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  • Kit marocain

    Carla avait de la famille à Rabat, tous les ans elle allait leur rendre visite, et me rapportait un sachet  de perles argentées qui faisait tout mon bonheur .

    Un soir, elle m’a offert un kit de massage

    « tu verras, tu auras une peau de pêche « 

    Merci, c’est très gentil

     

    Je dois avouer que je ne suis pas une spécialiste des hammams, bains de boues, thalasso, et massages en tout genre

    Je me lave, j’applique une crème de jour et hop, la journée commence.

     

    Ce kit se composait, d’un gant, d’un sachet de savon noir, d’un masque emballé dans du carton et un flacon d’eau de rose DSCN1250.JPG

     

    Le gant me faisait penser à du papier de verre, quand au savon noir, j’en avais acheté un seau chez Marius Fabre à Salongant.JPG de Provence pour faire le ménage, j’avais pas trop idée de me laver avec .

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le masque, l’emballage ne m’emballait pas, je sais pas, cette fermeture éclair, ça me fichait à moitié la trouille masque.JPG

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le flacon d’eau de rose, me faisait penser à un roman de Barbara Cartland

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    J’ai déposé ce kit dans un tiroir et je l’avoue, je l’ai oublié .            

     

    Et en lisant ce billet chez Ksénia j’ai réalisé que les jolis flacons exposés sur son blog contenaient la même chose que les trésors offerts par Carla

     

    Alors je me décide à faire ma mixture de Gassoul, d’eau de Rose et étaler tout ça sur ma peau de femme fatale

     

    « L’habit fait pas le moine « 

  • Aboutissement artistique

    Parce que Rose avait été séduite par cette idée

    Parce que je n'aime pas rester sur un échec

    Parce c’était le moment propice

    Parce que cette fois, je sentais l’aboutissement, la finalité d’un projet que me tiens à cœur depuis si longtemps

    Parce que vous lecteurs vénérés vous me soutenez dans les épreuves

     

    Je me suis armée de courage, j’ai saisi avec mes mains de fée les cisailles argentées

    Et malgré les jugements, les critiques et les ricanements (Gwen m’avait dit que c’était kitsch) j’ai taillé

    Et la voilà enfin ma belle topiaire, c’est un..

     sculpture 1.JPG

    Ah je suis fière de moi, oui vraiment, une œuvre..scuplture 2.JPG

  • Le retour d'Isabelle

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    Si y’a un truc que je déteste ce sont les films dits « engagés «  qui se veulent témoignage d’une jeunesse en mal de vivre des banlieues, on ne peut plus démagogiques, portants aux nues des pseudos acteurs césarisés ou palmisés, et dont le public, fort heureusement ne  raffole pas non plus

    Pire encore ,dans un autre registre  les films de Lars Von Strier , ce cinéaste danois qui doit avoir un réel problème avec les femmes pour leurs donner systématiquement des rôles de soumission , les enlaidir à outrance , faire d’elles des esclaves modernes (Breaking the waves, Dancer in the dark et Dogville )

     

    Je vais au cinéma rarement, pour me détendre, être émue ou frissonner

    Alors y aller pour entendre des P..tain de ta race toutes les deux phrases, merci, il y a assez de reportages télévisés à ce sujet

    Je cite « Entre les murs »ou » l’Esquive «  où des jeunes de banlieue lisent du Marivaux ( ma copine Juliette est allée voir ce truc, elle a quand même pas réussi à me dire que c’était bien )

    Heureusement qu’il y a quelques bobos pour aller les voir, eux même seraient incapables de scolariser leurs enfants dans une école ZEP, mais ça leur donne bonne conscience

     

     

    Jean Marc Morandini (j’ai des relations )m’a conseillé de regarder Arte vendredi soir ( ouh elle écoute Europe 1 la Jeanne, ben oui )

    Un film en avant première était diffusé avec Isabelle Adjani

    Sans savoir ce dont il s’agissait, j’ai regardé « la journée de la jupe « 

    Et je me suis laissée embarquer dans cette histoire, certes excessive, parfaitement adaptée à l’actrice, forte, violente

    Et au final, j’ai trouvé ça juste, très sincère, efficace

     

    Alors je le conseille, à tous ceux qui croient que la violence verbale et physique est une fatalité, un exutoire d’une génération en mal de vivre, il est grand temps de leur ouvrir les yeux, de leur gueuler haut et fort que c’est pas la bonne méthode pour s’en sortir, que c’est n’est pas parce qu’ils vivent dans des cités sensibles (comme on dit ) qu’ils ont le droit d’organiser des tournantes, de considérer les filles comme du bétail, de vivre  leur sexualité en dérive sauvage et désastreuse .

     

    J’ai tout le temps pensé à mon amie Carl .

     

    Et heureuse d’apprendre que la diffusion a battu des records d’audience, comme quoi, quand c’est réussi, le public accourt .

     

    C’est vrai il y a aussi la présence d’Isabelle Adjani..

     

    Le film est sorti en salle cette semaine  , je l’ai vu, et en plus comme dirait Didou « j’ai pas payé ! « 

  • Grégoire

    papiers.jpg

    Grégoire était un collègue de Jérôme, un jeune homme, d’origine bretonne, que nous voyions de temps à autre, à des pots ou ailleurs, pas un ami, une connaissance

     

    Un jour Jérôme me dit, «  Grégoire n’est venu travailler depuis hier, il n’a pas donné d’arrêt de travail, il va falloir que je m’en occupe « 

    Le téléphone n’avait rien donné

    Je lui conseille alors de contacter sa petite amie, celle ci  lui avoue qu’ils étaient  séparés, qu’il n’est pas très bien, qu’elle ne peut plus rester avec lui

    Jérôme tente d’appeler Grégoire, toujours  rien, alors il se décide à aller chez lui, un soir.

    Il vivait dans un petit logement un peu lugubre dans le centre ville,

    En bas de l’immeuble, il trouva aux abord des poubelles, des livres, des cartons, un téléphone, et au milieu de tout ça, les papiers d’identité de Grégoire

    Affolé, Jérôme pris la  décision de contacter la police, puisqu’il avait beau sonner, il ne répondait pas

    La police se déplaça, mais il n’y eut aucun moyen de rentrer de force dans le logement, sans la présence de la famille .

     

    Jérôme insista, terrifié à l’idée d’ouvrir cette porte, dans quel état trouverai t’il son collègue et fini par entendre le son de la voix de Grégoire, qui lui dit qu’il avait des problèmes, mais que tout allait bien

    Nous primes la décision de contacter sa famille

    Sa belle-mère ne fit pas le déplacement, son père non plus..

    Le lendemain, Grégoire fit son retour au bureau, comme si de ne rien n’était ou presque, Jérôme voulu le protéger auprès de la hiérarchie, lui évitant de perdre son emploi

    Les jours qui suivirent furent très durs

    Grégoire venait à la maison sans prévenir, il était muet, nous étions inquiets, j’avais sa belle-mère au téléphone, elle me demandait de s’en occuper, me confirmant qu’elle ne pouvait pas laisser son commerce, en gros qu’elle ne pouvait rien pour lui

    Et nous ??

     

    Le Week end, qui suivit, Grégoire fit irruption chez ses parents,  de colère, cassa, brisa, des bibelots, de la vaisselle ..

    Puis il revint chez nous, après avoir eu un accident de voiture.

    Jérôme lui prêta la mienne,

    Un après midi, je vis en plein milieu de la place du jet d’eau, ma voiture !

    Stupeur, j’appris alors que le brave Grégoire perdait la tête, faisait n’importe quoi, naviguait dans un désert, Jérôme fut alors dans l’incapacité de sauver son emploi

    Il repartit en Bretagne,  revint sans ma voiture, dans un deuxième accident, il l’explosa !

    Il a quitté la ville, il est parfois revenu, toujours errant, le regard vide, il ne se remit jamais de la mort de sa mère, partie quand il était enfant

     

    Nous avons Jérôme et moi, étaient profondement marqués par cette histoire, impliqués par le hasard, et surtout pris dans un tourbillon, une spirale

     

    Il nous manifesta beaucoup de reconnaissance, essaya un jour de revenir au bureau, Jérôme ne pu absolument pas appuyer une telle embauche

     

    Depuis quelques années, nous n’avons plus de nouvelles de cet homme .

    A t’il cicatrisé ?

  • Mutations capillaires

     

    Parce que leur formation se fait en deux temps, j’ai la chance d’avoir un suivi intéressant avec mes stagiaires

     

     

    Ce travail demande une certaine  faculté d’adaptation du fait que les stagiaires sont d’âges très différents, de culture variée, d’origines diverses et surtout d’un niveau d’étude très très hétéroclite.

     

    J’ai donc formé plusieurs groupes en 2007, et je les retrouve pour leur deuxième partie.

    Comme je suis physionomiste, c’est assez facile pour moi de les reconnaître, de remettre un prénom sur leur visage, un vécu.

    Et puis un bébé de 1 an, quand il en a 3, il change, mais des femmes de 22 ans à 60 ans, elles ne grandissent pas.

     

    Quoique..

     

    Elles ont  certaines, changé de.. Coiffure et parfois c’est pas mal, parfois c’est … pas terrible.

    Ainsi j’en retrouve une avec un carré blond platine qui me fait penser aux perruques des barbies, une autre les cheveux un peu rouges, une autre avec des  mèches un peu bariolées, c’est le choc.

     

    Oh tais toi Jeanne, écoutes plutôt tes amis, tu n’es pas mieux.

     

    Hélas les films amateurs m’ont trahie

    Il y a peu de temps encore, j’ai provoqué une certaine hilarité quand des personnes qui me connaissent m’on vue avec des cheveux longs, bouclés..

    « c’est Jeanne ?? ah ah ah !! « 

     

    Enfin y’en a un autre qui a été victime de la fashion hair, des flon flons, mais bon, ça ne l’empêche pas d’être devenu un dieu vivant.

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    Mais oui, y’avait longtemps qu’il n’était pas revenu sur le tapis lui !

     

  • Mon ange

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    Il y a quelques années, j’ai enfanté d’un ange, un angelot bien dodu de plus de quatre  kilos, costaud, en pleine forme.

    Mon ange souriait, riait beaucoup, dormait comme un loir.

    Parfois je culpabilisais de ne pas m’en occuper autant que sa grande sœur, son frère, et puis je me disais que mon ange vivait autre chose, cajolé par eux, très admirée.

     

    Je n’obligeais personne à l’aimer, ça non, personne, ni à la regarder, elle était à mes yeux mon cadeau, ma dernière maternité

    Je la nourrissais, la berçais, j’étais toute heureuse de ressortir les vêtements d’Ellen, de revivre ces petits rituels.

    Au fil des ans, mon ange a muté, un petit diable, colères, cris, elle s’opposait

    Je me trouvais confrontée au jugement dernier, « elle lui cède tout «  , » c’est la dernière.. "» « elle fait ce qu’elle veut « 

    Quand mon ange souffrait, j’avais mal, je ne baissais pas les bras, je trouvais du réconfort auprès de mes amies et Jérôme qui m’aidait à accepter, assumer.

     

    Je n’obligeais personne à l’aimer, juste la respecter

     

    Je savais qu’il fallait du temps, que c’était passager

    Je lui faisais confiance, lui répétant sans cesse «  je suis là pour te protéger « 

    Le petit démon s’est envolé, et mon ange a repris ses ailes, mon ange est devenu câline, docile, sensible.

    Son frère et sa sœur lui laissèrent plus de place, mes bras lui étaient ouverts, tout le temps, mon cou était son réconfort, son nid, elle commença à mettre des mots sur tout .

     

    Mon ange parle, dit, avec un vocabulaire exceptionnel, ce qu’elle ressent, ses tracas, ses peurs, ses grandes joies, et remercie, m’aide, elle danse, elle chante, exprime sans aucune resserve sa joie, sa tristesse

    Mon ange vit dans ses rêves, elle plane, enfile ses ailes roses et pailletées et s’évade, plane, vit dans sa bulle

    Je l’aide parfois à revenir dans notre vie.

     

    « Tu es  là pour me protéger.. »

     

    Sous ma couette, Rose se blottit, elle m’attrape par le cou, serre fort, et lâche ses deux mots

     

    « Ma Mère « 

     

    Je suis la mère d’un être d’exception, ma Rose est mon bonheur, ma tendresse, je l’aime d’un amour indéfinissable,

     

    Tous les soirs, Jérôme va la voir pour éteindre sa lumière, il ne laisse cette place pour rien au monde, c’est son geste à lui, voir sa petite fille, sereine, endormie

     

    Je n’oblige personne à l’aimer.

     

     

     

     

     

  • Les corvées

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    A l’automne nous étions réquisitionnés pour aller ramasser les pommes

    Nous partions dans le clos des pommiers en début d’après midi et en sortions à la tombée de la nuit

    Je détestais ça, mes doigts étaient transis par l’humidité, nous n’étions pas équipés, de mauvaises bottes en caoutchouc aux pieds, je n’en voyais pas le bout

    Mon père charriait les paniers remplis jusqu’au tas qui grossissait petit à petit

    Nous n’avions aucune récompense, nous devions faire cette corvée là

    Il y en avait d’autres, le foin, les haricots verts, les betteraves à piquer,pommes de terre à ramasser .

    Je n’étais pas du toute motivée, je préférais jouer dans ma chambre .

     

    Je n’aime pas les corvées, je ne fais pas les choses sur un temps long, j’ai besoin de changer d’activité souvent .

    Le ménage est fait par petits bouts, un jour les sanitaires, le lendemain, l’aspirateur, une chambre , passer une journée entière à faire du ménage est au dessus de mes forces ?

    Pareil pour les vitres, une ou deux de temps en temps, j’en ai marre j’arrête.

    Le pire se sont les évaluations écrites de mes stagiaires, je suis incapable de m’asseoir deux heures pour les corriger, au bout de trois, je butine, comme une abeille, je suis déjà sur autre chose

    Je n’aurais jamais pu être prof

    J’admire les gens qui s’astreignent aux corvées, de confiture, de conserves, de peinture, de ponçage …

    Je jardine un peu tous les jours, mais retourner le jardin en une après midi, je n’y arrive pas, désherber la totalité du terrain, impossible

    Je ne suis pas toujours efficace mais je m’ennuie jamais, le quotidien ne me pèse pas, il est rythmé par des petits rendez-vous imprévus, des contacts, des apaisements créatifs, ponctués par l’actualité du jour, la radio ma compagne, mes chansons , mes  chansons , mes gamberges cérébrales .

     

    Mon père a oublié ces temps de corvée, il est convaincu que c’est arrivé parfois, un peu .

    Il fut élevé dans le rendement, comme beaucoup de familles, la rentabilité

     

    C’est un fait, je ne suis pas du tout rentable..

     

    Je ne lui en veux pas , je choisis de faire autrement .