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  • Quand les choses se rebellent ...

    Juliette me faisait remarquer qu’à chaque fois qu’elle ouvrait une boite de haricots verts, elle trouvait toujours un haricot qui avait conservé un morceau de la tige, un truc bien dur et peu appétissant, c’est vrai.

    Et elle a raison, il y a toujours un haricot qui passe au travers de la machine, un haricot rebelle.

    J’ai constaté à bon nombre de reprises que les choses se rebellent aussi chez moi.

    J’enlève ma décoration, de Noël début janvier, il y a toujours une boule, une guirlande qui reste sagement dans son coin, je suis passée à côté.

    Je fais, j’écris mes cartes de vœux, et je les envoie ; quelques jours plus tard, je reçois une carte, une connaissance un peu lointaine, oubliée, elle m a échappé.

    Offrez un café autour d’une table à une quinzaine de personnes, y’en a toujours un qui veut du …thé.

    Je fais mes courses, le caddie est plein, je range, je trie, et je m’aperçois qu’il manque, des filtres à café, des doses pour le lave vaisselle, ou des sacs poubelles.

    On a jamais fini.

    Je ne vous parle pas des achats pour la rentrée scolaire, il y a toujours, mi-septembre, un prof qui n’a encore pas tranché pour un manuel ou un classeur souple ou rigide (j’adore, quelle puissance !)

    Triez votre linge, pliez, repassez et il y a toujours la chaussette orpheline , j’en ai déjà parlé, faites le ménage, il reste toujours un petit coin qui échappe au balai, à l’aspirateur.

    Vous dressez une belle table pour 9 convives, zut ! il vous manque un set de table, un verre à pied pour le dessert, une petite coupelle, ou des serviettes assorties au ton que vous avez choisi pour ce soir là. (je déteste les tables bariolées avec une nappe tendance ethnique et des serviettes thème provençal ou marin )

     

    J’en conclue que je suis quelqu’un de très désordonné, j’ai la particularité de ne jamais finir à fond les choses, de repartir vite sur une autre occupation parce que les taches quotidiennes sont pesantes, et parce que je preferre faire un bouquet, même si je n’ai pas fini d’astiquer une pièce .

    La perfection n’existe pas, chacun a le droit de preferer le thé au café, les guirlandes de Noël ont le droit de vouloir rester jusqu’à fin janvier, les haricots ont le droit de rester accrochés aux branches le plus longtemps possible …

  • La huitième merveille du monde

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    Cette semaine, j’ai regardé à deux ou trois reprises le journal de France 3 édition Pays de la Loire.

    Je déteste regarder les journaux télévisés locaux, les sujets ne m’intéressent pas souvent et puis vers 19 h je ne me tiens jamais devant le petit écran.

    Mais je l’avoue la tempête qui a soufflé sur notre ville dimanche soir a dynamisé l’actualité et je ne me laissais pas de voir et revoir les images de notre victoire.

    Et bien détrompes toi, Jeanne, ce n’est pas le nouveau maire qui fut le héros de la semaine, non, non.

    Il a fait déplacé des foules, ce héros, un vrai monstre, une star, qui donc ?

    Et bien il s’agit du cargo Arthémis échoué lundi sur les plages des Sables d’Olonnes en Vendée.

    Je vous l’accorde ce n’est pas commun, cela vaut le déplacement, et c’est pour ça que depuis 5 jours des milliers de badaux défilent sur la promenade afin d’admirer le naufragé.

    Je vous l’accorde c’est impressionnant, et peu commun, d’ailleurs la remise à l’eau semble poser des problèmes.

    Un reportage précisait  que depuis lundi, la foule qui se déplace aux Sables, avait relancé le commerce, donné à la Vendée un nouvel essor, et que grâce à cela la saison sera exceptionnelle !

    Bien, c’est donc la 8 e merveille du monde ce cargo, et déjà on songe à imprimer des cartes postales, des bols, des coquetiers, un presse papier avec de la neige dedans à l’effigie du cargo

    Ah ! vous devez penser « Jeanne ne soit pas méprisante, tu as franchi le Cercle polaire, visité le MOMA de San Francisco, assisté à un concert de Gérard Lesne à Rome, vu en vrai Philippe Gildas.alors tu sembles bien blasée devant un tel évènement « 

    Je dirais juste que franchement les plages de Vendée soient vastes certes, le climat est doux et la mer est bonne, mais difficile en été de trouver 1m2 pour y déposer sa serviette parmi les centaines de mayennais entre autre qui s’installent durant leurs vacances.

    Je suis allée une fois en vacances en Vendée, c’est sympa mais y’a rien à y faire, on s’ennuie comme un rat mort la bas.

    Alors pourquoi ce pas installer un Casino une boite de nuit, un club échangiste dans cette épave, un restaurant, un éco musée, un marché, j’en sais rien …une boîte branchée, un club de jazz. vous avez sûrement d’autres idées.

    Bon et bien moi franchement, je ne trouve pas ça très beau un cargo, c’est sûrement impressionnant mais vraiment on fait mieux en installations artistiques. Pire encore, je trouve ça moche, c’est laid ce cargo …

     

    Alors j’ai attendu patiemment la fin du reportage, pour découvrir ensuite, la première journée de notre Maire, ne boudons pas ce plaisir dirait Lorenzo, j’attendais ce moment depuis 13 ans ; je peux alors espérer que notre nouveau Capitaine ne viendra pas s’échouer avec son équipage sur les rives de la Mayenne.

     
  • La vieille Singer

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    Ma grand-mère maternelle aimait la couture.

    Dans les années 70, elle avait acheté une machine à coudre Singer intégrée dans un meuble.

    Elle se rebattait ,et une porte se refermait  , ni vu , ni connu .

    Quand j’allais en vacances chez elle avec mon frère, elle me cousait des robes pour ma poupée et m’avait confectionné un habit d’infirmière.

    J’ai toujours vu ce meuble dans la pièce centrale de la maison, sous la fenêtre.

    Mes grands-parents avaient aussi un téléviseur noir et blanc, ils ne regardaient que les « chiffres et les lettres « 

    Ma grand-mère est partie brutalement en 1977,je n’avais que 12 ans …

    Elle avait dit à ses filles qu’à sa mort, elle donnerait sa machine à coudre à Jeanne, sa petite fille, donc moi.

    Mon grand-père a survécu quelques années, meurtri, atteint d’un chagrin insurmontable.

    Il l’a retrouvé ma grand-mère en 1982.

    Mes tantes, ma mère et mon oncle ont du vider la maison, c’était pour moi terrible, je ne voulais y aller, je souhaitais juste récupérer quelque objet souvenirs.

    Ma tante qui été religieuse, demanda la machine à coudre pour sa communauté, sans aucun problèmes, elle emporta l’objet.

     Il y a environ ou 4 ans , elle m’informa qu’elle voulait me redonner la machine de ma grand-mère ;

    Je ne sais pas coudre, je ne suis pas patiente avec les tissus, j’ai quelques notions un peu sommaires en couture, bref je suis capable d’utiliser une machine.

    J’ai donc accepté de reprendre cette vieille Singer.

    Quel choc, le jour où j’ai ouvert le meuble, je le voyais moderne, récente.

    Cet objet s’inscrivait parfaitement dans les années 70, l’époque de la Citroën AMI 8, des premiers sous-marins nucléaires ( allez visiter le Redoudable, vous comprendrez ) de Fantômas..

    Cette machine est lourde, résistante, sa ligne est grossière, mais ma tante l’a parfaitement entretenue, elle a conservé tous les accessoires.

    Mais côté design on est un loin de cliché de la vieille Singer que l’on pourrait voir dans les brocantes ou dans les films après guerre.

    J’avais entre-temps acheté une machine d’occasion, je l’ai donnée à Sarah, j’ai déposé le meuble dans la salle de jeu, chambre d’amis.

    Elle est juste derrière moi, je ne le sors jamais de son meuble, je ne couds jamais, mais je suis sûre que j’aurais énormément de mal à m’en séparer.

  • Guétary,Purcell , Plamondon & co...

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    Ma mère adorait regarder à la télévision « au théâtre, ce soir «   avec Jacqueline Maillan, Jacques Balutin et Michel Roux.Elle riait de bon cœur surtout quand ils avaient un fou rire.

     

    Mon père, aimait les opérettes, les vraies avec Georges Guétary et Luis Mariano, c’était kitch mais il aimait entendre les airs et mélodies populaires de cette époque.

    Il aimait aussi les films de guerre, « les canons de Navarone  «  entre autre son film culte.

    Ce qu’il détestait le plus, c’était: les comédies musicales, oui les films de Jacques Demy, les « Demoiselles de Rochefort «  ou autre drame chanté.

    Et surtout que personne ne vienne pousser la chansonnette sur un champ de bataille,  il aurait encore toléré Mireille Mathieu chantant « Paris en colère «  mais il fallait qu’elle attendre le générique.

    De cet héritage culturel, qu’ais je retenu ?

      Le déclic, la révélation fut pour moi ce jour ou je suis rentrée aux Magasins réunis pour acheter l’album de Starmania en 1979.J’ai écouté, réécouté des heures, c’était pour moi tout ce qui pouvait exister de meilleur, un vrai coup de foudre.

    Mais malgré cela, je ne suis jamais devenue fan de comédies musicalesDéjà parce que la question ne se posait pas, elle étaient jouées à Paris, je ne sais où et comment.Dans les années 90 , j’ai découvert l’opéra baroque  , plus précisément ceux de Purcell, mes préférées « the fairy Queen «  « the King Arthur « 

    Quel amalgame me dira vous ,et bien pas tant que ça , car ce qui donne du plaisir dans ces pièces chantées, ce sont les mélodies, les airs qui très vite s’installent dans votre tête et ne vous quittent plus

    Avec la création de Notre Dame de Paris de Luc Plamondon, les comédies musicales franco quebequoises sont revenues au devant de la scène, déplaçant les foules, ravissant le public.

    Je n’étais pas fan, je n’en ai vu aucune, je n’aimais pas cette idée qu’avant leur sortie, nous étions mitraillées par le tube, et que toutes le radio et télévisions invitaient sans retenue la troupe en question.

    D’ailleurs le succès était au rendez-vous, mais le public venait voir avant tout, les stars, les vraies.

    Et quand ils découvraient que Garou ou Helène Segara n’étaient plus à l’affiche, il désertait les salles .

    Ma comédie musicale préférée, reste « les Misérables «  mise en scène par Robert Hossein, avec une musique signée Claude-Michel Schönberg, en 1980,c’est grandiose, magnifique, elle fut jouée à Londres et Broadway durant des années.

    Dans les airs les plus connus, je vous livre Hair, un incontournable

    De cet héritage, j’ai appris surtout a faire preuve d’ouverture, écouter, accepter, laisser venir l’émotion musicale, laisser venir avant tout le plaisir de la musique, appartenant comme vous à cette mémoire, gravée dans notre histoire, à la même enseigne que les évènements personnels, et sociaux.

     

    Avouez que vous aussi, vous avez fredonné un jour, un air d’opérette ou de comédie musicale, aspirés des œuvres de Hugo, de Shakespeare ou d’Obispo …

     
  • Ce fameux jour où ...

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    Je roulais ce jour là en ville, la radio nous informe d’évènements peu ordinaires, d’un avion qui aurait scratché sur New York

    Je suis à ce moment là un peu plus préoccupée par mon état, ce bébé qui prend déjà de la place, cette naissance, la dernière sans aucun doute, prévue pour décembre

    Je commence mes congés de maternité, ma phase d’hibernation.

    J’allume la télévision, je découvre les images, les mouvements de panique, les tours et tout ce que vous comme moi aurez vu, visionné ce jour du 11 septembre 2001 …

     

    Nous avions ce samedi là, regardé la télévision, fait un peu de ménage aussi sans aucun doute, ma mère faisait toujours la ménage le samedi après midi, ma sœur, mon frère et moi nous participions.

    Nous avons du apprendre sa mort en fin d’après midi par la radio. J’étais surprise, mais je n’ai aucun souvenir d’avoir eu de la peine .

    Flo l’aimait beaucoup, elle dansait sur ses chansons, elle achetait Podium .

    Nous en avons parlé, parlé, et encore parlé de cette disparition brutale, en mars 1978.

      Il y a dans la mémoire collective des jours dont on souvient longtemps, pour les plus anciens, le premier pas sur la lune, la Libération, pour d’autres l’élection de Mitterrand et vous aussi vous avez sûrement inscrit un événement.C’est vrai qu’après 30 ans, je me souviens encore de la mort de Cloclo.