Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Je vais bien ne t'en fais pas

     

     A la télévision j’ai regardé le film « je vais bien ne t’en fais pas « 

    J’avais eu envie de le voir quand il est sorti en salles, mais j’en n'avais pas eu la force

     

    C’était dur, très dur, j’ai beaucoup pleuré, ça me renvoie à tant de choses, à des événements douloureux

    A la place de Lili aurais je survécu ?

    Je ne sais pas

    Jusqu’au bout j’ai espéré qu’elle le retrouve, jusqu’au bout j’ai pensé à une happy end

     

    Que c’est triste

    Il n’y a que les Américains qui font des fins heureuses j’aurais du m’en douter

     

    Que c’est dur.. j’en reparlerai un jour, je raconterai

     

    Moi aussi pendant quelques mois je l’ai perdu, le téléphone ne répondait pas

    Mais nous l’avons sauvé …

     

  • TU LI PE

    remi_et_colette.jpg

    Ce fut l’un des mots que j’ai appris en premier, simple, logique, pas de superflus, rien de trop, trois syllabes

    TU  LI  PE

     

    Dans le livre de lecture Rémi et Colette, je déchiffrais :

    « Colette donne une tulipe à sa maman « 

     

    Mes parents avaient planté quelques tulipes, des rouges uniquement 

    Je les regardais grandir dans les parterres de la cour, et j’aimais les voir fleurir, c’était signe de beau temps, de soleil .

    Mais quand elles commençaient à éclore, et perdre leurs pétales, je trouvais ça triste, les pauvres pétales à terre, rouge sang …

     

    J’ai planté des bulbes dans mon jardin, chaque automne, des variétés diverses, des rouges, roses, jaunes, oranges, des noires

    Les noires, je les avais appelées les tulipes Jospin parce qu’elles avaient fleuri juste après le dernier meeting à rennes du candidat de Gauche

    Un meeting de présidentielles, c’est un truc à faire au moins une fois dans sa vie, c’est une ambiance, une effervescence populaire

     

    Les tulipes Jospin ont disparu, quelques feuilles, plus de fleurs

     

    Mes préférées se sont celles ci, vertes et blanches, fines, je les adore, je les ai cueillies et mises en bouquet tulipes 3.JPG

    Mais  les tulipes dans les vases se rebellent tulipes 2.JPG

    Elles continuent à pousser, et puis un moment donné, leurs tiges trop longues penchent, on dirait des girafes, elles piquent du nez, c’est moche

    Sans compter qu’elles sont bavardes, alors elles s’ouvrent, et pareil, il faut les boucler

    Salomé m’a donné une astuce, un fil métallique dentelé enroulé autour de la fleur et elles se taisent

     

    J’ai déterré les tulipes boudeuses

    Et j’ai trouvé plein de bulbes

    J’en ai une caisse remplie, des centaines à replanter, elles se sont multipliées

    Alors peut être que je reverrai la tulipe Jospin

    Je ne sais pas trop ce qu’il devient ?Ira t ‘il manifester aujourd’hui ?

     

    Je vous parle de tulipes mais aujourd’hui c’est du muguet qu’on offre

     

    Voilà pour vous tous , en porte-bonheur …DSCN1448.JPG

     

    Vous aviez quoi comme livre de lecture ?

     

  • En vrac , les idées de Jeanne

    r 12.jpg

    prunus.jpgSur le parking de mon lieu de travail, un débroussailleuse ventile avec rage, et les pétales de prunus recouvrent ma voiture

    En sortant, elle est rose, envahie de pétales collées à cause de la pluie .

    Le lendemain, je n’ai pas eu le temps de nettoyer, je roule dans la cour du lycée où j’interviens, les jeunes avec leurs sacs sur le dos et leurs uniformes noirs, me dévisagent comme si j’étais au volant d’une R 12

    « ben quand , y’en a bien qui font du tunning , c’est pas mieux ? »

    Ils sont bêtes parfois les djeun’s

    « C’est un festival floral « me dirait Rose

     

    olivia ruiz.jpgJ’aime bien la nouvelle chanson d’Olivia Ruiz « elle panique « 

    C’est frais, enjoué, j’adore

     

    slimy.jpgJe déteste la nouvelle coqueluche, le chanteur Slimy

    Il serait le croisement de Prince et de Mika

    Les chanteurs c’est comme les chihuahua, quand c’est pas  pures races, on les reconnaît .

    Dans un an on en parlera plus, tant pis pour lui , il faut juste qu’il ne dépense pas tous ses sous trop vite

     

    Les sorties cinéma sont parfois déroutantes

    coco chanel.jpgcoco.jpgEllen est allée voir son amoureux en avant premier, il présentait son film Coco

    Et voilà que quelques jours plus tard, une autre Coco, Chanel, cette fois sort en salle

    Ne pas confondre les deux, vous pourriez être déçus

     

    Je vais de ce pas acheter du tamiflu pour mes deux chinchillas

    J’ai pas trouvé de masque à leur taille

     

    J’ai peur quelles attrapent la grippe porcine

    Je voudrais un nouveau cochon d’inde, pas mexicain

    Les cochons mexicains sont trop bruyants, ils chantent fort, ils aiment peut être Slimy, ça peut les faire taire cochon d'inde 4.jpg

     

    Mon nouveau cochon d’inde, je l’appellerai Coco

     

     

     

     

  • Fan

    GUNTHER.jpg

    On ne cherche pas forcement à devenir fan, c’est une aventure hasardeuse, solitaire, pudique, excessive, démonstrative

     

    Les premières fois que j’ai entendu cette voix suraiguë, j’étais envoûtée, avec mes piètres économies j’achetais le 33 tours de son premier succès

    Je l’écoutais en boucle, isolée dans ma chambre sur le seul électrophone de la maison

    Ce n’était pas un chanteur à minettes, il n’était pas populaire, un peu énervant, peu souriant

    A fil des années, j’ai commencé à guetter chaque passage télévisé, découpant des photos, copiant ses textes sur un cahier .

    Je l’ai vu évoluer, travailler sa musique, j’étais toujours envoûtée par cette voix insolite, pouvant descendre dans les graves pour monter encore plus dans les aigus

    Il était mon refuge, mon compagnon, ma force

    J’aimais tout chez lui, je devenais passionnée, littéralement absorbée par ce chanteur

    Au fond de moi, j’avais l’intuition qu’il partirai jeune, peut être parce qu’il parlait souvent de la mort, de la sienne

     

    J’étais blessée par les moqueries, je ne parlais pas de lui, ou très peu, je continuais ma route, connaissant par cœur toutes ses chansons, chantant avec ma voix de soprano comme je pouvais,

    Il s’engagea dans l’humanitaire, c’était l’époque des concerts pour l’Ethiopie, le restau de cœur. l’arrivée de la Gauche

     

    Il me passionnait encore plus

    Je forgeais ma conscience, je me tenais debout, ma vie devenait passionnante, heureuse, je vivais ce que je voulais

     

    La mort me l’arracha, cruellement, violemment

    J’étais effondrée, déchirée, cherchant desesperement sa musique, de nouvelles chansons

    C’était fini, la fin d’une époque aussi, tant de départs après lui, ses amis..

    Mon bonheur fut tout de même de l’avoir vu sur scène, j’en avais déjà parlé ici, c’était un des plus cadeaux de Louis

     

    Je ne l’écoute plus, ces chansons passent encore sur les ondes, des reprises, pas forcement les meilleures

    J’ai gardé tous les vinyles, je connais encore tous ses textes, tous par cœur

    Les fois où je vois des images filmées à la télévision, j’ai le cœur serré, j’aurais des choses à lui dire, c’est trop tard..

     

    Juste un petit bout de texte que je trouve particulièrement bien écrit

     

    « L'enfant séché sur le sol d'Erythrée

    Les traits tirés

    Tire un trait

    Sur cette terre aride et ridée

    Dont il a hérité »

     

    Depuis ce jour de janvier, j’ai connu le vide musical, mais j’ai grandi, on ne choisit pas ces aventures là..

  • Ca devient chaud !

    DANSEURS.jpg

    Au commencement, ils et elles, étaient sagement alignés, bien droits, souriants, chacun sa place, chemises bien repassées, pantalons impeccables .

     

    Et puis petit à petit, au fil des années, ils se sont déplacés, se dandinant, comme pour aller au bal des oiseaux, s’écroulant même parfois les uns sur les autres, bruxellant, flanchissant..

     

    Et un jour, on leur demanda même de constituer des couples pour les secrets du monde, homme et femme, délicatement conviés à s’épauler

     

    Je croyais que ça s’arrêterai là, et bien non, de nouveau par deux, elle sur le genou de l’homme, les amoureux des bancs publics

     

    Seul problème de taille, il y a 70 hommes et 120 femmes, donc, certaines seront seules

    En toute logique, les couples à la ville se reforment sur scène, en théorie, parce que je ne les vois pas toujours ensemble

     

    Ne brisons pas les ménages, on appellera ça binôme

     

    « Je veux un homme lance une soprano ! « 

    j’ai peur que ça finisse dans le sang cette affaire là

     

    je m’explique

    Les hommes déambulent, serviette sur le dos, ambiance salle de sport, arborent leurs biceps, roulent des mécaniques

    Les femmes gloussent derrière eux, « m’as tu vu courir, m’as tu vu courir dans la rue ? « 

    Pont musical, les femmes se jettent sur les hommes (celles qui peuvent ) et dansent ensemble « j’t’aime comme un fou, hou hou, mais tu t’en fous «  pour finir dans les bras du bodybuildeur

     

    Moi, je m’en fous, j’ai mon ténor, la première qui s’approche elle prend une baffe

    Ça devient chaud les répétitions, on va enflammer le théâtre dans quelques semaines avec tout ça .

     

    Et vous croyez qu’on s’amuse ??

  • Traumatismes

    carnet.jpg

    A cette époque, comme tous les enfants, nous étions vaccinés contre les maladies contagieuses et dangereuses, qui me faisaient peur rien que de les lire, Diphtérie, Tuberculose, polio …

    A ces mots j’associais un fauteuil roulant, des béquilles ou de longues agonies

    Les vaccins étaient administrés aux enfants de la commune, à la Mairie, collectivement, le mercredi matin

    Un vieux monsieur, le Docteur B, me terrifiait, il bougonnait, faisait mal, et surtout, j’étais totalement traumatisée à l’idée de devoir me dévêtir devant tout le monde, et en particulier devant l’instituteur qui était toujours là, parce qu’il était secrétaire de Mairie

    Toute mon angoisse était contenue, je ne disais rien, je ne revendiquais rien, la seule intimité pourtant à laquelle j’avais le droit, ma pudeur, mon corps

    C’était traumatisant, j’avais peur, je vivais ça comme une agression ultime

    J’aurais payé n’importe quoi pour que les vaccins soient fait par le médecin de famille

    Certains élèves avaient ce privilège, je les enviais, pour nous ce n’était même pas envisageable .

    Ma mère ne nous prévenait pas, elle nous emmenait vers l’église et toc, on se retrouvait devant cette porte de bois, comme un prisonnier que l’on mène à l’échafaud, je savais aucune issue possible

    Des mères étaient là, attendaient, leur gamin sur les genoux, c’était un pur cauchemar

     

    Je n’osais même pas voir le carnet de vaccinations, le carnet de Santé bleu, c’était la trace d’un passage si douloureux

     

    Quand mes parents allaient voter, sur le parking de la Mairie, j’étais terrifiée, cette porte m’angoisser, je gardais tout, n’osant même pas dire ou gueuler « je veux pas ! « 

    Aujourd’hui encore je tremble comme une feuille en déposant mon bulletin dans l’urne

     

    Le docteur B est mort, je suis tombée raide dingue du Docteur Ross et mes enfants adorent notre Docteur H qui la dernière fois leur proposant des patchs anesthésiants avant le vaccin .

     

    A tous ceux qui croient encore que dans les années passées, on savait mieux » élever » les enfants, que dire  de tous ces traumatismes latents, cette idée que les enfants sont des trucs qui peuvent se dévêtir comme on épluche un oignon, sans réserve, sans intimité.

     

    Je suis encore traumatisée par ces silences, en parler ou l’écrire, je le fais avec violence, pour aider aussi les lecteurs à comprendre qu’on ne minimise pas le corps d’un enfant, qu’on  respecte les émotions, l’individu

     

    Je le fais aussi parce qu’un de mes lecteurs m’avait inspiré l’idée de parler des vaccins, terreur de l’enfance, et je pense que ça vous parle aussi …