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  • L'épreuve (1)

    Lorsque j’étais en Terminale, le choix d’une orientation se fit sentir. Et vu qu’à l’époque les énergies nouvelles n’étaient pas encore développées, que je n’avais pas retenu mes cours de mécanique automobile, que le sport ce n’était pas mon fort, j’optais pour le domaine de la petite enfance.

    Je m’inscris alors pour passer un concours en vue d’obtenir un Diplôme d’Etat d’éducateur de jeunes enfants. Je n’avais pas envie d’entrer à la fac, pas de projet précis, je voulais apprendre un métier.

    Mes parents ne s’y opposaient pas vraiment mais n’ayant pas de projets pour mon avenir, ils se refusaient à toute collaboration.

    Je me suis alors présentée à la première partie de ce concours en novembre 1983.

    Nous sommes partis ce matin là dans une vieille Diane Citroën vers 5h de Cherbourg jusqu’au Havre, avec un moteur peut fiable et très bruyant qui nous éviter la somnolence.

    Mon frère conduisait, il faisait froid, nous ne pouvions mettre le chauffage tellement l’odeur était insupportable et imprégnait nos vêtements.

    Après 4 h de route, nous sommes arrivés à bon port, à l’heure et je me suis mise à rédiger la dissertation demandée, je ne me souviens plus du sujet, je sais qu’il y avait beaucoup de candidats.

    L’après midi, j’ai passé des tests psycho( 500 questions ) en vue de la deuxième partie, au cas ou, cela évitait aux candidats de se déplacer une seconde fois.

    Nous sommes rentrés vers 20 h, dans un vacarme infernal mais la vieille voiture ne nous a pas ce jour là fait d’infidélités …le portable était un objet futuriste et inconcevable !

  • Note à l'attention des ploucs de province

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    Une blogueuse, je ne la citerais pas, elle se reconnaîtra  faisait référence récemment au ploucs provinciaux, dans une de ces notes.

    Alors amis de la province cette note est pour vous, voici quelques conseils pour ne pas passer pour un plouc, un provincial chez vous et à Paris.

    Chez vous :

    -ayez toujours dans votre portefeuille des tickets de métro (attention des tickets récents pas des tickets jaunes des années 70 !)

    -si vous le pouvez ayez aussi des dollars dans le même portefeuille

    -         posez le Pariscope sur la table de votre salon à côté du dernier Hors série Télérama ( vous le lisez pas mais c’est pas grave )

    -         quand vous êtes invités et que vous devez apporter un cadeau, prenez soin de mettre vos paquets (ou autre ) dans un sac « The Coran shop «  ou « Zara Home «  , évitez surtout Habitat ou Ikea, vous savez qu’ils sont désormais installés en province.

    -         Dans la conversation, placez au bon moment que vous avez vu l’expo Giacometti à Beaubourg mais que vous avez moins séduit que par les statues de Botero en 1992 aux Champs Elysées. (tout ça c’est une question de volume ou de proportion )

          -         Dites bien aussi que vous avez fait le choix d’habiter en province, que Paris « j’ai essayé mais que j’ai vite compris que ce n’était pas  pour moi «  

     Dans Paris :

         -         Evitez de vous promener en Citroën BX immatriculée 53 ou 72 ( c’est fini pour vous, vous êtes un plouc !)

    -         dans le métro, prenez un air blasé, surtout n’accrochez pas les barres dans les rames de peur de valser à l’autre bout ou de rater votre station. Lisez debout ou assis ( évitez l’Ouest France, la Presse de la Manche ou le Courrier de la Mayenne ) ou essayez de vous assoupir.

    -         ne cherchez pas non plus les lapins dans le métro ( ils sont là justes pour prévenir « ne met pas tes mains sur la porte, tu risques de te faire pincer très fort !)

    Ne soyez surpris de voir des ethnies diverses, des SDF ou des pigeons partout ( surtout ne leur donnez pas votre pique nique )

    -   ne cherchez pas Emmanuelle Béart près des tentes Quechua que les quais de Seine, non elle, ne vit pas avec eux.

    -         Ne cherchez pas votre chemin avec un plan, errez, flânez, prenez un air décontract partout ( même dans le Marais )

    -         Ne faites pas une syncope quand vous apportera l’addition du café que vous avez avalé dans un bar  du Trocadéro.

    -         Ne cherchez pas à croiser des stars du show bizz à tous les coins de rue (sinon vous pouvez vous replier sur le Musée Grévin )

    -         Et surtout aillez une chaleureuse pensée pour vos amis blogueurs parisiens ! Qui j’en suis sûre saurez vous donner plein d’autres conseils.

     

    Amis de la province, ne méprisez pas les gens de la Capitale et n’essayez pas de les convaincre que vous vous êtes un rythme, une vie authentique et que rien ne vaut le terroir et les petits artisans ( sauf si vous adorez Jean Pierre Pernaud )

    Bref, Paris reste Paris et  une chose est sûre, à chaque fois que j’y vais (et j’adore ) je suis une plouc et ça ,ça e changera pas .. mais si vous aussi amis parisiens ,vous venez dans ma ville ,surtout ne cherchez pas à attraper un taxi , Rue de Général de Gaule ,j’ai peur que vous attendiez fort longtemps…

     
  • Hors service

    Par politesse, je m’adapte à toutes les situations et m’efforce dans la mesure du possible de parler de tout avec tout le monde, je dis bien dans la mesure du possible

    Mark fait du tennis de table, son éducateur sportif, un jeune gaillard de 25 ans nouvellement arrivé dans notre ville, est toujours en quête d’une petite conversation, à chaque fois que j’attends que mon fils finisse sa partie.

    Parler de quoi avec lui, parler ping pong, balles, raquettes, table, filet, de sets ou de manches, ça se joue en combien de partie, je sais pas, je connais rien en sport, rien du tout, désolée je ne peux pas..

    L’autre jour un préposé vient pour relever le compteur d’eau.

    En attendant devant la grange, il m’interpelle « - c’est vous qui retapez la vieille Panhard … ? »

    « -Moi, heu non c’est mon mari « 

    Il entre dans la grange, »Ah,il a un scoot aussi ,c’est une vespa,il lui faut de la pièce. Moi aussi j’ai retapé des vieilles motos, mais j’ai plus le temps, euh, il doit connaître Jean Claude Boudrard ? »

    -«  euh oui sans doute, ils se connaissent les gars qui bricolent les vieilles voitures 

    -  ah c’est du boulot, mais j’ai plus le temps, maintenant je fais de la musique « 

    ( arrête le Jeanne, il va te déballer sa vie en 5 minutes )

    Je connais rien en mécanique, désolée, rien du tout, je ne suis pas contre, désolée, je ne peux pas.

    Ma belle-famille est très intéressée par les aménagements en matière d’énergies nouvelles. Au cours d’un repas, ils peuvent rester une demi-heure à parler Géothermie, systèmes solaires photovoltaïques, éoliennes,  Modules solaires mono et poly-cristallins, euh moi je suis larguée, je ne vois pas du tout ce que c’est, je fais remplir ma cuve à fuel, les radiateurs sont chauds, ça me suffit même si je suis convaincue que ce n’est pas la meilleure solution.

    Une fois de plus, je me rends compte que je ne peux m’adapter à la conversation, j’écoute un peu et m’envole vite dans des pensées et des délires..

    Je ne peux pas parler de tout, je ne peux pas m’adapter à toute situation. Je sais que pour vous autres c’est pareil, et si seulement dans ces cas l’extrémité de mes oreilles se voyait équipée d’une petite lumière rouge pour signaler que je suis «  hors service « !!

  • Je suis complexée

    Ma mère nous disait toujours ( je parle souvent de moi à la première personne du pluriel  à cause de mon frère jumeau)que nous étions complexés.

    Elle n’avait pas assez écouté Dolto, elle était plutôt Ménie Grégoire , elle confondait sans le savoir complexes et pudeur.

    Nous étions pudiques, si tenté que dans les années 70, on tenait peut compte de l’intimité de l’enfant, sûrement pour cette raison entre autre que je me suis tournée vers l’éducation et que je suis à ce jour une des plus grandes pédagogues de la décennie.

    Bref, complexé, c’est être timide, inhibé, croire à un sentiment d’infériorité.

    Ma mère ignorait tout du Complexe d’Œdipe et moi j’avais une phobie des nombres complexes.

    Je suis pudique c’est vrai, je n’aime pas me dévoiler mais en même temps l’idée de faire un blog montre outre un certain narcissisme, une forme d’exhibition.

    Carlos, le fils de Françoise Dolto, » n’a pas de complexes », disait ma mère.c’est pas faux, il avait confiance en lui et en les autres, parce que se déguiser un gros bébé et s’asseoir dans une chaise haute dans les émissions des Carpentier, dénote d’une certaine legereté, voire frise le ridicule.

    Mais c’était un homme épanoui, bon vivant et on gardera ça de lui.

    Depuis quelques mois, un Président prône, la France décomplexée. il court en jogging jusque là, ça va, invite Kadhafi, bon …va chez Mickey avec sa belle …

    Décomplexé, plutôt légèrement exhibitionnisme diraient certains.

    Bah …Faut quand même pas exagérer …Michael Youn,(ne pas confondre avec Carl Jung le psychiatre suisse ) est exhibitionniste quand il montre ses fesses à la télé à la moindre occasion. Mais notre Président non, lui il va au devant, sur le terrain.

    D’ailleurs qu’est ce qu’il a fait hier, plutôt que d’aller aux obsèques de Carlos, et bien il est allé s'exiber  dialoguer en banlieue, discrètement comme toujours, à côté de la gare, faut quand même pas exagérer non plus..

    Je me dis peut que bientôt il viendra soutenir notre maire UMP et pourquoi pas rencontrer mes nouveaux voisins …pourvu qu’il tombe pas sur un exibisioniste..

    En attendant, je me remets un vieux 45 tours de Carlos Dolto.

  • Mon ami Anatole

    Ce dimanche là ,Anatole est venu nous rendre visite, je pressentais qu’il allait venir, je l’avais dit à Jérôme.Nous avons fait un petit tour du jardin regardé les arbustes, son bambou qui a poussé près du bassin. Il aime beaucoup les jardins, les plantes aromatiques…les animaux.

    Il me propose des pigeons, pourquoi pas, il y a de la place, on ira les chercher au printemps.

    Je connais Anatole depuis 1982, c’est loin déjà, nous nous voyons deux ou trois fois dans l’année.

    Autour d’un café nous causons, il me demande des nouvelles de mon frère, me dit qu’il l’a aperçu à Rennes il n’y a pas longtemps. Je lui demande aussi des nouvelles de son frère, il me dit qu’il n’aime pas le mois de janvier, il a le stress de perdre sa troisième étoile au Michelin. Le frère d’Anatole est un grand restaurateur parisien, sa compagne est journaliste, je le vois très souvent à la télévision où elle présente un journal quotidien.

    J’ai toujours du mal à imaginer que cette femme, que je ne connais pas, côtoie comme moi Anatole, participe aux fêtes de familles, au réveillon, va chez Anatole, dans son presbytère..

    Deux mondes qui se trouvent réunis par le hasard de la vie. deux mondes très, très différents, Paris, le luxe, les grandes tables, et la province, le sud Manche avec ses petites communes rurales, le bord de mer, le Mont St Michel

    Nous restons deux heures à papoter à bâtons rompus, c’est agréable, j’aime toujours ces petits temps d’échanges improvisés, Anatole fait partie de mes fidèles amis, il reste et restera attaché à ma famille sans doute jusqu’au bout..

    En regardant les infos du soir, une belle femme est face à moi, derrière l’écran, je pense à Anatole et me dis que peut être un jour je la croiserai à mon tour …

  • Mes nouveaux voisins

    Depuis quelques mois, de l’autre côté du boulevard, nous avons vu poussé un bâtiment neuf à la face en bois, au départ plutôt attractif avec une pancarte «  bientôt ici 80 logements « 

    Je me disais c’est bien, de nouveaux logements pour les familles, des enfants pour l’école du quartier mais j’avais beau questionner mes connaissances, des personnes qualifiées et compétentes en immobilier, Jade, Basile …personne ne pouvait me préciser qui était propriétaire de la battisse.

    Il y a quelques mois de cela, je tombe sur un article  dans  la presse locale m’informant que bientôt ouvrirait le nouveau centre d’accueil pour les exclus de la ville.

    80 studios semi-fermés pour les sortants de prison, les femmes battues, les personnes sortantes d’Hôpital psychiatrique.avec des medecins, des psy sur place pour les accompagner..

    Oups, mon sang n’a fait qu’un tour …

    -allez Jeanne tu es de Gauche..

    -         oui ils faut bien les accueillir quelque part

    -         d’accord mais 80 c’est beaucoup non, 20, 25 et puis pareil pour les autres quartiers, je suis pas égoïste moi, je partage …

    Allez je me rassure vite, ils iront à l’ANPE, aux ASSEDIC et puis notre ville est plutôt tranquille, il n’y a pas des psychopathes et un Serial killer à tous les coins de rue.

    Mes voisins ne s’appelleront pas Guy Georges, Marcel Petiot, Francis Heaulme, Gilles de Rais, Landru ou Emile Louis..

    Vous savez, quand ça vous arrive, et bien vous vous dites, c’est bien les lieux d’accueil pour les tarés gens en difficulté d’insertion, mais …vous pensez « pourquoi c’est si près de chez moi..

    Et puis je ne pourrais jamais revendre ma maison.

    Après réflexion, apaisée j’ai pris la ferme décision de ne pas

    -fermer le portail ( comme d’habitude )

    fermer la porte à clé dans la journée

    équiper mes enfants de portables, puces électroniques et détecteurs de danger

    ranger notre réserve de vin

    acheter un berger allemand

    mettre une sirène dans le clapier des lapins et cochons d’inde

    refuser une sortie au jardin pour mes chats

    Car moi je n’ai pas peur. !