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  • Yannis

    Yannis est un homme joyeux, très communicatif, plus qu’agréable, ce genre d’homme particulièrement spontané, rieur, charmant

     

    Je ne le voyais plus  depuis plusieurs semaines, je prenais alors des nouvelles auprès de Pierre- Alain et Agathe qui le connaissaient bien

    Avec franchise et simplicité, mes amis m’informèrent que Yannis n’allait pas bien, qu’il souffrait d’une grosse dépression, qu’il était au bord du gouffre, hospitalisé en psychiatrie

    Cela m’affecta, j’y pensais beaucoup, je pensais à sa solitude, au grand desaroi de sa femme, déjà bien affectée par le destin de leur fils

     

    Et dans ses cas, les questions fusent

    « Je l’appelle ? « 

    Je ne me sentais pas assez proche d’elle pour faire cette démarche, pas non plus suffisamment pour lui rendre visite, ne rien dire, ne pas se manifester, faire comme si « je ne savais pas «  et attendre, pas possible non plus .

     

    Alors j’ai couché quelques mots sur le clavier,

    Bonjour Yannis

    Ne te voyant plus aux répétitions, j'ai demandé de tes nouvelles à Agathe et Pierre Alain

    Ils m'ont dit que tu traversais une période difficile, quelques hospitalisations, une prise en charge nécessaire pour pouvoir te rétablir.

    Je voulais juste te dire, que je te souhaite un bon départ, de revenir parmi nous prochainement, j'ai besoin de toi sur scène !!!

    Dis plein de bonnes choses à Sylvana qui doit aussi devoir redoubler d'énergie pour maintenir la famille, le travail..

    Tu n'es pas obligé de répondre à ce message, de justifier quoi que ce soit , il est juste amical

    je vous embrasse toi et Sylvana

     

    Les semaines passèrent

    Un soir, je sentis une tape sur l’épaule, je me retourne, Yannis était revenu, fragile et heureux

    Nous sommes embrassés très fort

    Plus tard, nous avons parlé, il m’a raconté, le traitement, les soins, les nouveaux protocoles

    Il va bien, il a changé de travail, a retrouvé force et énergie

     

    Nous chantons l’un à côté de l’autre, il règne une grande complicité, de la tendresse, ce quelque chose de pas descriptible

     

    Ne pas faire comme si on ne savait rien, un petit mot, un tout petit, pas plus, juste dire « je ne t’oublie pas « 

    Ne pas avoir peur de ce qui pourrait un jour pourrait nous arriver .

     

     

     

     

     

     

  • Jeune et jolie

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    Vers la fin du primaire, un médecin scolaire diagnostica une myopie .

    Au début je crus à une erreur, chez l’ophtalmo, il y eut confirmation, et six mois plus tard, ma vue baissa si vite, qu’il me fut totalement impossible de lire au tableau, une vraie taupe .

    De ce jour, je fus donc affublée d’une paire de lunettes, même si j’échappais aux fameuses lunettes de la Sécu,  j’avoue avoir eu un peu mal à me faire à cette nouvelle tête

    Mais le pire restait à venir .

    Ma dentition n’étant pas parfaite, et c’est peu dire, j’eus le privilège de porter, un appareil, spécialement conçu, rien que pour moi, en plastique et métal

     

    C’était déjà une vraie torture de faire les empreintes, on me mit un moule en plâtre dans la bouche, et m’obligea à attendre, avec une envie de vomir terrible , que les empreintes soient marquées à jamais .

    On aurait pu les exposer au Musée d’histoire Naturelle .

    J’avais d’ailleurs conservé ce moulage, ce n’était pas beau à voir .

    C’était un vrai supplice de mettre l’appareil dentaire

    Le haut avec un palais, ça passait encore mais le bas, n’était pas du tout adapté  ma mâchoire, impossible du clipper, mon père avec sa grosse main forçait désespérément, l’horreur..

    Ne me plaignez pas maintenant, c’est trop tard..

    J’avais régulièrement des aphtes, cela venait gentillement rajouter des douleurs sordides à mes gencives

    Ma tête devint un boulet, mon corps l’était déjà, je grandissais avec peine, je rasais les murs, rien, rien dans cette nouvelle vie n’était positif .

    Mes parents riaient gentiment de la situation, j’étais laide, affreuse, mais c’était une fatalité

    Mon frère et ma sœur, n’avaient rien de tout ça, tout était pour la même, Jeanne, allez un pack, une promo !

    Par chance je n’eux jamais d’acné, rien, une peau de bébé, pas un bouton sur la tronche, ah, ben faut en laisser aux autres quand même !

    Je ne me rebellais pas, jamais,  je me laissais porter dans cette triste vie, je ne feuilletais jamais de revus de filles, d’ados, jamais, je n’enviais personne, j’attendais..

    J’étais habitée par une certitude , une certitude que le jour viendra ou tout ira mieux, qu’il me fallait attendre l’an deux mille pour ça

    Etrange intuition

    Un soir, je pris mon appareil dentaire, de mon pied j’ai appuyé sur la pédale de la poubelle Rossignol, et hop, terminé !

    Mes parents n’ont rien dit, je crois qu’ils jugeaient que j’avais assez donné

     

    Les années passèrent, je changeais, ma nature très positive m’offrait de jolies rencontres

    Je ne refais pas la partition de la pauvre fille qui doit convaincre par son sens de l’humour et de la spontanéité, la bonne copine sympa..

    Parce que tout bêtement, un homme d’une élégance inouïe et  doté de mille qualités s’approcha de moi, farouche, et tomba dingue, passionné, amoureux …

    Tombé du ciel !

     

    ça donne confiance croyez-moi..

     

    Il y a quelques temps, mes deux complices et amis Paul et Jeremy m’ont dit que j’embellissais avec l’âge, ah comme je les aime.. !!

     

    Pour ceux qui l’ont oublié ou jamais vu, j’ai publié ma photo ici , c’est vrai que je fais des envieuses

    J’espère qu’en vieillissant, je ne vais pas trop  dépérir..

     

    Le pire, c’était les photos de classe, les photos en général, un vrai cauchemar..

    Et la photo en communiante : censuré !

     

     

  • Une moque au tonneau

    CIDRE.jpg

    Agée de 8 à 9 ans, j’allais en vacances passer deux ou trois jours chez mes grands-parents

    De l’autre côté de la route, il y avait une grange, mon grand-père ouvrait la porte avec une grosse clé, et là, se trouvait, un tonneau, une moque, et plusieurs fois par jour, il venait se désaltérer avec ce précieux nectar, fait de pommes broyées

    Il me tendait sa grosse tasse et me disait « en veux tu une goutte ? « 

    Et bien sûr je buvais une délicieuse gorgée de cidre

    Nous  en buvions à  table, souvent, le cidre était mis dans un pichet, il avait au début une jolie couleur orangée, c’était divin..

    Plus tard mon père arrêta de fabriquer son cidre, il lui arrivait d’en acheter à mes oncles, un très bon cidre brut

    Et depuis ce temps, je suis restée, par la force des choses, une inconditionnelle du cidre

    J’adore ça, j’en boirais des litres, à tous les repas

    Un seul problème, c’est que cette boisson est alcoolisée, donc il faut la consommer avec modération

    J’en achète une à deux bouteilles, par semaine, nous en buvons quand je fais des crêpes, deux verres, pas plus, c’est mes quotas

     

    Mes beaux-parents, ne boivent jamais de cidre, eux c’est le vin, tous les jours, et le vin, en question, puisqu’ils sont angevins, est sujet à bien des discussions, tout le monde à son mot à dire, son goût, bla, bla

     

    Nous les Normands, on ne parle pas des heures au sujet du cidre, s’il est bon, on le boit, s’il est mauvais on le jette !

    Chacun ses rituels

     

    J’adore le cidre !!! C’est affreux..

    En revanche, je déteste la bière.

  • Je t'aime un peu trop

     

    Certains ont été élevés au Nutella, d’autres au lait de vache, aux Kinder surprises, au fast food, moi, je vous l’ai déjà dit, j’ai été élevée aux Carpentier .

    J’ai tout vu de ces shows télévisés kitsch et décalés des seventies

    J’ai retrouvé par hasard cette merveille, je ne résiste pas à vous la faire partager :

    Un couple, lui, typé, c’est Shuky, mélange de Demis Roussos et Hugues Aufray, elle, brune, un peu exotique, hippie mais pas trop, je vous présente Avina( rien à voir avec les filles qui présentaient la gym tonic )

     

    La chanson est …incroyable

    Elle lance des yeux langoureux à son partenaire ,et que penser des « oin, oin, oin ouah ouin … «  du refrain, c’est divin

    Directement inspirés des  Rubbetts, il était fréquent d’entendre ce genre de mélodies dans ces années là.

    Le pont musical, accompagnement guitare et je ne sais quoi, me fait penser aux génériques des «merveilleuses  cités d’or « 

    Qui a copié qui ? 

    Admirez le décor, et la présence d’Enrico Macias en guest star

    J’adore, j’avais oublié ce tube, génial

    Pardon à mes lecteurs qui pourraient êtres las de mes séquences nostalgiques , surtout les moins de 20 ans, mais à la création de ce blog, vous étiez prévenus, « anecdotes d’hier «  c’était écrit !

    Dois je vous préciser qu’il y a des contestataires, mon ami Gordon m’a téléphoné vendredi dernier, pour me dire son mécontentement, parce que dixit « à cause de moi, il avait eu toute la journée dans la tête, non non rien à changer. des Poppies « 

    Ah le client sait se manifester !!

     

     

    Je t’aime un peu trop, mais surtout ne me le reproches pas ouah ouain , oin oin ! ouin ouin !

     

     

     

  • Le collier prénom

    En ce temps là, il était courant de porter une chaîne collier avec son propre prénom

    Je devais avoir 13 ans, et j’avais rêve de porter ça, une chaîne en argent, avec des lettres cursives  assez éloignées les unes des autres

    Ma mère m’offrit ce cadeau, mais les lettres étaient serrées, le métal noircissait vite, je me souviens d’avoir été un peu déçue

    J’avais eu une gourmette, avec mon prénom, en argent aussi, c’était très dur de l’ouvrir, le système était très particulier, beaucoup de lettres  se sont vite effacées, je les noircissais de temps à autre avec de l’encre qui ne tenait pas

    J’eus les oreilles percées, je voulais un modèle en or, avec des perles, celles qu’on me proposa n’était pas vraiment de mon goût, je les portais quand même, je les ai même conservées.

    Tout était à moitié, tout le temps, j’avais un sentiment de ne jamais avoir entière satisfaction, je subissais tout, où presque..

    J’avais acheté une jupe, je n’avais pas de haut pour aller avec, j’avais choisi le nouveau papier peint de la chambre, mes parents laissèrent le vieux couvre lit rouge qui n’était pas dans les tons.

    Tout était à moitié

    J’avais réalisé une étagère en bois, j’étais fière de moi, personne ne m’aida à la poser au mur, je faisais une installation de fortune, qui ne tenait pas .

     

    Les frustrations, les perspectives du mieux, est ce tout cela qui l’a motivée à aller en avant ?

    Je le crois, c’est parce que je n’avais pas, ou très peu, que je souhaitais  faire .

    Je n’ai jamais de mal à renoncer à un achat, jamais, si je ne trouve pas je m’en passe .

     

    Je possède une quarantaine de colliers, des paires de boucles d’oreilles, des tas de bracelets, j’ai un de toutes sortes, de toutes couleurs, de toutes matières .

    Rien de précieux, tout fait de mes mains

    Chaque matin, c’est le petit rituel,  je mets lequel ?

    C’est mon petit plaisir, mon savoir-faire, quand je n’aime plus, je transforme, je modifie, jamais je ne jette ;

     

    J’ai modifie des vêtements, des sacs, des lampes..

    Des tas de choses passent dans mes mains, sont subitement relookés .

    Gare à vous !

     bracelets.JPG

  • La playmate du jeudi soir

    vieille télé.jpg

    Tous les jeudi soir, nous avions le droit de nous coucher plus tard car c’était la Grand Messe

    La télévision diffusait le « collaroshow « 

    C’était une émission de divertissement, avec des invités de  variétés, rythmée par des sketches et des parodies

    orchestrée par Stéphane Collaro et ses compères, Guy Montagné, Jean Roucas, Philippe Bruneau, Claire Nadeau, Alain Scoff …

     

    Bien sûr le niveau n’était pas très élevé, mais cette émission avait une telle popularité que toutes classes sociales (enfin presque  ) regardaient.

    Il y avait le fameux hippie qui sonnait à toutes les portes en disant « salut c’est pour un sondage «  il ne faisait mettre dehors et il faisait le V avec sa main en disant « ah dur dur « 

    L’expression fit le tour des collèges, on l’entendait cent fois par jour

    Ceux qui l’utilisent encore, peuvent être qualifiés de ringards aujourd’hui.

     

    Il y a avait une parodie de Dallas, pas très fine, un peu improvisée

    Il y a avait aussi la séquence psy avec le Dr Cinoque et Madame Foldingue

    C’était ma préférée avec « la vie des sectes « , reportage sur les sectes bien étranges.

    Je crois que Roland Magdane y faisait des fausses pubs, le malheureux mit d’ailleurs des décennies pour se détacher de son fameux « la la « 

    C’était de l’humour potache, pas toujours raffiné, avec des boite à rire omniprésentes

     

    La séquence de la playmate, une jolie créature qui se déshabillait était attendue, les comiques faisaient leur numéro autour de ça..

    Ces années 80 étaient légères, on faisait, chantait n’importe quoi, des chansons tubes qui animaient les cours d’écoles comme celle çi

    Vous n’êtes pas obligés d’aller jusqu’au bout

     

    La fin des années 80 fut marquée par l’arrivée de Canal +, les chaînes se multipliaient, il y eu l’humour Canal avec les Nuls et De Caunes

    Et les français qui restaient fidèle à l’humour potache de Collaro et du Bébête show eurent droit à un certain mépris, l’éternel clivage Gauche Droite

    L’humour devint alors propre aux classes sociales, chaque classe, chaque génération avait son programme, ses favoris

    Personne n’osait avouer qu’il regardait Benny Hill

     

    C’est avec la multiplication des chaînes que les émissions très populaires ont disparu, elles fédéraient du lien, des connivences, et surtout tout français qui se collait bêtement devant des programmes aussi légers  l’assumait totalement,  aujourd’hui, ça me semble en être autrement

     

     

     

     

     

  • Comme une bovine

    main serrée.jpgDans certaines situations, je suis saisie par un sentiment étrange, un sentiment de rage mesurée, d’énervement, de semi révolte

    Et bien plutôt que de m’emporter, de gueuler, je rumine, comme une bovine, je ressasse, je garde en moi des mots mastiqués incapables de les digérer

    Puis brutalement, je passe à l’action.

    Je pourrais trouver des exemples, des moments vécus, des lieux où brutalement, je me sens comme agressée, méprisée, non pas que j’attende une reconnaissance ultime, mais un minimum de respect, parce que le titre si honorifique qu’il soit d’élu, de responsable, ne permet pas seulement d’avoir les premières pages de la presse.

     

     

    Je pourrais me dire comme tant d’autres, Jeanne tu t’en fous, ce n’est pas toi personnellement qui est visée, c’est un groupe, une communauté

    Mais si je me sens proche, où directement intégrée dans ce groupe, je vis cela comme une injustice, et je ne veux pas me plier, donner mon temps, mon énergie

    Je me retrouve prise aux pièges, face à mes choix, mes convictions, ça me ronge, j’essaye alors de m’entourer de personnes qui, par leur détachement me ramènent à cette réalité où je suis impuissante

    Je n’aime pas les conflits, les guerres, les violences verbales alors j’arrondis, je tempère, et au final me rend compte que cela ne me fait pas avancer, pas comme je voudrais

     

    J’ai pris conscience alors que je resterai sans doute bovine longtemps, ruminante, piètre exécutante.

    Je me préserve bien alors de prendre la place qui n’est pas  la mienne, une certaine forme de pouvoir, d’apparat

    Mon père me disait souvent

    « t’es révoltée «  , « on ne change pas le monde « 

    Doit on tout accepter pour autant ?

    Je ne suis pas assez vieille pour ça

    Il me reste encore du temps pour ruminer, digérer …

     

  • aux portes de la mer (2)

    tempête.jpg

     

    L’été 1987 nous conduisit en Scandinavie, sac à dos, carte inter rail, longs trajets en train, ce fut le début de notre histoire

    Adrien n’était pas heureux de notre bonheur, il mettait de la distance, de la méfiance à nous voir amoureux l’un de l’autre

    Eugénie s’en réjouissait .

     

    Un autre voyage, en Irlande, avec Louis, on était inconscients, tout était improvisé, sans enfants, la vie était faite de rencontres, de folie, de délires, on semblait ne jamais se lasser de tout ce qui nous arrivait .

    Ils avaient toujours mille projets, Adrien écrivait de beaux textes,

    Constant  les mit en musique, et la voix divine de Anne les fit vivre.

    Avec audace en studio, ils enregistrèrent une maquette, un petit régal musical qu’ils l’intitulèrent « Aux portes de la mer « 

     

     

    Une petite fille, un bébé, vint enfin combler le bonheur d’Eugénie et Adrien, je fus la marraine ,ça me remplissait de joie , venait en moi un grand désir d’enfant .

     Les choses changeaient soudain, les excès d’Adrien devenaient pesants, comme brutalement étouffants, l’influence qu’il exerçait sur mes amis, me laissait amère, je naviguais dans des tourments, il était temps de poser les voiles, de calmer les cyclones  .

     

    Je quittais la ville, eux aussi, les liens étaient tendus, je n’y voyais plus clair mais l’avenir semblait serein .

    Une autre petite fille, étrangement de trop, pour lui, il tira sa révérence, voulant que sa vie soie faite des plaisirs les plus  bruts, refusant les compromissions, le quotidien, il s’installa ailleurs, dans une nouvelle vie, quelques mois après notre mariage

     

    Tout s’écroulait pour Eugénie, tout, elle devait faire face à ses regrets, son chagrin, reprendre sa vie en main, elle avait besoin de nous .

    Nous étions en train de construire notre vie, loin de tout, la notre, libres, heureux de tout reprendre à zéro .

     

    Anne et Lorenzo étaient mariés, exilés eux aussi, un bébé, puis deux, leur bonheur transparaissait, c’était bon de voir des gens heureux

     

    Les années passèrent, plus de nouvelles d’Adrien, il renia son passé, avec condescendance  et mépris, changea de nom, se réfugia dans ses délires, sa création, sa poésie.

    Eugénie retrouva l’âme sœur, et pris à son tour un autre chemin, s’installa auprès d’Annecy .

     

    Tant de blessures, tant de galères, pour Gordon, pour Léo, pour Louis, tant de chemins tortueux, tant de peines, tant de drames ..

     

    Nous avons  traversé tout ça, essuyant regrets, doutes..

    Nous nous sommes rapprochés de Anne et Lorenzo, ce fut du beau, du bon, du vrai.

     

     

    Une décennie remplie de bonheur, marquée de tristesse, frappée par celle qui attendait au virage, la pire …

    Elle nous arracha d’abord  Joseph, puis  Anne..

     

    Eugénie est devenue ma belle sœur, elle me manque et je lui manque

    Nous nous voyons en famille souvent , alors dès que l’occasion se présente , toutes les deux , nous nous éclipsons , et reprenons nos vies , avec tendresse , avec confiance , nous avançons , n’avons rien perdu de cet ultime lien , de ce passé heureux que nous évoquons avec éclats de rire

    J’ai tissé avec ma filleule beaucoup de chaleur , je compte pour elle , elle compte pour moi

    Mais Eugénie me manque beaucoup ….

     

    Il y a quelques jours , Nath m’a envoyé une jolie carte , accompagnée d’  un CD , j’ai découvert avec émotion le titre ,

    « aux portes de la mer « 

    Je ne peux pas encore écouter, trop intense, trop fort, mais je l’ai rangé avec délicatesse avec mes trésors, et je la remercie encore pour ce geste si précieux.

  • Aux portes de la mer (1)

    agon.jpg

    Fraîchement installée dans cette nouvelle vie, j’aspirais  à de nouvelles rencontres

    Joseph avait croisé un couple, il me convia à leur rendre visite

    Un soir de septembre, nous allons les voir, ils vivaient dans une maison de pierre, au fond la campagne, lui, Adrien, était psychologue, elle, Eugénie était sans emploi

    Ils avaient une énergie débordante, se réjouissant de cette visite si spontanée, me convièrent à les retrouver régulièrement

    Elle peignait, tricotait, décorait cette maison de location, lui jouait de la guitare, adorait chanter, narrait son passé en Polynésie, organisait des jeux de rôles, des jeux de plateaux.

    Il avait une mémoire fabuleuse, était capable de grandes tirades philosophiques, de délires nocturnes insoupçonnés

    Nous avons vite pris l’habitude de nous côtoyer  souvent et

    très vite je leur présentais mes amis : mon vieux copain Léo , ravi de trouver un tel personnage, sur mon ami Gordon, lui aussi très proche de ce couple particulier et bien sur Louis.

    Nous partagions plein de choses , du bonheur à l’état pur , je me rapprochais d’Eugénie , elle était ma sœur , ma confidente , mon amie .

     

    Un soir de réveillon du nouvel an, ils avaient invité des amis, j’y croisais un musicien, un pianiste, un homme mystérieux Constant  autant insolite qu’attachant.

     

    Il avait une sœur, Anne, un petit bout de femme de caractère, je fus conquise par son sourire radieux, elle était toute jeune comme moi, elle était profondément amoureuse d’un ami d’Adrien : Lorenzo .

     

    Nous sommes partis en week-end en Anjou, en Vendée, en Bretagne, dans le Cotentin, nous faisions  des escapades à la mer, de grandes parties de pétanques, des dîners improvisés de pâté et brioche, des virées spectacles, nous partagions nos vies avec passion.

     

    Un soir d’hiver avant de partir à une soirée folk, Eugénie me présenta son jeune frère, il s’appelait Jérôme..