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Miss France est normande, une fille de Caen, c’est pas encore pour cette fois qu’il y aura une mayennaise.
C’est une réalité, je déteste regarder le téléthon à la télévision, ça me fout le bourdon
J’ai vu de belles images d’Annecy, des images de la Réunion, j’ai pensé à ma Chriss et de Château Gontier, la pluie, les chevaux, des accordéons …
Bravant la tempête, le vent, la pluie, le froid, je me décide à aller chercher les dernières astromérias dans le jardin, quelques papyrus dans le bassin et rajoute ces fleurs blanches trouvées chez la fleuriste , et donc j’ai oublié le nom
Dans un vase plat, je fixe des galets de mousse et je compose ce bouquet hivernal
Un temps de chien …
Que faire ?
J’aurais pu me déléporter dans le sud retrouver mes copinautes, où à Lyon m’incruster discrètement au G6
Rien de tout ça
Je vais me réfugier dans ce beau théâtre, sous la chaleur des projecteurs
Organisé parLa Dame Des Crys , le calendrier de l’avent virtuel nous emmène chaque jour découvrir un nouveau blog
Aujourd’hui, c’est à mon tour de partager sur le thème de Noël
Je vous raconte une anecdote d’enfance, telle qu’elle se passait à cette époque des seventies
C’était un rituel incontournable, un événement annuel que nous attendions avec impatience
Chaque année, un samedi après midi, quelques jours avant Noël, nous montions, tous les cinq dans l’ami 8 bleue en direction de la grande ville, assister au Noël des cheminots
Ça nous changeait des foires aux bestiaux, courses cyclistes, fêtes foraines et visites chez des gens qu’on ne connaissait pas …tristes à mourir..
Dans ce superbe théâtre baroque à l’Italienne de Cherbourg, un spectacle était donné pour les enfants des agents des Chemins de Fer
Le hall d’entrée était splendide, l’escalier majestueux, des statues, des bustes attiraient mon regard apeuré, le gigantesque sapin décoré de boules et de guirlandes trônait devant nous
Stressés à l’idée d’être en retard, nous prenions place sur les vieux fauteuils de velours rouge
Je levais les yeux en haut, regardant avec émerveillement le lustre étincellant, les balcons mystérieux, les petites niches dans lesquelles se cachait peut être le fantôme de l’opéra
Sur la scène, j’étais en extase face aux projecteurs de couleur, au plancher de bois ciré, au grand rideau rouge
Le spectacle commençait, des clowns, des numéros de cirque, de la magie, des danseuses, ou la projection d’un film
Brusquement, avant la fin, mon père se levait de son siège, il fallait partir, ce n’était pourtant pas fini
Avec lui nous déscendions le grand escalier, et dans le hall nous retrouvions face à la grande table sur laquelle étaient posés de centaines de jouets
Il fallait faire vite, en quelques minutes c’était la folie, la bousculade, les enfants se jetaient vers les pacotilles, j’avais peur, peur de rien avoir, pas de bon de réservation, ni ticket, c’était la foire d’empoigne, les premiers servis étaient comblés, mais il n’y en avait pas pour tout le monde
Je ne voyais rien, je détestaient ça, j’avais peur de me retrouver avec un hélicoptère en plastique kaki, un ballon de foot, des soldats..
Nous avions des jouets bas de gamme, ils étaient si peu résistants que je n’ai aucun souvenir de les avoir conservés, j’ai juste le souvenir d’avoir reçu une boite de perle, le plastique sentait si fort que j’en avais la nausée
Cette journée tant attendue était le cocktail de toutes les frustrations
Aller voir les illuminations de la ville n’était pas négociable, on avait raté le final du spectacle, et le jouet reçu n’avait pas grand intérêt
Chaque année j’attendais ce moment avec impatience, l’espoir d’un mieux.
Il m’en fallu du temps, de la patience pour savoir qu’un jour, les théâtres deviendraient familiers pour moi, que je serai derrière ce grosrideaurouge, les pieds claquant sur les parquets cirés.
Même si je ne me sentais pas légère et au meilleur de ma forme, j’avais agencé les décorations de Noël, prenant soin de ne pas tomber de l’escabeau, il vaut mieux être prévoyant
Ce lundi là, un peu impotente, j’avais poussé le caddie rempli de courses en prévisions pour la semaine, je savais que j’allais m’absenter quelques jours
Ce mardi là, j’étais partie en direction de l’hôpital, plutôt sereine à l’idée de voir enfin le visage de mon angelot qui attendait vraiment le dernier moment pour pointer le nez
J’avais ce matin là, enfanté d’un ange, mon ange de Noël
Après trois jours de repos, je suis rentrée chez moi, avec mon angelot,
Ce samedi là, j’ai retrouvé ma maison, mes deux cœurs, mon homme, mon lit, et j’ai déposé mon ange dans ce nid
Ça me donnait envie de pleurer tant de bonheur …
C’était le jour du téléthon et des miss.
Toujours les mêmes repères, mais la routine n’a pas le temps de s’installer
Mon ange est resté un ange, un ange doté d’une grande imagination et d’un débit de parole redoutable
A la mort de mes grands-parents, on parla « héritage «
Il fallut vider la maison, les quatre filles et l’unique garçon durent se partager le peu de bien que leurs parents avaient accumulé
Les parts avaient été faites de leur vivant chez le notaire, en parfaite équité : le fils avait la maison et un peu de terres, les filles se partageaient le peu de terres, non constructibles
Ma mère ne se révoltait pas, elle avait été aidée par ses parents, mes parents avaient leur maison, les terres qui l’entouraient, c’était comme ça
La plus jeune des filles refusa sa part d’héritage
Impossible d’avoir sa signature pour clôturer ce partage
Cela fit des tas d’histoires, elle se fâcha avec ma mère, définitivement, son mari à moitié mafieux fut à deux doigts de se prendre l’énorme main de mon père à la figure
Ce fut ……………long, très long, le notaire gardait tout, au chaud, les intérêts en prime …
Un jour, la cadette se résilia, elle accepta de signer
Le peu d’économies avaient été dilapidées pour frais de gestion, et ma mère décida de partager le modeste somme d’héritage à ses enfants, nous trois …
Je décidais alors de m’offrir un objet, en mémoire de mes grands-parents, quelques chose que ma grand-mère aurait aimé me donner
Dans une bijouterie, mon choix se porta sur une montre, une montre fine, un bracelet léger, argenté
Du jour où je la mis à mon poignet, il y a peuvent être déjà 15 ans de cela, elle ne me quitta que pour fuir l’eau des bains, n’étant pas étanche
Au fil des ans, le bracelet s’oxydait, je me décidais alors à le changer
Par chance, la boutique fit venir le seul qui restait de cette marque, heureuse comme tout, je repartis avec un bracelet tout neuf
Et …il y a quelques jours, le fermoir céda
Malheur, impossible de le réparer, j’étais malheureuse à l’idée de ne plus porter cette montre
J’ai réfléchi …pas longtemps
J’ai pris ma pince, un anneau solide et j’ai fermé l’anneau, fixé la montre à mon poignet …pour toujours
J’ai décidé de ne plus jamais la quitter, et par miracle elle est devenue étanche à l’eau …
Une montre greffée à mon poignet jusqu’à la fin de mes jours …
Autrefois, vers l’âge de 14 ans, à la messe, je faisais les lectures
J’allais au pupitre, face au micro vers l’autel, un peu pétrifiée à l’idée de bafouiller, je ne prenais pas de plaisir à l’idée d’être regardée, jugée peut être
Mais il fallait des lecteurs et comme je savais lire, j’acceptais de le faire
Ma mère aurait été incapable de lire deux lignes en public
C’était phobique chez elle, de vieilles humiliations d’une institutrice peu pédagogue remontaient dans sa mémoire
Elle était parfois au bord de l’évanouissement quand un lecteur buttait sur des mots, elle s’en rendait malade pour lui
En classe, je n’étais pas à l’aise pour intervenir à l’oral, je rougissais, j’avais peur de dire des sottises, d’être jugée, je me forçais tout de même à le faire, mais mon manque de culture, de références me ramenait vite à un mutisme confortable
Le fil de la vie fit que je pris un peu plus confiance en moi, que des gens me trouvaient même pertinente parfois
Je fus amenée à animer des formations, prendre la parole en groupe, en petit groupe, je me sentais de plus en plus à l’aise à le faire,
Puis un jour, excédée, ulcérée même, je franchis le pas de prendre la parole en réunion publique, anonyme citoyenne a qui on ose donner la parole
Je vécu une humiliation, et cela me donna une force démesurée
Il était hors de question de donner le pouvoir qu’aux beaux parleurs, je n’avais peut être l’éloquence d’un grand orateur, la prestance d’une grande parleuse, mais je n’allais pas me taire
J’osais, toujours plus, un peu tremblante, mais déterminée
J’ai fait un chemin, toujours plus fructueuse grâce à mon travail
Il y a quelques jours, je fus « missionnée « pour intervenir en quelques minutes lors d’une manifestation culturelle, avec du gratin, élus, et artistes en tout genre
Je l’ai fait, avec une certaine décontraction
Tout m’est revenu en tête, comment ais je osé dépassé ces premières peurs, comment ais je réussi à ne pas éponger les angoisses de ma mère ?
Parce que mes convictions ont besoin d’être défendues, parce que la prise de parole n’est pas réservée à une élite, parce que les mots quand ils viennent du cœur sortent de la bouche avec douceur
En prévention de mes allergies au bouleau et pour éliminer les trucs accumulés pendant l’été, pour éviter d’attraper la grippe A et tout le reste, je fais une cure d’Aloe Vera
N’allez pas croire que je presse moi-même des feuilles de ces cactées aux vertus surprenantes, non, j’ai placé dans la porte du réfrigérateur, un flacon et j’en bois deux cuillères à soupe tous les matins (un peu comme le gibolin )
Ce n’est rien d’autre que de la phytothérapie, je ne suis pas contre l’usage des plantes en prévention et pour soigner les bobos éventuels
(J’ai même envoyé à Louis du sel de la mer morte pour cicatriser un ongle, il a peur que le colis soit désagrégé pour suspicion d’Anthrax ! )
Après un mois, cette cure « drainante « apporte des signes très visibles, je ne perds pas de poids, mais je perds du ventre
C’est dingue, ça marche, je fonds, presque à vue d’œil
J’ai perdu un tour de taille, alors évidemment pour continuer à porter mes jeans ( je m’écouterais je ne porterais que des jeans ) il a fallu que je mette une ceinture
Je perds mon pantalon !!
Etant de nature un peu étourdie, je pense, je chante, j’agis, tout en même temps, un vraie écervelée, je ne me souviens plus que j’ai mis une ceinture
Et je me suis surprise, plusieurs fois, et pas que chez moi, sortir des toilettes, la ceinture grande ouverte
Il arrive à mainte reprise d’être amené à croiser une personne, à la revoir, échanger à peine, et sentir, assez vite qu’une attirance opère, une toute petite flamme rougit, et de toute évidence, l’un comme l’autre, on sent que l’on aimerait devenir proche
Alors, il faut prendre le temps de s’apprivoiser, de se parler sans questionner, de ne pas aller trop vite
J’adore ces moments là, quand tout à coup j’ai la certitude que l’Autre est dans la même aventure, la même approche, farouche mais franche
Alors on échange des regards, des sourires, les moins timides osent une bise, on s’envoie des petits messages, sur le mur, ou ailleurs, on s’approche, se rapproche petit à petit, sans forcing, sans obligations
On aime séduire l’autre, lui donner la meilleure image, on a peur de le décevoir
Comme j’aime ces moments là ...
Avec les femmes, les hommes, ceux là qui deviendront AMIS, ce noble mot qui se mérite, ce n’est pas un gibier à exposer sur un tableau de chasse
Il en faut du temps, mais quand l’approche a été douce, la soudure est solide, on fait presque corps avec l’autre, et vint alors la certitude à un moment donné que c’est quelque chose d’inébranlable, à vie, comme on dit
J’ai écouté des dizaines de fois « le Petit Prince « chez ma grand-mère, je ne comprenais pas qui était cette rose
J’ai appris à apprivoiser, à arroser, je ne me lasse jamais de recommencer cette aventure, ici, ailleurs.
La flamme s’est rarement éteinte, elle fut parfois étouffée par une trahison, je laisse le vent tenter de réanimer, sans forcer les choses
Et je me réchauffe de toutes les nouvelles flammes à venir …