

    Pour ce faire, nous faisons appel à des professionnels, des experts

    L’un d’eux est venu pour entamer un devis

    OMG !

    Il est insupportable, il commence toutes ses phrases par:

    « J’ai envie de vous dire Monsieur T « 

    Je trouve mon homme plutôt aimable

    Il parle comme s’il donnait un cours, il veut nous apprendre, il connait le sujet (tant mieux) et soudain il se pose en serviteur

    « Vous savez madame Jeanne, nous, on est là pour étudier votre projet, vous donner des conseils, après c’est VOUS, qui vivrez là, c’est votre véranda « 

    Ben oui, c’est sur, il manquera plus qu’il  s’installe chez nous le commercial

    Quel baratin !

    «  Madame, je suppose que quand vous faites la cuisine, vous aimez voir vos invités « 

    Et moi

    « Mais, je ne cuisine pas, ici, c’est monsieur qui est aux fourneaux « 

    Déstabilisés il s’adresse à Jérôme

    « Ah mais c’est très bien monsieur, et blabla « 

    "Elle me parait grande votre véranda, vous allez y mettre quoi ?"

    « Et bien, une grande table, une petite table, un aquarium, des plantes ,un billard, un piano à queue, une Panhard à l’occasion, faut de la place non ? »

    Pour finir, je lui dis que quand on sera vieux, on installera notre chambre à la place du salon et comme ça on aura tout de plein pied

    « Vous êtes prévoyante madame"

    J’ai manqué de lui répondre   que j’avais 65 ans, mais que je ne  portais pas mon âge

    Tais-toi Jeanne !

    Il me saoule, son acolyte hoche la tête, et répète après lui ses fins de phrases

    Il est 20h15, un mardi soir, j’ai mon manteau sur le dos

    « Vous sortez madame « 

    Eh oui !

    Le mardi soir, je sors …

     

    Il nous a même invités en VIP au siège de ses locaux commerciaux

    Si si ….

  • Disparaitre ....

    faille.jpgOn avait beaucoup fait de tapage autour de ce film à sa sortie me semble t’il, mais pourtant je n’avais pas du tout envie de regarder la télévision lundi soir, qui d’habitude est réservée à Cold Case

    Juliette a écourté sa conversation au téléphone, j’ai bien senti qu’elle voulait ne pas rater le début

     C’est vers 22h30 que je me suis plantée devant l’écran, et j’ai regardé la fin

    Mon dieu …………que c’est triste, l’agonie de cet homme, sa solitude face à cette nature, sa souffrance, sa maigreur, je n’ai pas supporté, à aucun moment je ne pouvais imaginer que cette mort était salutaire

    C’est l’histoire vraie  d’un jeune homme, issu d’une famille aisée qui décide de tout quitter pour parcourir l’Amérique vers l’Alaska

    Et forcement, ça me tourneboule ces histoires là, je ne peux plus …

    Tout quitter, sans donner de signes, et vivre seul, affronter les dangers, avoir peur, pourquoi faire, pour être libre, libre de quoi ?

    Doit-on renoncer à l’amour des siens pour être heureux ?

    Certainement pas, il faut apprivoiser sa destinée et savoir faire ses choix, mais quelle cruauté de laisser les siens dans la souffrance

    Je l’ai vécu, à petite échelle soyez rassurés, au début, on accepte, et quand ça dure, on n’en peut plus, et on ferait tout, on donnerait tout pour que ça s’arrête

     

    Je pense soudain à Anne Claire

    En 2007 son fils âgé d’une vingtaine d’années a disparu

    Ils l’ont cherché dans un refuge en montagne, en vain, ils ne l’ont jamais retrouvé

    Pas une trace, pas un signe de vie, ni de mort, a-t-il changé de vie, a-t-il glissé dans une crevasse ?

    Elle vit depuis quatre ans avec ça, son visage témoigne à la fois d’une sagesse et d’une souffrance

    Comment vivre dans cette attente, faut il encore espérer ?

    Ce serai pour moi la pire des tortures, si l’un de mes enfants disparaissait, et que je passe le reste de ma vie à l’attendre, parce que je sais que je l’attendrais …et je serais rongée par la culpabilité, parce que ce serai un échec, une trop grande brisure du lien, une faille gigantesque

    Pourquoi ce film a été autant ovationné, parce que ce jeune homme qui affronte la nature reste le fantasme des consommateurs que nous sommes tous, parce que son visage christique renvoie peut être au calvaire de l’Homme Dieu, parce qu’il presque aisé et rassurant  de sanctifier  Christopher McCandless, son martyr est il notre rachat ?

    Le magic bus est devenu un lieu de pèlerinage, Chris serait un de ces nouveaux saints, personnage mythique, énigmatique.

    Il mort seul dans un bus  délabré perdu dans une région pas si déserte que ça

    Seul …

    Parce que son cri même enragé ne portait pas assez pour qu’on vienne le secourir, et certainement qu’il n’attendait que ça …

    L’amour des siens …

  • Désirs et frustrations

     

    « Dis Jeanne, c’était comment quand tu étais petite ? »

    A cette question, il est facile de répondre « pas trop mal « 

    Ni bien, ni mal

    Il y a avait avant tout la disponibilité de notre mère, toujours là, à nos soins, aimante, patiente.

    L’espace était agréable dehors, les étables pour jouer, les champs pour gambader

    Mes grands parents venaient presque tous les jours, ils apportaient leur énergie, surtout ma grand-mère

    Dans ce décor plutôt bucolique, il y a avait la grisaille

    L’autorité indéboulonnable de mon père

    Il n’était ni violent, ni tyrannique, mais il imposait coute que coute toute décision collective

    L’argent, qui ne manquait pas tant que ça, était sans cesse le sujet récurrent

    Il fallait économiser, il comptait tout, sans commune mesure

    Dans nos requêtes nous avons vite compris que rien, rien n’était négociable

    Nous ne demandions plus, ayant tout simplement accepté d’emblée le refus

    Il avait des exigences, rester à table, ne pas bouger, il veillait sans cesse à notre sécurité, ce qui en soit n’était pas blâmable, sauf que nous devenions sans le savoir, presque asociaux, emprisonnés par un corps sujet à chaque instant à la blessure, celles du cœur n’étaient pas visibles elles.

    Il était obnubilé par la rentabilité, jamais d’excès, minimaliste

    La  culture était bannie

    Aucune activité payante, aucuns livres achetés …pas de sorties, pas de cinéma

    Je me souviens qu’en seconde j’ai du acheter un Gaffiot, cela engendra une discussion qui finit dans les larmes.

    Le manque de confort était pesant, peu de chauffage, pas d’eau chaude courante, des bidouillages, des  gagne petit tout le temps

    Jusqu’au jour où la culpabilité gagna du terrain, nous devenions presque trop couteux, ma mère en douce nous donnait un peu

    C’était une époque, et pourtant je voyais qu’ailleurs ce n’était pas ça, et je décidais de ne plus réclamer, et d’attendre , la boule à la gorge , sans espérer la moindre compasion , juste vivre avec ce corps , vrai boulet qui ne manquait pas de me rappeller ma rage étouffée

    Je savais qu’un jour le temps serai venu, que les choses iraient mieux, que je ne vivrais plus dans cette vie là

    J’avais raison

    J’aurais pu devenir envieuse, jalouse, révoltée ou revancharde

    J’ai choisi l’autre route, prendre les rennes, aller en avant et ces manques et frustrations se sont transformés en désirs incessants

    J’ai appris mon métier, celui que j’avais choisi, j’ai assumé très jeune ma vie, et j’ai enfin pu assouvir ces manques au fil des années

    Je n’ai pas cultivé la rancune, j’ai appris à vivre simplement, mais intensément

    Je me demande au fond si ma vie aurait été la même si d’emblée j’ai eu toutes les facilités

    Certainement pas

    Je ne sais ni patiner, ni nager, je ne sais pas lire une portée mais ma richesse fut certainement mes aptitudes à communiquer avec entrain, et surtout, à me nourrir et donner la tendresse et l’amour maternel, celui de mes grand parents, de ma mère

    Ça ne s’achète pas, cela se vit

    Tout simplement …

     

    Je n’ai jamais revendu mon Gaffiot …

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