01.07.2008

Entretien d'embauche

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Je pousse la porte du siège régional de l’association, je suis en stage à Caen depuis quelques semaines, je pense à l’été qui arrive.

Jacqueline, un peu ronde, la cinquantaine,   calée, sur sa chaise de bureau m’accueille avec un grand sourire

« Alors Jeanne, tu travailles avec nous en juillet, tu es contente ? « 

-         «  eh bien, pas trop, je préférais un centre avec des 6, 12 ans, je suis prise sur un camp de pré ado, j’aime moins « 

-         «  Ah, attend, ça va s’arranger, eh dis donc Arnold, tu as ton équipe définitive pour juillet ? »

J’aperçois un homme très  grand, particulièrement élégant, un peu froid, bien loin du portrait  type du directeur de colo,( baba cool aux sandales et vêtements indiens , la guitare folk dans le dos ), qui passe dans le couloir.

J’ose à peine le regarder , il m’impressionne totalement .

-         «  Non, il me manque une animatrice. » il bredouille, semble réservé

-         «  Dis donc, y’a Jeanne, elle cherche pour juillet, tu l’as prends dans ton équipe, elle est étudiante éduc de jeunes enfants, tu verras, elle est super ! « 

-         -«  euh oui. »

-         «  Haut les cœurs, super Jeanne, tu pars en Auvergne, à côté d’Issoire, super, ça roule ! « 

  J’accepte, le directeur un peu fâché, ne prend pas le temps de me rencontrer, il n’a pas osé refuser , c’est Jacqueline la responsable, elle impose. 

Ma vie est faite de rencontres diverses, rien ne me fait peur, j’ai 19 ans, je fonce, j’y vais, je connais pas ce Arnold, advienne que pourra, ça m’inquiète un peu, pas de détails, pas le choix, c’est parti pour 3 semaines..

30.06.2008

Le tac' à tac

cerises.jpgIl m’est revenu en mémoire le jeu de tac tac ou du tacotac, répandu dans les années 70.

Nous devions toujours faire des tas de tractations, pour acquérir ce type de jeu « vedette «  , mon père forcement n’en voyait pas l’utilité, et ma mère trouvait que c’était trop cher.

J’en ai eu un néanmoins, vous aussi peut  être.

Il était constitué de deux boules de plastique  dur de couleur fluo,  reliées entre elles par une cordelette blanche, au milieu de laquelle un anneau de plastique était fixé. Par de légers mouvements, on amenait les boules à rebondir l'une contre l'autre (en produisant un  bruit insupportable), jusqu'à ce que le mouvement prenne assez d'amplitude pour que les boules s'entrechoquent aussi bien au-dessus qu'au-dessous de la main, produisant un fracas continu, suffisant pour déranger tout un quartier. Plus le fracas durait longtemps plus le manipulateur suscitait l'admiration des autres... et l'exaspération des adultes.

A risque de se taper sur les doigts ou briser les lunettes de la Sécu.

Je n’étais pas spécialement douée pour ça, je me souviens surtout qu’une des boules, s’est détachée et impossible de remettre la cordelette, c’était encore une des nombreuses frustrations, un peu comme la boite à bulles , j’avais attendu ce jeu, réussi à l’avoir avec la culpabilité d’avoir fait faire des dépenses à mes parents, et le jouet était devenu hors d’usage

Au lycée, revancharde, je devins particulièrement douée au Rubik’s cube

Je l’ai gardé longtemps, mon tacotac  l’une des boules attendait desespérement que sa jumelle se rattache à elle, la cordelette ne pouvait absolument pas passer dans le trou prévu.

On voit Bernard Blier   manipuler l'objet  dans un film de Jean Yanne  «  tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil « 

Très doué le gamin ! c’est ici

«  Oui, ben j’ai compris, p’tit con va. »

 

17.06.2008

Le Thermomix

C’était l’époque des réunions Tupperware, des produits Avon et des femmes émancipées qui faisaient de la vente à domicile.

Mon père ne supportait pas cela, il avait sans doute l’impression que pendant que lui travaillait, les femmes allaient dépenser sans sortir tout l’argent gagné

Il faut que dans ces années là, 1975, les robots ménagers aient déjà pris d’assaut les cuisines, mais le meilleur restait à venir : le Thermomix.

Une voisine venait dans toutes les maisons faisait une démonstration en live des vertus du robot, soupe, jus de fruits, pâte à crêpe, pâte à choux. le malheureux n’avait pas eu idée de râper les carottes ou débiter le saucisson .

Pas grave, ma mère avait déclaré, « non   je n’achèterai pas le Thermomix!" .

Une autre voisine, qui avait eu 11 enfants, n’avait pas réussi à refuser le robot qui à l’époque était très cher. Elle était venue confier son désespoir à ma mère, elle regrettait son achat et en plus elle ne l’avait pas dit à son mari. Elle devait sans doute régler l’objet en plusieurs fois, elle était totalement anéantie .

Ma mère décida alors de lui racheter le Thermomix

Elle n’avait pas envie de l’acheter la première fois à l’autre voisine, car elle ne l’aimait pas. Cette femme d’ailleurs divorça un peu plus tard, dans le village, ce fut l’affaire du siècle.

Ma mère se servit un peu, très très peu du robot, puis le rangea dans son buffet, ressorti son vieux mixer pour la soupe et la vie du Thermomix fut calme et reposante

Les deux voisines sont décédées depuis..

Un  jour , mon frère qui a plus d’un tour dans son sac, fut pris d’idée de réutiliser le robot.

Il y a deux ou trois ans, il rapporta l’objet chez lui, le brancha et une étrange détonation retentit et une odeur suspecte sortit du moteur .

.Terrifié, mon frère qui se revoyait sous les bombardements de Beyrouth, renonça et se sépara du robot .

Lui seul saura nous dire ce qu’est devenu le Thermomix.C’était exactement le même modèle que celui là .

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Je n'aime pas les réunions de vente à domicile ,je déteste vendre ,tout au moins convaincre , marchander ,il y a quelques années avec Jérome ,il nous est arrivé une drôle d'aventure dans un registre similaire , ce sera l'objet d'un autre billet .

je me demande si Giscard avait un Thermomix ?

10.06.2008

La danse du tapis

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J’avais beaucoup de cousins et de cousines .

Le mythe de la bonne entente des familles nombreuses, ce n’était pas pour moi

Tous les ans, nous étions invités aux communions, puis aux mariages.

Des années de corvées, il fallait offrir un cadeau, trouver de nouvelles tenues, et le pire, assister à la fête.

Mes parents n’aimaient pas trop ça, cela coûtait cher, mon père jouait la carte de la convivialité, l’oncle sympathique que tout le monde aime, ma mère souriante, faisait bonne figure.

Après la messe, nous faisions une petite promenade, mais comme il pleuvait parfois, il était prévu de se retrancher pour danser dans une discothèque en pleine après midi.

C’était lourd, parce que l’ambiance, dancing, thé dansant n’était pas toujours au rendez-vous :

les tantes s’essayaient au paso-doble, un désastre, d’autres au tango, encore pire

Puis nous avions droit à tous ces tubes des années 70, la danse des canards, Big Bisou, la chenille …et j’en passe..

Je détestais ça, je ne trouvais aucun plaisir à ces ambiances artificielles, je n’attendais qu’une chose, grandir, vieillir, avec cette certitude que les choses changeraient un jour, j’avais raison.

Le moment le plus redoutable c’était la danse du tapis, des oncles le visage ruisselant, venaient s’agenouillait devant une dame et tous deux se mettaient au milieu pour quatre bises

Je me mettais dans les coins, sur des banquettes en velours , au milieu des verres et des cendriers débordants ,certains avaient du mal à se relever..

Plus tard, mes cousins, déjà adultes, chemise pelle à tarte, décolleté à la Ringo, s’éclataient sur du disco. je vous laisse imaginer l’ambiance

Malgré cela, c’était extrêmement drôle, parce qu’on savait ce qui allait se passer, on devinait tout, un de mes oncles avait toujours le même costume trois pièces, il chantait toujours la même chanson

Le soir, nous nous retrouvions vers 21 dans une salle aménagée .

Des dames en chemisier et jupe noire nous servaient, la coquille macédoine mayonnaise, le gigot, la pièce montée ..elles devaient sourire par politesse à toutes les blagues idiotes que les invités , la cravate déglinguée et le chemise ouverte , faisaient à leur passage .Je n’aurais jamais pu .

Les jeunes fumaient leur première cigarette, s’enchaînaient alors des jeux très, très vulgaires, des chansons paillardes et d’épuisement nous nous endormions dans l’AMI 8 sur le chemin de retour.

  Vers l’age de 14 ans, nous partions faire des promenades à la plage avec mon frère et une cousine, et à 17 ans j’ai totalement capitulé en affirmant, c’est fini, ne m’invitez plus, je vis ma vie, je vole, je ne viendrai plus.

La dernière corvée fut le mariage de ma sœur, en 1984, l’année de mon Bac, mais c’était bien, ils étaient tout simplement heureux.

     

06.06.2008

Reliée à personne

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A peine mes études terminées, je trouve un travail d’institutrice suppléante, dans une petite ville que je connais bien.

Je n’ai pas de logement, dans l’urgence, l’école me prête un logement de surveillant, tout près des dortoirs.

Une cuisine, une chambre, un petit salon, une salle de bain, tout est meublé.

Je suis contente de m’installer toute seule, je suis très indépendante depuis longtemps.

Le soir venu, je réalise qu’un page se tourne, mes études terminées, je rentre dans un monde, un autre monde, celui du travail, des rivalités, des niaiseries aussi parfois.

Le soleil de septembre me donne des envies de dehors, je suis enfermée.

Je n’ai pas d’expérience, ou si peu, je vais devoir m’adapter, prendre des risques, me justifier

Dans ma tête raisonnent des musiques, je suis loin, un peu perdue, nostalgique déjà de mes belles années d’insouciance

Je m’isole et j’écoute Téléphone, et en boucle je repasse « Télégraph Road, » de Dire Straits

Je suis reliée à rien, à personne, pas de téléphone, il me manque..

Je traîne partout avec moi mes vieilles cassettes de lycée, mon appareil radio cassette, reçu pour mon Bac

Je vais prendre les évènements comme ils viendront, déjà fière de gagner ma vie, libre d’aller ou je veux avec ma voiture, de rentrer quand je veux.

Je suis prise entre ce sentiment de liberté et d’indépendance, et cette prison  où j’ai un peu l’impression d’être enfermée ;

Je n’ai que 20 ans, je dois vite trouver un appartement.

 

Le temps de rédiger cette note, la chanson Télegraph Road, se termine, je ressens toujours autant  d’émotion en écoutant l’intro, il n’y a que moi qui ai vieilli .

01.06.2008

Les lunettes de la Sécu

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Porter des lunettes de soleil, c’est chic, glamour et élégant, porter des lunettes, parfois plutôt mal vécu, n’est ce pas Risette ?

Les lentilles, les interventions ont remédié à ce souci et maintenant fleurissent dans les vitrines des tas de modèles de montures colorées et rafinnées, faisant de cet objet un vrai accessoire de mode

Le jour où j’ai trouvé que le forme rectangulaire, la couleur violine, bordeaux m’allait bien, je n’ai plus du tout eu envie de changer de montures.

Mais je vous rappelle que ce blog n’est pas un blog de mode, et que je ne m’étalerai pas sur le sujet.

Lorsque j’ai eu mes premières lunettes, j’avais 10 ans, ma vue est descendue en l’espace de 6 mois, mes parents m’ont alors  emmenée chez l’opticien, à Cherbourg.

J’étais perdue parmi tous les modèle, je ne savais pas quoi choisir, j’étais de toute façon persuadée qu’aucun modèle n’était gracieux, mais comme j’en avais besoin, je ne remettais pas en ça en cause

Mais j’ai échappé à quelque chose de notoire dans les années 70, les fameuses lunettes de la Sécu

Rappelez-vous, qu’à l’époque, une paire de lunettes, la même modèle  pour tout le monde était offerte gratuitement par la caisse d’assurance maladie

Ces lunettes étaient déclinées dans toutes les tailles, elles avaient un entourage très fin, et une forme bien particulière

François Morel dans les « Deschiens » les porte.

A l’école primaire, une famille de 5 enfants portait ces fameuses lunettes de la Sécu.Aux yeux des autres gamins, ils étaient considérés comme pauvres :

L’aîné des fils  était handicapé, atteint  de spina bifida, qui immobilisait son bassin, l’hygiène un peu sommaire provoquait du rejet de part des autres, une certaine exclusion, je le vois encore assis dans une chaise haute de bébé, dans le fond de la classe..

Les autres allaient bien, le père était ouvrier, la mère s’occupait de quelques vaches.

Je me souviens très bien de cette famille, le fils aîné vit toujours, il a plus de 45 ans, sa mère le promène toujours, je l’aperçois parfois quand je vais à la plage, je crois qu’il a subi une amputation des jambes.

Le père s’est suicidé, il fut enterré le jour de la naissance de Rose.Quand j’ai appelé mon père ce jour là, il a couru comme un fou annoncer la nouvelle à ma mère qui était dans la sacristie, ce fut pour eux un enterrement très joyeux, ils en parlent encore …

 

 

Les lunettes de la Sécu étaient un signe extérieur de pauvreté, comme les sandales de plage  c’est bien ça qui a changé depuis cette époque .

Les familles défavorisées, redoublent d’effort pour que leurs enfants ne soient pas mis à l’écart, ils les habillent  avec les vêtements de marque dès les premières années, s’endettent pour le dernier jeu vidéo, les emmènent dans les parcs d’attraction..

La Sécu ne remboursera plus les lunettes, même pas les Ray Ban, ça aussi c’est une  nouveauté, enfin les plus pauvres ne porteront plus de lunettes, voilà, c’est plus simple. c’est quand même rien de plus qu’un accessoire de mode, on peut bien s’en passer tout de même..

 

 

26.05.2008

La sandale de plage

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Vous connaissez cette chaussure, cette sandale de plage, portée, vue et revue dans les années 70, 80 ?

Elle fait un retour en force cette année, l’accessoire tendance qui sera porté par tous enfants.

Je n’ai pas souvenir d’avoir eu ça aux pieds enfants, je portais des tongs en plastique qui cassaient facilement.

Cette sandale évoque le souvenir des enfants que j’avais en colonie  l’été.

Ils avaient pour la plupart cette chaussure aux pieds pour 4 semaines, ça va sans dire qu’elle cédait assez rapidement, ils portaient des chaussettes avec, très élégant. Quand cette chaussure en plastique avait rendu l’âme, il ne leur restait que leurs bottes en plastique pour marcher, je passe les détails, l’odeur, une infection !!

Les enfants venaient pour la plupart de quartiers populaires, des enfants cas sociaux pour être direct.

Les plus jeunes avaient 5 ans, 5 ans, plus jeunes que Rose, arrachés pour quatre semaine à leurs parents, ils s’accrochaient comme ils pouvaient à leurs grands frères ou sœurs, des ados qui avaient bien d’autres préoccupations que les consoler

Ils n’avaient pas tous de valises, ni  de sacs, pour certains, ils fallait se contenter, d’un sac « Continent «  dans les poignées cédaient très vite. J’ai parfois traversé Paris avec eux, en métro, surveillant le groupe, portant mes propres bagages, une odyssée mais l’inconscience de mes 20 ans qui me mettait à l’abri d’en perdre un en route.

Le quotidien et l’hygiène prenaient beaucoup d’énergie, le trousseau était sommaire.

Une brosse à dents, un dentifrice souvent vidé le deuxième jour dans un lavabo, des gants de toilette non marqués et une savonnette.

Pas de boite à savon, donc la savonnette traînait dans un sac plastique, pas de trousse de toilette non plus, un désastre.

Quelques-uns uns souffraient d’énurésie nocturne. Les dortoirs étaient envahis d’une odeur épouvantable, urine, linge sale, bottes, nourriture parfois..

Nous gérions tant bien que mal ce groupe, las, usés, parfois découragés, mais avec une force, une énergie incroyable.

Nous voulions leur donner du plaisir, chanter, danser avec eux, organisions des jeux extraordinaires, des veillées  mémorables

Il fallait que chacun trouve sa place, que chaque enfant reparte avec des images plein la tête et très souvent le pari était gagné

Nous devenions complices, abordions le quotidien avec beaucoup d’humour, un certain détachement …

J’avais auprès de moi, des animateurs  extraordinaires, habités par la passion, une flamme.

Je ne plaignais jamais de ce travail, je l’aimais, j’ai beaucoup, beaucoup appris, forgé ma pédagogie, mon regard sur l’humain, que je souhaitais positif..

  Chaussons cette sandale mémorable, elle restera toujours pour moi, celle de ces enfants, parfois violents, toujours attachants, j’ai encore en mémoire leur visage, leur prénom … 

 

23.05.2008

Belgium: fivety points

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Tout les samedi soir, c’était les variétés à la télévision

Nous étions calés dans le canapé de sky, bordeau et ivoire, mon père au milieu et nous coincés auprès de lui, ses grands bras nous entouraient, nous étions en pyjama, c’était chaleureux..

Ma mère était assise à une chaise, il n’y avait pas assez de place pour tout le monde, ça ne semblait pas la déranger.

Une fois par an, c’était la grande messe,  le grand concours d’Eurovision, événement incontournable dans les années 70.C’était interminable, les scores, je n’allais pas toujours jusqu’au bout

Mon père ne s’intéressait qu’à ceux qui chantaient en français, donc la France, la Suisse et la Belgique.

Les autres avaient droit aux commentaires sur les costumes, la chevelure, les chorégraphies et rarement la voix. C’était somme tout un concours de chant, et je n’avais pas du tout compris que le point commun de tous ses concurrents c’était l’Europe, personne n’avait pris le temps de me l’expliquer

Rappelez vous , la télé noir et blanc an the Winner is …..

Je me souviens du groupe Brotherwood of man   avec la chanson « Save your kisses for me «  Admirez les costumes, les moustaches, les choré !!

C’est aussi là que le groupe ABBA fut révellé.

Un clin d’œil à la petite Céline, gagnante avec sa chanson, »Ne partez pas sans moi il y exactement vingt ans.

Elle a bien changé la quebequoise !

Je me souviens aussi de Nicole Rieu, qui n’avait pas gagné, une voix très pure, très authentique.

Je me souviens aussi que le lendemain, nous entendions la chanson en boucle sur RTL avant d’aller à la messe

Depuis 1977, la France n’a pas gagné, ce sera sûrement pour cette année avec le sosie de Sébastien Chabal, mais bon demain soir, je vais inviter une amie..

Vous en avez des souvenirs d’Eurovision, forcement

Souvent le vendredi soir , je me blotti sous la couette avec Ellen ,nous regardons la Star Ac ou la Nouvelle Star ,je fais des  commentaires sur les costumes, la chevelure, les chorégraphies et surtout les fausses notes et la voix. Ellen grogne mais elle adore ça …elle rit de bon cœur !!

19.05.2008

Les granulés

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Marie Camille a apporté un petit sachet de tisane, elle l’a acheté chez le caféier ,elle n’aime pas les sachets, qu’elle trouve que ça n’a pas de goût.

Je sens les petites feuilles rouges et roses, et soudain me revient une odeur totalement oubliée : celle des granulés.

Quand j’étais enfant, il arrivait que je soies obligée d’avaler des granulés, pas des granules homéopathiques, non,des granulés !

Au départ, en ouvrant la boite, ça sentait plutôt bon, mais le pire restait à faire, avaler une cuillère à soupe de cette texture.

Bien sûr je ne m’opposais jamais, j’enfournais la préparation, sans doute à base de vitamines,

puis je laissais fondre ces fameux granulés, le goût restait longtemps, j’avais l’impression d’étouffer, j’avais surtout hâte de pouvoir boire, après.

Le pire c’était les granulés au charbon, immonde, pour qui, pourquoi je devais avaler ça, mystère, je ne m’en souviens plus, je me rappelle juste qu’après j’avais la langue toute noire et que le goût était indescriptible.

J’avais la nausée, l’impression d’avoir avaler de la cendre mêlée  de grains de sable..

Enfin ,j’ai due être guérie …

Mes enfants sont pénibles pour la prise de médicaments, sauf Ellen qui est raisonnable, par chance ils ne sont jamais malades ..

Les granulés n’existent plus, les granules homéopathiques ont pris le relais, c’est nettement plus digeste. Je donne malgré tous des granulés  à mon lapin, pour sa santé, pour qu’il soie en pleine forme , il ne bronche pas ..

 

La tisane de Marie Camille était très bonne, je l’ai avalée sans peine, mais je n’ai plus eu envie de sentir les feuilles séchées.

     

07.05.2008

Les bulles de St Jouvin

2084577189.jpgTous les ans, le lundi de Pentecôte, nous allions à St Jouvin

C’est un endroit de pèlerinage ,j’ignore qui était ce fameux St Jouvin ,mais bon …on suivait le déroulement des festivités sans avoir le choix .

La journée commençait par la messe, en plein air , c’était long et rasoir ,mon père n’y assitait jamais , il discutait avec des connaissances dans le champ puis achetait un épaule d’agneau cuite à la broche et nous rentrions pour la manger à la maison

Après le repas, il fallait y retourner, j’attendais avec impatience quelque chose d’extraordinaire, la boite à bulles .

Quelques marchands de babioles et jouets avaient installé leurs stands et après  un passage obligé à la fontaine miraculeuse, (ma mère mouillait un mouchoir d’eau fraîche et nous essuyait le visage avec, beurk !)nous avions le droit d’aller choisir un petit gadget .

Puis nous rencontrions des gens, inconnus pour nous, qui se penchaient devant nous en disant « c’est y les jumeaux ?? » Et bien sur il fallait les embrasser , je détestais déjà ça.

Enfin, ma mère nous achetait la fameuses boites à bulles, je gardais la mienne précieusement, j’avais la ferme résolution qu’elle me dure très longtemps, rien à voir avec les bulles faites avec du liquide vaisselle ,la bulle multicolore ,celle qui dure , qui vole ….

En fin d’après midi, nous allions chez ma tante , celle qui avait 16 enfants, et c’était encore un cauchemar.(je voulais rentrer chez moi faire mes bulles )

Un jour, une de mes cousines, attrapa ma boite à bulle, se mit à courir comme une folle, et bien sur, vida la totalité de l’élixir précieux. J’étais désespérée, je l’ai haïe des années, elle n’a jamais pu savoir à quel point son geste était injuste, je n’avais plus qu’à attendre un an, un nouveau pèlerinage de St Jouvin ,elle était bête , moche , la cousine ..

 

Rose me demande les bulles, je n’achète pas une  boites à bulles, j’en achète des litres, de toutes sortes, des grands cercles pour faire des méga bulles, immenses qui explosent en l’air, des anneaux , des bidons de liquide ,un placard entier entier est réservé aux bulles .Ellen est douée pour ça, elle en fait encore.

Des bulles de savon, des bulles de shampoing, des bulles colorées qui se collent les unes aux autres

« - Maman, tu peux me faire une bulle carrée, »

« - Non Rose ,je ne peux pas, les bulles sont toujours rondes « 

« -Ben pourquoi ? »

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