
Grégoire était un collègue de Jérôme, un jeune homme, d’origine bretonne, que nous voyions de temps à autre, à des pots ou ailleurs, pas un ami, une connaissance
Un jour Jérôme me dit, « Grégoire n’est venu travailler depuis hier, il n’a pas donné d’arrêt de travail, il va falloir que je m’en occupe «
Le téléphone n’avait rien donné
Je lui conseille alors de contacter sa petite amie, celle ci lui avoue qu’ils étaient séparés, qu’il n’est pas très bien, qu’elle ne peut plus rester avec lui
Jérôme tente d’appeler Grégoire, toujours rien, alors il se décide à aller chez lui, un soir.
Il vivait dans un petit logement un peu lugubre dans le centre ville,
En bas de l’immeuble, il trouva aux abord des poubelles, des livres, des cartons, un téléphone, et au milieu de tout ça, les papiers d’identité de Grégoire
Affolé, Jérôme pris la décision de contacter la police, puisqu’il avait beau sonner, il ne répondait pas
La police se déplaça, mais il n’y eut aucun moyen de rentrer de force dans le logement, sans la présence de la famille .
Jérôme insista, terrifié à l’idée d’ouvrir cette porte, dans quel état trouverai t’il son collègue et fini par entendre le son de la voix de Grégoire, qui lui dit qu’il avait des problèmes, mais que tout allait bien
Nous primes la décision de contacter sa famille
Sa belle-mère ne fit pas le déplacement, son père non plus..
Le lendemain, Grégoire fit son retour au bureau, comme si de ne rien n’était ou presque, Jérôme voulu le protéger auprès de la hiérarchie, lui évitant de perdre son emploi
Les jours qui suivirent furent très durs
Grégoire venait à la maison sans prévenir, il était muet, nous étions inquiets, j’avais sa belle-mère au téléphone, elle me demandait de s’en occuper, me confirmant qu’elle ne pouvait pas laisser son commerce, en gros qu’elle ne pouvait rien pour lui
Et nous ??
Le Week end, qui suivit, Grégoire fit irruption chez ses parents, de colère, cassa, brisa, des bibelots, de la vaisselle ..
Puis il revint chez nous, après avoir eu un accident de voiture.
Jérôme lui prêta la mienne,
Un après midi, je vis en plein milieu de la place du jet d’eau, ma voiture !
Stupeur, j’appris alors que le brave Grégoire perdait la tête, faisait n’importe quoi, naviguait dans un désert, Jérôme fut alors dans l’incapacité de sauver son emploi
Il repartit en Bretagne, revint sans ma voiture, dans un deuxième accident, il l’explosa !
Il a quitté la ville, il est parfois revenu, toujours errant, le regard vide, il ne se remit jamais de la mort de sa mère, partie quand il était enfant
Nous avons Jérôme et moi, étaient profondement marqués par cette histoire, impliqués par le hasard, et surtout pris dans un tourbillon, une spirale
Il nous manifesta beaucoup de reconnaissance, essaya un jour de revenir au bureau, Jérôme ne pu absolument pas appuyer une telle embauche
Depuis quelques années, nous n’avons plus de nouvelles de cet homme .
A t’il cicatrisé ?