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29.02.2008

Kit main libre

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Je donnais ce jour là une formation avec un nouveau groupe, c’est toujours un peu difficile pour moi, ce premier contact, il faut apprendre à se connaître, mettre chaque personne  à l’aise.

Pour les accueillir, je dispose sur la table qui est en face de moi, des chevalets en carton, sur lesquels j’ai au préalable écrit le nom et prénom de chaque stagiaire.

Je leur présente le programme de la formation, leur indique les détails pratiques, horaires, repas et comme il se doit, je précise que les téléphones mobiles doivent être éteints ou activés le vibreur en cas de besoin urgent.

Une jeune femme porte de longs cheveux cachés sous un gros bonnet en laine (comme doc. Gynéco) et à ce bonnet, elle a fixé une oreillette.

Au départ, je suis un peu surprise, je me demande s’il ne s’agit pas d’une prothèse auditive, je ne lui en parle pas.

Cette femme est vêtue avec des pantalons et tuniques indiennes, elle fume des cigarettes roulées, elle arrive en retard après chaque pause, et ne prend jamais la parole en groupe. Les formations que je fais sont beaucoup basées sur l’échange des expériences, libre à chacun de s’exprimer, à moi de gérer les échanges afin de rester dans le thème de la formation et surtout éviter l’omniprésence de certaines.

J’en parle avec mes deux collègues qui assurent également la formation, elles sont aussi étonnées de son comportement, mais aucune de nous va individuellement lui parler de cette oreillette, fixée à son bonnet.

Nous sommes cependant un peu inquiètes pour elle lors de l’évaluation individuelle, ce retrait du groupe laisse prévaloir un désintérêt pour sa future profession.

Lors de l’évaluation finale, elle se montre plutôt enjouée, malgré son stress, elle est très cohérente   et très ouverte, malgré quelques lacunes théoriques, elle obtient une note honorable

Nous proposons à toutes nos stagiaires, un entretien de fin de formation de 5 minutes, afin qu’elles apprécient et évoquent leur positionement sur le contrôle continu

La jeune femme  s’installe devant nous, souriante, nous la rassurons sur le résultat, elle nous dit d’emblée que la formation fut pour elle une révélation, qu’elle y avait découvert tant de choses qu’elle mettait en pratique dans sa propre famille, que les relations avec ses enfants avaient déjà changé.

Nous lui parlons alors de cette oreillette, que cela nous avait surpris, elle l’avait ôtée le jour de l’examen cependant.

Elle nous dévoile alors qu’elle était en retrait du monde depuis 3 ans, qu’elle ne connaissait personne, qu’elle avait pensé vivre dans un monastère bouddhiste, que sa vie actuelle l’a déstabilisait beaucoup.

Je lui dis alors que pour elle, ce kit main libre était  comme son doudou, elle rit, je lui explique que ça nous avait un peu gênée, elle ressemblait le premier à jour à une fillette qui va à l’école pour la première fois, elle ne parvenait pas à établir le contact avec les autres stagiaires.

Nous avions ce jour une autre femme, totalement différente de l’image un peu désinvolte qu’elle donnait, elle nous remercie, nous lui souhaitons plein de bonheur.

Nous sortons avec Sylvianne, parlons encore sur le parking, sans ces 5 minutes d’entretien final, nous serions toutes restées sur un jugement hâtif et erroné, je me souviendrai  longtemps d’elle. Peut être la recroiserais je un jour. ?

 

28.02.2008

deux étoiles à la statuette

1152183926.jpgQuand on s’appelle Belluchi, Mastroanni, Adjani …des telles sonorités pourraient faire croire à une carrière internationale, une vie de star récompensée par les plus grands titres du 7 art

Si vous portez un nom comme Binoche ou Cotillard, c’est raté, changez vite, trouvez un pseudo plus glamour, plus chantant, plus méditerranéen et vous décrocherez des rôles à la hauteur de votre talent

Juliette et Marion ont gardé ce nom bien frenchie, elles ont travaillé dur pour incarner des personnages, ont accepté que leur visage soit métamorphosé ( allez revoir, les « Amants du pont neuf «  de Léos Carax et appréciez la performance de Juliette Binoche

  Nos deux actrices françaises ont reçu le fameux Oscar, elles sont éblouissantes, authentiques, et malgré les critiques assassines des bien pensants qui savent nous dirent quel est le bon cinéma, ceux qui adulent les actrices aux cheveux gras qui font la gueule aux interviews (quand elles daignent en faire), ceux qui reconnaissent dans les films d’auteurs le vrai cinéma, à ceux là  je  dis, Marion et Juliette méritent la récompense suprême, elles ont ému des milliers de spectateurs, elles incarnent la grâce, l’élégance, la fraîcheur.. 

Quel réalisateur sera maintenant apte à leur proposer des rôles à la hauteur de leur talent ?

J’ai découvert Marion Cotillard dans les « Jolies choses «  magnifique

J’ai adoré Juliette Binoche, dans « Bleu « , dans « Fatale «  dans «  l’insoutenable légèreté de l’être «  ou elle jouait aux côtés de Daniel Day  Lewis, je vous le rappelle.(père du fils d’Isabelle Adjani)

  Bravo Marion ,bravo Juliette ,nos deux étoiles à la statuette ...

27.02.2008

Pamela, Jérôme et nos trente amis (2)

1101546939.jpgQuand Minime a disparu, je l’ai attendue des jours, des heures, profondement malheureuse de ne plus avoir de chat..

Alors Maria m’a donné Minime II

Ce fut un bonheur, un chat magnifique. Et en 2007,il m’est venu une idée saugrenue, permettre à Minime de goûter aux joies de la maternité.

Notre minime a choisi le père, un matou noir qui erre dans le jardin depuis des années.

Je n'en avais pas parlé à Jérôme, je m’étais dit que je  garderai un seul chaton..

Et bien non en découvrant la portée un beau matin de mai, impossible et nous avons adopté les 3 chatons, un pur bonheur, rien, aucun jouet, aucun jeu ne pourra remplacer cette fabuleuse expérience. Nous avons passé des heures avec les chatons, les regardant grandir, s’agiter ………Extraordinaire !!!

Nous en avons gardé un, Mimi, un beau chat noir, une vraie peluche..

Ils ont fait des bêtises, Les deux autres ont été adoptés sans mal, l’un des deux est allé chez Paul et Eléonore, malheureusement il fut kidnappé par des promeneurs en péniche peu scrupuleux.

 

Parralellement, je me demande si Pamela Anderson, elle aussi,

-         vide les clapiers

-         nettoie les litières des chats

-         se lève à 4 heures du matin pour rassurer les chats insomniaques pris d’angoisses d’abandon qui grattent à la porte de ma chambre …

-         Achète aux petites bêtes de la nourriture riche et équilibrée

-         Fait la conversation au gardien de la Perrine pour pouvoir remplacer le lapin mort

-         Et surtout, doit s’armer du plus grand courage pour annoncer la mort d’un de nos pensionnaires aux enfants et ensevelir la dépouille (croyez-moi, c’est le plus dur !)

         

Regardez « trente millions d’amis », la starlette de Malibu va témoigner. 

Donc, naissances, adoptions, funérailles rythmes aussi notre quotidien familialLe dernier-né fut Ficelle, deuxième héritier de Mimine II, magnifique ( elle a oublié sa pilule..)qui vit le jour le 15 octobre .Il a aussi été adopté par une famille respectueuse et adepte du chant choral, ça ne le change pas …

Il y a quelques jours, Laure m’a proposé un chinchilla …

Sans même en parler aux enfants et à Jérôme, j’ai dit oui tout de suite.

Maggie et Salomé m’ont prêté une cage et la petite bête sont arrivée il a quelques jours.

C’est adorable cet animal, doux, câlin, curieux, un mélange de souris géante et d’écureuil …j’adore..

Vous allez-me dire et Jérôme dans tout ça il a

-         pris un studio en ville ???

-         installé une garçonnière dans la grange

-         adopté définitivement le bureau d’étude comme résidence principale

 

Non, il s’est armé de la plus grande patience, pris sur lui, supportant, râlant certes, mais il a su observer, accepter, voir comment notre ménagerie apaiser nos enfants, voire Mark endormi avec son chaton sous la couette, voir notre Rose passer des heures à jouer avec les cochons d’inde, consoler notre Ellen en pleurs quand Ficelle est parti de la maison.

Alors certes Jérôme n’a pas épousé Pamela Anderson, il n’est pas adhérent de la fondation Bardot, en épousant Jeanne il n’a pas signé pour vivre dans une ménagerie

Mais je lui dis de tout cœur un grand merci, pour cette patience, et je sais qu’il n’a pas connu ça enfant mais que la vénération et l’attachement que nous avons pour nos animaux, n’a pas d’égal à toute la reconnaissance et l’amour que je lui porte … 

 

En additionnant nos 19 poissons ,2 hamsters,2 lapins ,1 cochon d’inde,2 chats et notre chinchilla ,vous y êtes,voilà nos trente amis !!!soyez Zen et dites vous que vous y avez échappé belle,j’aurais pu leur consacrer mon blog ….

 

26.02.2008

Pamela, Jérôme et nos trente amis (1)

« Les animaux, c’est ma vie « 

Cette phrase n’est pas de moi, c’est Pamela Anderson, la blonde bimbo d’Alerte à Malibu qui a déclaré ça …

Alors ça vous interpelle ? Et moi, quelle relation ais je avec476065729.jpg l’animal ?

La star ne s’est pas arrêtée là, avant même de faire une vulgaire prestation dans un célèbre cabaret parisien, à moitié déshabillée, elle a rejoint la Fondation Brigitte Bardot …oui quel courage …Du coup George Clooney a décidé de vendre sa résidence à Hollywood et je le comprend (oui c’était sa voisine avec Britney Spears )

Qu’il vienne en Mayenne le beau George ,c’est calme et sans histoires..

 

Donc les animaux et  moi aussi « c’est ma vie », j’ai cela en commun avec Pamela Anderson, le reste, je vous laisse juger …pour la poitrine siliconée, vous pouvez toujours attendre..

Enfants nous avions peu de jeux et de jouets mais côté animaux, c’était une vraie ménagerie.

Nous pouvions avoir tout et n’importe quoi : chien, chat, oiseaux, lapins, chèvres, moutons, hamsters, souris blanches, cochons, cochons d’inde. poissons jusqu’au jour du naufrage . Nous passions des heures en compagnie de nos petites bêtes, certaines disparaissaient, d’autres avaient une vocation nutritive, mais cet univers nous offrait un environnement plein de vie et de délires.

Quand j’ai rencontré Jérôme, j’aurais d’abord du lui demandé q’il aimait les bêtes …

Lui et sa famille, surtout ses sœurs301511325.jpg sont particulièrement insensibles à nos amis les bêtes voir effrayés par l’idée même qu’un chat puisse rentrer dans une maison..

Et là, vous imaginez le fossé …

Je suis restée très réservée les premières années, nous vivions en appartement puis en location dans une jolie maison .

Quand un beau jour sur un marché, Ellen qui avait 4 ans apperçu des chatons en quête d’une famille adoptive, je pris le risque fou de dire « oui «  elle me dit « et Papa ??« 

J’ai répondu « on verra !!! »

Mimine I est arrivée chez nous.elle était pionnière …

Puis ce fut le tour d’un lapin donné par Anatole, puis une poule ( retour au propriétaire pour mauvaise conduite ) des cochons d’indes. Un lapin géant  de Sibérie qui n’a pas survécu, quel dommage.

Les animaux arrivent, certains disparaissent, d’autres sont morts, ils sont sujets à discussions, avec Ellen, Mark et Rose nous passons des heures à les regarder …fabuleux.

Je n’achète jamais d’animaux , on me les donne ,je les accueille ,et l’idée même d’aller chez le vétérinaire est absolument écartée .Il sont là , vivent , meurent ...

25.02.2008

Betty

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3 ans …

Je me souviens du coup de téléphone de Lorenzo, de ce que je faisais à ce moment précis

Je me souviens des heures qui suivirent, je ne trouvais pas la force de pleurer

Je me souviens des jours qui suivirent, je ne trouvais  pas la force de ne plus pleurer

Je me souviens de notre dernière visite

Je me souviens de Charles, ton fils qui avait fléché le parcours « maman est morte « 

Je me souviens des bras de ton père.

Je me souviens des mots de réconfort

Je me souviens de la douceur de ton foulard qui me reliait à toi

Je me souviens de ton dernier adieu

Je me souviens du froid qui envahissait mon corps dans l’église devant ton cercueil

Je me souviens du sublime « Dirait t on « 

Je me souviens de la flûte de ta fille

Je me souviens de l’isolement de son grand frère

Je me souviens de ce 26 février..

Je me souviens de ton immense sourire ……

Tu me manques …ma Betty …

 

 

 

 

A Lorenzo et à leurs enfants …

24.02.2008

besoin d'être entourée

0bcecb5aad46d42075f401599033c6cc.jpgLes parents de Jérôme sont venus passer deux jours …nous jardinons, Marianne plante des iris dans les massifs.

Je ne peux pas l’aider, je suis un peu lourde, la naissance est prévue pour demain, je suis heureuse, je vais avoir un petit garçon, il va naître à terme, c’est tout ce qui compte.

Ellen a trois ans, elle va partir avec ses grands-parents, le lendemain, pour une semaine sans doute. Cela ne me convient pas, j’ai besoin qu’elle reste auprès de nous, qu’elle voie son petit frère le plutôt possible. Je ne peux pas envisager de me séparer de ma fille pour cet évènement là, j’ai besoin d’elle, elle a besoin de moi..

Peter et Maggie sont aux Sénégal avec les filles ,Juliette et Pierre Henri sont en vacances ,Alice et Fabien sont à la montagne chez Eugénie ..

Je dors mal, je quitte la maison avec Jérôme vers 4h du matin, en direction de l’Hôpital ;

Notre  bébé est né à 16 h, il est splendide, bien dodu, complet, sans erreurs …

Mes beaux-parents sont restés à la maison, ils s’occupent d’Ellen, puis c’est ma mère qui prendra le relais jusqu’à notre retour, le vendredi.

Ca compte d’être entourée, la pleine confiance que l’autre est choyé, difficile déjà de m’imaginer mère de deux enfants , impossible d’imaginer d’avoir eu un seul …j'ai besoin d'être entourée ,j'assure bien les premiers gestes qui suivent une naissance ,j'anticipe et préserve ma fragilité ,je puise l'énergie necessaire ,sans flancher ,je me préserve   ...

 

11 ans sont passés, je m’en souviens très bien, les jonquilles ont fleuri pour lui souhaiter bienvenue a son retour.Je vais aller faire un bouquet …

Bon anniversaire, Mark, mon fils …………

22.02.2008

8 secondes de célébrité

Alors que Basile s’était inscrit aux pré sélections pour un jeu télévisé, c’est Coralie, sa femme qui a connu il y a quelques jours, ses 8 secondes de célébrité..

Célébrité c’est peut être un grand mot, mais passer au journal de vingt sur Tf1 impose forcement quelque fierté, même si l’évènement n’était pas prévu.

 

 

Le Premier ministre était venu, en voisin (ils ne connaît pas mes nouveaux voisins lui …) soutenir notre maire en campagne. Vous allez penser, »tiens elle nous parle encore du maire », oui mais que voulez vous c’est l’actualité qui fait ça.. 

Donc à cette occasion les équipes de télévision sont venues dans notre petite ville, en vue de rapporter le déplacement.

Première scène, dans la gare, les élus se serrent les mains, bavardent …bon on passe

Puis nous voilà dans la salle du Vieux Château, le ministre parle de la politique nationale au grand drame des militants qui ne sont pas venus pour ça …

Puis le reportage s’oriente vers l’éventualité d’un changement de municipalité.

Pleins feux sur le candidat adversaire, qui fait son petit tour en ville, serre une main innocente, celle d’une jeune femme souriante, gaie et dynamique, notre Coralie !!

Ah quel beau cliché, quelle belle image du renouveau de notre ville, surtout qu’elle n ‘habite pas cette ville, n’y vote pas non plus, mais bon elle passait par-là !!!

C’est fait Coralie, tu as eu tes 8 secondes de célébrité, bravo !!

 

 

Vous devez penser «  oh t’aurais bien aimé être à sa place, hein, passer à la télé aussi, Jeanne, avoue, tu aurais bien fait le détour pour être filmée « 

-Non, non, j’aurais évité le champ de la caméra, parce que je suis trop connue ici et …ça ferait copinage et artificiel …c’est très bien comme ça

Et puis mes passages télévisés passés ne se sont pas révelés concluants :

Sur un plateau chez Delarue, je me suis vue devoir intégrer les rangs du fond, j’avais pas la poitrine et le décolleté adéquat sans doute. (j’en ferai une note )

Sur Canal + et sur France 2, je me suis fondue dans le public, je n’ai pas joué les starlettes, juste pour le plaisir de connaître mes 8 secondes de célébrité.

Avouons que nous avons tout été plus au moins un jour, filmés ou exhibés à notre insu sur le petit écran …ou sur le Net.Heureusement je ne m’appelle pas Laure Manaudou, de toute façon, je ne sais pas nager.

21.02.2008

La mémoire

 

Paul dîne à la maison le mardi soir, il sonne vers 19h40 son repas dans la main, enfin dans un sac et s’installe à notre table. Nous aimons beaucoup ce petit moment de retrouvailles, Jérôme nous rejoins vers 20h10,il va d’abord chercher Ellen qui finit son cours de théâtre.

Nous partageons nos petits plats puis vers 20h25, nous partons chanter à notre répétition, Paul m’emmène dans la camionnette réfrigérée, oui je sais, ça fait des jalouses, mais pour rien au monde je laisserais ma place pour cette petite promenade nocturne …

En causant l’autre soir, il me faisait remarquer qu’il avait plutôt une bonne mémoire, enfin pour les chansons entre autre. Une chanson apprise, c’est acquis à vie, il en connaît des centaines, par cœur, impressionnant.

Un soir, il y a peu de temps, nous avons repris un titre appris en 2003 , je crois, il l’a ressorti en entier, sans hésitation, un vrai juke box, euh mieux que Deezer, pour faire branché !

J’ai également une mémoire très sélective, je mémorise les prénoms, les noms, ça me sert dans mon travail, et surtout dans la relation au autre, c’est précieux.

Côté chanson, ça va aussi, je mémorise assez bien, j’entretiens correctement.

Je connais quasiment l’intégralité du répertoire de Balavoine, c’est gravé, et je pense avoir assimilé les trois années de notre répertoire, à raison de 25 titres par an, au moins 80 chansons, même si parfois y’a des trous.

Rose mémorise vite et bien, le vocabulaire, les comptines, les poésies, les chansons, les mélodies, elle écoute deux fois, c’est dans la boite !!! Elle lui fallu trois mois pour apprendre à lire.

Mais ne soyez pas admiratifs, je suis incapable de mémoriser les chiffres :je connais trois numéros de téléphone, un seul code de carte bancaire, mes identifiant Internet, ce sont toujours les même et mon code pins.

C’est tout, le numéro de Sécu, de CAF, mes codes bancaires, l’âge du capitaine …………rien, un trou noir, là encore.

Je me console encore en me disant que je retiens très bien également les titres de films, acteurs et réalisateurs, les noms de fleurs, des plantes et ma propre adresse, et bon nombre de médicaments .

Il paraît que ça se cultive la mémoire ???

20.02.2008

La chute nocturne

Cet été là, je faisais un centre vacances, je partais sans connaître les animateurs, j’avais été recrutée entre deux portes sans entretien, le simple fait que je soies étudiante éducatrice m’ouvrait tous les lieux.

Le centre se trouvait en Auvergne, les premiers soirs, j’étais un peu en retrait, je ne connaissais pas le directeur, il était assez distant, très pro, un peu froid, il m’impressionnait.

Les enfants dormaient dans un dortoir insalubre, peu de moyens, c’était un vieux château tout délabré, nous passions notre temps à surveiller les enfants qui inventaient mille bêtises à la minute. Ils se mettaient souvent en danger, n’écoutaient pas nos remarques, un public de cas sociaux, sans limites, un peu anarchiques au début. Après c’était un pur bonheur, des liens très drôles, mon humour me permettait de tenir bon, je menais à terme tous mes projets éducatifs, j’aimais vivre avec  ces enfants séparés de leur famille pour quelques semaines.

Un soir, nous étions descendus en cuisine ( c’était encore le bon temps ou l'on pouvait entrer dans les cuisines de collectivités ), nous entendons un gros bruit sourd.

Je remonte avec Arnold, un peu inquiets, à l’affût de la prochaine bêtise ( oui même couchés ils ne s’arrêtaient jamais !)

Après avoir fait le tour du dortoir des filles, nous découvrons une fillette de 8 ans, un peu grassouillette, gisant au sol près de son lit. Elle s’appellait Monique, nous sommes en 1985.

Rien de grave, elle dort encore, nous nous approchons, la relevons avec effort et la reposons dans son lit, échangeons un regard, avant d’éclater de rire …rire nerveux, rire de fatigue, ou rire qui évoquait autre chose.

Nous échangeons quelque phrase, je me souviens encore l’une d’elle..

  Tous soirs, pendant trois semaines, elle tomba de son lit vers 22 heures et tous les soirs, vers 2h du matin, Arnold me disait «  on va recoucher Monique … »

Ce moment nous appartenait, on aurait jamais laissé les autres y aller à notre place..

C’était, je crois l’occasion de prolonger la nuit … un petit moment de complicité, de proximité …

 Merci Monique !!!

19.02.2008

Poussez vous j'arrive !!

Ils arrivent, s’installent, tissent leur toile. Ils sourient, font des courbettes, trop, ils offrent des gâteaux, trop, trop souvent …

Ils prennent les places devant, les plus visibles.

Ils flairent les bons coups, invitent mais pas n’importe qui …

Quand ils sont installés, ils prennent avec une aisance  la place qu'ils ont choisi , puis le pouvoir. Ils deviennent intouchables, indéboulonnables …personne n’ose leur dire, ils ont fait leur deal, ils gagnent en puissance.

Ils écrasent, imposent, prennent la première place, ils s’accrochent, méprisent ceux qui ont œuvrer dans l’ombre avant eux …

Je les repère tout de suite, je les observe, distante, je les fuis comme la peste

Ceux la, vous les avez rencontrés, au travail, dans les associations, en politique, dans les paroisses, dans votre famille. à l’école ,à la fac ..

Mais avec l’âge et les années je le dis haut et fort «  je ne les supporte pas !! »

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