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  • Ne soyez pas jalouses

    Janvier est bien entamé, les vœux ont été souhaités, resouhaités, à la date d’aujourd’hui, c’est décidé, j’arrête, terminé la « bonne année « 

     

    J’ai reçu quelques SMS, beaucoup de mails, originaux, avec des photos, des trucs personnels..

    Plein de diaporamas sympathiques avec des paysages, des musiques romantiques, des trucs qui clignotent de partout que je m’empresse à renvoyer à Jeremy parce qu’il en raffole.

    Et des messages, gentils, délicats, intentionnés  mais j’en retiendrai tout de même, à faire pâlir la terre entière, particulièrement Cigale.

    Celui là :

     

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     Le facteur a été généreux, j’ai reçu des cartes de vœux.

     Celle ci au départ, j’ai cru que c’était les Verts qui me présentaient leurs vœux.

    Mais non, elle venait de mon ami Anatole

    Voyez-vous ça

    Et devenez à qui j’ai pensé ?

     

     

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  • Familles , je vous aime

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    « Oh Jeanne, elle n'est pas très famille.. « 

    Quoi je ne suis pas famille, je ne suis pas dans le fantasme de la famille

    «  on fait des jeux en famille,

    on a fait un grand repas familial,

    on a pu réunir toute la famille

    Toute la famille sera là pour Noël..

    Des week end en famille 

    La grande journée de la famille …  »

     

    Franchement toutes ces obligations me font sourire, d’autant plus qu’elle sont souvent assaisonnées de rancœur et d’hypocrisie.

    Pour couronner ma réputation, j’avais fait le choix de ne pas inviter mes oncles et tantes à notre mariage, pensez bien que ça me vaut encore aujourd’hui des petites rancunes.

    Ce n’est pas pour autant que je fuis les rencontres familiales, j’y assiste et en général je m’y investis beaucoup.

     

    J’ai la chance inouïe d’avoir ma famille, mon homme, mon Jérôme que j’aime et nos trois fabuleux trésors, rivés à nous, absolument indéboulonnables

    J’ai la chance inouïe, d’avoir encore toute ma famille, mon père, en pleine forme, ma mère toujours si aimante quand elle  déclare au réveillon, que si un de ses  petits enfants avait un bébé, elle le garderai pour libérer ses parents, et ses grands-parents, quelle énergie, je trouve ça merveilleux, mon frère, ma sœur, ses racines qui sont les miennes, les nôtres.

    Je n’ai plus de grands-parents depuis quelques années déjà

     

    J’ai la chance inouïe d’appartenir à une famille politique, avec des hauts et des bas, j’y ai croisé, y croise toujours des gens engagés et utopistes, partageant des idéaux parfois peu réalistes, mais sans entrer dans les détails, j’ai la chance d’appartenir à cette famille là

     

    J’ai la chance inouïe d’avoir une famille de chœur

    J’y croise  des gens passionnés, animés par une flamme, une énergie, une envie de transmettre pour le plaisir, le pur plaisir d’échanger quelque chose … des hommes et des femmes chaleureux, disponibles, drôles et fêtards.

     

    Parfois dans les fêtes de famille, les deux familles se croisent, ce n’est pas toujours un cocktail parfaitement réussi, personnellement, je ne m’y risque pas trop.

     

    L’autre soir, aux vœux du maire, deux familles se sont croisées

    Jeanne, militante et chanteuse, venant là plus pour la détente que pour les débats, il y a un temps pour tout, lever son verre, rire et causer et puis convaincre, il y a des jours où je manque de motivation..

     

    Je ne suis pas orpheline, j’ai tissé au fil des années, croisé et recroisé des gens qui m’entourent, je trouve de l’amour et de l’attention partout ou je passe

     

    C’est ça une famille, il y a des familles, bien plus que l’on ne vous le fait croire …

     

    Ne comptez pas cependant sur moi, pour poser, au milieu de tous, je n’aime pas trop les photos de famille.

     

     

     

     

  • Des histoires à pleurer

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    Comme beaucoup d’enfants je regardais la télévision, les feuilletons surtout, et un peu les dessins animés.

    Mon  préféré, et je m’en souviens encore, à l’époque où la télévision était posée sur le réfrigérateur dans notre maison de bric et de broc, c’était Belle et Sébastien

    Un pauvre enfant, perd sa mère dans une avalanche et est recueilli par un vieux berger, César et sa jolie chienne, Belle.

    C’était en noir et blanc, le petit était incarné par Mehdi, avec son air boudoir et ses yeux pétillants, il faisait craquer la France entière.

     

    Plus tard, la suite fut diffusée,  Sébastien parmi les hommes  , ça me faisait pleurer, le pauvre Sébastien se retrouvant déchiré de sa famille d’accueil, pour partir vivre avec son père, un homme froid et amoureux en douce de la belle Sylvia, plus attiré par les cheveux que par son fils

    Je l’ai vu plusieurs  fois, je ne ratais aucun épisode, j’avais même lu le livre de Cécile Aubry.

    Autre série qui me fascinait c’était l’autobus à l'impériale ;

    Des enfants vivaient sans parents dans un autobus.

     Il y avait, un gros un peu bêta, un noir, une fille sympa, une petite protégée e, un intello, bref le cliché des gamins de groupe

    J’aimais beaucoup regarder ça, c’était drôle et tonique

     

    Plus tard, j’eux un vrai coup de foudre pour l’œuvre de Luigi Comencini , Les aventures de Pinocchio

    C’était épouvantable, très moralisateur, le pauvre enfant qui n’avait plus de mère, errait en quête d’hédonisme, de nouvelles conquêtes, désobéissant à son pauvre Gepetto .

    Il se transformait en pantin de bois ,extrème punition,

    La fée aux cheveux bleus venait à son secours (la belle Gina n’avait paraît il à peine lu le scénario) elle était hautaine et déroutante  .

    « les enfants qui désobéissent finissent en prison ou à l’hôpital « disait l’instituteur haustère et sans pitié .

    Je m’empreignais de ces histoires tristes, elles m’angoissaient, percutaient les bas fonds  de mon inconscient

    Parce que tous ces héros avaient un point commun, ils étaient orphelins, la pire angoisse pour moi, perdre ma mère, devoir vivre ailleurs .

     

    Ellen fut passionnée par Harry Potter et vers 12 ans, se plongea avec une passion démesurée dans les aventures des  orphelins Baudelaire

    Elle relit les tomes régulièrement, semble elle-même particulièrement imbibée d’histoires d’enfants sans parents.

    Ces histoires  ont toujours existé dans les contes traditionnels, repris plus tard dans les chefs d’œuvres de  Disney.

    Chaque enfant gère ses propres émotions, ses propres peurs, j’ai longtemps regardé des films tristes au cinéma, c’est fini.

    Pourtant je ne suis toujours pas prête à devenir orpheline, mais j’ai construit ma base, mon camp.

     

    Rose se blottit dans mes bras en disant «  je veux ma mère « 

  • La promenade scolaire

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    Tous les ans en juin ,à l’école primaire nous allions en promenade scolaire .

    Les circuits n’étaient pas très diversifiés, le premier : Dinan, St Malo et avec visite du barrage de la Rance ( ça ne m’intéressait pas du tout, je n’aime pas ce genre d’endroits, je n’en voyais aucunement l’utilité  ) et après midi au Mont st Michel.

    Deuxième circuit, la cathédrale de Coutances et le jardin des plantes, et les fonderies de Villedieu les Poêles, bourgade sans intérêt où j’ai enseigné durant un an plus tard .

    Ma mère nous tricotait des gilets qu’elle finissait au dernier moment, elle nous préparait un pique nique avec du cochon, (le mot porc est arrivé beaucoup plus tard dans mon vocabulaire ) des chips grasses, et en dessert, je ne sais plus ..

    Elle nous donnait un peu d’argent pour acheter un souvenir .

     

    Monsieur et madame Doisneau nous accompagnaient, deux classes, pas de parents, surtout pas, une trentaine de gamins dans le car à gérer, ce n’est pas un problème pour eux , instituteurs parfaitement expérimentés .

    Pas de glacière pour les pique nique, hop tout en vrac dans la soute du car, la chaîne du froid n’était pas à la mode à cette époque .

     

    Ce jour là, alors que la bonne humeur régnait dans le car, nous faisons une halte à Villedieu .

    Un gamin crie «  hé monsieur, Marina et Josette, elles sont pas là !!! « 

    Ah ! Panique, on a roulé 35 kms et il en manquait deux !

    (Avec le recul je trouve ça extraordinaire, ils ne nous comptaient pas )

     

    Ni une ni deux, le car rebrousse chemin, et nous voilà repartis à Coutances .

    Par quelle opération du st esprit, on a retrouvé les deux gamines bien délurées qui s’étaient offertes une petite promenade au parc.

    Sans réfléchir Madame Doisneau colla deux belles gifles à Marina et Josette et le maître sermonna les deux écervelées .

    Et le car reprit tranquillement le chemin en direction de Villedieu

     

    Aucun parent ne broncha, les maîtres avaient sans aucun problème assuré la sortie, deux pertes mais vite retrouvées .

    C’était l’époque où les procédures étaient hors de pensée des parents, l’époque où les enseignants avaient toujours raison

     

    J’ai acheté ce jour là comme d’habitude, une poupée de collection.

  • Vous n'allez pas me croire

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    Depuis quelques jours, je n’en reviens pas moi-même, je pratique une activité révolutionnaire, inédite, absolument insolite, je fais tous les matins, toute seule, chez moi, de la gym.

    Oui vous avez bien lu, des exercices, particulièrement adaptés mon corps afin de me maintenir en vie, forme.

     

    Pas possible, toi Jeanne, mais tu n’en as jamais fait de ta vie, tu es folle ?

    Non, véridique, je me suis dit Jeanne, il est temps que tu penses à toi

    Ça m’énerve les filles qui disent « il est temps que je prenne soin de moi, que j’écoute mon corps, que je m’épanouisse « .

     

    Alors, je ne le fais pas pour moi, mais  surtout pour les autres

     

    -         d’abord pour Jérôme qui va frôler l’évanouissement quand je vais rentrer dans un jeans taille 38

    -         Pour les enfants, pas envie que dans quelques temps, leur mère ne sache plus faire un lacet, reste coincée parce qu’elle aura porté un truc un peu lourd, tout bêtement Rose qui a encore l’art de se faire porter pour un gros câlin

    -         Pour mes stagiaires, qu’elles se disent, « whaou, quel dynamisme, quel entrain, elle ne s’assoit pas de la journée, elle n’est jamais fatiguée, quel âge elle peut avoir ? elle a peut être eu recours à la chirurgie plastique pour avoir un tel corps de rêve, en tout cas c’est bien fait « 

     

    Entre nous il m’arrive de marquer un temps d’arrêt quand certaines d’entre elles plus jeunes que moi, a un physique plus proche de 55 ans

     

    -         Pour mon public, parce que quand je fais ma pétasse avec Carla sur Grease, en me déhanchant et en faisant des yeux langoureux à mon tenor ( lequel ? Toujours le même, je suis fidèle ) je veux conserver une plastique impeccable, pas de lombago, pas de sciatique sur scène, non Jeanne, chanteuse et danseuse moderne, parfaite coordination chorégraphique, je danse sans regarder mes pieds et je me préserve pour ne pas devenir une vieille soprano totalement arythmique.

     

     Bon assez plaisanté, je fais cet effort là, pas par pur altruisme, mais pour combattre comme je peux les années qui passent, camouflant mes cheveux blancs, estompant les traces que l’on appelle rides, et surtout, pouvoir continuer à danser, sauter, porter mes compagnons de route, mes jeans, ne pas ressembler à un culbuto dans quelques temps

     Et quand je vois Maggie qui toutes les semaines va transpirer pour garder la forme, et bien elle me fait envie, envie tout bêtement d’assumer les années, mais pas me résilier …

  • L'écorché vif

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    De tous temps, des expressions fleurissent dans le langage commun, et dans la presse.

    Des mots, assemblés, dits et redits, par habitude, sans même qu’on en comprenne le sens, abusivement parfois, ils arrivent et repartent sans crier gare

    « y’a pas de souci « 

    on n'aurait jamais dit, il y a vingt ans

    Ce n’est pas grave, mais néanmoins, il y en a une qui m’agace, m’exaspère de plus en plus :

    « C’est un écorché vif « 

     

    Ah bon, écorché, il n’a plus de peau, rien, que des viscères, des os, sans anesthésie, macabre..

    Cette expression, à prendre au sens figuré, est utilisée pour décrire, un être, un peu rebelle, mal dans sa peau, un peu grande gueule.

    Il est bon de la reprendre, quand un acteur, chanteur, parfois fils de , (on peut cumuler les mandats ) qui a eu des démêlés souvent avec la justice, opte pour une vie, sans contrainte parfois, disons ne rentre pas dans le moule, mais il est talentueux, il prend des risques pour sa carrière.

     

    Chacun ses problèmes, ça m’agace, je trouve que ces gens, sont portés aux nues, on leur donne un rôle de bad boy, toutes les excuses de la terre..

    Samy Nacery vient d’être à nouveau  arrêté pour avoir poignardé un homme

    Ah mais c’est un grand acteur, un écorché vif !

    Bouclez le, qu’on en parle plus !

    L’écorché vif, est parfois poète, incompris, Richard Borhinger, ou Philippe Léotard

    Il y a eu de tout temps des artistes maudits, limites béatifiée, à leur mort

    L’exemple le plus récent Guillaume Depardieu.

    Je peux citer en exemple un candidat, belle gueule, dénué de talent, qui se persuade qu’il sera la nouvelle star de l’Académie et qui balance des insultes à ses colocataires, incapable de faire preuve d’un peu d’humilité, souvent misanthrope et capricieux.

    C’est un écorché vif.

     

    J’ai en mémoire Patrick Dewaere, même si j’ai aimé quelques films, quand je revois « les valseuses «  , je ressens comme un malaise

     

    Heureusement, il y a des écorchés vifs qui finissent par se ranger, Johnny Deep en est un bel exemple.

     

    Parfois ne serait il pas plus simple de remplacer ce terme, par

    Enfant gâté,

    Délinquant, hors la loi,

    Asocial …

    Je n’attaque personne, mais vraiment, arrêtons parfois de leur trouver mille excuses.

     

    Par curiosité, tapez sur gougueule, les mots personnage mythique et vous arrivez vite chez Jeanne, d’ailleurs, c’est toujours le principal mot clé, avec « boite à hein « 

     

    Si je reparle de ça, c’est parce que j’ai lu, que 2009, sera l’année Bashung, et je ne résiste pas à vous livrer ce texte trouvé dans Libé

    "Entre dernier coup d’archet de Roy Orbison et Baby Blue, «Bleu Pétrole» moiré comme un ver de Baudelaire («O mort vieux capitaine…» ou «Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir »?), la tournée de cancer de Bashung est le geste rock lacanien 2008-2009. Depuis un an, ce memento mori scénique visite la France profonde en cortège clinique sublime, «baquet de Mesmer» de nos temps branchés saisis au vif. Les gens vont voir Bashung chapeau bas, déplumé en beauté tel un Nosferatu doux, et en reviennent irradiés - à renvoyer une Ségolène au rayon postiches.

    Chaque soir, chaque note, chaque mot et geste du rocker épuré recueille et réinvente la vie en vapeur d’«essence», déjouant la mort en chantant. Volontaire,Malaxe, le Chat («…veut mourir en beauté»), Volutes… Le poumon qui mord est le souffle qui passe, dispensant nuit après nuit le fluide de la transfiguration en œuvre, le salut. Bashung «Force tranquille du rock français» selon son surnom, plus que jamais : on veille sur lui, il veille sur nous"

    J’ai relu, je n’ai rien compris !

     

    Sinon, y’a pas des écorchées vives ?