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  • La retrouver

     

    Si un jour par malheur quelqu’un m’annonçait que je ne pourrai plus jamais la voir, l’entendre, et la sentir,  ce serait  sans doute une des raisons  pour ne plus avoir envie de me battre pour prolonger ma vie

    Privée de  cette merveille, à quoi bon ?

     

    Je n’ai aucun souvenir  du jour où je l’ai vue pour la première fois

     

    Trop jeune certainement

     

    Peut être deux ans, tout juste

     

    Je l’aime et j’en ai peur, c’est tout le paradoxe, elle m’attire et  je la fuis

     

    Je la cherche sans cesse , partout , en Europe , du nord au sud , la grande , la petite , la bleue , le grise , la verte ,  j’aime ses fracas , sa colère ,  son élégance

     

    Si je suis un ou deux mois sans la voir , ça vire à l’obsession ,faut que je la retrouve  , n’importe ou , même pour une  heure  , presque  comme une drogue , addict  , j’ai besoin d’elle

     

    J’aime  garder des traces ,  galets , sables ,  bois ,  j’aime amasser , transformer , agencer les  empreintes  maritimes

     

    J’aime la chanter, parler d’elle,  la photographier

     

    Alors je pars la retrouver

     

     Là, maintenant …

     

    A très  bientôt !

     

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  • Enfin posée

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     Au printemps, c’était comme ça :

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    En été, ça ressemblait à cela

    En deux jours les poseurs de l’extrême ont  posé notre véranda

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     J’ai eu une petite frayeur quand j’ai entendu  « P …de bor…. De me …. !! » Et que j’ai aperçu une baie vitrée à terre

     

     

     

    Visiblement pas trop de dégâts

     Reste une ombre au tableau,  les finitions, placo, électricité  et plomberie seront faites en février

    Il va falloir s’adapter …

    Et l’hiver est loin d’être fini 

    Mes plantes vont tout de même y trouver un bel abri

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  • Chez Zon

     

      Êtes-vous déjà allés chez Zon ?

    Pas sur …

     

    Nous autres les mayennais, sommes toujours servis les premiers puisque  les lots arrivent d’abord chez nous

     

    C’est un entrepôt  où sont posés en vrac des tas de trucs dégriffés, fin de séries,  déstockage …

     

    Zon, c’est comme Philippe Katherine, on aime, ou on déteste

     

    J’aime bien aller fouiner chez Zon le mercredi matin  après déposé Rose au conservatoire

     

    J’y trouve souvent des  tas de colliers  que je démonte pour récupérer les perles, je trouve de la vaisselle,  des  vases, du linge de maison …. Dernièrement un joli paravent  payé  10 euros

     

    J’aime bien y faire des affaires

     

    Mais il faut se méfier, on peut revenir avec des tas de choses inutiles et il faut connaitre les prix

     

    Ce matin là, il y avait :

     

    De la grande littérature

    J’en aurais bien pris un pour Asphodèle


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    Des sabots colorés  en plastique, j’en aurais bien pris pour  Mlaféeclochette, elle en raffole

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    Un leggings  panthère, j’en aurais bien pris un pour Tatydany  quand elle va en sortie avec ses panthères

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    De la lingerie fine, j’en aurais bien pris pour Pierrot Bâton, elle raffole du rose

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    Des chaussures à talons j’en aurais bien pris pour Nelle

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    Des jolis objets de déco, très raffinés et pas du tout vulgaires

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    J’en aurais bien pris pour tous mes blogopotes, élégant  sur le plan de travail de la cuisine, à offrir en cadeau de mariage au pire

     

    Y'avait aussi des vases en or massif  !

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    Attention, y’a des rayons  placés très hauts, interdit aux mineurs, hum … y’a quoi la dessous ?

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    Je fus raisonnable

     

    J’ai  pris des stickers, Marie Camille  et moi, souvent on fait du troc !

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    Et devinez quoi ?

     

    Des bulbes de tulipes  à un euro le sachet

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    Y’aura de la tulipe chez Jeanne au printemps croyez moi !

     

    Bon quand même , pour les cuistots au baromètre phallique … 

     

  • Le meeting

     

    Des-drapeaux-bleu-blanc-rouge-pour-stimuler-la-croissance.jpgC’était un soir d’avril, accompagné d’un beau soleil de printemps

    Rose avait  six mois, Salomé et Sarah étaient venues garder les enfants et avec Louis et Jérôme nous avions roulé vers Rennes

     

    En arrivant, des cars étaient stationnés, une foule importante  se pressait dans le grand hall de cette salle d’expositions

     

    Il y avait quelques perturbateurs  canalisés par la police, Louis avait eu peur

     Serrés  dans les gradins, des hommes et des femmes vociféraient, agitaient des banderoles  et drapeaux

     

    Y’avait des syndicalistes, des militants, des purs et durs, des curieux,  des jeunes, des vieux

     C’était joyeux

     Sur la musique de Goldman «  encore «, le candidat  entouré d’équipes de télévision et de journalistes avait remonté l’allée, clamé par le foule

     

    Et il avait fait  un discours, combatif,  il achevait sa campagne, c’était le soir du dernier  meeting

     J’avais aimé l’entendre, le voir, croire, j’avais aimé ce qui c’était passé ce soir là

     J’avais espéré, forcement

     Ce fut son tout dernier meeting

     C’était un soir d’avril  2002

     Le dimanche qui suivi  fut une tornade  pour beaucoup de français

     En repensant à ce soir d’Avril, j’ai  eu à nouveau l’envie de retourner au meeting, les grands, ceux de notre nation

     

    Je le ferai  au moment où les tulipes du jardin  écloront, pour l’instant, je me contente de les planter …

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  • Jeanne et la télévision

     

     

     

    tcortf2.jpgEn 1968 mon père a acheté un énorme téléviseur

    La dépense était  démesurée pour l’époque, presqu’un an de salaire

    La télé  était allumée tous les soirs, même lorsque  nous jouions au cartes

    Nous avions droit de la regarder le samedi soir, les mercredi après midi

    J’aimais bien les programmes pour enfants, les dessins animés, les  variétés et les films avec Louis de Funès ou Bourvil parce que c’était rigolo

    Mon père  était  tyrannique  avec sa télé, mordu de sport, il n’était pas rare de le voir arriver  en fin d’après midi et changer de chaine  sans  dire un mot

    On n’avait plus qu’à aller voir  ailleurs  même si l’épisode n’était pas fini

    Nous n’avions  pas le droit de regarder les jeux de 20 heures, mon père regardait les informations, c’était sans appel, comme le cinéma !capello-jeux-de-vingt-heures-taille-changee_articlephoto.jpg

    Dans les années  80, on a eu la couleur, et il n’était pas rare que je reste à veiller seule devant l’écran très tard le samedi soir, «  les enfants du rock « ou Pollack

    J’aimais   la télé des noctambules, les débats, l’impertinence, le » n’importe quoi « 

    Je n’accrochais pas aux soap et sit com  de l’époque , je préférais  les  séries , quelques feuilletons ,  les films  avec Romy , Girardot ou Noiret

    La plupart des émissions étaient en direct, provocantes,  entre show et   débats de société    , les témoins  étaient les héros

    Etudiante,  j’ai par la force des choses  délaissé le petit écran, j’aurais bien aimé avec une télé dans ma chambre de cité U, absolument inenvisageable

    Une fois installée  et salariée, j’achetais un petit poste couleur,  et là, enfin, je décidais des programmes, 

    J’étais libre devant ma télé

    Le magnétoscope fut acheté dans la foulée, j’avais peu de  cassettes VHS, j’effaçais  tout au fur et à mesure pour économiser les bandes

    Une fois installée avec Jérôme,  j’ai beaucoup regardé la télévision, peu de choses à faire  durant la période de chômage de la première année, pas de jardin, pas d’amis, pas de bricolage ou très peu

    Je regardais des clips, des émissions  débats,  des reportages,  et bien sur l’incomparable Nulle part ailleurs de  Canal +Logo_Nulle_Part_Ailleurs.jpg

    Une fois arrivée en Mayenne,  je n’allumais plus dans la journée,  la radio m’accompagnait du matin au soir, je m’éloignais petit à petit de cet écran là

    Mes meilleurs souvenirs cathodiques restent tout de même ceux du Cook county, ou en l’espace de quelques années, j’ai sans doute regardé plus de 600 épisodes d’Urgences

    Depuis  un an , je ne regarde quasiment plus la télé , non pas par mode , mais parce que les programmes sont ennuyeux , faits de compétition , d’étalages  de vie de gens  obèses , difformes  ou jaloux ,  de faits divers , de rediffusions ,  paradoxalement , il y a plus de chaines mais je n’y trouve pas  le plaisir des années 90

    Je regarde un film de temps à autre que je sélectionne  en début de semaine 

    Le pire c’est que je supporte difficilement la télé allumée dans la journée, ça me crispe,  ça m’énerve

    L’arrivée d’internet à changer mon  comportement face au petit écran

    Sur le net, je me sens active,  j’arrête quand je veux, je reprends à ma guise, un peu accroc  à la blogo, je l’admets

    De l’énorme télévision des seventies, je suis passée à l’écran plat  «  au mur «  comme on disait autrefois 

    Quoique l’on dise,  la télévision aura  changé le quotidien, mélange de culture et de divertissement, accessible à tous

    Je l’ai aimée  avant, aujourd’hui,  je vis presque sans elle

  • L'histoire

     

     

    progo.jpg Parfois  en fin de répétition le mardi soir, Théodore (le chef pour ceux qui arrivent  ici) lance une séquence « nostalgie « 

    Et moi,  autant le dire, j’adore ça !

    Le moment  est donc  consacré  à chanter des titres des années passées, ces chansons que l’on a apprises, chantés des centaines de fois, puis  délaissées,

     Les ressortir des tiroirs, est pour moi une véritable exaltation !

    Pour   les nouveaux,  ceux qui ont arrêté, repris,  sont arrivés plus tard qui ne les connaissent pas,  c’est frustrant, ils écoutent mais … 

    J’ai connu une choriste qui détestait ces moments là, elle n’avait qu’une envie, c’est de partir, cela renvoie toujours  à la notion d’exclusion dans les groupes

    J’ai donc intégré cette troupe  après la naissance de mon ange, en 2002

    En arrivant , je connaissais  quelques personnes ,  Blanche et  Maddy qui travaillent en crèche , Christel  qui travaillait avec moi , et quelle fut ma surprise d’y retrouver Pierre Alain , collègue de Jérôme  , Bérénice et France  avec qui j’avais suivi des cours d’arts plastique

    J’étais plutôt discrète, je m’asseyais dans le fond de l’auditorium, je parlais un peu avec ma voisine,  et je rentrais tranquillement à la maison

    Sur scène, je me posais dans les rangs du fond,  petite souris, je me faisais petite

    Au fil des mois , je m’aventurais  dans quelques conversations , Pierre Alain et Agathe  se liaient avec Paul , Jérémy ,  Thierry ,Clothilde  et un tout petit groupe  se constituait gentiment

    Un jour, j’ai reçu un mail de Théodore qui me demandait de participer aux auditions des solistes pour le « prélude de Bach «  de Maurane

    Nous étions une cinquantaine  ce soir là, le petit chœur venait soutenir les  solistes, c’était long mais agréable  et je crois que ce soir, sans que je le sache, un virage fut pris

    Carla  intégra notre troupe  en 2005, elle avait fait mon remplacement lorsque j’étais en congés de maternité  pour Mark, elle sympathisa  avec  une toute jeune femme, Eléonore

    Le concert de Maurane renforça des liens, le web end de Guidel les scella pour toujours

    Nous étions les gais lurons de la troupe, toujours là pour préparer des trucs, les « afters «  devaient fréquents, particulièrement explosifs, d’une gaité folle !

    Notre petite bande était convoitée,  jalousée aussi,  je la trouvais moteur, positive, nécessaire

    Elle était née par hasard, solide, petit noyau dans cette masse, Théodore y puisait  de la confiance

    Un soir de spectacle, il nous demanda  de quitter les rangs du fond, avec Eléonore et Carla, je goutais à la proximité du public, ne boudais pas se plaisir …loin de là

    Je suis sortie doucement de ma coquille, j’ai fédéré, rassemblé, j’ai commencé à écrire des articles sur la vie du chœur, je me suis investie  dans le petit journal,  brillement repris aujourd’hui par Patricia

    D’autres petites bandes ont vu le jour, choristes investis, heureux de partager cette passion

    J’ai vite ressenti l’envie d’écrire l’histoire de la troupe,  les anecdotes,  les émotions, je n’avais nullement envie de la garder au fond d’un carnet

    L’idée de la publier, par brides dans ce blog  a germé petit à petit

    Je sais qu’un  jour nous nous séparerons, je sais qu’un jour, il y aura une fin

    Mais cette fin ce n’est pas proche, pas pour maintenant

    J’ose espérer des  « prises de risques «,  des changements,  j’ai comme le sentiment qu’il nous reste encore beaucoup  de choses à vivre  ….

  • Croisements hasardeux

     

     

     

    «  Jeanne, je peux vous parler « 

    Bien sur 

    La femme  au visage lourd me confie ce matin là qu’on lui a diagnostiqué  un cancer, le verdict  est tombé  deux jours avant le début de la formation

    Je l’écoute, affectée,  l’encourage, lui  assure qu’elle pourra   compter sur ma bienveillance  durant les deux semaines

    Elle  avance sereine, affirme qu’elle est prête pour se battre, qu’elle commencera la chimio dès que possible, qu’elle est confiante

    Une proximité s’installe entre nous, par des regards, des sourires,  je la trouve si  combative

    Rien de plus réconfortant que d’avoir revu cette femme  il y a quelques jours  dans une salle de spectacle , assise au premier  rang, radieuse , hilare  au moindres pitreries  , absolument  embarquée dans nos chansons

    De ma place sur scène, je captais son regard, son sourire, et j’étais tout simplement heureuse de voir qu’elle allait bien

    Dans notre petit  coin  , c’est ainsi , les  gens se croisent d’un réseau à l’autre ,  je retrouve des anciennes  stagiaires  à nos spectacles , l’une d’elle un jour m’a sauté au cou , une autre m’a fixée durant trois heures en  commentant sans cesse dans l’oreille de sa voisine

    Ce n’est pas gênant, bien au contraire,  la formatrice  met ses paillettes et tourne du popotin,  rien de personnel ou intime, pas de quoi  se planquer ou jouer les femmes farouches

    Il m’arrive aussi  de former  en stage  des choristes

    J’avoue que c’est plus déstabilisant

    J’essaye de tempérer,  modérer,  rester bel et bien à ma place

    Je fais aussi de la scène ,  d’une certaine façon , anime  avec force  une journée dense ,  remue  le passé ,  l’histoire de chacune ,  tente de les déculpabiliser , mais parfois , me voilà bien impuissante

    Réconforter ,  conseiller ,  orienter , valoriser ,  mon jeu de scène est complexe ,  je n’ai pas toujours le  « conducteur «  , je fais des faux pas , donne les kleenex , remet en place

    J’orchestre à ma manière  ces  personnes qui ne se sont pas choisies

    Je prends les paroles positives

    «  Il est  déjà l’heure, on n’a pas vu le temps passer ! « 

    Je ne m’illusionne surtout pas sur mon passage, bref, furtif, de l’expérience  je tire  ce que bon me semble, sans prétention

    Et  je  me prépare à toutes les situations, m’adapte, aussi cocasses et  improbables soient elles …

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