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  • Tentative d'évasion

    Elles ont commencé à grignoter le bord de la cage, puis un peu plus ;

    Avant que la tranchée ne progresse, j’ai mis la cage contre le mur, puis une planche de bois.

    Elles ont grignoté la planche, puis de nouveau la cage, et maintenant elles attaquent le mur !

    Il faut qu’elle arrêtent de regarder » prison break «

    Mikeline et Churchill, mes deux chinchillas, sont tout de même un peu comme dirait Carl, raplapla du ciboulot.

    Autrement elles auraient attaqué l’autre côté de la cage..

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    Grosse frayeur il y a deux jours :

    Mimie la vedette court comme un fou (hou, hou, hou mais tu t’en fous )

    Et Mark le voit cracher, saliver.

    SOS, vite madame Spa de la Mayenne, (c’est Louise qui m’avait appelée comme ça ), réussit à l’attraper et je devine qu’il avait coincé un os de poulet dans sa gorge.

    Je l’attrape et hop, miracle, il crache l’objet du drame et retrouve toute sa grâce

    « Jeanne, voyons, tu devrais savoir qu’un chat ne doit manger que des croquettes «  Dixit les vétérinaires

    D’accord, mais je vous rappelle que c’est la crise, et que si jamais le fabriquant de croquettes dépose son bilan, hors de question pour moi de les faire moi-même.

    J’oblige donc mes chats à s’adapter et à survivre au cas ou le pire arriverai

    Donc, ils mangent les restes.

     

    Ils survivent comment les chats errants ?

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    Les chinchillas ont une espérance de vie de 25 ans, j’aurai combien de tranchées à reboucher ?

     

  • Robert et Sonia

    Connaissez-vous Robert et Sonia ?

    Les Delaunay, un couple de peintre du siècle dernier

    Inspiré par le cubisme, les Delaunay créèrent un nouveau style pictural, dans les années 20, absolument modernes, tant dans leurs tableaux, les croquis de mode et la décoration .

    Ils étaient amis avec les Pompidou, pour les plus jeunes, Pompidou fut Président de la république  avant Giscard ;

    Les Pompidou, grands amateurs d’art, ont collectionné des œuvres fabuleuses ( au passage Claude Pompidou est d’origine mayennaise )

    Et à ce jour je me demande pourquoi je n’ai pas épousé leur petit-fils .

     

    Mais j’ai épousé un artiste, croyez-moi :

     

    Un jour, j’ai trouvé une affiche avec des reproductions de divers dessins de Sonia Delaunay,

    J’ai eu alors un flash :

    Ce sera le thème de notre cabinet toilette, carrelage marron affreux à l’époque , tout était à refaire .

    Alors j’ai encadré les croquis, voilà :

     

     

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    Et nous avons acheté du carrelage blanc, et des carrés de couleur .

    Et avec une minutie et une patience dingue, Jérôme a créé ces  mosaïques

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     C’est tout simplement splendide, un lieu unique, que la foule s’empresse depuis  quelques années.. à visiter .

     

    Je ne peux malheureusement pas photographier la vue d’ensemble, mais  ça vaut le détour .

    Et indémodable ..

    T’as raison Risette, je vis dans un musée, mais sans Jérôme, je ne  pourrais jamais mettre les idées en œuvre

    A venir, dans un temps très lointain, un portail art déco, à la manière de Gaudi..

  • Tignasses , mèches et vilains noeuds

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    J’ai  deux filles, une grande et une petite .

    Toutes deux, ont des cheveux, la grande est brune, la petite est blonde .

     

    Je n’aime pas coiffer mes filles, c’est pas mon truc, je vois parfois des fillettes avec des nattes parfaites, des petites coupes impeccables, j’ai essayé, la tenue de la barrette ,ou pire le chouchou ou serre tête est de deux heures grand maximum .

    Au-delà, c’est fini, exit les barrettes, les flonflons, je crois qu’elles n’aiment pas ça .

    J’ai opté pour un carré plongeant pour Rose, elle est mignonne , je coupe moi-même la frange de temps en temps, et c’est bien comme ça .

     

    Ellen a une chevelure à faire verdir les midinettes et starlettes de la planète .

     

    De longs cheveux souples et épais, de belles boucles, quasi-impossible à attacher vu la lourdeur, ça fait toute sa personnalité, son charme, elle est de plus en plus belle, et avec son look de baba cool du haut de ses 15ans, elle ne passe pas  inaperçue .

    Cela dit, elle a tout de même du mal à peigner soigneusement les belles mèches dans son cou et il n’est pas rare de voir s’y installer un gros nœud qui en dépit du démêlant, mousse et peigne adapté est capable de persister durant trois jours, ou plus …

     

    D’ailleurs, depuis quelques jours Ellen est amoureuse

    Oh elle ne me le cache pas, elle rejoint presque tous les soirs, l’homme, et je l’entends éclater de rire, rire comme une folle

     

    Jeanne, tu la laisse faire, à 15 ans ?

    Elle a insisté pour que je que me joigne à eux

     

    C’est ce que j’ai fait, avec elle, bien calée sous la couette, j’ai regardé, écouté son amoureux

    Quel talent, quel artiste, quel comique, jamais vulgaire, drôlissime, tendre, une vitalité extraordinaire, un sens inouï de la caricature, sans méchanceté, musicien, chanteur ..

    Je suis restée avec eux, j’étais écroulée de rire, j’aurais aimé que ça dure deux heures de plus .

    Jérôme nous a rejoins aussi, il riait de bon cœur

    Ellen est partageuse, alors si vous ne l’avez pas encore fait, jetez-vous sur le DVD du dernier spectacle de Gad Elmaleh, « papa est en haut « 

     

     Il est..

    J’ai tout dit .

  • Maîtres , chefs et patrons

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    Durant des années, j’ai vécu dans la crainte  de l’autorité .

    A commencer par la maîtresse d’école, qui souriait une à deux fois dans l’année, le reste du temps, madame pète sec enseignait la lecture et le calcul avec passion, mais elle détestait les enfants, alors j’en avais peur .

    Son mari pris le relais, l’instituteur plutôt moderne pour l’époque, un peu moqueur, mais qui enseignait avec diversité et rigueur .

    Cependant  je craignais les punitions , d’arriver en retard, de transgresser les règles .

    Au collège, ce fut l’enfer ;

    Les profs nous tétanisaient, les pions nous humiliaient,  je vivais dans la terreur, craignant un principal très violent, un chauffeur de car fou furieux.

    L’autorité était omniprésente, je vivais dans la soumission totale, la peur, le stress .

    Au lycée, ce fut un changement radical, des relations cordiales avec les corps enseignant, et inexistantes avec le proviseur, je me demande même s’il y en avait un .

    Etudiante, mes formateurs totalement respectueux de leurs étudiants, savaient se faire respecter et transmettre leur passion .

     

    Puis l’arrivée dans le monde du travail, ce fut le choc, un vrai retour en arrière

    Je fus victime durant 4 années d’un conseiller pédagogique qui me harcelait moralement, j’étais à nouveau brisée, vulnérable, rabaissée par une odieuse directrice d’école en mal de maternité .

    Je retournais sur le chemin de l’école, enseignante, la peur au ventre

    Je décidais alors de tourner le dos à cette institution, et je décrochais un travail dans une crèche parentale, où j’étais un peu, mon propre chef, par la force des choses

    Les années passèrent,  d’autres recrutements, d’autres boulots et des rapports ambigus avec une directrice, qui était sans doute fascinée par mon personnage .

    La peur du chef, de l’autorité s’estompa, et fini par disparaître totalement .

    Je n’ai plus peur, jamais, de rien, de personne, jamais impressionnée la Jeanne, je peux passer près d’un barrage de police, je m’en fous, si y’a un problème, je vais m’en expliquer .

    Toutefois, j’admets la chance inouïe que j’ai ,de n’avoir aucune pression hiérarchique, pas de compte à rendre, pas de délais, pas de concurrence .

    Je suis jugée par mon public, par bilan individuel, et comme mon baratin les captive, les retours sont positifs .

     

    Mark est sensible à l’autorité, il a vite la peur au ventre, j’aimerais que comme moi, il trouve ses propres armes, sa capacité surtout à entrer en relation, sainement, capter le regard, sourire, être indulgent.

     

    Il m’aura fallu tant d’années, par quel miracle j'ai pu  relever la tête, peut être parce que l’un de ces chefs est tombé dingue de moi, peut être, par l’amour..

    J'ai tout de même épousé un chef .

  • Un autre monde

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    Cet été là, il fallait détendre les enfants, et leur offrir à eux aussi, leur boom, leur soirée.

    Ils braillaient les « démons de minuit «  à longueur de journée, le tube de cet été 86 .

    Le soir venu, nous installons des spots de fortune dans ce château délabré, un bar avec du sirop, pas riche la colo, et les filles toutes folles passaient à la séance maquillage, les garçons passaient du gel dans leurs cheveux, beaucoup d’entre eux avaient une petite mèche à la nuque , c’était déjà un peu ringard, très populo ,ils portaient aussi une chemisette Hawaï et des shorts de footballeurs vert pétant , souvent beaucoup trop grands .

    J’aimais voir les enfants heureux, on avait plein d’énergie à leur donner

    Je n’aimais pas les animatrices, je les fuyais, je les trouvais démago, un peu pétasses.

    Je passais mes journées avec les animateurs, j’adorais leur compagnie, leurs rires, ils m’adulaient.

     Brutalement, une intro, un rythme, et nous voilà partis, comme des fous à danser, nos corps étaient électriques, on sautait, on se cognait les uns aux autres, les enfants virevoltaient autour de nous

    Antoine était comme fou, le rire explosant, Jean Philippe se lassait aller, et moi, je sortais enfin de ma carapace, j’immortalisais l’instant, c’était du pur bonheur, je n’attendais aucun baiser, pas de slow langoureux, rien, rien d’autre qu’un amusement excessif.

     Je rêvais réalité, ma réalité …m’alité..

     C’était l ‘époque de l’inconscience, le temps des non procéduriers, d’Indochine et de Madonna

    nous n’avions aucune crainte, aucune peur, nous vivions pacifiquement, généreusement .

    J’avais vingt ans, mes études étaient finies, j’étais bien, tellement bien là, avec eux

    Tellement bien loin des autres .

     Arnold dansait sur un titre de Dire Straits avec sensualité, ça me rendait dingue quand même..

    Et très vite, nous avons retrouvé notre place, notre rôle, surveillant, traquant les salles gosses, leurs bêtises. ..

     A chaque fois qu’elle entend l’intro, Rose est toute folle, elle aime, elle adore.. et moi, à chaque fois, je revis cet instant, jusqu’au jour de grâce, à un concert où la voix c’était celle de l’artiste, la vraie, j’étais toujours folle..

  • The boxer

    lycee_exterieur_arbres.jpgChloé m’avait invitée à dormir chez elle pour ce grand évènement

    Elle avait toujours cette chaleur là, sa chambre et sa salle de bain située tout en haut de la maison nous donnait une impression de grande liberté .

    Alors on c’était préparées, elle avait passé des heures à refaire son maquillage, moi pas trop, passé 5 jeans avant de trouver le bon, moi, j’avais peu de choix.

     

    Les sorties étaient très rares, 16 ans pourtant, l’éloignement, les kilomètres qui séparaient la toute petite maison de Cherbourg, je n’avais même pas besoin de demander à mon père de venir me chercher, il avait décrété que ce serait « non, «  par principe , ferme et définitif .

     

    Nous étions énervées à l’idée d’aller à cette  boom du lycée, on espérait de nouvelles rencontres, des beaux gosses, des baisers..

    Chloé m’avait emmenée à l’arrière de sa 50 .

    Le foyer était exigu

    Il était quasi impossible de se frayer un chemin, on se poussait pour avancer, la fumée de cigarette rendait l’air irrespirable, on avait l’habitude.

    Les choix de musique étaient les nôtres , celles que l’on écoutait en boucle , Mike Oldfield , Barclay James Harvest , Lynyrd Skynyrd, Crosby Still et Nash …

     

    C’était un lycée de baba cool, de penseurs que la vie valait le coup d’être bien vécue, j’adorais ces gens, jamais de violence, jamais de coups, rien que de la glandouille, de la musique..

     

    Nous dansions serrés les uns contre les autres, impossible de bouger, nos corps oscillaient au rythme de la musique, il faisait si chaud qu’il fallait s’aérer souvent, dans la cour.

    Deux voix, deux voix soudain ont envahi ma tête, comment peut on chanter comme ça ?

    Trop vite fini, il me fallait réécouter ça, très vite, c’est qui ? C’est quoi, je voulais vite m’isoler dans un coin, seule, ou avec d’autres et recommencer, écouter cette chanson.

     Il ne se passa rien, rien d’exaltant durant cette boom, juste une vague confirmation qu’enfin, les pires années étaient derrières, qu’un léger vent de liberté commençait à souffler

    Qu’il me fallait du temps pour dompter ce vilain corps qui me retenait bien enfermée .

    C’était juste un début, un bon début..