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  • Jour J - 2 : complétement énervée

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     Jour J moins deux.

    Demain soir vendredi, j’embarque pour Broadway !

    Les affiches  ornent les vitrines de notre ville, elles sont belles paraît il .

    Plus de 1500 personnes personnes ont déjà  pris leur passeport.

    Mon frère arrive aujourd’hui pour l’évènement

    Je m’apprête à vivre la plus belle soirée de l’année .

    Nos costumes sont ajustés, nos chorégraphies sont bien calées

    La chaleur de la scène va faire fondre les kilos superflus.

    Deux heures trente de  spectacle, 26 chansons, et plein de visages heureux, éblouis, rieurs et complices, un décor enchanteur, à découvrir.

    Je vais retrouver mes amis, je vais chanter pour ceux  qui seront venus, les embrasser en fin de soirée, les remercier.

    Je suis énervée, tendue, heureuse à l’idée de revivre ce merveilleux moment d’échange et de frissons.

    Pour plus de détails, passez par  ;je serai de retour lundi, en forme et sur un nuage, un peu triste de me séparer de mes amis de chœur pendant deux mois, ravie de refaire le grand show une dizaine de fois encore, pleine d’entrain,  particulièrement chanceuse d’avoir cet espace d’évasion, ce lieu unique, magique,  la scène .

     

    Dimanche  29 juin

     

    Grandiose, époustouflant !

    Voilà les échos qui nous reviennent

     2000 spectateurs, une salle comble, surchauffée.

    Au fil des années, il fallait encore convaincre, mettre la barre un peu plus haute, ne pas

    décevoir , c’est le septième spectacle.

    Camille ayant eu des ennuis de santé, n’a pas pu chanter, elle est venue nous voir, nous soutenir dans les loges. Elle nous a dit que tout au long de la première partie, elle avait la chair de poule, elle était sidérée  par la maîtrise vocale et la qualité des chorégraphies.

    Une autre choriste, toute jeune maman, était devant moi, au premier rang, je voyais des traits noirs se dessiner sur ses joues, son mascara coulant au rythme de ses larmes.

    Que dire d’autres …nous avons donné, plein d'énergie, de voix, j’ai senti la mienne aller au-delà de ce que je pensais faire, monter très haut, sous le silence du public qui retenait les applaudissements, laissant ensuite échapper de ses mains, un merci frissonnants.

    Je me suis sentie très proche de Carla, très très proche, quelque chose nous a unit, une aventure humaine difficile à décrire, une grande complicité, quelque chose de scellé..

    Toutes deux sans le vouloir et avec réticence, nous sommes retrouvées au premier rang, au devant véritablement, pas le droit à l’erreur, nous nous sommes fait confiance, ayant bien sourit des railleries et rit des commentaires forts drôles et sympathiques de nos amies qui ne voyaient aucune rivalité, juste de précieux encouragements, nous disant que nous avions notre place ici.

    Il va me falloir du temps pour digérer, m’autoriser à pleurer de bonheur, réaliser à quel point cette vie nous offre des cadeaux extraordinaires ; combien je suis habitée par une énergie débordante, ayant dormi que 5 h depuis deux nuits.

    J’aurais aimé avoir plus de temps pour remercier ceux qui étaient là

    J’ai retrouvé Maria et Céline, Jérôme était là avec sa sœur, les enfants tout fiers de voir leur maman en première ligne. Merci Coralie et Basile pour votre présence chaleureuse.

    Notre maire était au premier rang lui aussi, nous avons échangé des regards et des sourires de complicité.

    Je rédigerai plus tard un billet, ce spectacle là doit rester bien gravé dans ma tête puisque nous le redonnerons au moins 8 fois cet hiver.

    Merci à tous pour vos encouragements..

    Jeanne sera un peu redescendue demain de son nuage pour avoir le plaisir de lire et commenter avec délices ses blogs favoris.

     

     

  • Pot de départ 2

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    Je l’avais prédit, je pensais bien y retourner

    Je reçois donc une invitation personnelle pour un pot de départ en retraite  , toujours au même endroit à l’Hôtel de Ville

    Je m’y rends en soirée, grimpe les marches et  contrôle les plaques indiquant les bureaux des élus. Plus de plaques, des traces de patafix..

    Avec leur conscience je me dis que nos élus ont sans doute fait le choix de changer les plaques en laiton contre du bois exotique acheté au commerce équitable ( enfin, pas sûr  les caisses sont vides !)

    L’élue fait un discours, elle n’est pas à l’aise du tout, c’est son deuxième pot de départ.

    Je retrouve Maria et Lilly, nous causons un peu, je fais le tour de la salle, bises aux anciennes collègues et je fais mon petit business :

    Je rapporte des cadres achetés par un copine , je passe une commande de tourterelles à une autre, je prends des nouvelles des unes des autres et j’en profite pour organiser le petit cadeau que nous offrirons à Marie Camille pour une soirée d’invitation.

    L’heure tourne, je suis pressée, mon verre de Martini à la main, toujours pas de bulles…

    j’offre des bijoux aux retraitées et je salue l’élue.

    Nous échangeons quelques mots, je continue malgré la victoire à lui faire par de mes idées, mes préoccupations, elle me demande de passer la voir.

    Je dois partir, Maria m’accompagne, elle porte du vert, comme moi ce soir là

    Sur le perron de l’Hôtel de Ville, nous voilà nez à nez avec le Maire et son premier adjoint

    «  Salut, les filles, vous êtes assorties ! « 

    -         « Vous aussi, ! « 

    Tous deux sont bien élégants, costume cravate, bien évidemment .

      Bisous, c’est comme ça, dans cette famille politique tout le monde s’embrasse, on est copains, c’est formidable !

    Les choses ont changé, depuis mars, un souffle nouveau sur notre ville, que se passera t il vraiment, après la victoire, il faut garder espoir .

    Le maire est pressé, moi aussi, je me rends au gala de danse d’Ellen à la Salle Polyvalente.

    Vers 20h30, je le  retrouve notre maire au premières loges .

    Rose me dit «  regarde Maman, il y a le Président de la république ! »

    Je vais devoir donner quelques rudiments à ma fille, un trombinoscope simplifié avec les photos en dessous, cela  devrait suffire.

     Pour l’instant.

     
  • Le dentiste plaintif

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    J’étais arrivée depuis quelques semaines dans notre ville, me voilà prise d’une horrible rage de dents

    J’appelle les  dentistes nommés dans l’annuaire, et à la question «  êtes vous déjà patiente de monsieur.. ? » je m’entendais dire «  non-madame, on  prend plus de nouveaux  patients « 

    Une femme décroche  et me dit «  venez tout de suite, on ne laisse pas souffrir les gens « 

    Soulagée, je m’y rends, je la remercie de tout cœur, et le dentiste me soigne sans douleur.

    J’y retourne plusieurs fois, je sympathise avec l’assistante dont la fille souhaitait  devenir  éducatrice  de jeunes enfants.je la prend comme baby sitter, une fille adorable.

     

    Je suis restée fidèle à ce dentiste, c’est un brave homme, un bon bougre, gentil, souriant  mais il m’énerve !

          -d’abord il prend plein de rendez-vous, donc je poirote une heure dans la salle d’attente

     -il se plaint sans arrêt.

    Il a ses raisons, il n’a pas une vie facile, il ne peut pas  aller à St Malo toutes les semaines, à cause du temps et  profiter de son bateau.

    Ses dernières vacances, il est rentré épuisé, deux semaines dans une villa chez des amis à Ibiza, puis un passage sur la côté d’Azur «  c’est trop » m’a t’il dit, « je suis crevé ! » à son retour en septembre .

      Installée sur le siège, je lui demande s’il prenait ses vacances en août« Oui, deux semaines en juillet et en août, j’en ai besoin. Je ne vous ai pas raconté, je me suis cassé l’épaule, bêtement au ski, oh je n’ai pas voulu vous le dire la dernière fois, je n’en peux plus « 

    Sous le son de Radio Classique, bercée par le bruit des machines, il raconte, en détails les démarches, les soins, qu’il a consulté les plus grands spécialistes, oui il connaît le milieu, il a ses entrées, 10 ans de rugby (4 fois ), c’est bête, bla, bla, il a pris du poids …bla bla..

    Je décroche, je suis hors service , je n’écoute plus, ça ne m’intéresse pas, j’ai d’autres préoccupations, je hoche la tête, je crache dans le petit lavabo, il continue," ils veulent m'opérer, je sais pas trop..."  bouche grande ouverte, je suis ailleurs.

    Voilà, c’est fini, il clos le monologue en rappelant que ses enfants faisaient une brillante carrière d’ingénieur.

    Je reprends un autre RDV, en juillet, je reste fidèle, il ne fait jamais mal, c’est quand même essentiel, mais je me demande dans quel monde il vit ?

    Pas le mien, pas celui non plus de la France  d’en bas..

    Il m’a dit que sa retraite sera dure, il devra  travailler longtemps, et puis il n'a même pas le temps de manifester, contre les retraites, le pouvoir d’achat, bla bla bla.

       C’est tout pour aujourd’hui …j’ouvre la porte de l’ascenseur, il a fait un détartrage ,c’est agréable .

  • Morphologie disgracieuse

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    Il faut avouer  que le  résultat est plutôt concluant :

    depuis quelques années, je combats d’arrache pied le vieillissement, et ça marche, mes rides s’estompent, une vraie peau de bébé, il paraît que je rajeunis.

      Demeure un problème cependant auquel je ne pourrai jamais remédier : je suis mal foutue.Je ne suis pas totalement bancale, difforme, de travers, mais je n’ai pas de taille ou très peu.Entre le bas de ma poitrine et ma taille, il y a..15 cm, approximativemant, je n’ai  pas mesuré.C’est héréditaire, je n’y peux rien, il me manque un  bout de corps.

    Ma mère est pareille, ses sœurs aussi, le plus jeune en plus est petite alors, ça n’arrange rien ; dès l’âge de douze ans, nous avions la fierté de la dépasser.

    Ah oui parce qu’heureusement j’ai des grandes jambes, enfin..

    Lorsque  je suis au volant, on ne me voit pas, pas de conducteur, une voiture fantôme.

    Les jupes ne me vont pas, inutile d’insister,  je dois m’adapter à cette morphologie, les tailles basses sont à bannir, les ceintures sont  grotesques.

    Avec le recul, je me dis qu’il aurait fallu poser des anneaux autour de ma taille vers l’âge de 10 ans, comme les femmes girafes, j’aurais eu le corps de Nicole Kidman.

    On aurait pu aussi  me poser un corset qui aurait été resserré un petit peu chaque jour, j’aurais fini par l’élection de Miss  Bricquebec .

    Enfant, j’avais déjà un appareil dentaire, l’horreur, une torture, alors envisager également une extension du corps, aurait  était coûteux et pas remboursé par la Sécu.

     Certes je vous entends, « Jeanne, ta beauté est intérieure, il n’y a pas que ça qui compte, «  oui, oui mais quand même, cette malformation ne me met pas en valeur, je vous assure.

    Le maillot de bain deux pièces, je peux pas, le maillot de bain une pièce non plus, je déteste la piscine, alors au fond, je vis bien ;

    Heureusement je trouve des vêtements adaptés, des tuniques, des hauts sympathiques que j’associe à mes bijoux

    Enfin pas tous, les colliers, je ne peux pas ; parce qu’en plus, je n’ai pas de cou …

      Il aurait fallu poser des anneaux, comme les femmes girafes.