28.02.2009
Récompenses , trophées et smokings

Une fois dans l’année, le samedi soir nous délaissions les Carpentier, pour une soirée placée sous le signe des récompenses et applaudissements
Le maître de cérémonie c’était Pierre Tchernia, en smoking, il appelait tour à tour des artistes très bien habillés qui montaient sur une scène et remerciaient des tas de gens totalement inconnus
Je reconnaissais Annie Girardot, Romy Schneider, Philippe Noiret, Yves Montand, Isabelle Adjani
Je les voyais saisir un objet doré, je ne savais pas pourquoi, personne n’avait pris le temps de m’expliquer ce qu’était la « nuit des césars, » et moi je ne comprenais rien, le cinéma était un art absolument éloigné de notre quotidien
Les temps ont changé, les récompenses sont toujours là, mais elles ont surtout pour mission de promouvoir un genre de cinéma, pas populaire, afin de permettre l’ascension d’un film peu connu du grand public
Vous avez tous vu « la graine et le mulet « excellent film primé en 2008 ?
Je ne parle pas des Victoires de la Musique, les révélations sont ceux qui rafleront la mise l’année suivante
C’est comme ça, on les connaît pas, leurs chansons sont tristes à mourir, il n’y a pas de mélodie, mais c’est la musique d’aujourd’hui
J’espère juste que Thomas Dudronc va se lancer dans une carrière cinéma, afin de décrocher un César l’an prochain
Désolée, je vieillis, je peux pas écouter, les fils de …
et puis Nagui à la télé, c’est un peu l’overdose
Le soleil est bien là, mon père a saisi la tronçonneuse et abattu trois arbres malades, Rose et Jérôme passent les branchages dans le broyeur à végétaux .
J’ai offert à ma mère son parfum, ses yeux brillaient en découvrant le paquet .
Elle ouvre, admire, laisse exploser sa joie, elle est très heureuse, elle vaporise sur Rose le précieux nectar, m’embrasse fort, se parfume, elle sent bon ma mère
Elle déposera le carton bleuté sur son buffet, je voudrais lui en offrir encore des dizaines, longtemps, longtemps …
17:06 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
27.02.2009
L'autocollant publicitaire

Il y a quelques jours, je découvre dans la boite à lettres un autocollant publicitaire pour une radio locale .
Je n’y prête pas plus d’attention, poubelle (oui je ne voyais pas trop comment le recycler, je ne suis pas assez décroissante )
Quelques jours plus tard, en me promenant dans ma jolie ville que j’adore, je vois des tas de véhicules arborant fièrement l’autocollant en question .
Ah, mais comme les gens sont dociles !!
Hors de question de mettre sur ma voiture sauvée des eaux un quelconque autocollant, hormis bien sur, celui d’un groupe vocal mondialement connu dont je tairai le nom pour ne pas avoir des milliers d’indésirables sur ce blog .
Ça me rappelle les années 70, beaucoup de voitures avaient l’autocollant de la célèbre Radio N°1 et les camionneurs avaient collé « les routiers sont sympas «
Autre truc qui me faisait rire, les vignettes :
Pour les plus jeunes : explication
les automobilistes devaient payer une taxe et poser chaque année une nouvelle vignette sur le pare brise à droite.
Et bien, il y avait des gens qui n’enlevaient pas les anciennes, ils gardaient tout, ça venait joliment orner le pare brise avant, ces macarons colorés
Les conducteurs avaient sans doute, le sentiment d’avoir une voiture solide, ou bien ils arboraient les vignettes comme des trophées, des médailles de combattants, ou ils étaient trop paresseux pour décoller l’ancienne
Toujours est- il qu’à un moment donné, Madame la passagère n’y voyait plus rien, elle était obligée de s’asseoir sur la banquette arrière
C’est sans doute pour cette raison qu’ils ont arrêté cette taxe .
Tiens, c’est comme les images après tout, une collection comme une autre..
08:05 Ecrit par Jeanne dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
26.02.2009
Sage comme une image

A l’école primaire , dans le cahier du jour , je trouvais, si celui était propre et sans ratures , un bon point.
C’était un petit papier rose , et il donnait droit à un cadeau exceptionnel , si on en avait dix : une image
L’image en question était déposée dans le tiroir du bureau de la maîtresse, elle en disposait une dizaine devant moi et je choisissais .
C’était souvent des photos de Saturnin, le canard, ou un cochon d’inde avec des lunettes sur le nez, alors devinez, ben oui, moi j’adorais ça !
Je les gardais précieusement, je les regardais, ma pile s’étoffait de jours en jours
Je n’aimais pas les bon point usagers, je préférais les neufs .
Dans les tablettes de chocolat, il y avait une image, d’animaux aussi, à collectionner
J’aimais bien , les enfants aiment collectionner, tout et ‘importe quoi, les cailloux, les plumes, les figurines, les cartes, les timbres ..
L’image c’était la récompense, l’encouragement, les élèves qui n’écrivaient pas bien n’avaient pas d’image, mais en fait je pense que ça leur était bien égal .
Parfois ils étaient punis, je n’ai jamais été punie, c’était quelque chose d’impossible
Un jour la maîtresse avait dit à ma mère, qu’elle ne nous punirait jamais avec Louis car elle serait totalement incapable de nous consoler, on aurait pleuré pendant au moins deux jours..
L’autre soir, en la coiffant je raconte le bon point et les images à Rose
« ben ça sert à rien ? «
« Ah et les cartes Pokemon ça sert à quoi, hein ?? «
Les enfants ont gardé ce besoin de collectionner, les petshops ont remplacé les images du chocolat, les industriels ont depuis longtemps bien compris le besoin, et je plains les pauvres parents qui se ruinent, pour que leur progéniture ait Toute la collection des feuilles de la petite souris allemande ( qu’est qu’elle m’énerve celle là ) les petites bêtes, les cartes brillantes, des trucs qui finissent dans des boites, ou revendues dans les vide greniers.
Et là, moi, nous, on est heureux, parce que justement, c’est là qu'on les achète !!
06:03 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
25.02.2009
Une journée pas ordinaire

Une visite au cimetière, des bougies, une urne, des fleurs, une messe..
Chacun vit, fait son deuil comme il le peut, comme il le ressent
Je n’aime pas ce mot, je le fuis
Ce jour n’est pas un jour ordinaire, pourtant c’est une journée comme une autre qui commence
J’y pense, je pense à elle, à ceux qui l’ont aimée, l’aiment encore
Les mots tendresse, amour, ont plus d’écho, de résonance
J’ai repéré la première fleur du jardin, une anémone près du bassin
Je vais la couper doucement, la déposer dans une petite fiole
Elle va s’ouvrir, pousser, grandir
Je lui offre, ça m’apaise, pas de larmes, une présence, bien là.
J’envoie de doux baisers à Lorenzo, il les transmettra aux enfants
J’envoie de doux baisers à Nath, de douces pensées à Constant
Nous avançons ensemble, nos cœurs sont encore lourds, nos vies sont douces, profitons en tous, profitez de vos vies, ne vous laissez pas ronger par les futilités, allez à l’essentiel …
06:00 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
24.02.2009
Comme un funambule

Ce n’est pas un secret, j’en ai déjà parlé j'aime les hommes
Je ne peux pas concevoir de fêtes sans eux, de voyage, de dîners
Bref, les soirées filles, les blogs de filles, les sorties nana c’est de moins en moins pour moi
Avouons cependant que ce n’est pas si simple que ça
Il y a toujours dans l’amitié entre un homme et une femme, un part de jeu, plus ou moins caché, plus ou moins inconscient et il faut l’admettre cet exercice s’apparente à un vrai numéro de funambule
Quand avec cet ami la relation s’est établie, je ne me posais pas de questions, je trouvais ça tellement authentique, tellement généreux que l’idée d’aller plus loin ne m’effleurait pas
Des messages, des petits cadeaux, je ne cachais rien à mon homme ; et bien au contraire, pour éviter toute jalousie je faisais en sorte que qu’ils se croisent
Je n’ai pas envie de casser, de détruire, rien de tout ça, trop compliqué,
Il parlait sans cesse de moi, « Jeanne par çi, Jeanne a dit, Jeanne a fait «
Tellement qu’un jour, c’est sa fille qui fut, dans le doute prise d’une jalousie incontrôlée
C’est sûrement destabilisant pour une ado, parce qu’ils ne vivent pas dans nos mondes, les leurs sont faits de rivalités, de doutes, et d’angoisses
Les choses furent dites et tout s’apaisa
J’ai pleine conscience que dans tout ça rien n’est simple, que de telles relations interrogent, que le regard des autres peut être assassin, envieux, malsain
Je ne veux pas renoncer, perdre ses liens là qui m’animent, me font vivre et surtout, viennent brûler à petit feu les séquelles d’un triste passé
Rester lucide, prendre la distance nécessaire qui s’impose, prendre et donner sans éclater, exploser tristement ma citadelle
J’avance avec ça, sur une corde bien solide, un filet au-dessous de mes pieds, et une hauteur conséquente, de quoi rebondir sur mes deux pieds en cas de chute
Pas casse cou du tout la Jeanne..
06:02 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
23.02.2009
La côte des prénoms
De par mon métier, j’ai côtoyé des centaines d’enfants, chacun avec un prénom commun, exotique, excentrique, vieillot..
A chaque prénom je m’étais un visage, il était particulièrement difficile de les oublier.
Quand ce fut mon tour de choisir, de donner un prénom à mon enfant, je voulais comme tout le monde, ne pas regretter, ne pas imposer un
Nous avions des critères, un prénom court, facile à retenir, dont l’écriture ne pouvait pas être déformée, un prénom pas trop tendance, afin d’éviter qu’il y en ait pas quatre dans la même classe
( Léa, Kévin, Clément, Marine, Alexandre …)
Jérôme n’avait aucune proposition, je faisais des suggestions. en parlais autour de moi pour voir les réactions
Alors c’est le cinéma qui nous inspira, fort heureusement
je n’ai aucun regrets, je les adore toujours autant
Je vous donne juste quelques indices par ces trois photos
Ceux qui savent, chut… dommage vraiment qu’on porte un prénom pour la vie, quoique les stars américaines rebaptisent leurs enfants


06:09 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
21.02.2009
On écrit sur les murs ..
Personnage incontournable des années 70 Artémios Ventoúris Roússos, l’égyptien plus connu sous le nom de Demis Roussos, enflamma les cœurs avec son groupe "Aphrodite's Child"et leur chanson rains and tears directement inspirée du Canon de Pachebel
Un peu plus tard, il signa un autre tube, Quand je t'aime, frissons garantis !!
Alors, chose promise, chose due puisqu’ils sont fans, j’offre ce petit bijou à Charl et à La virge.
En 1989 le beau Demis au torse velu et à la voix sensuelle mit de coté ses tuniques à paillettes pour prendre un look plus moderne ( c’était l’époque des épaulettes, ça rendait plus costaud )
Il nous signe un autre tube, rebelle et engagé
Allez jusqu’au bout pour le final des cornemuses, ça vaut le coup
Et la fin Demis Roussos te montre du doigt limite énervé..
06:00 Ecrit par Jeanne dans portraits | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
20.02.2009
Les marionnettes télévisées
Comme beaucoup d’enfants, j’étais fascinée par les marionnettes, télévisées forcement puisqu’on ne sortait jamais
Mes plus anciens souvenirs remontent aux marottes de Tahon en 1972
Les marottes dansaient, s’agitaient, elles n’avaient pas de bouche, le principe était de les actionner à l’aide d’un bâton
La compagnie André Tahon, avait aussi réalisé les Sourissimo,
c’était des marottes souris qui s’agitaient comme des folles, elles se multipliaient, s’enfuyaient en braillant, j’adorais !
Plus tard, avec les « Visiteurs du mercredi » les marionnettes étaient de taille humaine, des gentils monstres, comme Brock et Snock, Casimir et compagnie 
Il y eut aussi Les sentinelles de l'air , les thunderbirds : une série de science fiction, avec des marionnettes totalement articulées, des espions et la belle lady Pénélope
Non seulement je ne comprenais rien, mais ça me foutait la trouille
Louis adorait ce programme, des fusées, des avions, des explosions, un bonheur !
Plus tard, j’adorais le Muppet show , ce show cultissime avec Kermit la grenouille, Peguy la cochonne et les deux vieux ronchons

Ils avaient l’art d’inviter des guest stars à ce mythique rendez-vous britannique
Ca me faisait rire, et les personnages me ravissaient parce que c’était des animaux
J’ai mis du temps à comprendre que je n’aimais pas les marionnettes à figure humaine, que je préférais les toutous, les grenouilles, les ours, comme dans Saturnin, Aglaé et Sidonie..
Les pantins articulés me font encore peur parfois, comme dans un mauvais film d’horreur, étrange sentiment
Louis regarde les marionnettes sur la chaîne cryptée, je ne regarde pas, faute de temps, d’envie
Depuis le temps que ça dure ..
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
19.02.2009
Les décroissants

Il y a quelques années, nous avions trouvé au bas de notre immeuble une armoire démontée
Nous l’avons récupérée, puisqu’elle était destinée aux ordures, Jérôme a scié, agencé, pointé pour en faire une table de change pour notre premier bébé
Elle a fait nos déménagements, les trois enfants, puis un beau jour, plus de couches, alors le meuble fut de nouveau converti, dans le meuble lit mezzanine pour Mark, réalisé par Jérôme aux doigts d’argent
Pire encore, mon homme ayant un don inouï pour restaurer des voitures et amortir les deux fosses , a acheté un jour un véhicule d’occasion qui avait était immergé
Il était plein de boue, immonde, il a tout démonté, astiqué
remonté, galéré avec l’électronique
Un jour, miracle la voiture a démarré et depuis ce temps, elle m’accompagne partout, pour très longtemps puisque vous imaginez bien qu’elle est invendable !!
Sans le savoir, déjà, nous étions des décroissants
A la télévision, un soir, un magazine est allé en reportage chez un jeune couple.ils ont un très bon niveau de vie, des salaires corrects, et le samedi matin, ils vont, à vélo, faire le marché, en quête des fruits abimés, non vendus, qu’ils ramassent pour le week end
Personnellement, j’aurais des scrupules à le faire, estimant que bon nombre de sans abris ont sans doute,, pour d’autres raisons recourent à cette pratique, et je leur laisserais les légumes pour eux en priorité
Le couple, sympathique (mais un peu énervant ), vit en colocation avec d’autres, et ils ont installé, dans leur cuisine, accrochez-vous, un compost fait d' épluchures et de vers qui font leur travail
Ce sont eux aussi des décroissants
Whaouh !!!!!
Mais ils ont font quoi de leur compost après ??
Autre reportage : une femme, divorcée, vit dans une yourte au milieu des bois dans la montagne, elle n’a pas de confort, très peu de choses, elle a choisi de vivre loin de la consommation, assume son choix, élève des ânes …
Sa fille, une adolescente de 15 ans, ne peut imaginer de vivre avec elle ( y’a pas MSN ) et vit dans un studio, a quelques kilomètres, elle rend visite à sa mère de temps en temps
La, j’avoue que je suis un peu perplexe, n’a t’elle pas besoin de la présence d’un parent au quotidien, d’être davantage entourée, sécurisée, le choix de sa mère est tout à fait acceptable, mais … quelle priorité ?
Nous avons un compost, j’étale le fumier des lapins dans mon jardin, nous avons un récupérateur d’eau de pluie pour arroser, un broyeur à végétaux pour faire des écorces (c’est le jouet préféré de Zohra )
Nous nous efforçons de ne jamais jeter de nourriture, sommes victimes forcement des tonnes de déchets journaliers, qui polluent
Les décroissants, je me sens proches de leur mode de pensée, ne pas consommer à outrance, je n’aurais pas aimé faire construire une maison neuve pour cette raison , restaurer les vieux murs , dans la mesure du possible .
Je n’aime pas pourtant ces quelques communautés moralisantes et culpabilisantes qui voient le jour
Ces donneurs de leçons de couches lavables, de produits bio en tout genre
On fait avec ce que l’on est, qu’on peut difficilement revenir en arrière en terme de confort , de déplacements .
Je côtoie des adeptes militants des toilettes sèches, non vraiment pas possible pour moi d’installer ça au fond du jardin .
Il me semble qu’il faut sensibiliser nos enfants, les éduquer à respecter, ne pas jeter, renoncer ; je peste encore beaucoup sur les emballages, les conditionnements onéreux de certains produits
Imaginez une recharge de crème de jour en berlingo, ben non, c’est pas classe …
Allez faites-moi tous la promesse d’avoir un lapin dans votre cuisine, c’est plus sympa qu’un compost avec des vers, avant d’aller habiter une yourte parlez en à vos enfants, et puis de grâce, arrêtons de porter aux nues des comportements qui sont tout bêtement des actes civiques, écologiques, économiques que bien des gens ont adopté depuis longtemps, loin des caméras, et pour beaucoup parce que la vie ne leur à pas laisser le choix
04:20 Ecrit par Jeanne dans aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note
18.02.2009
Sinistre maison

Le dimanche, après avoir mangé le poulet, nous débarrassions la table, on faisait la vaisselle, mon père balayait et passait la serpillière, ma mère posait vite fait son rouge à lèvre, ajustait sa montre et tous les cinq, dans l’Ami 8,nous partions faire une visite
Mes oncles et tantes habitaient tous aux alentours, mon père avait décidé à l’avance du lieu choisi
Parfois, il n’y avait personne, alors on essayait une autre maison
Celle là était un peu sinistre
Ma tante Arlette, la sœur de mon père, nous accueillait en bougonnant, ronchonnant, elle pleurait de rage parfois .
Son mari, un agriculteur un peu frustre était souvent parti à la chasse
Il n’y avait qu’une pièce, un évier posé le long du mur, et une grande table avec des bancs
Mon cousin Jean Michel regardait Starsky et Hutch
Il y avait des chiens énervés qui nous sautaient dessus, pas bien propres, ni affectueux .
Accrochés au mur, je fixais des photos de vaches encadrées, des bêtes de concours, une photo de classe jaunie
C’était sombre, aucun jeux, une grande chambre humide pour les cinq enfants, Guylène, la seule fille avait un paravent à côté de son lit
Elle aimait la campagne, les bêtes, les veaux, les cochons
Avec elle, on partait vers la stabulation, ça sentait mauvais, c’était boueux
On rigolait, on passait une partie de notre temps à dénigrer le reste de la famille
Plus tard, Louis la retrouva à la fac
Les deux fils aînés firent des études universitaires, mon oncle commerçant ne les aimait pas, il disait qu’ils étaient révoltés
L’oncle Raymond revenait de la chasse, il marmonnait avec sa Gitane maïs au bout de la lèvre
Les parents buvaient un verre de vin, puis un café, ils ne parlaient pas trop politique, ma mère disait rien ,ou peu.
Les enfants ressemblaient à leur père, ils étaient costauds, les joues très rouges
Tous sauf Jean Michel, il était maigre, palot, toujours en retrait
Il était menuisier , il n’aimait pas l’agriculture .
La tante se plaignait tout le temps, elle détestait sa vie, tout lui était pénible, ils passaient leur temps tous à s’insulter, étaient incapables de se parler sans gueuler, ils se frappaient parfois ,se provoquaient
Mon père disait que c’était spécial , ils parlaient que d’argent .
Je n’aimais pas y aller, c’était sombre, hostile, j’ai toujours cru que jamais le soleil n’était venu jusque là …
Normal, l’été nous allions tous les dimanche à la plage
06:00 Ecrit par Jeanne dans hier | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note


