30.04.2009

En vrac , les idées de Jeanne

r 12.jpg

prunus.jpgSur le parking de mon lieu de travail, un débroussailleuse ventile avec rage, et les pétales de prunus recouvrent ma voiture

En sortant, elle est rose, envahie de pétales collées à cause de la pluie .

Le lendemain, je n’ai pas eu le temps de nettoyer, je roule dans la cour du lycée où j’interviens, les jeunes avec leurs sacs sur le dos et leurs uniformes noirs, me dévisagent comme si j’étais au volant d’une R 12

« ben quand , y’en a bien qui font du tunning , c’est pas mieux ? »

Ils sont bêtes parfois les djeun’s

« C’est un festival floral « me dirait Rose

 

olivia ruiz.jpgJ’aime bien la nouvelle chanson d’Olivia Ruiz « elle panique « 

C’est frais, enjoué, j’adore

 

slimy.jpgJe déteste la nouvelle coqueluche, le chanteur Slimy

Il serait le croisement de Prince et de Mika

Les chanteurs c’est comme les chihuahua, quand c’est pas  pures races, on les reconnaît .

Dans un an on en parlera plus, tant pis pour lui , il faut juste qu’il ne dépense pas tous ses sous trop vite

 

Les sorties cinéma sont parfois déroutantes

coco chanel.jpgcoco.jpgEllen est allée voir son amoureux en avant premier, il présentait son film Coco

Et voilà que quelques jours plus tard, une autre Coco, Chanel, cette fois sort en salle

Ne pas confondre les deux, vous pourriez être déçus

 

Je vais de ce pas acheter du tamiflu pour mes deux chinchillas

J’ai pas trouvé de masque à leur taille

 

J’ai peur quelles attrapent la grippe porcine

Je voudrais un nouveau cochon d’inde, pas mexicain

Les cochons mexicains sont trop bruyants, ils chantent fort, ils aiment peut être Slimy, ça peut les faire taire cochon d'inde 4.jpg

 

Mon nouveau cochon d’inde, je l’appellerai Coco

 

 

 

 

29.04.2009

Fan

GUNTHER.jpg

On ne cherche pas forcement à devenir fan, c’est une aventure hasardeuse, solitaire, pudique, excessive, démonstrative

 

Les premières fois que j’ai entendu cette voix suraiguë, j’étais envoûtée, avec mes piètres économies j’achetais le 33 tours de son premier succès

Je l’écoutais en boucle, isolée dans ma chambre sur le seul électrophone de la maison

Ce n’était pas un chanteur à minettes, il n’était pas populaire, un peu énervant, peu souriant

A fil des années, j’ai commencé à guetter chaque passage télévisé, découpant des photos, copiant ses textes sur un cahier .

Je l’ai vu évoluer, travailler sa musique, j’étais toujours envoûtée par cette voix insolite, pouvant descendre dans les graves pour monter encore plus dans les aigus

Il était mon refuge, mon compagnon, ma force

J’aimais tout chez lui, je devenais passionnée, littéralement absorbée par ce chanteur

Au fond de moi, j’avais l’intuition qu’il partirai jeune, peut être parce qu’il parlait souvent de la mort, de la sienne

 

J’étais blessée par les moqueries, je ne parlais pas de lui, ou très peu, je continuais ma route, connaissant par cœur toutes ses chansons, chantant avec ma voix de soprano comme je pouvais,

Il s’engagea dans l’humanitaire, c’était l’époque des concerts pour l’Ethiopie, le restau de cœur. l’arrivée de la Gauche

 

Il me passionnait encore plus

Je forgeais ma conscience, je me tenais debout, ma vie devenait passionnante, heureuse, je vivais ce que je voulais

 

La mort me l’arracha, cruellement, violemment

J’étais effondrée, déchirée, cherchant desesperement sa musique, de nouvelles chansons

C’était fini, la fin d’une époque aussi, tant de départs après lui, ses amis..

Mon bonheur fut tout de même de l’avoir vu sur scène, j’en avais déjà parlé ici, c’était un des plus cadeaux de Louis

 

Je ne l’écoute plus, ces chansons passent encore sur les ondes, des reprises, pas forcement les meilleures

J’ai gardé tous les vinyles, je connais encore tous ses textes, tous par cœur

Les fois où je vois des images filmées à la télévision, j’ai le cœur serré, j’aurais des choses à lui dire, c’est trop tard..

 

Juste un petit bout de texte que je trouve particulièrement bien écrit

 

« L'enfant séché sur le sol d'Erythrée

Les traits tirés

Tire un trait

Sur cette terre aride et ridée

Dont il a hérité »

 

Depuis ce jour de janvier, j’ai connu le vide musical, mais j’ai grandi, on ne choisit pas ces aventures là..

06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note

28.04.2009

Ca devient chaud !

DANSEURS.jpg

Au commencement, ils et elles, étaient sagement alignés, bien droits, souriants, chacun sa place, chemises bien repassées, pantalons impeccables .

 

Et puis petit à petit, au fil des années, ils se sont déplacés, se dandinant, comme pour aller au bal des oiseaux, s’écroulant même parfois les uns sur les autres, bruxellant, flanchissant..

 

Et un jour, on leur demanda même de constituer des couples pour les secrets du monde, homme et femme, délicatement conviés à s’épauler

 

Je croyais que ça s’arrêterai là, et bien non, de nouveau par deux, elle sur le genou de l’homme, les amoureux des bancs publics

 

Seul problème de taille, il y a 70 hommes et 120 femmes, donc, certaines seront seules

En toute logique, les couples à la ville se reforment sur scène, en théorie, parce que je ne les vois pas toujours ensemble

 

Ne brisons pas les ménages, on appellera ça binôme

 

« Je veux un homme lance une soprano ! « 

j’ai peur que ça finisse dans le sang cette affaire là

 

je m’explique

Les hommes déambulent, serviette sur le dos, ambiance salle de sport, arborent leurs biceps, roulent des mécaniques

Les femmes gloussent derrière eux, « m’as tu vu courir, m’as tu vu courir dans la rue ? « 

Pont musical, les femmes se jettent sur les hommes (celles qui peuvent ) et dansent ensemble « j’t’aime comme un fou, hou hou, mais tu t’en fous «  pour finir dans les bras du bodybuildeur

 

Moi, je m’en fous, j’ai mon ténor, la première qui s’approche elle prend une baffe

Ça devient chaud les répétitions, on va enflammer le théâtre dans quelques semaines avec tout ça .

 

Et vous croyez qu’on s’amuse ??

27.04.2009

Traumatismes

carnet.jpg

A cette époque, comme tous les enfants, nous étions vaccinés contre les maladies contagieuses et dangereuses, qui me faisaient peur rien que de les lire, Diphtérie, Tuberculose, polio …

A ces mots j’associais un fauteuil roulant, des béquilles ou de longues agonies

Les vaccins étaient administrés aux enfants de la commune, à la Mairie, collectivement, le mercredi matin

Un vieux monsieur, le Docteur B, me terrifiait, il bougonnait, faisait mal, et surtout, j’étais totalement traumatisée à l’idée de devoir me dévêtir devant tout le monde, et en particulier devant l’instituteur qui était toujours là, parce qu’il était secrétaire de Mairie

Toute mon angoisse était contenue, je ne disais rien, je ne revendiquais rien, la seule intimité pourtant à laquelle j’avais le droit, ma pudeur, mon corps

C’était traumatisant, j’avais peur, je vivais ça comme une agression ultime

J’aurais payé n’importe quoi pour que les vaccins soient fait par le médecin de famille

Certains élèves avaient ce privilège, je les enviais, pour nous ce n’était même pas envisageable .

Ma mère ne nous prévenait pas, elle nous emmenait vers l’église et toc, on se retrouvait devant cette porte de bois, comme un prisonnier que l’on mène à l’échafaud, je savais aucune issue possible

Des mères étaient là, attendaient, leur gamin sur les genoux, c’était un pur cauchemar

 

Je n’osais même pas voir le carnet de vaccinations, le carnet de Santé bleu, c’était la trace d’un passage si douloureux

 

Quand mes parents allaient voter, sur le parking de la Mairie, j’étais terrifiée, cette porte m’angoisser, je gardais tout, n’osant même pas dire ou gueuler « je veux pas ! « 

Aujourd’hui encore je tremble comme une feuille en déposant mon bulletin dans l’urne

 

Le docteur B est mort, je suis tombée raide dingue du Docteur Ross et mes enfants adorent notre Docteur H qui la dernière fois leur proposant des patchs anesthésiants avant le vaccin .

 

A tous ceux qui croient encore que dans les années passées, on savait mieux » élever » les enfants, que dire  de tous ces traumatismes latents, cette idée que les enfants sont des trucs qui peuvent se dévêtir comme on épluche un oignon, sans réserve, sans intimité.

 

Je suis encore traumatisée par ces silences, en parler ou l’écrire, je le fais avec violence, pour aider aussi les lecteurs à comprendre qu’on ne minimise pas le corps d’un enfant, qu’on  respecte les émotions, l’individu

 

Je le fais aussi parce qu’un de mes lecteurs m’avait inspiré l’idée de parler des vaccins, terreur de l’enfance, et je pense que ça vous parle aussi …

 

 

06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note

25.04.2009

Les cent papiers

 

Marie Camille a des doigts en or, elle est créative, minutieuse, modeste, et fait  vivre avec passion des tableaux, des collages, des peintures

 

Elle s’est lancée dans la réalisation de papier

Elle coupe, met à tremper, mélange, fait sécher, tranche  et le résultat est surprenant : du papier de couleur recyclé, léger, granuleux, dentelé.

DSCN1426.JPG

 

Elle m’a donné quelques feuilles de ses papiers DSCN1431.JPG

 

Je les ai d’abord déchirés, puis fixés à un petit fil de fer qui me sert à faire taire les tulipes bavardes.

 

Puis je les ai  accrochés à des branches de saule tortueux elles-mêmes fixées sur le plafond du salon DSCN1441.JPG

 

C’est léger, aérien, éphémère

 

Un petit bout de mon amie dans ma maison !

 

24.04.2009

Les petits écriteaux

toilettes.jpg

Dans le cultissime film le « père Noël est une ordure «  avez remarqué le nombre de petits mots posés sur les murs en guise de consigne ?

J’ai pu constater que sur mon lieu de travail il y avait à foison, des petites pancartes visant à faire respecter les lieux communs, salle de pause et toilettes

 

Je ne résiste pas à vous les faire partager :

 

« Aujourd’hui, 20% de la population mondiale, consomme 80 % de l’énergie,

Une ampoule allumée inutilement dans chaque foyer français, correspond au fonctionnement de 2 réacteurs nucléaires, nous vous remercions d'éteindre la lumière quand vous quittez cet endroit

 

Vous pouvez lire ça quand vous êtes installés

 

Sur le mur à votre droite :

 

« Merci de laisser cet endroit propre « 

 

Derrière vous :

 

 

Merci d’enfoncer à fond le bouton et le maintenir quelques secondes pour éviter toute fuite d’eau

 

Oh là, mais ça faut trop, je me rappelle plus de rien, qu’est ce qui faut faire ?

 

A la salle de pause, voici mon préféré :

 

 

« Nous rappelons à tous que l’activité V ne comprend pas la myciculture, il est donc préférable de ne pas cultiver de champignons, même au fond des tasses « 

 

C’est politiquement correct tout ça

Le pire, c’est que vous les avez lus une centaine de fois, tout comme le lapin qui se coince les doigts dans le métro, mais votre regard est attiré, parce que vous n’avez que ça à lire..

Alors, si c’est toujours aussi sale, c’est que vous y mettez vraiment de la mauvaise volonté !

 

Je vous ai épargné  l’écriteau au-dessus de la photocopieuse : un pamphlet militant écologique digne d’un discours d’un député des Verts

 

06:00 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note

23.04.2009

Jeanne et les talons

TALONS.jpg

Aux soldes d’hiver, j’avais craqué pour une jolie paire de chaussures à talon, dans le magasin de la grande artère chic et commerçante de notre ville

Le magasin de chaussures fabriquées en Mayenne (oui ) où va se ravitailler Patricia, où l’on trouve des crocs …

 

Arrêtes Jeanne, tu vas pas nous faire un billet là dessus, c’est pas un blog de mode..

 

D’accord, mais quand même je dois raconter

 

Les chaussures en question, je les avais portées une seule fois, au dîner où je m'étais endormie à table , quelques heures, assises, tout allait bien

Mais loin de moi l’idée de les laisser dans le placard à bavarder sagement avec les autres paires, il me faut les sortir, les montrer, les porter souvent

Seulement, je l’avoue, avec des talons je suis déséquilibrée, je marche sur les glaçons, handicapée des pieds, malgré le confort et la souplesse de mes escarpins .

 

Je les mets au dîner chez Jeremy et Sofia, tout va bien, mais bon, un dîner c’est facile

 

Lundi, reprise du travail, ayant travaillé des années en crèche, toujours en nu-pieds, j’ai envie de faire ma maligne, je me décide, aujourd’hui je porterai mes talons

 

Ellen me fait des compliments, » ça t’affine, ça te grandit », merci ma fille, belle solidarité féminine

 

Dans la matinée, tout se passe bien, je cause, les stagiaires se présentent, je reste assise un moment ?

Pause déjeuner, la chaleur monte dans la pièce

Je reprends mon cours, je sens que ça gonfle, que mes pieds ont besoin d’air

A 15 heures, j’aurais payé cher pour finir mon cours pieds nus, impossible, je ne peux pas les enlever discrètement non plus .

Je suis courageuse, je tiens bon ..

17 h, je suis au bord de l’explosion, je traîne encore, au volant c’est un peu le torture, Cendrillon n’a plus la même pointure dirait on .

A la maison, je les expulse, et j’enfile des ballerines en toile, l’horreur, ça rentre à peine

Mon dieu que c’est moche !

Mais je suis fière, j’ai tenu, toute la journée

Et aujourd’hui je peux l'affirmer, Jeanne a peut être des doigts en or, mais elle a surtout des pieds en silicone .

Pour les plus sportives , il y a des créateurs qui ont pensé à tout :

basket talons.jpg

22.04.2009

Gare de Nice

gare nice.jpg

Il faisait très chaud en cette fin d’été, j’étais épuisée après ces trois semaines de colo, je quittais St Auban pour rejoindre la gare de Nice, avec un groupe de gosses qui avaient le cœur serré de quitter leur lieu de vacances

Le troupeau rentrait en train et avec un animateur, je ramenais le reste, direction Caen

Arrivée en gare, j’entends une voix

« Mademoiselle  Jeanne T est demandée au guichet X « 

Mince, je suis en proie à des hallucinations.. C’est pas moi ?

 

J’entends à nouveau la même voix, mon nom, j’entends mon nom, c’est pas possible, c’est pas moi qui suis demandée,

En même temps, ça ne peut pas être un homonyme, mon nom de famille n’est pas courant du tout

Au autre je demande

« Vous avez entendu, mon nom ?

Jeanne d’Arc, tu entends des voix, ça va pas non ?

 

Une troisième fois, toujours le même timbre, je crois devenir dingue

Sans rien dire, je file en douce téléphoner à la colo, ils y sont encore

Arnold décroche, il me parle de banalités, veut savoir si tout va bien, je le rassure, ne lui dit rien sur  cet appel au micro, je suis convaincue d’avoir rêvé .

 

Nous installons le troupeau dans les compartiments, une longue nuit nous attend

 

 

Plusieurs mois plus tard, Arnold m’appelle, tard le soir, comme il avait l’habitude de le faire

« heureusement que tu as entendu mon appel à la gare de Nice « 

Il m’avait fait appeler, pour de vrai, comme dans les films, pour me dire.

Pour entendre ma voix, rien de plus, je le savais attristé par ce départ, sans Jeanne, la colo était déserte ..

 

C’était l ‘époque ou les téléphones portables étaient des objets de science fiction

Si j’en avais eu un, toute la nuit, nous aurions pu dire …

06:00 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note

21.04.2009

Susie

broderie.jpg

Ma mère a trois sœurs, la plus grande Edith, la moyenne Suzie  et une autre dont je ne parlerai pas 

Susie a toujours  été plus petite, chétive, un peu plus épargnée que les aînées, par les travaux pénibles

J’ai des souvenirs merveilleux avec elle chez mes grands-parents à Bricqueboscq, elle était disponible, aimante, douce, rieuse

 

Je l’aimais, si y’avait quelqu’un dans cette famille un peu désaxée qui était un repère, c’était elle

Elle venait chez nous, elle restait dormir, j’adorais la voir descendre le matin

Elle comprenait nos vies, sans les juger,

Elle travaillait dans un hôpital psychiatrique , avait une bonne ouverture sur le monde, connaissait des malgaches, nous qui n’avions aucuns contacts avec  d'autres nationalités

Elle avait aussi cette particularité, elle m’écrivait .

A chaque anniversaire, une carte, tous les ans, c’était d’ailleurs le même jour que le sien, cela nous rapprochait

 

Elle a toujours pris de nos nouvelles, des enfants, ils la connaissent, l’apprécient

Je ne l’ai pas vue depuis longtemps, trop longtemps

 

Et puis Suzie qui est toujours très active, c’est mise à Internet

Et elle a réussi à m’envoyer un mail, et j’étais ravie de communiquer comme ça avec elle

Il y a quelques jours, un autre mail de Suzie, elle me parle du week end avec Louis, des chatons, de l’économe dans le tas d’ordure, toutes ces histoires, et oui, vous l’avez deviné, elle lit mon blog !!!!!!!

 

Et là, et là, je crois qu’il n’y a rien de plus extraordinaire, savoir que cette personne, qui a tant compté, suit mes petites histoires, s’émeut sûrement sur des passages qui font aussi partie de sa vie, je trouve ça particulièrement touchant

 

Cela m’encourage encore à poursuivre, à raconter, pour cette mémoire là, la notre

 

Elle commentera peut être un jour, pas grave si elle ne le fait pas, c’est tout simplement suffisant de la savoir là, devant son écran, sur le blog de sa nièce Jeanne

 

Je pense qu’elle en est fière aussi..

 

Que cette vie ordinaire est exaltante !

 

20.04.2009

L'encre

encre.jpg

Le matin, l’encre violette brillait dans le trou sombre de l’encrier en porcelaine

Les taches sur les côtés me dérangeaient, j’aimais voir l’encrier propre, j’y plongeais ma plume et laissais glisser de jolies lettres, en prenant soin de poser mon buvard rose  en dessous

J’aimais l’encre et l’écriture dès l’école primaire

En sixième, ma mère m’a offert un stylo plume

Il était magnifique, j’aimais toujours écrire à l’encre, définitivement je laissais tomber le stylo bille, je détestais les ratés, les traits pas assez francs

Un peu plus tard, j’ai décidé d’écrire à l’encre noire

J’avais une petite trousse dans laquelle j’avais déposé mes stylos plumes, quatre couleurs, des cartouches adaptées.

Un jour, on me l’a volée.

Je ne me lassais pas d’écrire, ça ne me coûtait jamais, mon écriture s’affinait, devenait de plus en plus personnelle

Avec mon encre noire, j’ai écrit des centaines de lettres, j’ai reçu beaucoup de lettres à mon tour, j’écrivais à des copains, des rencontres, des amies ..

J’aimais choisir des timbres, des enveloppes, des choses fantaisistes, mais pas trop, le passage du facteur était un moment attendu aux vacances d’été

Ma mère déposait mon courrier sur le buffet de la cuisine, c’était toujours mon petit bonheur en rentrant du lycée

J’adorais le mot « correspondance « 

Ecrire, raconter, confier, c’était un besoin, manier les mots, les verbes, lire, recevoir

J’ai tout gardé, toutes les lettres, jamais une jetée, trop personnelles

 

D’où me vienT ce besoin de coucher les mots sur papier, puis sur clavier tous ces mots, je ne cherche pas, je fais, c’est comme un jeu, comme d’autres feraient de la course à pied, du cheval, du ski, moi je ne fatigue pas d’écrire  pire encore , c’est presque une drogue

Pour le plaisir de me raconter, la richesse des émotions, le lien, tout simplement

Je comprends très bien que pour certains ce soit un obstacle, peur de faire des fautes, de ne pas être compris, d’être jugé

Je comprends leur souffrance héritée  souvent des jugements des enseignants, ces annotations en rouge assassin, « mal dit «  « confus «  «  nul « 

 

Je ne sais pas nager mais je peux écrire, j’ai ce truc qui m’anime, aucun regrets de ce que je ne sais pas faire , une entière satisfaction  à cultiver ce que j’ai, un peu, une écriture ordinaire, pour une femme ordinaire

06:00 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note

Toutes les notes