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  • Poulet et variétés

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    Je fus élevée au poulet fermier, et à Guy Lux

    Mon père avait, a toujours un goût très prononcé pour la bonne viande et la chanson, enfin la variété française.

    Tous les samedi soir, c’était » les variétés », les Carlos, Sheila et Ringo, et compagnie, mais j’aimais bien, les micros qui brillaient, les paillettes, les shows décalés des Carpentier …

    Un jour, au collège, un prof de français, celui qui devint écrivain, prit sa guitare et se mit à chanter, « le moribond » de  Brel, et en étude de texte, nous proposa

    « le plat pays « 

    Inconnu au bataillon l’ami, tout comme Aznavour, et les autres

    Mes parents n’étaient ni soixante huitards, ni St germain des Près, alors ce fut pour moi, un grand plongeon .

     

    Le temps passa, j’errais dans les années 80, comme tout le monde, ces  belles années, dont j’ai déjà parlé, la musique et les espérances..

     

    Puis, une vie de famille et les enfants, et il revint dans ma vie, le grand Jacques

    Non seulement, je l’écoutais, mais j’ai eu, et j’ai encore la chance inouïe de chanter Brel

    Chaque année, un titre dans le répertoire, le plus majestueux, fut forcement « Amsterdam « 

    Je ne peux décrire, ce que j’ai ressenti, à chaque fois, qu’entourée de ma troupe, avec les textes et la musique de cette chanson .

    C’est puissant, vibrant, incroyablement complet, une force, une puissance qui nous emmène, très haut,  l’émotion de la dernière note, sous un silence quasi oppressant du public, l’indescriptible talent de cet homme de nous offrir ça ..

     

    Et puis, il y eu Bruxelles, hilarant Bruxelles, avec des chorégraphies drôlissimes, et un final ou tous, nous nous écroulions sur scène, bien essoufflés d’avoir tenu la cadence et bien évidents sautant de rire sous le poids des autres et éventuels pincements ou chatouillis 

     

    J’ai chanté la Quête, aussi, très belle chanson, et puis Fils de … pas la hauteur, émouvant et « les marquises «  avec un solo de mon ami Paul

     

    Cette année, ce sera « quand on a que l’amour « 

    On prend, vibre de ce qu’il nous reste de lui, 30 ans, toujours bien présent, on parle de lui partout sur les blogs,dans la presse .

     

    Je suis allée voir un récital hommage à Brel , à la salle polyvalente, deux heures de chanson, de poésie, de voix vibrantes, j’ai beaucoup aimé

    Sans Théodore, je n’aurais pas eu ce bonheur de redécouvrir ce grand homme, le grand Jacques..

     

    Aucuns regrets de ne pas avoir reçu cette culture musicale plus jeune, j’aurais peut être rejeté en bloc, et cherché ailleurs

    Je serais peut être devenue fan de Frédéric François …

     

    Fils de … fille de mon père …

    Je crois que mon père aurai aimé écouter Brel …

     

  • La fugue d'autrefois

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    Dans une ruelle située près de l’école, une vieille dame s’approche

    Elle me demande le chemin pour  retourner au foyer Michèle J.

    Elle semble essoufflée, elle a chaud, il fait très chaud, au moins 26 ° .

    Je connais ce foyer, j’y vais avec les enfants de la crèche distribuer du pain aux canards ( rassurez vous entre temps, j’ai changé de travail, sait on jamais, si un canard vorace s’étouffait en avalant un croûton, je risquais les Assises, trop de responsabilités ) mais je suis incapable de lui expliquer comment s’y rendre

    Je ne suis pas un GPS, ne me demandez jamais d’explications pour vous rendre quelque part..

     

    Les enfants sont à l’arrière de le voiture

    Je propose à la dame de l’emmener à sa résidence

    Elle accepte, en chemin elle m’explique qu’elle était sortie de la maison de retraite, qu’elle avait marché, et qu’elle n’arrivait plus à retrouver son chemin

    Quelques mètres avant le portail, elle me demande une faveur

    « pouvez cacher la voiture là, ils ne doivent pas me voir rentrer « 

    Je me gare discrètement

    La vieille dame avait fait une fugue, je ressentais un petit plaisir soudain à être complice de son évasion.

  • chaussettes , feuilles , capucines et compagnie

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    Une grande partie de l’année, je porte une écharpe, de septembre à mai, je n’ai jamais de maux de gorge,pas d’angines , rien .

    J’en ai plein, de toutes les couleurs, l’écharpe, c’est comme un doudou, indispensable et assorties à mes trentaines de paires de boucles d’oreilles, indispensables elles aussi.

    Par contre, je déteste mettre des chaussettes.

    D’abord ça prend du temps, puis il faut les laver, les retrouver , et bien sûr les ranger (j’ai relu ce billet , j’avais eu le premier commentaire de Gwen )

    Et puis c’est pas beau, rien de plus confortable et élégant qu’un pied nu dans des chaussures..

    Mais bientôt, il faut se rendre à l’évidence, il va falloir y passer, remettre ces chaussettes, ou mi bas, tout ce que vous voulez parce qu’il arrive..

    L’autre est sournois, nous fait croire que ce n’est pas fini, mon œil !

    Les feuilles tombent, y’en a partout, partout, va falloir ramasser. C’est long.

    Fort heureusement les capucines explosent dans le jardin, elles débordent dans les massifs, les dahlias me font l’honneur de pouvoir cueillir leurs fleurs, je n’aime pas les dahlias, ça sent mauvais, ça tient pas bien dans les vases, mais j’en ai beaucoup, parce que c’est fleuri jusqu’au gelées

    Les fushias sont encore très beaux, mais ça ne va pas durer, je ramasse un bol de framboises tous les jours,  en  salade de fruits, cakes et tartes.. un plaisir.

    J’ai planté des bulbes de tulipes, il va falloir attendre encore avant de les voir sortir leur nez

    Je n’aime pas l’automne, l’humidité, les balades en forêt, c’est pas pour moi, les pommes à ramasser, non-merci, j’ai donné, l’ouverture de la chasse.. Beuh, ah et puis il va falloir remettre des chaussettes.

    Cette saison est un avertissement, l’hiver arrive, et bien qu’il vienne, et qu’on en parle plus, on fera du feu dans la cheminée et on mangera des raclettes

    Je vous invite à aller faire un tour par  ; il fait des photos incroyables, banals clichés de son monde, il me redonne goût aux décors de l’automne et en plus , il vraiment sympathique et chaleureux .

    Enfin l’automne de la Côte d’Azur surtout, parce qu’ici … c’est frais .

     

    De septembre en novembre, j’aimerais habiter dans le sud, j’aurais peut être pas besoin de chaussettes ?

    Quand je pense qu’il y a des gens qui portent déjà des bottes …

  • Scénario catastrophe

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    « Maman, j’ai mal à tête.. »

    C’est pas grave, Mark, une barre au front, prend un médicament, tu as pris froid au sport.. « 

    ça c’est ce  que je lui réponds, mais dans ma tête, voilà ce qui résonne

     

    « Mon dieu, ah non, pas ça, c’est peut être une tumeur, il devrait être opéré, endurer des mois d’hôpital, ah non, pas ça.. mon fils.. !« 

     

    Et dans ce tourbillon de stress incontrôlé, je navigue sans capitaine, sans secours, ni bouée .

    J’ai une peur inouïe de la maladie grave pour mes enfants.. c’est terrible

    Puis je me ressaisis, oh, arrêtes, tu sais bien qu’il est douillet ton fils..

    Ah oui, ça il est douillet, aucune résistance à la douleur, il se coupe avec du papier, il lui faut un pansement

    Bien sur je ne parle jamais de ça, Jérôme s’est mis un jour en tête que j’étais hypocondriaque..

    Faux, archi-faux, si c’était le cas, je me gaverais de médicaments et consulterais toutes les semaines, je ne suis jamais malade, et les enfants non plus

    Ellen a parfois mal au ventre, avec beaucoup de maturité, elle accepte, se plaint très peu, réagit pour se soulager, là dessus elle est incroyable

    Jérôme est persuadé, que Mark fait de la comédie pour ne pas aller à l’école, peut être, mais bon, pourquoi il ne veut pas aller à l’école..

    J’écoute, je rassure, je consulte s’il le faut, je suis plutôt armée en matière d’automédication..

    Mais ça m’énerve cet excès, ces délires que je me fais.. ;

    Et si j’en parle, on me dira «  toi, Jeanne, c’est pas vrai, ça m’étonne de toi.. « 

    Oui Jeanne, est sure d’elle, toujours joyeuse, jamais stressée, et ben non !!

    Alors je me réfugie dans les bras de mon sauveur, qui donc, et bien George Clooney

    Mais si, il fait quoi mon héros, et bien il est pédiatre Doug Ross, il guérit les enfants en séduisant les mères..

    Pourquoi croyez-vous que je suis accroc à Urgences ?

    Oui je suis mon propre psy, par pur souci d’économies.. et gain de temps, je ne me fais pas attendre dans la salle d’attente..

     

  • Private Joke

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    Lors de la pause déjeuner, vos collègues plaisantent, ils évoquent des souvenirs passés, une ancienne stagiaire, et brutalement, les propos vous semblent totalement incompréhensibles.

    L’un des deux fait une allusion  à sa coiffure, tous éclatent de rire, sauf vous, puisque vous n’étiez pas intégré dans l’entreprise lors du passage de cette personne.

    Vous écoutez sagement en remuant votre salade, souriant pour rester poli, un collègue « attend, faut qu’on te raconte « …

    Il tente desespérement de vous faire part de l’anecdote qui provoque l’hilarité du groupe, en vain, vous ne parvenez pas à rire comme eux, normal, hors contexte, la blague n’a plus l’effet voulu, vous êtes tout bêtement victime d’une Private Joke .

     

    La private joke, anglicisme, qui signifie, blague privée, est omniprésente dans les rapports humains

    Elle  fait référence à une anecdote, une parole, qui retirée de son contexte est totalement incompréhensible, elle exclut systématiquement, celui ou celle qui n’était pas là, elle provoque complicité et connivence entre ceux qui la relancent

     

    Elle peut parfois être piegeante, parce que incluant ou faisant référence à un vécu, elle n’est pas exportable, et réservée à un auditoire restreint

    Les private joke sont répandues dans les bandes de copains qui vivent ensemble des évènements depuis plusieurs années , entre collègues, dans la littérature aussi et bien sur, sur Internet, et particulièrement sur les blogs

    Les billets sont commentés, libre à chacun d’exprimer ce qu’il souhaite, de lire les réactions des autres lecteurs et d’éventuellement commenter les commentaires

    Au fil des mois, complicité, connivence entre les lecteurs, des petites communautés apparaissent, au risque d’exclure les nouveaux, ou tout simplement de les faire rentrer dans des discours parfois décalés ou incompréhensibles

    La private  joke est absolument inévitable, elle demande juste parfois une petite explication, et surtout d’être vigilant à ce que tout à coup, un discours ne devienne pas tellement codé ,et toute personne étrangère à ces allusions, se sentira totalement rejetée .

     

    Les private joke sont bel et bien présentes sur ce blog, inévitablement, je souhaite que les billets soient  accessibles à tous les nouveaux lecteurs, en mettant un lien dans le texte si besoin est..

    Je souhaite surtout que chaque lecteur, blogueur ou non blogueur, y trouve du plaisir, se sente chez lui, libre de commenter, simple passager, ou fidèle visiteur,

    J’ai observé l’évolution de ce blog, les commentaires l’ont fait vivre, sans les réactions des uns des autres, sur que depuis longtemps, Jeanne aurai cessé de raconter  ses anecdotes …

  • arrière grand mère

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    De mes arrières grands parents, je n’ai aucun souvenirs, trop jeune, un arrière grand mère qui est morte quand j’avais trois ans.

    Mon père n’a jamais parlé de ses grands-parents, il ne les a pas connus je crois, son grand père s’appelait Napoléon

     

    Mes grands-parents sont tous  décèdent, ma grand-mère paternelle est partie en 1998, Mark avait un an.

     

    Les grands-parents ne sont plus « des vieux », comme j’ai connu les miens, ridés, grincheux, maison sentant le renfermé, fleurs en plastiques posées à la télé, horloges  à balancier, souvenirs d’Algérie..

     

    Les grands parents sont toujours en vadrouille, ils se baladent, en car, en camping car, ils parlent de leurs enfants, s’écoutent parler, de leur de santé, ils sont parfois mesquins entre eux.

    Ils sont en forme, même à 70 ans, les femmes font des couleurs à leurs cheveux, mettent des chaussures à talons, les hommes s’habillent chez D …n, ils font du vélo, nagent, se préservent..

     

    Et puis ils deviennent arrière-grands-parents, et leur vie continue, ils tiennent bon, vieillissent, mais résistent, s’accrochent, sont solidaires, se serrent les coudes.

     

    J’ai brutalement réalisé que mes parents pourraient être arrière-grands-parents..

    Alors ils sont vieux, oui.

    Je pourrais être grand-tante, moi ????

    Oui, mon neveu a largement l’âge d’être père

    Grand-tante, ah non ! Pas ça, je suis jeune, j’ai eu un bébé, moi, y’a pas longtemps..

     

    En allant chercher Rose à la danse, je me retrouve au milieu des mères aux poussettes, aux petites filles fières et devenir des danseuses en herbe.

    Je suis bien loin, bien loin de ce temps là, je ne me sens plus jeune maman depuis longtemps, je suis mère, profitant pleinement de l’instant, de ce temps qui ne durera pas, ce temps ou tous les trois vivent encore à la maison,

    Vieillir ne me fait pas peur, je n’y pense pas, parce que mon corps tiens bon, parce que ma tête est encore bien vissée

    Un jour ils partiront, les miens, mes parents, j’apprendre beaucoup ce moment là, je ne suis pas prête, j’appréhende aussi, le moment ou je devrai dire à mes enfants «  mémé est morte « 

    Je crois que je ne pourrai pas leur dire.