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30.10.2007

Attente

Ma mère avait une phobie des accidents de la route. A chaque fois que nous avions un peu de retard, elle s’imaginait le pire, nous n’avions pas de moyens pour la prévenir d’un éventuel contretemps, elle se laissait alors porter par des pensées les plus morbides qu’on eu pu avoir. C’était plus fort qu’elle, l’amour qu’elle avait pour ses enfants, l’angoisse de leur perte représentait pour elle une obsession constante.

Un jour, alors que je commençais à conduire, j’ai traîné un peu plus que d’habitude. A mon retour, elle me raconta qu’elle s’était inquiétée, que pendant cette attente, elle  repassait mes vêtements et imaginait ce qu’elle me mettrait comme tenue dans mon cercueil, mon collier en ivoire, celui de mes 18 ans, une jupe bleue et un chemisier assorti..

Le retard était forcement lié à un accident, un accident était forcement mortel, peu d’alternative entre les deux …

C’est touchant et terrible à la fois d’attendre cela, sa souffrance tout en nous laissant vivre notre vie d’adulte..

Je commence à mon tour à laisser les enfants se déplacer seuls.

Un soir Ellen avait du retard en rentrant de théâtre en bus. Je suis allée plusieurs fois dans la rue, dans l’espoir de la retrouver, au bout de 20 minutes, j’ai vu les pompiers, des gyrophares. J’ai alors compris que son bus était bloqué à un feu, j’étais soulagée de cette explication et j’ai attendu que la route soie dégagée. Quel  bonheur de la voir descendre du bus un peu plus tard ..

Quand je vais chercher Mark à l’école de musique, j’ai parfois peur de ne pas le trouver, que quelque chose lui est arrivé à l’aller. Quand il rejoint la voiture avec un sourire et le regard heureux de retrouver sa maman, j’ai dans la tête qu’il est ce que j’ai de plus précieux au monde, je l’aime avec une force indescriptible, j’ai envie de le serrer dans mes bras, il ne comprendrait pas pourquoi tant d’accès après une si courte séparation.

On met au monde un, deux, trois enfants, leur présence représente  ce qu’il y a de plus merveilleux, de plus heureux, leur perte ne peut en aucun cas s’imaginer, la perte d’un enfant représente  le plus injuste, le plus dramatique. Je ne sais pas comment les parents surmontent cela, je ne peux tout juste pas y penser.

Je comprends ma mère, je ne pourrai jamais lui en vouloir d’avoir eu de telles pensées morbides. Je sais juste qu’aujourd’hui j’ai cet héritage, qu’il me faudra vivre avec et faire confiance à mes précieux trésors…

26.10.2007

petites dégustations

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J’ai un sérieux problème que je n’arriverai jamais à résoudre : dès qu’arrive 11h le matin, j’ai faim, même si j’ai mangé à 9h c’est terrible !

Mon père est pareil, mon frère aussi, mon grand-père souffrait de la même pathologie(quand nous allions manger chez mes grands-parents, une corvée, je raconterais un jour, si nous arrivions à 12h10 il avait déjà commencé à manger …)

Mark est pareil depuis qu’il est tout petit, il souffre au collège quand il termine à 12h30 et qu’il doit faire la queue au self.

Bref aujourd’hui je devais faire quelques achats dans une grande surface en préparation d’une soirée chez une belle sœur qui pend sa crémaillère.

Je n’avais pas beaucoup de choses à prendre quand vers 11h ces terribles signent de faim firent leur apparition. Par chance, nous sommes vendredi et le vendredi, parce qu’il y a beaucoup de monde au supermarché ( à cause des RTT !) et bien il y a des charmantes hôtesses qui nous offrent des petits toasts au saumon, des carrés de fromage de tout sorte. Quel bonheur, j’ai fait des aller retour au rayon traiteur, étant en hypoglycémie c’est une question de survie.

Et je me suis souvenue de ce jour en Californie ( oui ça fait bien) près de Sacramento, nous étions allées avec Maggie faire des courses. A chaque rayon, une dégustation, un vrai cocktail sucré salé. Nous sommes allés rechercher Peter et Jérôme qui étayent restés à l’extérieur et nous avons fait notre repas. Honte les Français mais oui. En fin de parcours une vieille dame est venue nous raconter qu’un jour quelqu’un en goûtant de toasts dans un supermarché avait  avalé une aiguille (a neadle !!)

Elle conclut en demandant «  vous ne vous souvenez pas de cette histoire ?? » Ce qui nous a plus malgré tout ce qu’est la vieille dame nous ait prises pour des…. Américaines ! Est ce un compliment, en tout cas nous avons souvent raconté l’anecdote.

Alors si vous avez faim, allez donc faire vos courses le vendredi …

 

 

25.10.2007

Magasins Réunis

 

cf22fca10f23d2910d6bae4629d5cce3.jpgNous allions très rarement en ville, ma mère ne conduisait pas. Il arrivait quand même que nous nous rendions à Cherbourg en train ou  autocar. Ma mère allait toujours à la banque faire des opérations, c’était un peu long, j’attendais sagement au guichet en regardant les écureuils(nous avions des tirelires d’écureuil en plastique dans nos chambres)

Puis nous allions dans le centre ville aux Magasins Réunis.

C’était un magasin de type Haussmann, deux étages, des escalators, des balustrades. Ma mère prenait toujours le temps d’aller voir une vendeuse qu’elle connaissait, son mari était cheminot il travaillait avec mon père. Elle portait une blouse bleue, elle était toujours bien coiffée. J’admirais les crayons posés à ma hauteur, dans des bacs transparents.

Le rayon des jouets était incontournable, plein de poupées, des barbies et des trains miniatures, c’était splendide.

Plus tard, c’est dans ce magasin que j’ai acheté l’album de Starmania qui à l’époque m’avait coûté une vraie fortune. Je l’écoutais en boucle sur un vieil électrophone dans ma chambre, je chantais toute seule « le monde est stone »à tue tête ou la « Chanson de Ziggy »

Mon grand regret sera toujours de ne jamais avoir vu la version originale en spectacle.

C’est ainsi, 25 ans j’aurai le plaisir d’interpréter des extraits cette année avec mes fous chantants.

Je retourne de temps en temps à Cherbourg, j’aime beaucoup cette ville, son centre piétonnier, le magasin est toujours là, une enseigne de vêtements et accessoires s’y est installée. Je passe devant la boutique qui vend le « Véritable parapluie de Cherbourg »et fait du hasard, nous chanterons aussi un extrait de la comédie musicale de Jacques Demy

 

23.10.2007

Chrysanthèmes

  10b42270b0af749f8c2512adcb3c9830.jpgA l’occasion des cérémonies du 11 novembre, les enfants de l’école primaire avaient pour mission de chanter la Marseillaise un bouquet de chrysanthèmes à la main après la messe.

Nos instituteurs, un couple, n’allaient pas à la messe, nous imaginons des tas de choses à leur sujet, qu’ils étaient protestants ou… Bref l’idée même qu’ils soient tout simplement athées ne nous venait pas à l’esprit.

Les vacances de la Toussaint étaient placées sous le signe de la détente et de la bonne humeur. Nous passions deux ou trois après midi à ramasser des pommes chez nous et chez mes grands-parents. J’aime, j’adore le cidre, j’en boirais bien à tous les repas mais le cliché bucolique de la cueillette des pommes en Normandie, je vous le laisse, merci ! Les mains rouges, transis par le froid et l’humidité (tiens on aurait pu prendre des gants ?) le nez qui coule, les genoux pleins de terre, les bestioles qui se collent sur les pommes et le tas énorme qui se forme et surtout la taille du verger avec les taches rouges et jaunes jonchées au sol, ça me semblait interminable.

Je n’avais qu’une idée en tête, jouer aux lego avec mon frère en racontant n’importe quoi.

Pour revenir aux commémorations, il nous fallait aller chercher des chrysanthèmes chez une grand-tante spécialiste de la fleur des cimetières.

Alors là, cette grand-tante en question était à elle seule un monument historique.

Elle vivait seule dans un deux pièces, une petite maison mitoyenne à celle de mes grands-parents. Tout le monde disait qu’elle était bête, évidemment elle était « vieille fille », ma grand-mère ( sa sœur ) la méprisait, mon grand-père la supportait. Je ne sais pas ce qui c’était passé, sans doute de vieilles histoires de familles, des » non dit », mais ce n’était pas la grande entente.

Son jardin touchait celui de mes grands-parents. Avec mon frère nous allions flâner dans ce terrain et dès qu’elle entendait du bruit, elle arrivait. La pauvre, elle n’avait pas beaucoup de distractions, pas de télévision, sa maison était très sombre, elle utilisait très peu l’électricité, elle tricotait des bas noirs. Elle portait des couches successives de vêtements : chemises, jupes, bas plus chaussettes, sabots, blouse, et tablier …Elle avait un look très particulier, aujourd’hui on pourrait dire qu’elle était dans les tendances avec toutes ses superpositions. Mais comme elle était déjà bien ronde avec toutes ses couches de vêtements elle ressemblait à un oignon, un toute  petite tête et le reste très très large. En marchant, elle se déhanchait, elle était vraiment drôle car elle riait tout le temps, dès qu’elle nous voyait. Je crois qu’on était mon frère et moi, son petit réconfort. Bien sur elle était très curieuse, nous posait des questions, essayant de soutirer quelques infos familiales. Nous l’aimions beaucoup, elle nous faisait rire. Nous allions chez elle de temps en temps, son intérieur était sinistre, elle avait réputation de laisser des heures son café chauffer sur la cuisinière ( dès fois que quelqu’un viendrait..)Et surtout elle possédait une liqueur incontournable ! Son secret de fabrication était peu banal, sa recette fut divulguée un jour, elle rassemblait les fonds de bouteille et les mélangeait dans une  autre, terrible !

La tante L cultivait des chrysanthèmes, pour qui, pourquoi, c’était son truc et aux vacances de la Toussaint on avait usage d’aller chercher chez elle des fleurs pour embellir les cimetières.

Je ne garde pas de bons souvenirs de cette période d’Automne.

Depuis que j’ai un jardin je me suis mise à récolter citrouilles et coloquintes . Le jour venu, Halloween pas la Toussaint nous creusons la citrouille, Ellen ou Rose s’habillent en sorcière, on allume des bougies autour de la cheminée. Ellen est heureuse, elle attend son anniversaire.je mets derrière moi ces tristes vacances de la Toussaint de mon enfance, placées sous le signe des pommes et des chrysanthèmes avec l’immense chagrin de cet octobre 77 où ma grand-mère nous quitta brusquement. Ce fut ce jour là la fin de tant de moments heureux. L’enfance qui fugua-t-elle aussi. laissant l’adolescence pointer le nez avec ses fardeaux

21.10.2007

Rideau rouge

fabaa9fba5122cb9f5c42f71e2002b86.jpgLe gros rideau se ferme sous des applaudissements, il se dégage de la salle un climat que je ne peux décrire. Je vois en coulisse notre chef Théodore qui appuie sur un bouton, coupant le son de la  scène. Le public ne bouge pas, reste debout tandis que notre pianiste relance la chanson d’Aznavour « nous nous reverrons un jour ou l’autre ».

Dans le regard de Théodore, je lis qu’on ne peut pas partir comme ça, il appuie à nouveau et remet le son ( comme dirait le chanteur qui me sort le plus par les yeux Philippe Katerine)

Dans la salle il y a des proches, ce n’est pas souvent : Jérôme et les enfants, la femme de Jeremy et ses filles, Marie Camille et son mari, les copines d’Ellen et peut être d’autres  .

De la scène je ne les vois pas, ils me voient d’autant plus ce soir que je ferai un léger déplacement dans le public pour aller chercher un homme au hasard.

Nous chantons encore et encore, saluons, le rideau se ferme et s’ouvre ; la salle est éclairée.

Après plus de deux heures de spectacle nous sommes épuisés d’autant plus que la veille nous avons donné le même spectacle.

Nous quittons la scène heureux de ce grand moment de complicité entre nous, cette disponibilité à improviser des petits moments de complicité, des regards échangés, des sourires, des rires …avec Patricia, Anna, Carla, Eléonore, Clotilde et les autres. Je retrouve difficilement Jérôme et j’aperçois Rose endormie sur un fauteuil rouge, elle était si heureuse de venir au spectacle mais la fatigue a eu le dessus.

Je retrouve Mark joyeux et bien fier d’avoir tenu le coup, Ellen et se copines, tous se sont gavés de chewing gum, je leur avais préparé un sac à dos bien fourni ;

Ils quittent la salle, rentrent à la maison.j’échange quelques mots avec d’autres, des blagues en veut tu en voilà comme d’habitude ;

Vers minuit je rejoins la loge, échange encore quelques commentaires avec des soprane ( terme qui désigne dans un chœur celles qui chantent haut)Je quitte ma tenue, je pose tout en vrac dans le sac à dos, prend mes vêtements et descend retrouver les fous chantants.

Nous prolongerons tard dans la nuit cette fête, trouvant je ne sais ou la force de chanter, brailler aussi en savourant de délicieux cakes. Nous échangerons des grosses blagues et aussi de beaux moments d’intimité, 2008 sera une année heureuse.

J’ai une pensée pour Agathe qui nous manque.elle reviendra bien vite.

Je trouve mon sommeil avec difficulté, la tête pleine de musique et de chansons avec une seule envie de remonter sur scène avec cette centaine de fous chantants …

20.10.2007

Jazz Manouche

Nous sommes allés récemment à une nuit de l’humour applaudir deux spectacles de bonne qualité mais pas forcement toujours à mon goût, au moins le premier. Je ne suis pas toujours bon public et suis assez admirative pour les gens qui sont explosés de rire facilement .Par contre , je suis capable d’être inconsolable devant un film, me surprendre à pleurer, ce fut le cas pour le film « la route de Madison » entre autre..et « Fatale «  de Louis Malle.

Revenons à cette nuit de l’humour où nous avons retrouvé Peter et Maggie qui nous avaient pris des places, il y avait sur place un groupe de Jazz Manouche.J’ai déjà eu occasion d’entendre ce genre musical dans des bars la nuit. Je n’aime pas du tout, pire encore je pense qu’au bout de trois minutes je suis au bord de la crise de nerfs. Cette musique ne me parle pas, je crois que j’ai quand même essayé, rien à faire.

Quand j’étais institutrice, j’habitais une petite ville où était organisé chaque année un festival de Jazz.Carol et Grégoire conviaient leur famille pour l’occasion. Toutes les sœurs ou presque déboulaient avec leurs compagnons( y’avait pas encore d’enfants à cette époque ) et assistaient à des concerts tout en organisant des jeux de société.

J’ai fait de nombreuses tentatives, vaines, impossible le Jazz m’ennuie au plus au point même si je l’avoue j’ai vu de grands chanteurs ( Tuck &Patty entre autre)

L’idée de mettre un Cd de jazz dans le lecteur CD m’est complètement irrationnelle.

Je me suis parfois entendue dire « mais écoute donc ça, ce passage, ce big band «  horreur, je ne peux pas..

Je me suis longtemps demandée pourquoi, pourquoi tant de rejet de ce style musical.

Je crois qu’avant tout j’aime les mélodies et les voix. Celles qu’on peut fredonner, chanter tout seul …j’aime ce qui puissant, émouvant. Ce qui m’a plus le plus émut restera sans doute la Passion selon St jean de JS Bach, une œuvre que j’ai écouté, réécoutée des heures entières. J’aime sa dramaturgie, ses arias, et surtout la force des chœurs, ceux de la fin entre autre.

Et voilà j’ai trouvé réponse à ma question, j’aime les chœurs, la force du «  chanter ensemble «  , ce que dégagent des voix qui s’accordent pour mettre en place un morceau émouvant, frissonnant …

 

 

19.10.2007

Cassette

Chris m’a donné une cassette sur laquelle il a enregistré des titres dont une partie du dernier album de Supertramp.Je suis seule dans la maison, je ne sais plus ou étaient partis mes parents, mon frère, ma sœur. Je glisse la cassette dans notre chaîne Hi-fi et j’écoute, une chanson d’une rare mélancolie, douce, délicieuse, sensuelle. J’aime la voix haute du chanteur, j’aime cette rythmique au piano, la chanson dure plus de 8 minutes, je suis bien il fait nuit. Je pense qu’il est 19heures et quelqu’un va bientôt rentrer dans la pièce, je rêve d’un chez moi, d’une liberté.. d’un ailleurs, la maison de mes parents me rassure mais je ne plus y vivre.

Chris est fan de Supertramp, il y pense tout le temps, c’est notre ami de lycée, on se voit tous les jours ; Il est devenu professeur de piano, j’ai eu de ses nouvelles un jour, je lui ai écrit 20 ans après notre Bac, on ne s’est jamais revus. C’est dur de retrouver les vieux copains.

Ellen vient de découvrir une chanson de Supertramp qu’elle aime beaucoup, je l’encourage à en écouter d’autres.

Chaque fois que j’entends ce groupe, je pense à Chris…à son amie qui deviendra sa femme..

 

http://www.youtube.com/watch?v=oQtX92vT30I&mode=relat...=

18.10.2007

J'aime ,j'aime pas

J’aime :

-prendre mon courrier électronique

-faire des potins avec des copains

-le surimi

-les périodes électorales

-quand mon frère vient passer deux ou trois chez nous

-Laurent Ruquier

-me parfumer

-fumer une cigarette en prenant l’apéro

-les gens qui passent chez nous à l’improviste et restent dîner

-trouver des légo dans un vide grenier

-regarder Urgences toute seule sous la couette

-offrir un bouquet de lys du jardin

-découvrir un nouveau commentaire sur mon blog

 

-Je n’aime pas :

-faire le plein

-avoir de la rouille sur les mains

-fermer le portail

-nettoyer le micro onde

-faire un nœud au sac poubelle

-me déshabiller dans une cabine pour essayer de nouveaux vêtements

-les endives au jambon

 

Je déteste

-Les émissions de Cauet

-les femmes qui portent des lunettes de soleil sur la tête en plein mois décembre à 9 heures du soir

-découvrir qu’un de nos animaux est mort

-devoir l’annoncer aux enfants

-ouvrir une enveloppe m’annonçant des résultas d’analyses médicales

Ca m’énerve :

-les « mecs «  qui se promènent avec leur copine en le tenant par la poche arrière de son jean

-les gens qui disent qu’ils ne regardent jamais la télévision en méprisant ceux qui la regardent

-choisir un objet et m’entendre dire qu’ils n’est plus disponible dans le magasin

-ceux qui vont voir des films d’auteurs ennuyeux parce qu’ils ont lu dans Télérama qu’il fallait absolument les voir

-les gens qui nous font la bise alors qu’on ne les connaît pas du tout

-ceux et celles qui comparent « Urgences «  aux « Feux de l’amour « 

  ET VOUS ???

17.10.2007

Miss France

Cela fait fait quatre jours que je suis partie de la maison, je rentre par une journée froide de décembre, ensoleillée. Mark et Ellen sont heureux de ce retour, je retrouve mes odeurs, mes lieux, ma chambre est toute propre.

Je suis fatiguée, mais en forme, sereine, confiante.

Vers 20h30, j’ai envie de regarder la télévision, je sais que ma nuit sera longue, que je serai réveillée souvent.

Les programmes sont peu réjouissants, sur une chaîne, le Téléthon, je n’ai pas vraiment le cœur à regarder ces enfants souffrant de diverses maladies.

Je zappe, sur l’autre chaîne, c’est l ‘élection de Miss France, de mieux en mieux. Les programmateurs n’ont rien de mieux à m’offrir pour me détendre, rien d’autre qu’un appel aux dons et aux votes. Je peste à peu mais je pense à mon petit ange qui va bientôt se réveiller..

Rose a quatre jours, elle débute sa vie et viens de poser les pieds dans sa maison, c’est notre cadeau à tous, je me sens parfaitement heureuse, sais que c’est la dernière naissance que j’ai vécue, je savoure cet instant unique …

Les belles défilent en souriant, je prends Rose  dans les bras, je lui donne le sein, elle paraît si douce et sereine.

15.10.2007

Etrennes

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Après Noël, nous attendions nos étrennes. Nous avions tous un parrain et une marraine qui avaient coutume de nous offrir quelque chose pour la nouvelle année

Ma sœur Fiona allait voir mes grands-parents maternels, outre l’ambiance très austère qui regnait chez eux, en fin d’après midi, ma grand-mère lui offrait quelques francs et nous avions droit à un bonbon acidulé déposé dans une tasse transparente.

Mon frère allait voir son parrain, ils habitaient avec ma tante une toute petite maison de deux pièces, un sapin était posé sur le réfrigérateur ; Mon oncle donnait un billet de cinquante francs à mon frère.

Mes grands-parents maternels étaient aussi mon parrain et marraine, par tradition …

Ils allaient toutes les semaines à Cherbourg  vendre des œufs, ma grand-mère adorait faire les magasins, traîner en ville. Un lundi, j’ai entendu la 2 chevaux s’arrêter chez nous.

Elle m’offrait toujours des jouets, ce jour là, je devais avoir 9 ans, elle m’a tendu un gros paquet. A l’intérieur j’ai découvert une splendide poupée mécanique,une Sébino, qui berçait un poupon dans ses bras sur la berceuse de Brahms.Je l’ai contemplée des heures, je l’ai gardée intacte, elle fonctionne toujours. Plus tard ma grand-mère couturière lui confectionna une robe rose.

En classe, j’avais rédigé un texte libre sur cette poupée et le maître d’école m’avait proposé de l’emmener pour la monter aux autres. Ce fut le plus souvenir de ma vie à l’école primaire, le reste je ne m’en souviens que très peu, saufs quelques situations traumatisantes que je tairai …

J’ai laissé cette poupée chez mes parents.

Ma grand-mère possédait une autre poupée, une normande habillée en noir. Elle était dans l’armoire de sa chambre, je n’avais pas le droit d’y toucher.

Après sa mort, j’ai demandé à avoir cette poupée, je l’ai déposée dans la vitrine de mon sectaire, elle y est encore. Ces objets arriveront un jour dans ma maison, je le sais, le plus tard possible …

J’ai gardé une véritable passion pour les poupées, je les regarde dans les magasins, en offre à mes filles, elles ne jouent pas avec, elles les gardent sur une étagère, de temps en temps Ellen les rapatrie pour quelques nuits dans son lit …je conserve tous leurs vêtements, leurs chaussures, un jour elles quitteront à leur tour notre maison, le pus tard possible …

 

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