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  • Bingo !!!

    Parce Rose voulait une petite plante rose, nous sommes parties à la jardinerie

    Elle a trouvé un petit cyclamen

    A la caisse, la dame me remet un petit ticket de participation à un jeu concours

    Je remplis sans conviction et je lui dis

    « Je ne gagne jamais ! « 

    je dépose le ticket dans une machine, et je saisis un autre ticket tandis que défilent des lettres lumineuses

    VOUS AVEZ GAGNE !!!!!!!!!!

     

    J’ai gagné !!

    50 euros en chèques cadeaux

     

    ah ben je suis ravie, je suis contente

     

    j’irai m’acheter de beaux rosiers

     

    C’était une belle journée, toute simple, toute fleurie..

  • Pétales du Sud

    Même en implorant les dieux,

     même avec le réchauffement climatique ,

    même en bâtissant une serre de 50 m4

    Je dois me rendre à l’évidence, difficile de voir pousser en Mayenne des Bougainvilliers et des frésias

     

    Un matin

    Une enveloppe en kraft et de jolis timbres dont un en chocolat

     TIMBRES CHOCOLAT.JPG

    A l’intérieur, une lettre,

    Une petite pochette fleurie POCHETTE.JPG

    Dans la pochette, des pétales séchées

     

    Pétales.JPGPosées délicatement dans ce mini bocalbocal pétales.JPG

     

    Un petit bout du sud dans ma maison

     

    Merci Fay !!!

  • Le seau

    « Jeanne, tu pourrais acheter un seau ? »

    « Un seau, pourquoi faire ? »

    J’espère que Jérôme n’a pas idée de creuser un puits et de résilier notre abonnement aux services des eaux.

    « le nôtre est usé « 

    je m’approche de l’objet incriminé et constate en effet, qu’il est …

    vieux seau gris.JPG

    Je suis à ce moment là incapable d’en connaître l’origine, à quel moment de ma vie j’ai acheté ce seau, les seaux c’est pas comme les arbres, ils n’ont de nervure pour dévoiler leur âge, et puis au fond, ça ne sert pas à grand chose de connaître l’âge exact d’un seau, ce qui est important c’est qu’il ne soit pas percé, sinon on est contraint à mettre des éléments solides dedans, parce que si c’est liquide, ça fuit, donc autant prendre un panier

     

    Sans étude comparative de prix, j’ai filé au rayon produits ménagers et j’ai trouvé un seau tout neuf

    J’avais peu de temps à lui consacrer, un seau est un seau, y’a pas trente six modèles, il fallait qu’il possède une poignée métallique, bien plus maniable et résistante que la poignée plastique

    La couleur me direz vous, j’ai pris bleu, y’avait que ça seau bleu.JPG

     

    Quand je suis rentrée avec mon seau tout neuf, Jérôme a poussé un grand ouf de soulagement

    Et qu’est ce que vous avez de l’ancien ?

    Et bien je l’ai gardé, deux seaux ce n’est pas un luxe, le vieux seau me sert à filtrer le sable des chinchillas

     

    C’est une évidence, on garde longtemps, des choses usées  mais pas assez pour mériter que sonne le glas

    Ma mère est une spécialiste, elle mettait son gros sel dans une boite de Benco depuis au moins 1975

    La boite n’avait plus d’allure, je lui en ai acheté une en métal, une vraie révolution

    Ma belle-mère conserve tous les gants de toilette, ils sont rabougris, tout rêches, parfois troués

    A Noël, nous lui avions offert du très beau linge de toilette, elle l’a mis de côté pour l’instant, elle le garde pour….ses vieux jours .

    Je ne vois pas toujours les choses usagées, mais je me force de plus en plus à changer régulièrement les petits accessoires de la vie quotidienne, et d’un geste ferme et définitif, jeter les anciens

    Il en est ainsi pour les torchons, les corbeilles à pain, les brosses à WC, les égouttoirs à vaisselle, les toiles cirées, les pinces à linge….

     

    Je vous laisse continuer …

     seaux.JPG

  • Chantal et Jean Pierre

    peter slone.jpg

    Le couple chanteur Peter et Sloane, bien connu pour leur tube « besoin de tout  envie de rien  « s’appelle en vérité Jean Pierre et Chantal

     

    Vous êtes bien de mon avis, Chantal et Jean Pierre, c’est moins glamour que Peter et Sloane, d’où l’envie et peut être la nécessité pour eux de choisir des noms de scène plus anglophones

    Vous connaissez tous une Chantal, un Jean Pierre, ce n’est pas une honte de porter ce prénom, prénoms répandus, tout comme les Nathalie, Sylvie, Valérie, Jean Paul, Christophe, Philippe..

    On en a tous dans notre entourage

     

    Prenez Jean Louis, voilà un prénom très quelconque, ce n’est pas un prénom de star, pourtant

    Il a eu le courage de le garder, un chanteur mythique de rock des années 80, et en plus un nom assez répandu Aubert, voilà un nom qui sonne moins bien que Bowie ou Jagger

    Jean Louis Aubert, il faut l’avouer ce n’est pas un nom de scène idéal

    Mais on y pense plus, ça fait partie intégrante du beau quinquagénaire séduisant et talentueux

     

    A Juliette Binoche on avait conseillé de changer de nom, ça sonne pas bien, c’est moche Binoche, elle a résisté

     

    On pourrait en trouver d’autres, peut être qu’en secret certains talents seront restés muets à cause de leur nom trop commun

     

    Mon préféré quand  même c’est Didier Morville alias Joe Starr et celle qui a du raccourcir le sien Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos alias Lio

     

     En passant par les chemins de Normandie, je m’amuse toujours devant la pancarte du menuisier ébéniste Jean Louis Aubert

    Il en a peut être aussi abusé de ce patronyme

    Il aurait très bien pu s’appelait Pierre, et là…

     

    Je n’ai toujours pas trouvé de nom de scène, j’en ai peut être pas besoin au fond, ben non, je ne mène pas de carrière soliste, allez ça va comme ça, je reste

    Jeanne Constance des Lys

  • La chambre froide

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    Lorsque je vivais dans ce petit appartement de rez de chaussée le moment   que je redoutais le plus était de me glisser dans mon lit

    Ma chambre était froide, mal exposée, mon lit était très dur, vieille literie toute défoncée

    C’était un endroit austère, j’avais eu la mauvaise idée d’y mettre une tapisserie bleue, je repoussais l’instant, le plus tard possible

    Je sortais souvent, très  souvent, un soir sur deux au moins, je recevais du monde aussi, tous les dimanche soir

     

    Allongée  dans mon clic clac je regardais la télévision, une toute petite télé, un écran minuscule, souvent je l’endormais, je regardais les talk show, les émissions du soir avec Dechavanne ou  Mireille Dumas, les débats à moitié racoleurs des années 80, prémices de la télé réalité

     

    Je passais des heures au téléphone, j’adorais ça, je papotais sans fin, je ne gênais personne, personne ne m’interrompait, je pouvais me languir à ma guise, rien à justifier, peu à penser..

     

     

    De temps en temps, vers 22h30, mon téléphone bleu sonnait

    Je connaissais à l’avance celui qui appelait, avant même de décrocher

    Il terminait sa garde, il était surveillant d’un internat, il rentrait chez lui, plongé dans ses pensées, sa Jeanne..

    Nous avions peu de chose à nous dire, nous restions longtemps dans ce dialogue silencieux, cette sensualité vocale..

    Je l’appelais rarement, j’avais trop peur de devoir entendre une sonnerie sans réponse

    Il faisait le premier pas, toujours, il était dingue de ma voix, de mes mots.

     c’était un rendez-vous heureux, secret, amoureux, radieux

    Je n’arrivais pas à raccrocher, lui non plus, nous étions reliés, accrochés par ce fil, esseulés,

     je me résignais pourtant au bout de quelques temps à rejoindre cette chambre froide, mon lit était un congélateur, mon corps tout recroquevillé, tremblant,

     mon cœur brûlant

     

     

  • Le grand bazar

    Au hasard d’une légère promenade cathodique, je m’arrête sur un film, pas très récent, je vous l’accorde, images un peu décolorées, acteurs plutôt ringards : »Le grand bazar «  de Claude Zidi, avec les Charlots

     

    Je ne peux pas vous raconter l’histoire, il s’agit de quatre garçons, ouvriers en chaîne qui sont licenciés et font des petits boulots

    On est loin du cinéma d’auteurs dénonçant les problèmes d’identité des jeunes de banlieue, ce film est un gag à lui tout seul

    Ça n’arrête pas, des farces, des gaffes, des gags lourdingues, grotesques, improbables, c’est entre le dessin animé, la BD et la comédie

    Et à cela s’ajoute les  clichés de la secrétaire en jupe courte et bottes seventies à qui ont met la main aux fesses, les policiers en uniformes et képi, la lutte des classes, le patron qui picole …

    Avec en prime  des seconds rôles inconnus à l’époque : Coluche, Dominique Lavanant …

     

    C’est politiquement incorrect, les Charlots  passent leur temps au troquet à s’enfiler des pastis ( Michel Galabru est le patron du bar )

     

    C’était les années Giscard, l’époque des DS,  404 et des Renault 16, le contraste d’un gouvernement et d’une politique austère et rigide et l’insouciance des seventies

    Et voilà qu’en quelques minutes je me replonge dans des souvenirs d’enfance, nos vacances en banlieue , les HLM flambants neuf, les vide ordure, le chauffage au sol qui donnait des chevilles d’éléphant à ma mère, les grandes surfaces, Monoprix, les tourniquets et les toboggans déjà rouillés sur les parkings …

    J’aime ce voyage, les années 70, la révolution de la ménagère, les shows télévisés à paillettes

    Je ne suis pas nostalgique, je ne voudrais surtout pas revenir en arrière, mais je garde de cette époque  mon côté futile, léger, burlesque, populaire et joyeux

     

    On osait des comédies décalées, on osait un cinéma franchouillard, pas toujours finaud, mais on osait …

     

    Je me demande si on ose encore aujourd’hui ?

     

     

  • Je m'accroche

    poignée de porte.jpg

    Par maladresse, régulièrement, je m’accroche

    J’accroche mes manches aux poignées de porte, je reste prisonnière, j’accroche mes colliers aux boucles d’oreilles, c’est très inconfortable, j’accroche même, il faut le faire, la patte de ma ceinture de pantalon à une clé

     

    Je ne m’accroche pas aux gens, c’est fini, je crois que dans le passé je l’ai fait

    Je ne m’accroche pas à ma famille large, je ne veux pas recoller des morceaux, j’ai dépoussiéré, j’ai laissé derrière moi, je ne les vois plus, tantes, cousins et cousines, à part Suzy

    Il m’ont fait souffrir, sans le savoir, la seule chose qui nous rapprochait étaient mes grands-parents, tout s’est terminé au dernier enterrement

     

    Je ne m’accroche pas aux vieilles amitiés, je ne relance pas indéfiniment, je réponds aux appels, mais quand je vois la personne tourner petit à petit les talons, j’accepte son choix, avec un peu de peine parfois, je ne veux pas être tenace, je laisse chacun vivre ses liens de vie

     

    Je n’aime pas trop qu’on s’accroche à moi, je sens parfois des personnes désireuses de gagner ma sympathie, mon amitié, je reste courtoise, mais je ne mens pas, je ne triche  pas avec ça, je ne cherche pas à tout prix à être populaire

     

    Je m’accroche à vous, à vos vies, je m’accroche à mes proches, je suis même accroc, parfaitement rassurée par les liens d’amour

     

    Par prudence, je regarde mes vêtements, par peur d’y trouver un accroc

    A mes écharpes et foulards des petits fils dépassent, je les laisse, je ne cherche surtout pas à les rentrer, surtout pas à les couper

    Parfois on me fait remarquer mes petits accrocs, ceux là sont bien futiles

    L’essence même de cette vie c’est d’aller à l’essentiel, ce qu’on ne pourra pas repriser plus tard.