30.09.2009
L'elfe des villes

Lorsque je suis allée à la rencontre prof parents au lycée d’Ellen l’an passé , ils avaient tous la même réflexion au sujet de ma fille, de son comportement
« c’est la copine de Mandy «
Euh, oui, elle m’en parle de sa nouvelle amie, elle l’aime beaucoup cette amie, mais qu’est ce qu’elle a que les autres n’ont pas ?
Il en faut peu pour comprendre
Avec ses grandes chaussettes rayées et bariolées, son look de choriste du Big Bazar de Fugain, c’est une fille mince, joyeuse, le nez légèrement retroussé, les cheveux un peu en bataille qui se trouve devant moi
C’est une elfe des villes, une adolescente hors du temps, passionnée par les arts, le théâtre, la vie
Elle sautille comme une folle, parce qu’elle va pouvoir aller voir une pièce de Beckett, et gratuitement
Elle est gaie, elle parle avec légèreté, respect, Mandy est la coqueluche des professeurs, c’est l’élève que tout le monde voudrait avoir, et c’est la meilleure amie d’Ellen
Elles sont drôles toutes les deux, elles ont un humour caustique, débordent d’énergie, quelle grâce de les voir ensemble
Un jour, j’écoutais un CD réalisé par des amateurs , aidés par une école de musique, sur la pochette, je reconnais ce prénom, Mandy et j’ai vite compris en l’écoutant qu’elle avait offert sa voix
J’ai donné le CD à Ellen, et elle s’est empressée de lui faire écouter, gentiment cynique, elle en a ri, top secret, pas de fuite !!!
Et je me suis replongée dans mes souvenirs et en cherchant bien dans ma vidéothèque cérébrale, j’ai revu Mandy quand elle avait deux ans
A la crèche, j’avais eu occasion de faire des activités avec elle, elle était frêle, fragile, un simple souffle pouvait le faire choir, elle pleurait beaucoup, toute petite fille vulnérable
Quel hasard de la retrouver après tout ce temps ?
Et voilà que quatorze années plus tard, Mandy, l’elfe des villes, illumine ceux qui l’entourent, elle transcende, elle explose
Ne jamais, non jamais étiqueter, figer les enfants, je me souviens de Rose , si complexe et déroutante parfois, et aujourd’hui si délicieuse
Je souhaite à Mandy une vie douce et pétillante, et à ma fille je lui souhaite de garder son Amie pour la vie …
06:00 Ecrit par Jeanne dans portraits | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
29.09.2009
Rencontre fatale et inopinée

En balade dans un endroit très fréquenté, j’aperçois la femme d’un ami, attablée avec un monsieur
Je la salue de loin, et « ding! « dans ma tête
« ben qu’est ce qu’elle fait avec ce type ? «
oh Jeanne, arrêtes, tu es bien la première à te jeter au cou de tes copains, dans des lieux publics c’est pas pour ça que.. »
Oui, bien sûr et par hasard, si j’avais un amant, ce n’est certainement dans les endroits les plus fréquentés que je lui fixerai rendez-vous
Les histoires d’adultères ont toujours alimenter les comédies de boulevard, inspiré les plus grands écrivains, et transcrit les plus grands drames cinématographiques
Le plus fracassant fut pour moi le film de Louis Malle « Fatale «
Cela me rappelle ce jour, il y a plusieurs années maintenant
J’aperçois dans mon quartier, une personne que je connais très bien au volant de sa voiture
Elle ne me voit pas, c’est étrange, l’espace est dégagé, je n’ai aucune réaction de sa part
Quelques minutes plus tard, je la recroise et me retrouve nez à nez à la voiture et au même instant, je lui fais des grands gestes pour la saluer, et soudain j’aperçois une silhouette, inconnue, passager du siège avant, je comprends alors que …
Il aurait peut être mieux pas fallu que je me trouve à cet endroit là …
Je me suis bien gardée de faire des réflexions, des allusions de ce rencontre, du style « ben t’es fier toi, je t’ai vu l’autre jour blabla … »
Parce que même si je suis une bavarde intarissable, dans ce domaine là, je suis …une tombe
06:00 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
28.09.2009
Les non - dit

Elle quitte subitement la pièce, claque la porte, blessée par des paroles mal placées
Les regards se croisent, gênés
« elle est fatiguée «
Elle est contre un mur, en larmes
Je la console, je la rassure, je lui entoure le cou de mes bras
Nous échangeons quelques mots, elle retrouve la paix
Dans cette famille, on ne se parle pas, pas de cette manière, on parle beaucoup, on s’écoute peu
Je n’aurais pas osé faire cette démarche il y a quelques années de cela
Maintenant c’est fini, je n’aime pas voir les gens en peine, quand leur douleur est évidente
Je laisse les acteurs à leurs jeux de scène, les grandes envolées me fatiguent aussi
Les non dit, les choses jamais avoués, durant des années j’ai refermé mon âme, j’explosais comme je pouvais, et on a détecté une étrange maladie
Et j’ai absorbé des tablettes de comprimés, de la Dépakine, du tranxène, du Lexomil
Du tranxème à 12 ans, comment peut on ?
J’étais marginale, à part, pas vraiment handicapée mais pas non plus dans les normes
Et j’en ai joué aussi..
Et puis un jour, exit, poubelle, fini, j’ai décidé
Des années plus tard, j’en ai parlé au docteur H
Il était subjugué par mon histoire
Il m’a alors conseillé d’écrire aux deux médecins qui m’avaient fait engloutir des tonnes d’anxiolytiques
J’ai eu envie de le faire
Mais je ne pouvais pas, pour mes parents
La seule parole du Dr H a suffi, j’avais la confirmation d’un vrai soignant,
Je me souviens combien j’étais sortie légère et apaisée de cette consultation
Il ne faut pas garder ses fardeaux, juste tenter de les déposer aux pieds de ceux qui aptes à les recevoir …
06:00 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
27.09.2009
Bingo !!!
Parce Rose voulait une petite plante rose, nous sommes parties à la jardinerie
Elle a trouvé un petit cyclamen
A la caisse, la dame me remet un petit ticket de participation à un jeu concours
Je remplis sans conviction et je lui dis
« Je ne gagne jamais ! «
je dépose le ticket dans une machine, et je saisis un autre ticket tandis que défilent des lettres lumineuses
VOUS AVEZ GAGNE !!!!!!!!!!
J’ai gagné !!
50 euros en chèques cadeaux
ah ben je suis ravie, je suis contente
j’irai m’acheter de beaux rosiers
C’était une belle journée, toute simple, toute fleurie..
16:39 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
Pétales du Sud
Même en implorant les dieux,
même avec le réchauffement climatique ,
même en bâtissant une serre de 50 m4
Je dois me rendre à l’évidence, difficile de voir pousser en Mayenne des Bougainvilliers et des frésias
Un matin
Une enveloppe en kraft et de jolis timbres dont un en chocolat
A l’intérieur, une lettre,
Une petite pochette fleurie
Dans la pochette, des pétales séchées
Posées délicatement dans ce mini bocal
Un petit bout du sud dans ma maison
Merci Fay !!!
09:53 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
26.09.2009
Vampirisé
09:53 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
25.09.2009
Le seau
« Jeanne, tu pourrais acheter un seau ? »
« Un seau, pourquoi faire ? »
J’espère que Jérôme n’a pas idée de creuser un puits et de résilier notre abonnement aux services des eaux.
« le nôtre est usé «
je m’approche de l’objet incriminé et constate en effet, qu’il est …
vieux
Je suis à ce moment là incapable d’en connaître l’origine, à quel moment de ma vie j’ai acheté ce seau, les seaux c’est pas comme les arbres, ils n’ont de nervure pour dévoiler leur âge, et puis au fond, ça ne sert pas à grand chose de connaître l’âge exact d’un seau, ce qui est important c’est qu’il ne soit pas percé, sinon on est contraint à mettre des éléments solides dedans, parce que si c’est liquide, ça fuit, donc autant prendre un panier
Sans étude comparative de prix, j’ai filé au rayon produits ménagers et j’ai trouvé un seau tout neuf
J’avais peu de temps à lui consacrer, un seau est un seau, y’a pas trente six modèles, il fallait qu’il possède une poignée métallique, bien plus maniable et résistante que la poignée plastique
La couleur me direz vous, j’ai pris bleu, y’avait que ça
Quand je suis rentrée avec mon seau tout neuf, Jérôme a poussé un grand ouf de soulagement
Et qu’est ce que vous avez de l’ancien ?
Et bien je l’ai gardé, deux seaux ce n’est pas un luxe, le vieux seau me sert à filtrer le sable des chinchillas
C’est une évidence, on garde longtemps, des choses usées mais pas assez pour mériter que sonne le glas
Ma mère est une spécialiste, elle mettait son gros sel dans une boite de Benco depuis au moins 1975
La boite n’avait plus d’allure, je lui en ai acheté une en métal, une vraie révolution
Ma belle-mère conserve tous les gants de toilette, ils sont rabougris, tout rêches, parfois troués
A Noël, nous lui avions offert du très beau linge de toilette, elle l’a mis de côté pour l’instant, elle le garde pour….ses vieux jours .
Je ne vois pas toujours les choses usagées, mais je me force de plus en plus à changer régulièrement les petits accessoires de la vie quotidienne, et d’un geste ferme et définitif, jeter les anciens
Il en est ainsi pour les torchons, les corbeilles à pain, les brosses à WC, les égouttoirs à vaisselle, les toiles cirées, les pinces à linge….
Je vous laisse continuer …
08:41 Ecrit par Jeanne dans Tracas du quotidien | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
24.09.2009
Chantal et Jean Pierre

Le couple chanteur Peter et Sloane, bien connu pour leur tube « besoin de tout envie de rien « s’appelle en vérité Jean Pierre et Chantal
Vous êtes bien de mon avis, Chantal et Jean Pierre, c’est moins glamour que Peter et Sloane, d’où l’envie et peut être la nécessité pour eux de choisir des noms de scène plus anglophones
Vous connaissez tous une Chantal, un Jean Pierre, ce n’est pas une honte de porter ce prénom, prénoms répandus, tout comme les Nathalie, Sylvie, Valérie, Jean Paul, Christophe, Philippe..
On en a tous dans notre entourage
Prenez Jean Louis, voilà un prénom très quelconque, ce n’est pas un prénom de star, pourtant
Il a eu le courage de le garder, un chanteur mythique de rock des années 80, et en plus un nom assez répandu Aubert, voilà un nom qui sonne moins bien que Bowie ou Jagger
Jean Louis Aubert, il faut l’avouer ce n’est pas un nom de scène idéal
Mais on y pense plus, ça fait partie intégrante du beau quinquagénaire séduisant et talentueux
A Juliette Binoche on avait conseillé de changer de nom, ça sonne pas bien, c’est moche Binoche, elle a résisté
On pourrait en trouver d’autres, peut être qu’en secret certains talents seront restés muets à cause de leur nom trop commun
Mon préféré quand même c’est Didier Morville alias Joe Starr et celle qui a du raccourcir le sien Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos alias Lio
En passant par les chemins de Normandie, je m’amuse toujours devant la pancarte du menuisier ébéniste Jean Louis Aubert
Il en a peut être aussi abusé de ce patronyme
Il aurait très bien pu s’appelait Pierre, et là…
Je n’ai toujours pas trouvé de nom de scène, j’en ai peut être pas besoin au fond, ben non, je ne mène pas de carrière soliste, allez ça va comme ça, je reste
Jeanne Constance des Lys
06:00 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note
23.09.2009
La chambre froide

Lorsque je vivais dans ce petit appartement de rez de chaussée le moment que je redoutais le plus était de me glisser dans mon lit
Ma chambre était froide, mal exposée, mon lit était très dur, vieille literie toute défoncée
C’était un endroit austère, j’avais eu la mauvaise idée d’y mettre une tapisserie bleue, je repoussais l’instant, le plus tard possible
Je sortais souvent, très souvent, un soir sur deux au moins, je recevais du monde aussi, tous les dimanche soir
Allongée dans mon clic clac je regardais la télévision, une toute petite télé, un écran minuscule, souvent je l’endormais, je regardais les talk show, les émissions du soir avec Dechavanne ou Mireille Dumas, les débats à moitié racoleurs des années 80, prémices de la télé réalité
Je passais des heures au téléphone, j’adorais ça, je papotais sans fin, je ne gênais personne, personne ne m’interrompait, je pouvais me languir à ma guise, rien à justifier, peu à penser..
De temps en temps, vers 22h30, mon téléphone bleu sonnait
Je connaissais à l’avance celui qui appelait, avant même de décrocher
Il terminait sa garde, il était surveillant d’un internat, il rentrait chez lui, plongé dans ses pensées, sa Jeanne..
Nous avions peu de chose à nous dire, nous restions longtemps dans ce dialogue silencieux, cette sensualité vocale..
Je l’appelais rarement, j’avais trop peur de devoir entendre une sonnerie sans réponse
Il faisait le premier pas, toujours, il était dingue de ma voix, de mes mots.
c’était un rendez-vous heureux, secret, amoureux, radieux
Je n’arrivais pas à raccrocher, lui non plus, nous étions reliés, accrochés par ce fil, esseulés,
je me résignais pourtant au bout de quelques temps à rejoindre cette chambre froide, mon lit était un congélateur, mon corps tout recroquevillé, tremblant,
mon cœur brûlant
00:41 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
22.09.2009
Le grand bazar
Au hasard d’une légère promenade cathodique, je m’arrête sur un film, pas très récent, je vous l’accorde, images un peu décolorées, acteurs plutôt ringards : »Le grand bazar « de Claude Zidi, avec les Charlots
Je ne peux pas vous raconter l’histoire, il s’agit de quatre garçons, ouvriers en chaîne qui sont licenciés et font des petits boulots
On est loin du cinéma d’auteurs dénonçant les problèmes d’identité des jeunes de banlieue, ce film est un gag à lui tout seul
Ça n’arrête pas, des farces, des gaffes, des gags lourdingues, grotesques, improbables, c’est entre le dessin animé, la BD et la comédie
Et à cela s’ajoute les clichés de la secrétaire en jupe courte et bottes seventies à qui ont met la main aux fesses, les policiers en uniformes et képi, la lutte des classes, le patron qui picole …
Avec en prime des seconds rôles inconnus à l’époque : Coluche, Dominique Lavanant …
C’est politiquement incorrect, les Charlots passent leur temps au troquet à s’enfiler des pastis ( Michel Galabru est le patron du bar )
C’était les années Giscard, l’époque des DS, 404 et des Renault 16, le contraste d’un gouvernement et d’une politique austère et rigide et l’insouciance des seventies
Et voilà qu’en quelques minutes je me replonge dans des souvenirs d’enfance, nos vacances en banlieue , les HLM flambants neuf, les vide ordure, le chauffage au sol qui donnait des chevilles d’éléphant à ma mère, les grandes surfaces, Monoprix, les tourniquets et les toboggans déjà rouillés sur les parkings …
J’aime ce voyage, les années 70, la révolution de la ménagère, les shows télévisés à paillettes
Je ne suis pas nostalgique, je ne voudrais surtout pas revenir en arrière, mais je garde de cette époque mon côté futile, léger, burlesque, populaire et joyeux
On osait des comédies décalées, on osait un cinéma franchouillard, pas toujours finaud, mais on osait …
Je me demande si on ose encore aujourd’hui ?
05:31 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note


