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  • L'art de la diction

            La diction est un art complexe, bien prononcer les mots de la langue française, pour être bien compris, et que le texte prenne tout son sens

    Les tirades au théâtre doivent être claires, la voix posée, pareillement les comiques dans leurs sketches doivent user de rigueur afin de ne pas avaler les fins de phrases

    Idem pour la chanson, certaines paroles doivent  être dites avec une redoutable précision, afin de préserver la rythmique

    La plus dure à mon sens, fut celle ci :

     

    Je perds la notion des choses
    Et soudain ma pensée m'enlève et me dépose
    Un merveilleux été, sur la grève
    Où je vois, tendant les bras,
    L'amour qui, comme un fou, court au devant de moi
    Et je me pends au cou de mon rêve

     

    « Emmenez-moi «  d’Aznavour, très très fort dans ce domaine

    Et si le grand Charles nous en fait baver, enfin pouvez être pas vous, sachez que le regretté Cloclo, aussi parlait vite, mais avait des textes pas si faciles que ça à dire

    Attention je ne compare pas pour autant les deux

     

    « Ça se chante et ça se danse
    Et ça revient, ça se retient
    Comme une chanson populaire »

     

    Ca paraît facile mais ça ne  l’est pas tant que ça

    La preuve en  image, que l’on soit fan, sosie ou autre, la diction est tout un art à cultiver..

  • Les enfants chanteurs des seventies

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    Il fut un temps, dans ces années là, celle de mon enfance, où il était fréquent de découvrir des enfants chanteurs.

    C’est Marc dans son billet, » je suis les poppies « , qui m’a rappelé ces souvenirs là

     D’abord, les Poppies, un groupe de jeunes enfants et adolescents, pacifiques mais pas rebelles, qui chantaient en chœur, cheveux mi-longs et pat d’eph « non, non rien a changé  , héhé … « 

    Ils attendrissaient les familles, étaient en quelques sorte les fils rêves des français post soixante huit, textes parfaitement d’actualité dans  cette idéologie semi-laïque

    Que sont ils devenus, ont ils retrouvé leur Isabelle ?

     

    Et il avait Roméo, un gosse un peu grassouillet, très bien habillé,  bienvenu chez Guy Lux ou chez Drucker. Ma grand-mère le regardait avec émotion, il venait percuter son cœur de pierre avec mystère.

     

    Sa chanson maman était particulièrement protectrice, l’époque où les mères trouvaient en leur fils compassion et réconfort, la chanson est brève, la voix est juste, et le micro assez imposant (vous n’êtes obligés d’aller jusqu’au bout )

     

    Dans le même style, il y avait Noam, chanteur très connu pour avoir chanté le générique de Goldorak, célèbre dessin animé des années 75

    Noam, invitait sa mère à une boom au lycée ( oui, sa mère ! ) Et lui promettait ce soir là, de la faire danser  à treize ans on est un homme mais on va au collège pas encore au lycée !

    Regardez le public en liesse,( cela me fait dire qu’à l’époque le public des plateaux télé savait se tenir , aujourd’hui ils lèvent les bras en l’air comme des hystériques pour moins que ça )

     L’enfant touchait le cœur de sa mère certainement veuve, on avait l’art de faire pleurer dans les chaumières …

    Désolée mais j’adore l’intro de cette chanson, ah ben j’ai le droit !

     

    Et les filles ?

    A part la petite Frédérique du « téléphone pleure «  de Cloclo, je n’ai pas souvenirs qu’elles officiaient à l’écran

    Il faudra attendre les années 90 pour voir les Lolita sévir, Alizée, Lorie et compagnie, ce qui m’a valu des exquis moments d’observation de ce phénomène éphémère, passant par le transfert des pauvres mères tout juste sorties de l’adolescence, courrant acheter fan club à leurs progénitures et affubler leur chambre de ces horribles posters..

    J’ai résisté et j’en suis fière !!!

     

    En réalité j’aurais adoré ça enfant, chanter avec d’autres, des chansons qui disent que la guerre c’est pas bien

    J’aurais adoré ça.mais je n’aurais pas pu, j’étais trop complexée.

    Et puis mes parents n’étaient pas vraiment dans le show biz..

    Ils ne le sont toujours pas d’ailleurs ..

     Tandis que moi ....

  • De peur d'être prise pour une imbécile

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    Un ami me dit qu’il allait partir, prochainement, pour l’arrivée du vent des globes  

    -« chouette !«  je lui réponds

    Je ne sais pas du tout où est l’arrivée, les sports de voile et moi..

    Je n’ai rien dit, de peur de passer pour une imbécile

     

    Gwen, m’écrit qu’elle a fait une affaire, elle a acheté un 501 pour une trentaine d’euros

    « C’est quoi un 501 ?"« 

    J’assume le fait de passer pour une ignorante, dans ce domaine une imbécile

    « Ben ,un Lewis ! «  rétorque  la Berrichonne.

    Je renonce à mon blog de mode …

     

    Par curiosité, je m’inscris sur fessebouc, pas pour me faire des amis, j’en ai assez comme ça, toujours dans l’espoir de retrouver quelqu’un

    Je crée un profil, mon nom, prénom, c’est tout

    Je reçois un mail, « Jean Marc voudrait vous ajouter. gna  gna … « 

    Ah oui, bon, ça me gène pas, imposible de retrouver mes  identifiant,

    Le problème c’est que je vois l’homme en question toutes les semaines, et il va se dire, qu’elle bêcheuse celle là

    Je n’ai rien dit, de peur de passer pour une imbécile.

     

     

    Ellen regarde tous les soirs un feuilleton marseillais .

    Elle n’en parle pas au lycée, jusqu’au jour ou elle découvre que sa meilleure amie regarde aussi

    Mais elles n’assument pas, en seconde option théâtre pas question de regarder ce truc là .

    Alors les deux ados se sont inventé un titre imaginaire, sur une chaîne pseudo allemande que l'on peut capter si on a vraiment beaucoup de bol

     

    Peur de passer pour deux imbéciles …

     

    Risette de très bonne heure fait la tournée des bars blogs

    Elle rend visite à ses cousins fraîchement installés à Tombouctou et aperçoit le lien de ce blog .

    Je  reçois un message, complètement paniquée :

    « Jeanne, tu sais pas ce qui m’arrive, tu connais mes cousins, ne leur dis pas que c’est moi, tu comprends avec ma mère, je suis déshéritée, tais-toi, n’y va plus, zut, j’ai chaud, faut que je ferme mon blog pas maintenant, me… e, je suis démasquée, au secours !« 

     

    Risette, rien de grave, retournes chez tes cousins, je ne les connais pas, d’ailleurs le lien a disparu, c’était juste la liste des derniers blogs mis à jours

    Soupir, soulagement..

    J’ai ri, elle est  drôle ma Risette !

     

    Tous les jours, on choisit,

    se tromper, assumer, passer, détourner, faire semblant, ne pas savoir, ignorer, le taire, le dire …

    Y’en a ..  ils savent : tout.

    Ils ont de la chance, bon parfois ils ont quand même  tendance à nous prendre pour des imbéciles..

    PS : j'espère que Jean Pierre ne m'en voudra pas d'avoir publié sa photo

  • Ninette

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    Après son veuvage, tante Julienne  cohabita avec Marcel  lui-même veuf

    Elle avait neuf enfants, et lui  en avait sept, ils installèrent leur colonie dans le pavillon agrandi, où ils vivaient à dix huit, le plus jeune avait trois ans.

     

    Tous les ans, il y avait une communion, puis très tôt, les filles se marièrent avant même leur majorité ( on les comprend )

    C’était une journée type, toujours les mêmes rituels, ennuyeux

    Après l’après midi dansant , nous passions à table.

    Nous n’avions pas le droit d’en sortir avant le dessert, imaginez les heures que j’ai passé devant mon assiette à observer les autres courir autour de nous, mais je n’ai raté, car j’ai observé les adultes aussi.

    Cela faisait la fierté  de mon père de nous voir rester à table.

    Après les jeux à la con, vulgaires et dégradants, c’était le moment de pousser la chansonnette.

    Souvent c’était mon grand-père qui ouvrait le bal

    Il tentait de chanter, un peu gêné par son manque de souffle, son surpoids, toujours la même chanson, on ne comprenait rien, il avait des fréquences vocales irrégulières, parfois il n’y avait plus le son, il s’arrêtait, toussait 30 secondes, et repartait, ma grand-mère lui tapait dans le dos et prenait un air paniqué

    La chanson était un peu grivoise..

    Puis les tantes chantaient en cœur, faux, souvent le traditionnel « Rossignooooooooools de mes amours « 

    Elles dégueulaient les fins de phrases, c’était pas très heureux, mais tout le monde reprenait avec elles, enfin les femmes et mon oncle commerçant

    La cousine  Lucienne, avait son titre phare, « la marmite «  de Dario Moreno

    « on ne sait où il habiiiiiiiiiiiiiiiiite, on l’appelle la marmiiiiiiiiiiiiiiiiiite..

     

    C’était d’un comique

    Puis les jeunes qui faisaient déjà vieux chantaient des chansons paillardes, des trucs commencés mais pas finis

    « ils ont des chaperons, vive la Bretagne. »

    Chacun y allait de son couplet, tout en finesse, comme ça parler de caca et de fesses, les gamins rigolaient et les femmes gloussaient en  prenant  un air offusqué

    Il y avait aussi la séquence histoires cochonne, et la traditionnelle jarretière  de la mariée

    Mon dieu …

     

    Et puis dans ce brouhaha, cette fumée, ces odeurs de gras et de transpiration, on entendait de temps  autre

    « Ninette ! « 

     

    C’était La chanson de tonton Félicien, son tube, personne ne savait d’où il tenait ça.

    C’était une chanson à cascade, il décrivait le physique d’une pauvre fille, du genre «  un pied mariton Madeleine. ; « 

    Il avait un don inouï pour chanter ça, se faisait supplier pendant une heure, puis alors que les convives s’épuisaient, il se levait d’un bond et entamait sa ritournelle

     Les gens étaient morts de rires, se mouchaient dans leur serviette, il gardait son sérieux, le texte était en patois agrémenté à sa sauce, ne cherchez pas à trouver les paroles, c’est inchantable.

    Il finissait par une triomphale Ninette, se rasseyait en silence, c’était ça aussi qui annonçait que la fête était finie, qu’en quelque sorte, tout était accompli

    Enfin presque, vers deux heures du matin, sans qu’on lui ait rien demandé mon père racontait une blague, puis tirait sa révérence, d’un geste de la main, et mettait alors en route le moteur de son ami 8

     

    Nous nous sommes souvent remémoré ces soirées là, avec mes parents, Flo et Louis, on piquait des fous rires terribles, un fois devenus adultes

    Mon père avait souvent idolâtré sa famille, avec nous il avait appris le sens de la dérision, on passait en revue tous les personnages

    Le pauvre Gabriel n’ayant pas vécu tout ça, avait du mal à rentrer dans nos délires, quoique, il imaginait bien, connaissait les cousins de Rauville et de Sottevast .

     

    Pour les 40 ans de mariage de mes parents, nous leur avons organisé un banquet, Félicien était de la fête, et rien que pour nous, en fin de soirée, après bien des supplications, il nous chanta..

    … Ninette ….

     

    Toujours le même succès..

     

     

     

     

     

  • Mon boy

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    Devant l’écran noir et blanc à l’image qui vacille, Madame Bion annonce la nouvelle

    « Madame, vous allez avoir un petit garçon « 

    Trois larmes coulent sur ma joue, un fils , je vais avoir un fils, j’avais déjà une fille, un bonheur, des heureux, faut que je le dise..

    Dès le premier jour son regard envahissait mon cœur, j’aurais pleuré rien qu’en le voyant, il était d’une beauté inouïe, fragile et costaud

    Dans sa première année, il était très émotif, pleurait dès qu’il ne me voyait plus, je pouvais difficilement le confier à d’autres. J’entendais des tas de choses « lâches le «  on voyait déjà chez lui un marginal, marchant à dix huit mois, très très calme, là où je le posais il restait, triturant des objets, observant autour de lui

     

    Il a grandi mon boy, il est pénible parfois, un vrai boulet, pas toujours téméraire, un peu, beaucoup, douillet, parfois rebelle.

    Il a grandi avec l’écran, calamité, Zelda et Link ses héros, je m’intéresse à ce qu’il fait, je ne veux pas qu’il s’isole.

    Le soir il se glisse  dans son lit avec son compagnon plaintif Mimie la vedette, son chat ronronne en le regardant avec compassion

    « ma’heinnnnnnnnn  « 

    Mark est tendre, il veut des bisous, des câlins.

    Il apporte à sa petite Rose une complicité insoupçonnée, elle l’attend, le chéri.

    Bientôt la voix de mon boy va changer, bientôt du duvet va pousser, bientôt quand il ôtera ses baskets la pièce sera irrespirable, bientôt il s’habillera avec les  vêtements du fils de Véronique .

     

    Je ne suis pas prête

    Je ne suis pas prête à le voir devenir ado

    Il m’aidera

    Trouvera t’il encore l’envie de passer ses deux bras autour de ma taille

    Quand il rentre du collège le sourire jusqu’au oreilles, je suis toute folle, comme si je ne l’avais pas vu depuis six mois, cinq minutes de retard, je suis affolée

    Mon boy a grandi, mon boy est encore un petit homme

    Mon cœur d’artichaut, restes encore un peu petit, ne vas pas trop vite, doucement..

    Je ne suis pas tout à fait prête …

  • La huche à pain

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    Entre un meuble en formica et le réfrigérateur, dans la cuisine familiale, trônait la huche à pain .

    Une huche à pain métallique de marque Rossignol

    A cette époque tout le monde possédait une armoire à pharmacie Rossignol, fabrication mayennaise, et une poubelle du même nom .

    On avait collé un autocollant sur la huche à pain, son couvercle était en plastique .

    Le boulanger passait presque tous les jours, en camionnette, parfois le pain était trop cuit, ou encore plein de farine .

    Ma mère achetait des pains de deux livres, et des pains de trois livres, rarement de baguettes parce que ce n’était pas économique .

    Mon père mange beaucoup de pain, avec tout, même avec la quiche ou la pizza, il ne peut pas s’en passer .

    Nous gardions le pain au sec dans la huche, parfois à cause de l’humidité le pain était mou, plié en deux, ma mère râlait, elle pensait que c’était la faute du boulanger .

    Il restait parfois un croûton, je devais aller le chercher au fond de la huche à pain, mon bras était trop court, alors je penchais la huche pour le saisir .

    Avec les restes de pains rassis, ma mère faisait de la farce pour le poulet du dimanche

    Elle vidait son poulet, puis elle retirait délicatement les abas, elle les mixait dans un moulin spécial, avec des oignons, et du pain humide

    J’aimais bien la regarder faire ça, après les séries télévisées le samedi après midi .

    Miquette et Tarzan attendaient auprès d’elle pour avoir des bouts de gras, ils connaissaient ce rituel par cœur .

    Le vieux pain dur allait aux poules, parfois, aux cochons

    Ma mère disait toujours qu’on ne jetait jamais un morceau de pain

    J’ai gardé cette habitude, les croûtons rassis sont mangés  par les lapins ou les chinchillas, je ne jette jamais un bout de pain .

     

    Une huche à pain en bois à remplacé la huche Rossignol

    Elle est à côté de la cuisinière

    Quand mes parents coupent un peu trop de pain, ils déposent les tartines dans une corbeille, posent un couvercle en plastique dessus et hop dans le micro onde !

    Il ne sert qu’à ça …