26.10.2009
Et si c'était lui ?
A chaque fois que nous allions pour les petites vacances, ma grand-mère sortait son électrophone
Il était moderne, fixé sur un meuble sous lequel les 33 tours et 45 tours étaient bine alignées entre des barres métalliques dorées
Le couvercle servait de haut-parleur, les petits vinyles étaient superposés, ils tombaient sur la galette en caoutchouc au fur et à mesure du passage
Ma grand-mère rapportait des disques de ses pèlerinages, nous connaissions par cœur la vie des Saints, de Bernadette Soubirous, avec le curé qui prenait une grosse voix inquisitrice
« Dis-moi Bernadette, tu es sûre que tu ne racontes pas de sottises «
Elle avait aussi un 33 Tours de Fernandel, « Ignace « et »Barnabé «
On écoutait, pas parce qu’on aimait, mais pour le simple plaisir de voir déployée l’artillerie
Elle avait aussi des disques de Marie Claire Pichaud ( je suis subjuguée moi-même d’avoir conservé des détails aussi précis ) une chanteuse chrétienne qui d’une voix langoureuse nous plonger dans les profondeurs divines 
..
Et pour redonner un peu de tonus à ces après midi musical, nous écoutions le « P’tit Capet « de Brix, groupe folklorique local que peut être Mlaféeclochette à vu un jour à la Foire de Lessay ou à la St Jouvin !
Et pour finir, il y a avait le 45 Tours de la petite marchande d’allumettes
Je l’ai écouté des centaines de fois, le crépitement du disque, des allumettes, étrange alchimie du conte le plus tragique de mon enfance
Lorsque au petit matin, la pauvre fillette, transie, morte de froid, appelait dans un dernier
« oh …grand-mère … »
L’angoisse ultime de la mort, de la solitude, de l’errance
Parce que ma grand-mère , je la croyais immortelle, qui pouvait présager qu’elle partirai si vite, trop vite …
A la mort de mes grands-parents, la maison fut vidée, je ne sais pas qui a hérité des disques, de l’électrophone
Qui a conservé ce vinyle de la petite marchande d’allumettes ?
En recherchant une illustration, j’ai retrouvé sur un site de ventes aux enchères sur le net, le même, ce disque du conte d’Andersen
Sa provenance était de Basse Normandie
Et si c’était lui ?
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
24.10.2009
Clones
Je vous laisse deviner qui sont ses deux jolis bébés ?

10:45 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
21.10.2009
Le moribond

Ce professeur de français de quatrième marqua sans le savoir un tournant dans mon » vécu culturel «
Il était passionné, par les auteurs, les poètes, il aimait les mots, la littérature
Il n’arrivait pas forcement à nous faire aimer les auteurs, Boris Vian, Prévert.. mais il leur portait une telle considération, qu’il était impossible de rester indifférent
Il était un peu dandy, quelque peu maniéré, il lui arrivait de se mettre en colère, pour peu, d’avoir des réactions un peu brutes, pour moi qui maniais les mots comme on manie un torchon
En fin d’année, il apportait sa guitare et il chantait Brel, Brassens..
Ceux là, je ne les avais jamais entendus, presque jamais vus
Les mélodies restèrent dans ma tête, pour longtemps
Des années plus tard, je me formais à la littérature jeunesse, j’adorais découvrir les nouveaux auteurs, et qu’elle fut ma surprise de voir que ce professeur publiait à son tour des ouvrages pour enfants
Je racontais ses livres à Ellen, avec une certaine complicité, fierté
(C’était mon prof ! )
Je me décidais alors à lui écrire, lui racontant mon parcours, le remerciant, lui disant qu’il avait semé des graines, que je les récoltais à présent, avec ma famille, dans mes loisirs, dans mon métier
Il m’envoya une lettre manuscrite, me disant combien il était touché d’avoir eu un tel témoignage de la part d’une ancienne élève
Aux enfants il dédicaça une carte
« la tête dans les nuages «
On se souvient bien de ceux qui nous ont blessés, humiliés parfois, on cultive des rancunes, des aigreurs
Mais remercier, dire, avec des mots simples, combien ils ont compté pour nous, est une démarche positive dont on aura bien tord de ne pas faire profiter
Ais je semé à mon tour ses petites graines là, je le crois, sous diverses formes, à des enfants, des adolescents, des parents..
Semons, récoltons sans limites !
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
01.10.2009
Le secrétaire
Dans la petite chambre de l’étage, il y avait peu de meubles
Un lit pont avec deux petites tables de nuit à tiroir, et un secrétaire
Je devais partager ce secrétaire avec ma sœur Flo, comme le lit double
Evidemment cela posait des problèmes cohabitation, ce n’était pas la belle entente, j’avais toujours envie de lire, d’écrire
Je cachais mes carnets où je pouvais, je changeais toutes les semaines de planque, je ne supportais pas l’idée d’être lue, ça virait à l’obsession parfois
Je n’avais aucune intimité, jamais, je planquais tout, mes lettres, mes secrets
Le secrétaire avait été acheté un jour, c’était semble t’il le meuble idéal pour travailler..
Mon père n’a pas de savoir-faire pour monter les meubles en kit
Il faut que ça aille vite, il n’avait pas pris le temps d’équilibrer les portes, les serrures n’ont jamais fermé, les clés en tombaient dix fois par jour, la porte du bureau ne se refermait pas à fond, idem pour les tiroirs
Dans cette maison de bric et de broc, ce meuble avait trouvé sa place, il était parfaitement inapte à sa fonction de base, m’accompagner pour faire les devoirs
Nous devions nous suffire d’une partie chacune pour y ranger nos cours, les classeurs et livres explosaient de partout, c’était quasi impossible à ranger, manque de place
Il fallait refermer la porte bureau tous les soirs, autant dire que c’était inutile de s’y installer pour si peu de temps
Dans cette chambre bien humide, il y avait un petit convecteur électrique pour deux pièces, ça chauffait un peu, et dès qu’il était éteint, la pièce était refroidie
Le secrétaire n’était pas équipé de lampe ou d’éclairage, assise, je tournais le dos à la lumière, mon ombre venait gentiment obscurcir mes cahiers, je fatiguais au bout de trois minutes
A ce triste tableau je dois rajouter, que la chaise était trop basse et que le bruit infernal de ce meuble pas vraiment consolidé me donnait vite l’envie de retourner au rez de chaussée
Il y a avait trois tiroirs pour ranger nos vêtements, Flo en avait pris deux, dans le troisième, j’entassais comme je pouvais le peu de vêtements immondes que je portais à cette époque
Dans la penderie, on entreposait des pantalons, robes de chambre en synthétique, et autres manteaux pleins de mites
Ce secrétaire est toujours là
Flo a épousé Gabriel en 1984 et je suis partie au Havre la même année
Au-dessus j’ai laissé la photo de classe du lycée, seul bon souvenir de cette époque
J’aurais tant aimé, un vrai bureau …
Et mon père voulait que je soies….
secrétaire

Photo : Louis le Bipolaire
06:02 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
23.09.2009
La chambre froide

Lorsque je vivais dans ce petit appartement de rez de chaussée le moment que je redoutais le plus était de me glisser dans mon lit
Ma chambre était froide, mal exposée, mon lit était très dur, vieille literie toute défoncée
C’était un endroit austère, j’avais eu la mauvaise idée d’y mettre une tapisserie bleue, je repoussais l’instant, le plus tard possible
Je sortais souvent, très souvent, un soir sur deux au moins, je recevais du monde aussi, tous les dimanche soir
Allongée dans mon clic clac je regardais la télévision, une toute petite télé, un écran minuscule, souvent je l’endormais, je regardais les talk show, les émissions du soir avec Dechavanne ou Mireille Dumas, les débats à moitié racoleurs des années 80, prémices de la télé réalité
Je passais des heures au téléphone, j’adorais ça, je papotais sans fin, je ne gênais personne, personne ne m’interrompait, je pouvais me languir à ma guise, rien à justifier, peu à penser..
De temps en temps, vers 22h30, mon téléphone bleu sonnait
Je connaissais à l’avance celui qui appelait, avant même de décrocher
Il terminait sa garde, il était surveillant d’un internat, il rentrait chez lui, plongé dans ses pensées, sa Jeanne..
Nous avions peu de chose à nous dire, nous restions longtemps dans ce dialogue silencieux, cette sensualité vocale..
Je l’appelais rarement, j’avais trop peur de devoir entendre une sonnerie sans réponse
Il faisait le premier pas, toujours, il était dingue de ma voix, de mes mots.
c’était un rendez-vous heureux, secret, amoureux, radieux
Je n’arrivais pas à raccrocher, lui non plus, nous étions reliés, accrochés par ce fil, esseulés,
je me résignais pourtant au bout de quelques temps à rejoindre cette chambre froide, mon lit était un congélateur, mon corps tout recroquevillé, tremblant,
mon cœur brûlant
00:41 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
22.09.2009
Le grand bazar
Au hasard d’une légère promenade cathodique, je m’arrête sur un film, pas très récent, je vous l’accorde, images un peu décolorées, acteurs plutôt ringards : »Le grand bazar « de Claude Zidi, avec les Charlots
Je ne peux pas vous raconter l’histoire, il s’agit de quatre garçons, ouvriers en chaîne qui sont licenciés et font des petits boulots
On est loin du cinéma d’auteurs dénonçant les problèmes d’identité des jeunes de banlieue, ce film est un gag à lui tout seul
Ça n’arrête pas, des farces, des gaffes, des gags lourdingues, grotesques, improbables, c’est entre le dessin animé, la BD et la comédie
Et à cela s’ajoute les clichés de la secrétaire en jupe courte et bottes seventies à qui ont met la main aux fesses, les policiers en uniformes et képi, la lutte des classes, le patron qui picole …
Avec en prime des seconds rôles inconnus à l’époque : Coluche, Dominique Lavanant …
C’est politiquement incorrect, les Charlots passent leur temps au troquet à s’enfiler des pastis ( Michel Galabru est le patron du bar )
C’était les années Giscard, l’époque des DS, 404 et des Renault 16, le contraste d’un gouvernement et d’une politique austère et rigide et l’insouciance des seventies
Et voilà qu’en quelques minutes je me replonge dans des souvenirs d’enfance, nos vacances en banlieue , les HLM flambants neuf, les vide ordure, le chauffage au sol qui donnait des chevilles d’éléphant à ma mère, les grandes surfaces, Monoprix, les tourniquets et les toboggans déjà rouillés sur les parkings …
J’aime ce voyage, les années 70, la révolution de la ménagère, les shows télévisés à paillettes
Je ne suis pas nostalgique, je ne voudrais surtout pas revenir en arrière, mais je garde de cette époque mon côté futile, léger, burlesque, populaire et joyeux
On osait des comédies décalées, on osait un cinéma franchouillard, pas toujours finaud, mais on osait …
Je me demande si on ose encore aujourd’hui ?
05:31 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note
09.09.2009
La névrose du livre
Les premiers souvenirs de livres remontent à la classe préparatoire, les albums du Père castor, Poule Rousse et Perlette
J’ai appris à lire en un mois, c’était un jeu, une évidence, aucune difficultés, une envie
Mes parents n’avaient aucun livre, pas un roman, pas une encyclopédie, juste un vieux Larousse noir et blanc, Télé poche et le catalogue de la Redoute
Nous avions quelques albums, Alice au pays des merveilles, Robin des bois …et à chaque sortie en train, j’avais le droit de choisir un livre de la Bibliothèque Rose
J’aimais bien Fantômette et le Clan des sept 
Je rêvais de remplir la vitrine de notre secrétaire tout branlant, il attend encore.
A l’école je lisais dès que je pouvais, tout, j’adorais ça, je me souviens du voyage de la famille Fenouillard
Une petite bibliothèque fut installée à côté de la Mairie
Il n’y avait rien de captivant, quelques BD et des livres poussiéreux
Je ne réclamais pas de livres, je ne réclamais rien, jamais, comme ça je n’étais pas déçue de ne pas recevoir
La bibliothèque du collège était toute petite
Pour y rentrer, nous faisions la queue, les élèves se bousculaient, il y avait plein de tables au milieu, et on n’avait pas de place, 15 grand maximum pour un collège de ZUP, on se collait à terre, avec l’éternel refrain de la pionne « vous allez vous taire ! «
La bibliothèque était fermée le midi, nous passions notre temps après la cantine réfugiés dans les toilettes des filles, le préau était assailli par les joueurs de foot, il pleuvait six mois dans l’année
Je n’avais rien à lire, personne pour me conseiller, à chaque exposé c’était un cauchemar, nous n’avions aucune source d’infos, rien..
Je puisais une fontaine aride, le peu de culture virait au cauchemar
Petit à petit je ne portais plus d’intérêt aux apprentissages, je me réfugiais dans les mots croisés
Au lycée, j’ai capitulé
Je ferai un bac littéraire et je serai inculte
J’ai réussi
Je ne lisais aucun livre, même pas ceux que les profs nous imposaient
Je mettais rarement les pieds au CCI (aujourd'hui j’y aurais retrouvé Véronique )
J’écrivais des tonnes de lettres, j’en recevais beaucoup, c’était mon grand plaisir
Mes heures creuses, je les passais au foyer et au troquet
C’était ma revanche, mes compagnons étaient Maxime et Renaud, princes rebelles de la chanson, mes héros..
J’ai fait de brillantes études, j’étais surestimée, adulée dans mes stages par les professionnels, mes formateurs.
Je n’avais jamais connu ça, jamais, je recevais des compliments, des éloges
Tout ça pour ça, que j’étais fière d’avoir tenu bon..
Mais je ne savais plus lire, j’étais incapable de me concentrer, de retenir mes lectures, je survolais, je planais sur les œuvres.
Je me suis lancée dans toute autre chose, la création, le bricolage, puis la musique baroque
J’ai durant deux années écoutées des œuvres complètes, des opéras, arias, Messes, Passions …
Je découvrais quelque chose qui me faisait vibrer, je m’y plongeais sans retenue, Vivaldi, Purcell, Haendel et Bach devinrent mes nouveaux compagnons
C’est vers le dessin et l’art que j’ai orienté ma passion, à trente ans
J’ai acheté des livres d’art, découvert les courants, les cubistes, l’art moderne
Je ne fais jamais les choses à moitié
Et j’ai dessiné, fait des tableaux, de beaux tableaux
Et brutalement j’ai eu envie de lire, des romans
Alors je devais payer, cher, acheter, que ça me coûte
J’ai acheté les livres que je voulais lire et je me suis remise à lire, tout heureuse de me retrouver dans cet univers, de nouveau libre, passionnée
Et je suis revenue à la création, les bijoux, par petit peu, puis par engouement
J’ai laissé les livres, et j’ai recommencé à écrire
J’ai longtemps culpabilisé, de m’être tant éloignée de la lecture, on ne m’a pas aidée
Maintenant c’est bel et bien fini, j’ai trouvé d’autres cordes, je ne sais pas si baignée dans une famille cultivée j’aurais fait le même chemin, on ne refait pas l’histoire
J’ai transmis le goût de lire à mes filles, elles lisent beaucoup, tout le temps …
Elles aiment ça..
Le jour où j’ai visité le CDI du collège d’Ellen et de Mark, j’ai senti mes larmes monter.
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
01.09.2009
Le nid (1)

La plus ancienne des photos de mon passé est pleine de douceur
On y voit mon père, avec dans chaque bras deux nouveau-nés, il les présente, les regarde, nos vêtements blancs tranchent avec l’obscurité de la pièce
Une autre photo de ma mère à l’extérieur, elle est souriante, joyeuse, elle porte ses deux bébés de sept mois, endimanchés, avec force et tendresse
Je suis entrée à l’école à l’âge de 6 ans, pas d’école maternelle, juste une année de classe enfantine
L’univers scolaire n’était pas terrifiant, même si la maîtresse était très distante, je ne souffrais pas de la séparation, Louis était avec moi, j’étais avec lui
Nous sommes restés cinq années avec notre mère, nous ne sortions presque jamais, quand il pénétrait dans des maisons mal rangées, Louis se mettait à hurler comme un fou, ma mère était obligée de sortir
La maison était toute petite, nous vivions en toute promiscuité, les odeurs étaient rassurantes, je n’ai jamais été confiée à une nourrice, j’ai dormi à l’extérieur vers l’age de 9 ans, chez mes grands-parents essentiellement
Tous les soirs ma mère venait nous embrasser au moment du coucher, elle faisait une prière de temps en temps, elle soulevait le lourd matelas et remettait le drap et la couverture dessous
Elle était tendre, d’une disponibilité incroyable, ma hantise était de la voir disparaître, de devoir aller habiter ailleurs, chez une tante, un pur cauchemar
Le soir, nous regardions la télé, mon père était assis dans le canapé en sky, il étalait ses grands bras, nous étions tous les trois autour de lui, nous avions chacun notre place, nous étions ensemble
Il n’y avait presque pas de chauffage à l’étage, il ne nous venait pas à l’idée de nous isoler, nous restions serrés les uns contre les autres
J’adorais cette ambiance, je m’y sentais bien, tellement bien
L’humidité des murs était estompée par cette chaleur familiale, nous vivions comme dans un nid
13:02 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
31.08.2009
Les voisines

Lorsque nous marchions avec ma mère sur la petite route qui menait à l’école ou à l’église, elle s’arrêtait souvent pour parler avec des voisines
Il y avait Mado, devenue veuve très jeune, et Louisette, qui passait de temps en temps, des dames âgées, pas toujours aimables, Titine, la dame de la Poste …
Elles parlaient de choses et d’autres, à cette époque tout le monde se connaissait dans le village, jusqu’au jour où les premiers lotissements furent construits
Mes parents appelaient ça des » maisons neuves », des nouveaux arrivaient, étaient parfois regardés avec méfiance, certains sympathisaient très vite , trop vite , prenaient la place , le pouvoir ..
Malgré cela c’était la vie paroissiale qui était au cœur de tout, puis ce fut l’amicale des parents d’élèves
Ma mère n’avait pas d’amie, de confidente, elle était entourée de ces personnes là, les relations étaient correctes mais au fond très peu chaleureuses
Je n’ai jamais vu quelqu’un venir lui offrir des fleurs, ou un petit cadeau
Après l’invasion des pavillons, mes parents ont toujours continuer à faire connaissance avec leurs voisins
Avec eux, ils sont en bons termes, toujours prêts à rendre, service, très accueillants, souriants, respectueux de leur intimité
Je me suis rendu compte que je n’avais dans ma vie, jamais investi de relation avec mes voisins
En appartement HLM, je ne connaissais personne, puis avec Jérôme, les relations avec le voisinage furent désastreuses
Quand nous sommes arrivés dans notre petite ville, les voisins savaient déjà qui nous étions, le bouche à oreille n’avait pas mis trois jours a fonctionner
Dans notre maison, les murs séparent l’immeuble d’à côté
Les seules fois où j’y suis allée, c’est pour des histoires de chats
J’ai beaucoup d’amies, des vraies, des bonnes copines, elles passent, s’arrêtent, prennent un café, je peux compter sur elles, elles savent que je suis là aussi
C’est bien d’avoir ces relais là, ces échanges simples, ces liens du quotidien, j’aime bien choisir, être libre
Je crois que je n’aimerais pas vivre en lotissement, sous le regard de mes voisins en train de prendre l’apéro dehors
Je sais que parfois les relations de voisinages sont sources de procédures, de violence verbale, de harcèlement, je ne pourrais pas supporter de vivre ça , mais il existe aussi des vrais lien d’amitié , forts et solides
Je pense que mère avait appris à se méfier des voisines, elle était dépendante de cette vie là, je crois qu’en ville, elle en aurait souffert encore plus.
14:27 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
27.07.2009
L'épicier

L’épicier venait en camionnette tous les jeudi .
Il se garait dans la cour, prenait son déjeuner tout seul dans la cuisine , au bout de la table
Il travaillait chez mon oncle commerçant .
Quand il avait bu son café, il remontait dans son camion et livrait les commissions .
Ma mère ne faisait pas de liste
Elle achetait en premier du sucre, du café, de la farine, de l’huile
Puis il pesait quelques fruits qu’il déposait dans un sac en kraft, il roulait les coins pour le refermer
Les bananes dépassaient souvent du sac
Puis ma mère prenait du Benco, quelques yaourts et desserts, des fruits au sirop, du thon, des sardines, du pâté, quelques conserves, du chocolat
Elle n’achetait pas de lait car nous avions des vaches, ni œufs, on avait des poules, ni crème, on allait la chercher chez Louisette , la voisine d’en bas au vernis à ongle craquelé .
Elle n’achetait aucun légumes, tout venait du jardin, le soir nous mangions de la soupe .
La viande, le porc, le mouton, le lapin et le poulet venait de notre production
Quand le petit comptoir en bois était recouvert, elle finissait par le superflu, pour nous elle achetait des barres chocolatées .
Louis prenait un Bounty, Flo des Treets et moi un Raider ;
Nous avions droit aussi à un paquet de chemin gum en tablettes à la chlorophylle
Pour se désaltérer l’été, elle achetait du Citror, c’était un sirop acide au goût de médicament, c’était pas bon, on avait jamais de limonade ni de vrai jus de fruits
Puis on déchargeait les commissions, on les rangeait et la camionnette de l’épicier repartait finir sa tournée
Quand je vois la taille de denrées dans mon caddie, je me dis que les temps on bien changé, il y avait moins de besoins alimentaires,
Mes parents cultivaient et mangeaient bio, on avait toujours de délicieuses viandes au goût parfumé accompagné de légumes
Mes enfants se régalent toujours autant chez mes parents, quand ils nous accueillent, ils remplissent leur caddie au supermarché
A la place du Citror, ils ont du jus d’orange .
06:06 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note


