
Ce mardi soir, j’étais un peu en retard, disons à l’heure, pas en avance …
Le gars du sud me tend les bras, sourire grandiose
Il est de retour du Japon, un peu déconnecté, heureux d’être là
J’échange quelques mots avec lui, avec son accent chantant et son visage radieux, il a quelque chose d’un acteur des années 50
Il me dit toujours qu’il regrette le manque de temps pour parler, me raconte un peu de sa vie, s’intéresse à la mienne
Je me dirige vers les filles
« Jeanne on t’a gardé une place » me lance Carla
C’est gentil ça, je leur fait une bise, Bérénice est installée avec Eléonore, elle me tend un sachet de chocolats pour un service rendu
Je suis encore très gâtée ces jours vous n’imaginez pas ..
Trop tôt pour m’assoir, je vais voir un tout petit bébé, le bonheur qui transparait sur Anne Laure sa maman me traverse le cœur
Jérémy vient me trouver, bisous, je lui que je ne resterais pas après, que je vais partir dès que ce sera fini, et lui « j’te crois pas, t’as pas capable «
il rigole
Il dit que je suis très bavarde …
C’est vrai, j’irai bavarder avec Lorenzo resté à la maison
J’ai le temps d’aller faire une bise à mon ténor, Solène a fait le déplacement chez le soprane pour venir me faire un petit coucou
Je retrouve les copines, Théodore est prêt, le piano démarre, c’est parti pour deux heures
Je suis bien, joyeuse, j’aime cette période là, je connais presque tous les titres, je lâche les partitions
Je croise des regards, échange des sourires …
A lecture du billet de Coumarine , je me demande après coup quelle image je reflète dans ce monde extérieur
Je ne doute pas de mes capacités à l’intégrer, sait éperdument que lorsque j’a arrive quelques part je ne passe pas inaperçue, mais je ne me vois pas
Peut être que je ne me tiens pas droite, que je suis bancale, que je fais des grimaces sans m’en rendre compte, que mon manteau est de travers, que mon mascara a coulé (je rigole tout le temps parfois ça me joue des tours)
Je me vois le matin (c’est bref croyez moi) dans le miroir de la salle de bain et après terminé
Je ne regarde plus mon image malgré les nombreux miroirs arrochés aux murs dans la maison
Seuls les autres me voient, perçoivent mon reflet,
Ça n’a pas d’importance, c’est juste troublant de s’en rendre compte
Quelle image ont les autres de Jeanne ?
Juste pour une journée, j’aimerais être à leur place