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  • Dehors les trolls !

    L’autre jour, je fais des courses, j’achète à titre exceptionnel un flacon de démêlant, je range mes courses, plus de flacon. Disparu !

    Je n’ai pas envie de chercher, ça me gave, je perds des choses, je finirai bien par le retrouver ce flacon, le jour où, justement, je ne chercherai pas .

     

    Quelques jours plus tard, je vais chercher quelque nourriture au congélateur, tiens ! le voilà le démêlant, dans le congélateur !

    Il s’était glissé le malin dans le sac surgelé et moi, j’avais tout basculé..

    Enfin, peut être qu’on l’avait aidé un peu.

    J’ai perdu des bracelets, 5 ou 6 bracelets, je les porte l’été, disparus, j’ai beau chercher, mystère, rien ??

    Je dois me rendre à l’évidence, ils sont revenus, souvenez-vous, j’en avais déjà parlé ici et bien ça recommence, je passe mon temps à chercher des objets, et à les retrouver à l’endroit exact où je les avais posés

    Ellen me dit que ce sont les trolls, les lutins qui s’amusent comme des fous à nous regarder chercher .

    Elle perd sa carte de self, elle a perdu son manteau, et l’autre jour, je cherchais un collier que je devais expédier, rien à faire !

    Une heure plus tard, je le retrouve sur la table de mon atelier, là où je l’avais posé .

     

    Mais profitez en les trolls, c’est bientôt fini ce manège, l

    Profitant des lueurs des citrouilles d’Halloween, j’ai réussi à les photographier,

    trolls 7.JPG

    Ils sont mesquins, malins, vilains.. trolls 8.JPG

     trolls 9.JPG

    Allez dehors, y’a d’autres maisons, oust, du balai, dehors les trolls !!

  • Quitter ma ville

     Jérôme est inquiet pour son travail, la crise, les marchés gelés, plus de contrats à venir, des chaînes de production qui risquent de fermer momentanément

     J’ai rêvé que nous déménagions, nous nous nous installions dans un petit appartement à Belfort, nous n’avions pas d’enfants.Je le visitais, il était en rez de chaussée, derrière l’immeuble, il y avait la merJe crois que c’était une plage du Havre, des galets

    Je n’avais pas le choix, nous n’avions pas dit à nos amis francs comtois que nous étions de retour, on les savait heureux de nous revoir, nous n’aurions pas de mal à nous réintégrer

     Après 15 ans, je ne peux pas me faire à l’idée de quitter Laval un jour

    C’est un endroit que j’adore, j’y ai tous mes repères, les enfants ont vécu ici, je n’y aucune racines, mais c’est là que je me sens bien

    Tout est facile, les transports, les loisirs, notre maison, avec un grand jardin, en pleine ville

    Les gens sont plus qu’agréables, j’ai tissé un énorme réseau amical, des copains, des amis de toutes sortes, des travailleurs sociaux, des profs, des artistes, commerçants, banquiers, ouvriers, agriculteurs..de tous horizons

    je ne peux me faire à l’idée de devoir partir, tout reconstruire ailleurs, je ne pourrais pas renoncer à mon chœur, et je sais que je ne pourrais jamais retrouver ça ailleurs, même sur de grandes villes

    Je ne peux pas quitter ma ville, reconstruire demande tellement d’énergie, c’est trop long..

    Je veux continuer à traverser la Mayenne plusieurs fois par jour, me balader en ville et croiser des tas de visages connus, je veux soutenir encore les élus, faire et aller à plein de spectacles à la salle Po , emmener encore les enfants des centaines de fois à la bibliothèque, ailleurs,

    Je ne suis pas prête, pas du tout adaptable, à une nouvelle vie, pas du tout …

    Je ne suis jamais sentie aussi bien ..

    La-Mayenne(2).jpg

  • Double lecture

    Table_bistrot.jpgA chaque publication d’un nouveau billet, les commentaires arrivent, un réel plaisir pour moi, de découvrir les réactions de lecteurs .

    Je me rends compte que chacun rebondit à partir d’un même sujet, mais qu’il apparaît plein de manières de s’approprier ce texte et qu’alors  différents thèmes  découlent de ce même billet

    Prenons l’exemple de «Bleu  « 

    Divers points de discussions, réactions apparaissent :

     

    -         le film, on  a aimé, vu, pas envie de voir …

    -         le travail de deuil, les histoires tristes

    -         le cinéma polonais

    -         le mobile, son aspect, la technique 

    -         l’entretien de ce mobile, astuces et conseils …

     

    Et on pourrait trouver plein d’autres exemples, car au fur et à mesure, les commentaires entraînent d’autres réactions, c’est infini.

    Ca se termine même par une discussion qui n’a plus aucun rapport avec le billet de départ

     

     

    Les lecteurs non blogueurs me disent parfois :

    « Dis donc Jeanne, tu les connais ceux qui viennent sur ton blog ? »

    « Euh.. Pas tous.. si Risette, on s’est vu à Londres  « 

    ils voient des noms, insolites, curieux,

    des Didou , Carl , Risette , Louise , Jean Pierre , Gwen , Barbie , féeclochette , Vonric , Ksenia ,Fay ,Franck, Monsieur Plus, Dana  ,Antiblues , Uhsn ,Elisabeth , Amapola, Fanette , Marc  ,  la virge ,la fugitive ,Nina ,  Elle , les ‘Cha , Plume , Cigale …….

     Oh, c’est qui ce monde là ?

    (Je suis épargnée par les Bébert 53, Riton 72,c’est pas non plus un blog de routiers..)

    je ne les connais pas, … faux, j’ai alors l’impression de les connaître, de connaître leur vie, ce qu’ils veulent bien en dire, leurs émotions

    Au fil des mois, nous devenons complices, des communautés prennent forme, c’est drôle, virtuel, me direz vous pas tant que ça .

     

    Il a des gens que je croise très souvent et je ne les connais pas, ou très très peu, en fait je ne sais rien d’eux .

     

    Parfois, il m’arrive au gré d’une conversation entre amis, de repenser à une anecdote racontée par un ces personnages mystérieux, l’envie me prend alors d’en parler, pour alimenter le débat parfois, et je m’arrête net, je vais parler de qui ?? un gars, une fille, un homme, un ami, une copine …

    Ce sont nos codes, nouveaux certes mais vraiment amicaux, des vrais liens d’hommes et de femmes, des réseaux tissés sur la toile, les même que ceux qu’on a en voyage, des rencontres de quelques jours, mois, années, peu importe, dans les rapports humains, il n’y a pas d’échelles

     

    Certains ont du mal à le comprendre, à l’accepter

    Chez Jeanne ou ailleurs, c’est tout bêtement un lieu de rencontre, un café ou débattent et se confient ceux qui y passent, y reviennent, les fidèles..

    Il y a les anonymes qui viennent ce détendre par le billet du jour, pas d’obligation d’y laisser sa trace

    Chaque tournée est gratuite..

  • Rire et bipolarité

     Mon frère souffre d’une maladie psychiatrique appelée Bipolarité .

    Ce n’est ni tabou, ni secret, tout simplement très pénible parce que cette maladie pollue sa vie, l’empêche de vivre comme tout le monde, de travailler, sortir..

    Ses journées sont ponctuées par des moments de calme, puis de grosses angoisses, des pensées morbides, du stress incontrôlé rien qu’à l’idée de vider une poubelle .

    La bipolarité est  peu connue, et implique des réflexions de l’entourage, faites de «  il faut se bouger «  «  y’a qu’à «  .. Et surtout de silences face à la maladie, on fait comme si. ..

    Quand mon frère, après une période très chaotique m’a annoncé son diagnostic, je lui ai dit 

    -« tu as bipolaire, ah mais je connais, la mère d’Abby l’est aussi, ainsi que son frère « 

    Vous ne connaissez pas Abby Lockart, la femme de Luka, médecin au Cook County de Chicago ?

    Notre complicité, nos années de vie commune ont forgé des liens très forts et un sens certain du calembour, de la Private joke et de la dérision .

    Mon frère, très vif d’esprit, a une  énorme faculté à faire rire son auditoire, et c’est une arme qui, malgré la prise de médicaments, reste très combative .

    Un dimanche du mois d’août, nous emmenons les enfants au parc, devant la cabane des chèvres, il me dit

    « -Tiens, un bouc émissaire ! « 

    ça me fait beaucoup rire, c’est spontané, bien placé, très fin

    Mes enfants adorent son sens de l’humour, sa présence, ses terribles éclats de rire, pour rien parfois, ses imitations, non exportables, car trop ciblées

    Il est drôle, très souvent totalement déprimé mais drôle, c’est un paradoxe total .

    Du coup ; malgré cette maladie, il est entouré de ses amis, sa famille, et je crois que ce don, inné de la plaisanterie est une énorme bouée

    Quand j’étais plus jeune, je le présentais à des amis, très vite, c’était le héros, la vedette, le personnage  populaire, et on en redemandait, son public avait droit a des sketches improvisés qui suscitaient vite des larmes, des rires incontrôlés, et plein de joie .L’autre jour, il m’envoie ce mail :

    En 1990, lors du sommet de Versailles, je regardais le défilé des 50 chefs d'Etat présents. Les policiers m'avaient interpellé et demandé de circuler, de rentrer chez moi, alors que c'était tout à fait mon droit que de regarder le défilé. J'avais envie de leur dire que j'étais venu pour voir le défilé, que je n'étais pas là pour me faire engueuler.

    Je lis, ça me fais rire aux larmes, c’est bête, consciente que ça ne ferait pas rire tout le monde, mais c’est ainsi, un humour très interne que Jérôme a du depuis tant  d’années accepter .Jérôme, lui rit plus souvent de nous voir rire que de la blague en elle-même .

    Cette protection est fatale, rire, se protéger, me protéger, ne pas me laisser subitement ronger par le drame, la non-acception de la maladie, les projections, l’avenir …

     

     

  • Le procès du siècle

    palais de justice.jpg

    Un beau matin d’automne, je décide d’aller faire une petite balade en ville

    Je me gare Place de Hercé, comme d’habitude et je redescends par  la Place des Acacias

    Je me dirige ensuite vers le Palais de Justice, récemment construit ( au passage il fermera certainement dans les années à venir ) et j’aperçois des barricades, des CRS et des équipes de télévision, la presse radio..

     

    Mais oui, c’est aujourd’hui le procès du siècle

    Un procès exemplaire, pourtant je vous avais dit que ma ville était  calme, alors on juge qui, un sérial killer, un bandit de grand chemin, un mafieux, un voleur de brouettes    ?

    Rappelez-vous, en août dernier un événement s’était produit dans ma ville, et certains d’entre vous ont pu profiter en Live de cette visite exceptionnelle 

    Et bien ce jour là, un homme, mayennais, a commis un délit incroyable

    Il attendait le passage de notre Président, à côté du supermarché qui fabrique le plus long rôti de porc du monde, pour le Téléthon, et il avait dans ses mains, une pancarte, sur laquelle était inscrit

    « casses toi, pauvre. .. « 

    L’autre aurait pu laisser dire, ou bien répondre «  c’est celui qui le dit qu’y est «  ou bien ne pas se sentir visé, et bien non, l’homme a été interpellé par la police, emmené au poste et condamné .

    Franck en avait parlé sur son blog .

     Vers 12h, au retour, j’aperçois devant le palais de justice, des babas cool, bobos, et autres alter mondialistes avec  dreadlocks et rastas , bonnets péruviens et gilets tombants qui s’activent pacifiquement au bar en face, ou est prévu un concert de soutien, l’ambiance est bon enfant, j’espère bien que notre Maire sera là en début d’après midi.

    Je suis folle de rage, c’est du délire, tout ça pour ça, proprement scandaleux, de déballer tant de moyens

    L’homme est fier de lui, son procès est un symbole en ça il a raison, moi je suis outrée, choquée qu’un tel déploiement judiciaire puisse avoir lieu pour cette raison là

    Va t’il aller au bagne ?

    Non, il sera condamné à verser 1000 euros d’amende pour outrage au chef d’état, à suivre …

    La prochaine fois qu’Il viendra dans notre ville, je me garderai bien de sortir sur son passage, rien que ma personne, ma plastique, peut représenter une insulte à notre Président de la République .

     

    Je pourrais compter au moins sur votre soutien cher amis lecteurs..