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  • Les nouveaux pères

      Paul est papa, depuis peu, je partage son bonheur, celui d’Eléonore de pouvoir à son tour serrer leur petite fille, l’admirer, découvrir, douter, vivre cette grande aventure.

    Paul travaille beaucoup, tôt le matin, presque tous les jours, il n’a pas le choix, il a fait un choix.

    Il n’a pas pu accompagner sa compagne à toutes les visites, préparations à la naissance, il me partage un peu ses craintes, peur de ne pas être assez présent, que le temps passe trop vite

    J’écoute une émission de radio sur les nouveaux pères. Un auditeur témoigne sur la grossesse  , sa participation   à toutes les séances d’haptonomie, que c’était très fusionnel. Il décrit que lui   aussi a ressenti les contractions (j’espère qu’il a eu une péridurale le malheureux )  Il poursuit avec l’éternel refrain, c’est dur quand sa femme devient mère, on voudrait rester amant, ami, on devient aussi père, stop il m’énerve !

    J’espère qu’il ne se contentera pas de payer la pension alimentaire en cas de séparation et d’emmener l’enfant au M…Do le samedi soir..

    Les choses ont changé, et heureusement, on accorde plus de place aux pères, ils sont plus actifs, plus présents dans l’accompagnement des bébés.

    Mais je me demande s’il n’y a pas aussi une grosse pression sociale, ont ils tous le choix, peuvent ils, doivent ils tout faire ?

    Je reconnais que Jérôme n’était pas du tout à l’aise à garder les enfants quand ils étaient tout petits, est il devenu un mauvais père ? Les liens se font autrement, et il ne faut pas se voiler la face.

    Ce sont  , toujours les femmes qui se tapent les séances de kiné après la naissance, je ne parle pas des douces joies d’après l’accouchement, tout ce que mesdames vous avez sans doute expérimenté.

    Qui se relève le plus souvent la nuit, qui n’entend pas le bébé, qui dit «  je crois qu’il t’appelle «  « tu penses qu’il a de la fièvre «  « t’as pas quelque chose pour le soulager « ? les pères ont souvent le sommeil profond .

      Les nouveaux pères restent pères, pas plus nouveaux, pas plus anciens, ils doivent rester eux même, s’adapter à ce changement, prendre leurs responsabilités, oser dire « ça, je peux le faire «  « attend je m’occupe d’eux, rendors-toi «  

    Paul est papa, je suis sure qu’il sera un excellent papa.

    A la relecture de cette note et à vos commentaires ,ma pensée ira vers Lorenzo ,un père , hors pair ,qui n'a pas choisi d'assumer seul cette aventure ...

     

  • Le sujet qui fâche

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    Dans tous les couples il y a des sujets qui fâchent, des moments de discordes

    Entre Jérôme et moi, c’est la glycine (entre autres !)

     

    Tout à commencé en 1999, nous revenions de notre voyage à San Francisco ,le décalage horaire provoquait des insomnies .Vers 2 heures du matin nous étions éveillés quand un crépitement ,une légère détonation attira notre attention.

    Le bâtiment voisin était en lambeaux, inhabité depuis quelques mois, squatté par des zonards, détérioré par des ados en mal de divertissement.

    Jérôme descendit dans le jardin, levant la tête au ciel, découvrit le bâtiment en feu !

    Panique et angoisse, il appela les pompiers qui mirent une heure à éteindre les flammes.Plus de peur que de mal, pas de victimes fort heureusement.

    Le lendemain par sécurité, notre maison fut grillagée par sécurité, les cheminées risquaient de s’effondrer , nous vivions dans une cage ,tels des fauves sauvages .

    J’ai vu un homme filmer l’incendie, je n’ai fait aucune déclaration à la police, laissant les assurances gérer leurs salades …

    Il faut dire que l’acte de vente devait être signé le lendemain, le futur propriétaire devait restaurer le bâtiment contraint à des règles un peu onéreuses.

      Quelques mois plus tard, les travaux ont commencé, plusieurs appartements furent construits, ainsi que des pavillons de l’autre côté de notre mur.

    Le mur mitoyen fut repeint, un crépis tout neuf, le fil de l’interphone caché dans un immonde tuyau n’avait pas belle allure.

    J’ai eu alors l’idée de le cacher par une glycine.

    J’ai acheté un petit plant qui au fil des années a grandit, poussé, sans jamais donner une fleur.

    La glycine a sauvagement investi les tuyaux, les a arrachés, sectionnés, puis grimpé sur le fil de l’interphone, du mur voisin.

    Jérôme ayant le vertige, il ne pouvait pas tailler la plante rebelle, je profitais de la présence de Marc l’été pour un grosse taille .Elle a poussé comme une dingue, des branches coriaces et toujours pas de fleurs.

    Jérôme m’a dit à maintes reprises qu’il fallait l’abattre, qu’on ne pouvait pas l’entretenir.

    L’été dernier, je l’ai coupée très fort, j’ai éliminé des branches, lui posant un dernier ultimatum. »Si tu ne fleuris pas au printemps prochain, c’est fini pour toi « 

     

      Depuis une  semaine , la glycine tout en fleurs ,embaume les passants ,offre à notre entrée un éclat de couleurs bleutées avec son voisin le Ceanothus et la clématite ..

    Voilà ,ça se taille une glycine me disait un de mes fidèles lecteurs , et il avait raison .

      Mais qui va la tailler ? 
  • Un jour qui compte

    Quand je lui demande si elle va bien, elle me répond toujours « oui » avec son beau sourire.

    Elle n’est pas le genre à se plaindre, à se lamenter, elle porte un optimiste qui rayonne autour d’elle.

    Je chante souvent à ses côtés, elle aime chanter, elle transmet son bonheur de pouvoir le faire.

    Elle est disponible, toujours disponible, pour sa fille, pour son fils, pour les autres.

    Elle adore les boucles d’oreilles et elles ne lui font pas de cadeau ,jusqu’à la faire souffrir , mais elle insiste , elle résiste , elle persévère .

    Tous les matins, elle ouvre son PC de son lieu de travail et va faire un petit tour chez Jeanne, elle lit fidèlement les billets, y laisse parfois des commentaires.

    Aujourd’hui le billet  est pour elle, rien que pour elle, ce n’est pas un jour comme les autres …

    Je te souhaite un joyeux anniversaire, et je te fais une grosse bise chantante …

     

     

     

     

  • Petite fierté

    Par un bel  après midi, j’ai ressorti mes pastels

    Il y avait bien longtemps que je n’avais pas dessiné, un ou deux ans

    J’ai eu envie de croquer quelques dessins pour illustrer notre CD

    J’ai trouvé une photo, une chanteuse de cabaret, en quelques coups de crayons, je l’ai figée sur le page grise au grain moyen, instant magique, pas plus de  10 minutes et c’est terminé, je n’y retouche pas.

    Je l’ai montrée à Théodore, il l’a aimée, un coup de cœur..

      Il a conservé le dessin et l’a scanné. Il a eu l’idée de l’utiliser pour l’affiche de notre prochain spectacle.

    Dans quelques jours, je verrai ma chanteuse, dans toutes les vitrines, les lieux publics de notre ville.

    Et oui, oui, je n’ai pas peur des mots, j’en suis fière et heureuse !!!

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  • Le personnage mythique

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    Mark étudie en français et en histoire la mythologie.

    Il aime beaucoup, apprend par cœur les noms des divinités grecques et romaines.

    Nous vivons encore entourés de mythes et de personnages mythiques.

    Ils ne sont pas forcement là où on les attend, je ne vous ferais pas une note sur Marilyne, James Dean, Che Guevara  ou Montand..

    Non, le mythe n’est pas forcement une star, il est un peu inabordable, secret, mystérieux voire détaché.

    Vous l’avez dans votre famille, chez vos amis, dans votre travail.

    Le personnage mythique est vénéré par ce qu’il a fait, la trace qu’il a laissé à son départ et le délire qui s’est fait autour de son passage.

    Dans les familles, il s’agit souvent d’un oncle qui a voyagé, loin, très loin, il peut porter un chapeau, c’est mieux, ou un accessoire bien à lui ( chaussures très colorées, pipe..)

    Aux mariages et communions, le mythe vient rarement, mais quand il est là, tout le monde est sans dessus dessous, on se baisse à son passage, on ose même pas trop lui parler.

    Le pire c’est le mythe de votre belle-famille, vous en entendez parler durant des heures, de ses exploits, et le jour ou vous vous trouvez devant lui, c’est souvent la déception tellement on aura fantasmer sur le personnage. Alors le mythe s’effondre …

    Parfois, la grand-mère devient à sa mort un véritable mythe même si durant toute sa vie, elle en a fait baver à tout son entourage.(ça c’est dans ma famille )

      Les lieux de travail sont hantés par des anciens salariés mythiques.

    Quand j’ai été embauchée à la Ville en 1995, j’entendais toujours parler de Lily, Lily avait fait ça, Lily par-ci, Lily allait  venir, mais c’est qui cette Lily ???

    Un jour, j’ai rencontré Lily, en vrai, elle supportait mal tout cet excès autour de son travail.

    Il y a quelques mois je suis allée à un pot de départ en retraite , une de mes anciennes collègues me dit : » tu vois Jeanne, depuis que tu es partie, on a jamais pu enlever toutes les peintures que tu avais faites avec les enfants, c’est plus fort que nous."

    Et ça y est, à mon tour, je suis devenue un mythe, l’EJE, dont personne n’ose dire du mal ( enfin c’est ce que je crois ) celle qui se fait rare …

      Un peu d’humilité quand même.

    Le personnage mythique existe dans les milieux littéraires, il ne donne jamais d’interview lorsqu’un de ses ouvrages paraît, on a surtout pas le droit d’en dire du mal, c’est forcement bon.

     

    Le mythe est présent dans la musique, si possible, il porte des lunettes noires et un chapeau, ne va jamais  à la télévision et quand il y va on parle d’événement( Bashung ) ; je ne parle pas des cinéastes, se sont les pires, ils tournent des films à mourir d’ennui, mais ce sont des mythes alors on y va …( le mythe est rarement récompensé, ex : Pialat )

      Pensez à vos mythes, ne vous laissez pas impressionner, mais c’est peut être vous le mythe de votre travail, de votre famille ?

    Il doit y avoir plein de mythes sur la blogosphère, ou des mites. trop tard pour celui qui voulait le faire !

  • Il faut convertir les brebis

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    Mon père se rend au marché de Bricquebec,s’informe du prix d’une brebis et de ses agneaux auprès d’un agriculteur .

    -« c’est cent mille ! »

    Le prix est ferme, ça vous paraît un peu cher, qu’est ce qu’elle a de particulier cette brebis, elle est clonée, elle fournit du pashmira, elle donne du lait aux vertus aphrodisiaques ?

     

    100000  euros, une brebis ?

    Mon père l’achète, il a les codes, il est du coin …

    Sur ce marché normand ,les vendeurs n’ont pas intégré l’euro, ben non, trop compliqué parce qu’ils n’ont pas intégré non plus le nouveau franc !

    100000 francs, anciens francs, c’est donc 1000 francs : 150 euros.

    Il suffit de le savoir et le business bat son plein au marché de Bricquebec 

      Rose est née avec l’euro, elle n’aura jamais connu le franc, aura t’elle ces codes, devra t’elle convertir ?

    Enfin, elle n’a pas besoin  d’aller acheter ses poules, ses veaux et ses moutons au marché le lundi matin, heureusement pour elle.

     

    Et en dollars, elle vaut combien  la brebis ?